Hello, Kitty.

Pas beaucoup de billets ces temps ci, mais je suis complètement débordé. Je rentre d’un weekend de ski, je prépare un voyage à Taïwan et un autre en Thaïlande. Donc des photos et des anecdotes, il y en aura.

Une St Valentin pour nous, les hommes !

Alors, vous savez que le jour approche ?
Les médias vous bassinent à longueur de journée avec cette fameuse fête, selon laquelle il faut absolument avoir trouvé l’âme soeure ou bien lui offrir quelquechose de digne de ce nom ? Votre mère vous a rappelé qu’il faut offrir quelquechose à sa chère et tendre, manière détournée de le remémorer au père qui avait déjà oublié ? Ladite meilleure moitié vous attend de pied ferme: pas question de perdre la face devant les copines. Mais elle vous a dit que les fleurs c’est vieux jeu, le resto trop classique, elle est très difficile sur la lingerie et les chocolats vont la faire grossir ? Ou bien vous vous la jouez ‘Nan mais c’est les sentiments qui comptent !’ et décidez de ne rien faire, quitte à en supporter les conséquences ? Alors qu’en fait, vous n’avez tout simplement pas d’idées ?

Et pour les célibataires, vous essayez de crâner en répétant que c’est un diktat de cette société de consommation, qui pousse à prétendre être heureux à date fixe alors qu’en fait vous êtes heureux tout le temps, vous. Mais bon, le 14 au soir vous aurez l’air triste devant votre kebab.

Hé bien au Japon, sachez que c’est un jour que nous abordons d’un pied conquérant, décontracté, l’oeil vif et le sourire guilleret. Car ici c’est le contraire: pour la Saint Valentin, ce sont les filles qui offrent quelquechose. En général des chocolats, à leur copain ou ceux qu’elles ont en vue. Le moment est donc délicat: il y a celles qui vous l’offrent tout de go, et les petites timides qui déposeront quelquechose discrètement sur votre bureau. Ca permet de vérifier sa cote de popularité alentour et (espérons le) de pavaner devant ses collègues masculins.

Autour d’un verre, il y en a bien un qui va lacher d’un air dégagé ‘Et alors, t’es à combien cette année’ ? En général, celui qui commence prouve qu’il est assez sur de lui, il doit être à 3-4. Evidemment, on ne compte pas ceux offerts par la famille ou la secrétaire de 50 ans qui vous trouve mignon. En toute honnêteté, on se doit de compter les cibles valides, avec donc des chocolats qui ont plus ou moins de valeur aux yeux des auditeurs.

_ 5 ? Dont 3 venant d’exs que tu as misérablement largué et qui s’accrochent alors que t’es un connard fini ? Ah non, ça compte pas, ça fait 2 seulement. Et celui-là ? Elle en a offert à tout le monde, elle a du en préparer une cinquantaine. Compte pas non plus. Tsss, tricheur.

Enfin vous voyez, genre concours de bites mais faisable dans un espace public. Inutile de vous dire que si vous avez des amies françaises dans les environs, elles sont passablement énervées. Surtout après leur avoir rétorquées ‘Mais comment tu veux te trouver un copain ? On peut pas savoir si tu offres pas de chocolat’. Oui, c’est petit, mais c’est pour évacuer le stress des années précédentes.

Enfin bref, je roule des mécaniques mais il y a une justice. Un mois plus tard, le 14 mars, vous devez leur offrir quelque chose en retour. Comme ce jour est appelé ‘White Day’, ce doit être blanc si possible: chocolats blancs, shamallows… Si vous êtes vraiment chanceux, la petite timide va alors vous déclarer ‘Ah mince, je me suis gouré de bureaux, c’était XXX que je visais’. Donc vous voyez, on a quand même de bonnes chances de s’en prendre plein la gueule.

Et pour ceux qui n’ont vraiment pas eu de chance, il reste encore une troisième date: le ‘Black Day’ qui a lieu le 14 avril. Ce jour là, tous les célibataires sont censés se rencontrer pour manger des nouilles avec une sauce noire. Une coutume originaire de chez les bouffeurs de kimuchi. Comme quoi, même malgré ce gros défaut ils peuvent être parfois sympathiques.

Recette de la fondue infaillible

Veuillez à bien respecter les différentes étapes et proportions. Tout manquement se verrait soldé par un échec flagrant et honteux.

* Prenez un groupe de suisses pas tous petits, partageant avec vous un goût immodéré pour le fromage fondu au vin blanc sec (et les jeux de mots foireux, mais c’est une autre histoire).
* Assurez vous que certains reviennent de vacance avec le fromage adéquat, riant au nez des douaniers nippons.
* Rendez vous indispensable en étant le seul à posséder un réchaud permettant de faire une fondue en haut d’une piste de ski (important, ça demande un peu de préparation).
* Ayez quelques inquiétudes à trouver un caquelon digne de ce nom. Mais soyez sauvé par un des convives, qui en apportera un dont les motifs garantissent l’authentique helvéticité (c’en est même impressionnant).
* Prenez le train un peu tôt et rendez vous du côté des alpes japonaises, avec de la neige (essentiel, une bonne fondue ne peut être réussie sans neige digne de ce nom).
* Angoissez quelques heures à propos du pain, envisagez des solutions plus ou moins risquées telles que faire une fondue au croissant ou à l’onigiri.
* Soyez sauvé par la gentillesse des gérants de deux boutiques japonaises, qui vous feront du pain français rien que pour vous, pas cher et surtout super bon (mais s’ils peuvent aussi facilement, pourquoi diantre n’en font ils pas plus souvent ?).
* Affrontez les pires températures de l’hiver, avec du brouillard à n’y voir goutte et du vent à ne tenir mie.
* Ne jouez pas les héros et faites la fondue à l’hôtel. Faut quand même pas déconner.

Monkey Soup

Tip: prévoir les vêtements de ski. D’une part car on se pèle sévère sous la neige, mais cela permet en plus de s’allonger par terre sans trop souffrir.