Doom Slayer Chronicles, chroniques d’une déception

Doom Slayer Chronicles est un mod pour Doom 2 qui vient tout juste de sortir. Depuis son annonce en juin dernier, il a fait parler de lui grâce à ses prétentions graphiques et techniques, sensées exploiter les possibilités offertes par GZDoom jusqu’à un niveau jamais atteint jusque là.

Toute la communication de l’équipe de développement s’est axée sur la prouesse technique de leur mod. Leurs vidéos envoyaient du bois, j’y ai à peine reconnu le moteur de Doom 2. Et après avoir fini le mod, je peux dire que la promesse est là car hormis Total Chaos, je n’avais jamais vu un rendu pareil sur ce moteur : textures haute résolution, éclairage dynamique, post-processing, bump-mapping… Des termes qu’on ne voit pas souvent sur un moteur aussi vieux. Mais aussi impressionnant soit le mod, encore faut-il qu’il soit intéressant à jouer…

Quand j’ai lancé Doom Slayer Chronicles pour la première fois, j’ai pris une belle claque. Un court trailer pour illustrer tout ça :

Puis quand j’ai vraiment compris le principe du truc, je fus déception : il ne s’agit que d’un bête mode Invasion, c-a-d des arènes fermées dans lesquelles on doit tuer de plus en plus d’ennemis afin d’avancer jusqu’à la zone suivante. Moi qui espérait une campagne solo (un peu comme Don’t play with Hell, de la même équipe, très sympa), ça a été un peu la douche froide. Ok, c’est très impressionnant graphiquement, il y a une vraie recherche et un travail indéniable sur la direction artistique mais c’est bien là les seuls points positifs du mod à mes yeux.

Pour terminer l’aventure, vous devez passer par 3 hubs différents, chacun donnant sur 3 niveaux qui contiennent X vagues d’ennemis. Votre progression vous donne droit à des bonus, plus vous grimpez de niveau, plus efficaces seront ces bonus (exemple : les pack de soins réapparaissent plus vite). Le mod n’a pas de fin à proprement parler car une fois le dernier niveau bouclé, vous pouvez accéder aux 9 arènes comme bon vous semble, afin de gagner en niveaux, jusqu’à plus soif. Plus vous progresserez dans le jeu, plus les ennemis seront puissants, et vous aussi. Et c’est à peu près tout.

Modder le mod

Un aspect largement mis en avant par l’équipe de dév également, c’est la compatibilité avec des mods : vous pouvez y jouer avec Brutal Doom, Project Brutality, Doom 4 Doom, et bien d’autres encore – ou même en mode vanilla. J’ai tenté d’y jouer avec Trailblazer mais j’ai rencontré quelques bugs, dont un particulièrement gênant puisque je ne voyais pas les Mancubus, j’ai fini par y jouer avec Project Brutality. Que l’on puisse y jouer avec des mods comme ça c’est certes sympathique, mais ça n’enlève rien à la répétitivité et aux limites du concept.

Je ne dis pas non plus que c’est catastrophique : tout dépend de vous en fait. Si vous voulez tuer le temps, que vous ne savez pas trop à quoi jouer et que l’aspect graphique poussé du mod vous intéresse, ça se laisse jouer, vous en aurez pour 5 ou 6 heures grand max. Perso je ne m’attendais pas à ça mais à des maps classiques avec un début, une fin, des clés, etc – d’où ma déception, mais j’avoue tout de même reconnaître le travail effectué derrière tout ça. Je suis allé au bout afin de parcourir chaque map, car chacune d’elle a une gueule différente et son cachet bien à elle – on passe d’un complexe UAC à une cathédrale gothique, dans un cimetière glauque ou une espèce de temple infernal… Mais je me suis arrêté une fois les 9 niveaux parcourus.

C’était prévisible avec de telles features graphiques mais dans sa version 1.0, le mod souffre parfois de problèmes d’optimisation. Dans certaines maps, mon framerate baissait parfois sous la barre des 20 FPS. Ma machine n’est pas du dernier cri, mais elle fait tourner sans problèmes une très grande majorité des jeux modernes sortis dernièrement, comme PUBG par exemple. Un patch est d’ores et déjà annoncé et même si pour l’heure on ne sait pas ce qu’il contient on peut tabler sur une amélioration des performances, les développeurs ayant l’air d’être à l’écoute de la communauté.

Quel dommage ! Avec de telles features graphiques, les mecs avaient la possibilité de proposer une campagne encore meilleure que celle de Don’t play with Hell. Si je n’accroche pas au mode arène, je reconnais tout de même l’énorme baffe visuelle du titre. Je salue donc la performance technique, mais j’ai trouvé ça au final assez chiant à jouer, répétitif et je n’y toucherai surement plus. A vous de voir : si les arènes ne vous rebutent pas, vous devriez le lancer ne serait-ce que pour voir le résultat au niveau graphique. Je vous conseille par contre d’attendre le prochain patch, qui ne devrait plus tarder.

Liens

moddb : téléchargement
Nofrag : Doom Slayer est sorti
Nofrag : Doom Slayer Chronicles pour Doom 2
Topic sur ZDoom / Doomworld

Screenshots

Certaines arènes proposent des salles aux proportions assez impressionnantes.
Ici, vous devez escorter 3 espèces d’esprits emprisonnés jusqu’à la zone de départ. C’est la seule « mission » proposée dans l’aventure et elle est tellement facile que ça n’a au final pas grand intérêt.
Même si on ne le voit pas ici, je vous conseille de désactiver les messages qui apparaissent sur le HUD, ce dernier pouvant devenir bien chargé à cause des nombreuses informations qui s’y affichent de temps à autres.
La plupart des arènes ont vraiment de la gueule.
Sur cette map, l’océan de sang – oui oui, carrément – se vide pour laisser apparaître un pan entier de la structure. C’est assez cool, mais ça fait mal au framerate.
Le complexe UAC fait immédiatement penser à celui de Don’t play with Hell.
Sans un mod comme Project Brutality pour y jouer, Doom Slayer Chronicles serait encore plus ennuyeux.

Test vidéo, par Icarus

 

2 réponses sur “Doom Slayer Chronicles, chroniques d’une déception”

  1. J’ai aussi été surpris par le développement en arène du mod, mais je reste sur le cul par l’amélioration graphique. Le fait qu’il soit compatible avec d’autres mods en fait pour moi quelque chose de très intéressant qui se rapproche d’un pack d’amélioration graphique.

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