Tonsai

Les vacances, c’était très très bien.
Entre plage et grimpe, mais avec des orchidées en décoration des verres d’alcool.

Emploi du temps qui ressemblait un peu à ça: Petit-déjeuner – Jus de fruit – Escalade – Déjeuner – Jus de fruit – Sieste – Jus de fruit – Escalade – Diner – Jus de fruit – Dodo. Trempez dans l’eau de mer de temps en temps, pour rafraichir.

35°C à l’ombre, à la fin de la journée je recommande une douche froide tout habillée, histoire de rincer les vêtements du sel, sueur et poussière accumulée. Bien gérer la magnésie, car on ne peut pas se permettre de tomber à court.

Le retour à Tokyo et ses 8°C a fait comme un choc…

Du givre plein les yeux

Les rendez-vous grimpe du dimanche matin, à 6h dans le froid à Ebisu, je commence à connaitre.

Vendredi soir, quand Konstantin (Le bulgare qui ressemble à Duke Nukem et qui écoute du Hardrock, je ne plaisante même pas) m’a proposé d’aller tâter la neige dans un endroit froid, venté, mais facile juste pour se faire un peu d’endurance, j’ai été tenté. Quand il m’a dit qu’il emportait la pelle parcequ’une fois il n’a pas retrouvé sa voiture, j’ai accepté aussitôt.

Nous voilà partis pour Akadake, une grosse taupinière à 3000m comme le Japon en possède par paquets de 12. Pas mal de neige mais pas trop récente, la trace était bien faite et nous a permis d’aller vite. Les guides indiquent 6h de montée, on a fait 6h en tout: 4h à la montée, 2 pour la descente.

Pas trop froid: autour de -10, mais pas mal de vent et de tourbillons de neige sur l’arête qui permettait d’accéder au sommet. Comme la pente est assez raide et la trace bien tassée entre des murets de neige, il faut absolument des crampons pour monter mais la descente se fait en se prenant pour un bobsleigh. Très rigolo, il faut simplement vérifier que personne n’est en train de monter…

Et de là-haut, la vue sur le Fuji est absolument superbe.

Gaku

Un truc qu’on n’imagine pas (ou en tout cas, que je n’imaginais pas), c’est que la production de manga étant tellement énorme au Japon, on trouve des mangas pour tous les goûts. Mais vraiment tous les goûts, y compris les plus borderlines.

Et j’ai trouvé un manga pour grimpeurs et alpinistes \o/
Oui, pour les trucs vraiment borderlines, je vous laisse chercher, le net en est plein.

Ca s’appelle ‘Gaku’ (‘Sommet’), c’est un délice de clichés et de situations invraisemblables et rigolotes. Le héros (Sanpo), fringant alpiniste et grimpeur émérite, ne peut faire un pas en montagne sans sauver une famille d’un éboulement, un gars tombé dans une crevasse, une cordée en péril sur l’arête connue pour être très difficile et même les sauveteurs partis sauver ladite cordée en péril. Pas forcément dans l’ordre, mais toujours avec fringance.

Les épisodes sont assez courts (y’en a 3-4 par bouquins) et se déroulent un peu tout le temps de la même façon:

Première scène: Situation difficile, par exemple un gars est tout seul sur un glacier, c’est l’après midi, la neige est molle. Par une série de flashbacks, on apprend qu’il a absolument voulu faire son sommet malgré son second de cordée malade et qui n’est pas venu, qu’il s’est perdu d’où le retard, qu’il est au bord de l’épuisement et que sa petite amie l’attend à la maison, paralysée d’angoisse.

Seconde scène: A cause de la fatigue, il ne prend pas garde qu’il marche sur un pont de neige au-dessus d’une crevasse, la neige molle cède et il tombe dedans. En général, il se retrouve coincé au fond après une grosse chute, vivant mais une jambe inutilisable, le froid le saisit, il pense une dernière fois à sa petite amie et hop une case noire.

(Une page de pub)

Troisième scène: Il n’était pas encore mort ! Un bruit soudain le sort de sa torpeur. Un bruit venant du bas. Mais qu’est ce donc ?

Quatrième scène: Et c’est là qu’on voit apparaitre Sanpo, venant d’encore plus bas dans la crevasse, l’oeil fringant, le cheveu rieur et le sourire en bataille, qui avait fortuitement décidé de s’entrainer à faire de la cascade de glace au fond d’une crevasse et en solo.

Cinquième scène: Sanpo finit (brillamment) son ascension en solo, et moufle notre pauvre apprenti montagnard, le voilà sauvé. La petite amie à la maison pleure toujours, mais finalement elle reprend espoir.

Sixième scène: Série d’explication de pourquoi il faut se lever tôt en montagne pour la qualité de la neige, toujours avoir un second, et savoir rebrousser chemin plutôt que se mettre en danger.

J’aime beaucoup.

Fuji !

Ce week-end, c’était du gros : deux jours hors de Tokyo, avec escalade à Joyama le samedi et ascension du Fuji dimanche. Du coup il a fallu ressortir tout le matériel, que j’avais justement emmené (oui, quand je suis parti, j’avais plus de matériel de montagne que de vêtements). J’adore ce genre de préparatifs. Les dégaines je les ai, la corde je la prends. La doudoune est toujours aussi bien, mon duvet est propre en plus. Il faut que je me rachète des broches à glace, le crochet à abalakoff c’est pour rire mais je m’en fous c’est léger. La deuxième paire de gants comme toujours et tiens, il y a des comprimés d’Imodium dans l’étui de mes lunettes de glacier. Ca, c’est un souvenir de la Bolivie. Deux sacs et une corde, j’avais fière allure dans le métro bondé.

Le samedi matin on s’entasse à 6 dans une voiture prévue pour 4 (et sans sacs), on demande à Kaori de programmer le GPS car c’est la seule japonaise et on part en écoutant du rock. Ca allait défourailler sévère.

Escalade à Joyama, il fait très beau et il faut commencer par traverser une forêt de bambous pour accéder à la falaise. Petites et grandes voies, Kaori roupille car il faut être con comme un Gaïjin pour aimer se lever à 4h30. Mais on apprend que la route que l’on voulait prendre pour le Fuji ferme à 16h et rouvre demain à 9h. Il est 16h15. Qu’à cela ne tienne, il existe plein d’autres routes pour accéder à d’autres stations. Nous y partons, en écoutant du hard rock pour contrer le mauvais sort.

On essaie tous les accès, ils sont fermés. Et ils ont l’habitude que des touristes essaient de passer quand même, hein. Les barrières ce sont des cubes de bétons d’un mètre de côté, des troncs d’arbre, des câbles de 3cm de diamètres. On a cherché pendant des heures, grand moment de solitude quand voulant aller à un village, on tente de programmer le GPS. Au bout de 20 minutes à s’écorcher les yeux sur d’abscons kanjis, il nous apprend qu’on y est.

On finit par se retrouver à la première route prévue, devant la barrière fermée depuis longtemps et nous passons la nuit là, sur le parking. Lever à 5h pour essayer de passer quand même. Et nous tombons sur le gardien, adorable, qui nous dit que bien sur, il peut nous laisser passer sans problème. Mais avec les chutes de neige de la semaine, la route est coupée 300m plus loin. Et partir de là nous rajouterait plus de 1000m de dénivelé et presque 20 kilomètres de distance. Hé bien on est repartis grimper à Joyama…

Mais la route sera ré-ouverte le premier avril, rendez-vous est déjà pris. Et ça va envoyer du steack. Sur le chemin du retour, on a écouté du Rammstein, pour faire bonne mesure.