Akihabara

Lors du Kanda Matsuri.

Je suis assez content: avec l’habitude, ces panoramiques sont très rapides à prendre. Par contre, il faut que je nettoie mon capteur: je passe 30 minutes par photo à effacer les taches.

Dans la dernière, vous pouvez voir d’assez grosses erreurs au niveau du building du milieu: le cadrillage des fenêtres, y’a pas pire. Vous auriez une méthode pour corriger ça sous Photoshop ?

Kanda Matsuri

Le Kanda Matsuri, c’est une fête de district: tout le monde se réunit pour porter le Mikoshi (temple portatif) dans les ruelles, et ils s’arrêtent devant les magasins pour donner leur bénédiction de l’année. Enfin, tous les Mikoshis des différents quartiers sont amenés au temple, où ils reçoivent une bénédiction supplémentaire.

Evidemment, chaque quartier se tire la bourre, histoire de montrer qui porte son mikoshi le plus longtemps, le soulève le plus haut possible, avec des gens dessus ou non. Il faut savoir qu’un Mikoshi pèse la bagatelle d’une tonne…

Et puis bien sur, entre ceux qui poussent et ceux qui tirent, ceux qui crient et ceux qui transpirent, c’est un joyeux bordel.

Cette année, on était invité à porter le mikoshi d’un des quartiers de Kanda, ce qui m’a permis de vérifier que je suis vraiment trop grand pour me tenir correctement et avancer en cadence.

Brûlez les tous !

Au cas où certains auraient encore des doutes, je suis plutôt du genre inoffensif. Toujours prêt à m’extasier sur une nouveauté, à décortiquer un décalage culturel surprenant, à essayer une incongruité culinaire. Je pardonne même le cosplay, c’est dire. Bon, soyons honnête: je pardonne si la fille est jolie.

Y’a quand même des trucs qui me donnent envie d’engloutir tout le pays dans la fosse des Mariannes. ‘Hotaru no Hikari’ en est un.

C’est une chanson, donc un air de musique, et ça veut dire ‘Lumière de la luciole’. L’air est repris d’une chanson d’origine irlandaise. Et ça fait partie du conditionnement mental japonais depuis leur plus tendre enfance: elle signifie la fin des cours dans les écoles japonaises. On la retrouve donc dans les écoles, exemple:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QMboK9hN_q4[/youtube]

Mais aussi dans les supermarchés quand il est un peu tard, dans les izakayas pour signifier qu’il est l’heure du dernier train, même à la salle d’escalade avant qu’elle ne ferme.

Elle est chantée lors des cérémonies de fin d’année à l’université, dans les stades, dans des pubs pour FastFood,
à la flûte de pan avec des cons de nénuphars en fond visuel
, avec de la 3D moisie ou bien même en version rock (je les hais).

Vous pouvez écouter ici une version ‘originale’ au bignou. Faut vraiment être roux ou japonais pour que ça ne vous tape pas sur les nerfs.

Ils en ont fait une série télévisée à succès (si si si, écoutez le fond sonore de temps en temps) et un film.

Et encore, vous ne vous rendez pas compte: les seuls enregistrements que j’ai pu trouver sur le net sont ‘bons’: en général on entend ça dans un supermarché joué par un synthé pourri. Avec violons dans les coins et voix suraigües pour vanter les promos sur les serviettes hygiéniques.

Mais bref, reprenons. Au labo, on a un message qui passe dans les couloirs à 17h20, qui dit que la journée est finie (hahaha) et que l’on doit rentrer chez soi. C’est pour éviter les gens qui préfèrent mourir d’épuisement à pipeter des échantillons de PCR plutôt que d’affronter leur femme. Une voix standard, qui délivre le message en japonais puis en anglais.

Ils ont changé ça, c’était pas efficace. Ils passent ‘Hotaru no Hikari’ dans les couloirs.

Et pour être sur que le message passe bien, ça fait DEUX PUTAINS D’HEURES qu’ils le passent.

Un ami m’a dit: ‘Tu comprends, ils font dans le subtil. Le japonais, dans son subconscient profond, il sent qu’il est l’heure de rentrer chez lui’.

Subconsciemment, je sens que je vais tuer quelqu’un.

Le jour se lève sur Yoyogi

Je ne les aies pas présentées hier car je les gardais pour le thème ‘Courbes’ de Pix-O-Matic. Mais je viens d’avoir une autre idée (mieux, ou en tout cas j’espère) et pour me pousser à prendre d’autres photos, je les publie.

Photos prises du haut d’un immeuble qui surplombe le carrefour de Yoyogi, à environ 1-2h d’intervalle.

Rues de Tokyo (update)

De nuit, forcément…

(Oui, il y a quelques défauts)

Edit: ce n’est pas une rue, mais c’est du Hugin tout de même. De la gare de Shinjuku avec presque Shibuya tout à droite.

Hanami

Hanami c’est toujours sympa.
C’est un mélange de grand pique-nique kermesse de ville, sous des tonnes de cerisiers en fleur et dans une atmosphère d’intimité tranquille. On rencontre plein de monde, on discute, des groupes arrivent et repartent, on finit dans un sale état alors qu’il ne fait même pas nuit. Moi j’aime bien, même si je ne ferais pas ça tous les jours à cause justement de cette trop grande intimité.

Et sinon je n’ai pas cramé les deux photos suivantes, me voilà fier.

Cerné par la rue

Rue, Ruelle, Avenue…
Tu parles d’un sujet: Tokyo c’est moche, rien ne se ressemble, quelques détails sont bien mais dans l’ensemble c’est pas terrible. J’aurais bien pris une ruelle moyenâgeuse, mais je ne suis pas dans le bon pays. Je ne peux même pas prendre de portrait de jolie fille au milieu d’une avenue: Oni Oni fera 100 fois mieux, il arrive à avoir un bokeh même en plein soleil.

Je me souvenais vaguement que quelqu’un avait parlé d’un logiciel nommé ‘Hugin’ (Legreg, si je me souviens bien). Un soir, j’ai pris mon grand angle, je me suis assis au milieu de la rue principale de Kabukicho (Shinjuku) et j’ai pris toute une série de photos en posant mon appareil au sol. En baissant la tête pour ne pas apparaitre sur les photos, et en souriant aux japonais qui passent (ça demande un peu de souplesse cervicale).

Rentré chez moi, je télécharge le truc, je le lance, je vois qu’il y a trois boutons nommés ‘Load Images’, ‘Align Images’ et ‘Create Panorama’, je clique et… paf. Le truc impeccable:

Oh putain, c’est ce que je veux faire !

Avec Ginza, j’ai vite eu la réplique en plein soleil:

Une que je voulais absolument, c’est une ruelle de Shinjuku avec une ambiance hallucinante:

Mais impossible à aligner: j’y ai passé plus de 5h, j’y suis retourné pour prendre de meilleures photos, j’ai trituré le soft dans tous les sens, rien n’y fait. La jonction est trop sombre, Hugin s’y perd complêtement. J’avais simplement le choix dans les distortions et les erreurs d’exposition, vous pouvez comparer avec celle que j’ai soumise pour le thème:

Mais j’y retournerai, avec plus de lumière s’il le faut (même si l’ambiance de nuit est nettement meilleure). Je l’aurai.

Caroline m’ayant demandé quelques conseils pour Hugin, voilà les quelques trucs appris sur le tas pendant 3-4 jours (pas de tutoriel complet, il y en a plein le net):

* Evidemment, prenez vos photos en mode manuel, avec le même temps d’exposition et la même ouverture pour toutes les photos. Donc prenez une photo d’un point très éclairé, une autre d’un point pas très éclairé, et réglez entre les deux. Hugin peut modifier l’exposition mais ne lui en demandez pas trop (même en raw, ça ne marche pas s’il ya trop d’écart). Pareil pour la mise au point (facile pour les rues: c’est à l’infini).

* Prenez vos photos dans l’ordre. Ca parait évident, mais si des éléments se répètent vous ne saurez plus quelle photo va où (ce qui m’est évidemment arrivé). Surtout qu’il y a toujours 2-3 séries du même endroit à la suite.

* Pas besoin de multiplier les points de contrôle sur les photos (ce que je faisais au début avec la ruelle). 4-5 bien répartis sont aussi efficaces que 20, voire plus efficaces.

* Hugin se repère aux différences de contraste sur la photo, crée des ‘points de reconnaissance’ et vérifie s’il retrouve les mêmes points sur deux photos à la suite. Donc il ne gère pas les photos trop sombres ou trop claires et les trucs très répétitifs, genre ça:

C’est la galerie couverte d’Asakusa. Vous remarquerez qu’il y a des erreurs: je n’ai pas pris assez de photos. De plus, je les ai prises dans le désordre. Retrouver l’ordre correct dans des photos toutes identiques n’a pas été très drôle…

* Hugin déforme les photos, mais essaie aussi les rotations. Donc si vous avez deux immeubles qui se ressemblent de chaque côté de la rue, il y a des chances pour qu’une photo se retrouve tournée de 180 degrés.

* Nettoyez votre capteur / objectif: une poussière fait un beau point noir sur un ciel clair et apparait sur toutes les photos, donc un parfait repère pour Hugin qui s’empresse d’aligner toutes les photos sur ce point. Raté :/

* Ca prend vite une place énorme: les originaux vont jusqu’à 11000 * 3000. Ca rame à la création, mais y’a vraiment tous les détails.

* Si vous posez votre appareil par terre, il ne faut surtout pas qu’il y’ait trop de monde car évidemment vous ne les retrouverez pas sur la photo suivante. Parfois, il vaut mieux prendre les photos debout, en prenant la première photo avec l’horizon au milieu et la suivante en coupant juste au-dessus des têtes (les suivantes, autant que vous voulez). Ainsi, vous aurez une seule photo avec des gens qui bougent. Pareil pour la dernière. Avantage: si vous ne bougez pas, attendez simplement que les gens passent, vous aurez ainsi des gens ‘interchangeables’ pour les photos d’extrémités.

Et parfois, en finissant une série, on s’aperçoit qu’il y en a qui font les cons en face de soi 🙂

C’est aussi à Ginza. Truc marrant: autant Hugin a parfaitement calculé la première, autant il foirait complêtement celle-ci. J’ai du tout faire à la main et je ne sais pas trop pourquoi.

C’est à peu près tout, mais j’ai des questions s’il y a de bons utilisateurs d’Hugin:

* J’ai pris toutes les photos en raw, mais ai utilisé les jpg pour aller plus vite. Si je recommence avec les raws, est ce que Hugin aura plus d’infos et fera moins d’erreurs ?

* Pas eu le temps d’essayer toutes les projections disponibles (Tubulaire, Equirectangulaire, Mercator, etc…). Laquelle serait idéale pour ce type d’utilisation ?

* Est il possible de charger des images, de calculer les points de repères, puis de charger d’autres images pour calculer le résultat final ? Parce que pour ma ruelle, au pire je binarise les photos avec un seuil bas, je calcule les déformations et je les applique ensuite sur les photos originales. Ce serait un moyen de contourner le manque de luminosité.

Et puis cadeau: le plafond du Senso-ji à Asakusa, et la vue de Tokyo quand on est à Odaiba:

(Un peu de travail car il se perdait dans les carrés bleus et c’est super symétrique droite/gauche)

(Rien à faire: fenêtres lumineuses sur fond noir des immeubles, c’est le must)

Merci à tous les japonais qui se sont arrêtés et ont regardé en l’air pour voir ce que je pouvais bien photographier… Et pardon aux deux japonaises que j’ai effrayé en posant mon appareil au sol: elles ont cru que je voulais une photo de leurs dessous 🙂

(Mais ça aurait fait une photo fantastique: le 180 degré de la rue avec panty-shot sur le côté… Faut que j’y retourne !)

Akibake

Figurez vous que par un hasard qui tombe bien, j’ai été forcé de faire un intervalomètre pour mon D80. Car en fait, après modification massive de notre microscope biphoton pour pouvoir faire de l’imagerie en seconde harmonique, tout se trouve contrôlé par des timers électroniques (y’a des LEDs qui clignotent dans les coins, ça fait tout de suite plus vrai). Et ces conneries, faut savoir les réparer. Donc un jour, on m’a dit ‘Tu bouffes quelques bouquins, et c’est toi qui sera chargé de l’entretien du bestiau. Où trouver les composants ? Non mais tu te fous de ma gueule ?’

Nous voilà donc partis pour Akihabara, évidemment…

En fait, Akihabara, c’est comme tout le reste de Tokyo: faut connaitre pour apprécier. Entre les mini boutiques pleines à craquer de matériel électronique (et attention, la qualité n’est pas la même), les pubs pour jeux vidéo et évidemment les maids qui te refilent toutes les pubs possibles et imaginables.

Faut prendre les chemins de traverse et les rues étroites, rentrer dans les boutiques où on peut trouver le composant rare, bref être accompagné d’un électronicien passionné pour réaliser que c’est aussi un paradis. J’ai du mal à me rendre compte, mais voir des personnes âgées t’expliquer que ce composant de 10g, ils ont passé toute leur thèse à le chercher, ça fait bizarre.


(Oui, vous avez vu ? Ici aussi. Mais pour Xbox 360…)

Pas de maids (cherchez dans Google) mais une voiture qui vaut tout autant…

Et donc, cet intervalomètre ? Ben ça marche, pour environ 70 yens soit… 50 centimes d’euro ? La première version est assez grossière, mais possibilité de choisir l’intervalle et la durée des pulses.

Un énorme inconvénient: impossible de trouver le cable pour le relier à l’appareil. C’est un format propriétaire, le MC-DC1, la seule solution trouvée pour le moment est d’acheter un intervalomètre et de couper le câble… Je souderai tout sur un vrai circuit quand j’aurai trouvé comment le relier de façon solide.

(et vu comme ça s’annonce, vous allez pas tarder à bouffer un vrai billet boulot, avec explication de comment transformer un microscope classique pour en faire un grille pain contrôlé en Labview, je ne vous dis que ça. Oui, je bosse trop en ce moment).