Divers

Quelques images qui ne rentraient dans aucune catégorie, ou sans histoire suffisamment dense autour pour en faire un article.

Et sinon, un illustre inconnu a mis en ligne des vidéos HD du concert ‘Zazen Extasy’ de Shiina Ringo, datant de 2000. Joie !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=t4pfwCVG2u4[/youtube]

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=r-6N8vzYSaI[/youtube]

Sauvez une photo, brulez un HDRiste !

Comme ça fait longtemps que je râle dans le vide, il fallait quand même que je fasse un article sur pourquoi j’ai horreur de 95% des HDR que l’on peut voir sur le net.
J’avais commencé à prendre mes exemples sur les Blogs Wefrag, mais je me suis dit que ce ne serait pas très diplomate. Toutes les images présentées ici ont donc été récupérées sur Flickr en tapant des mots clés hautement spécifique genre ‘HDR’. Si certaines personnes se reconnaissent, qu’elles sachent que je n’aime pas leur photo.
Evidemment, j’ai pris des exemples un peu extrêmes…

Petit rappel physique:

* Ce qui fait un volume, ce sont les ombres et les spéculaires. Si vous supprimez les ombres, le volume perd en profondeur. Les infographistes l’ont compris depuis longtemps, d’où les invention par exemple du bump-mapping pour simuler un relief sur une surface plane.
* Pour les paysages: plus vous regardez loin, plus les rayons lumineux ont traversé une grande couche d’air pour vous parvenir. Or, à cause de l’humidité, de la poussière, etc… les rayons se dispersent. Regardez bien un paysage (plus évident s’il fait très humide): à l’horizon, les couleurs sont désaturées et le piqué est moins bon qu’à 2m de vous. A moins d’être sur la lune, les détails ne sont pas bons à l’horizon. Application type: en montagne, l’air est très froid et très pur, tout parait très proche. Dans certains cas, on estime la distance à l’oeil et il faut multiplier par trois pour avoir une valeur crédible.

Autant vous dire que les ombres sont très importantes dans notre perception des volumes et la clarté visuelle très importante dans notre perception de la distance.
Or, en général, le HDRiste n’en a rien à battre: il ne veut perdre aucun putain de détails sur sa photo de la côte normande au lever du soleil. Ca donne ça:


Je ne m’amuserais même pas à discuter de l’intérêt du sujet: ombres inexistantes, détails partout les mêmes, saturation à fond les ballons. Image plate et criarde mais bon, c’est HDR…

Le summum étant quand même la photo prise au grand angle d’un vague truc art contemporain avec un ciel psychédélique:

Il a même l’inconscience de signer, cet ahuri. Je ne sais pas vous, mais ça me fait furieusement penser à ça.

Encore un exemple de disparition complête de profondeur: les plafonds sont de la même luminosité et saturation que les murs ou le plancher. On ne peut se fier que sur sa déduction, parceque l’on connait une église, pour savoir qu’il y a de la profondeur. Il a encore signé, ce mec est un génie de la photo kitsch-gerbative. J’hésite à lui proposer une collaboration pour étudier un nouveau modèle d’épilepsie. Le plus drôle c’est dans les commentaires: il avoue avoir diminué la saturation…

Je vous rassure: moi aussi, j’ai commis ce genre de… ‘d’images’. Mais je n’avais pas le net à l’époque, ça m’a sauvé. Et en fait, c’est ça qui me fait marrer: Les images HDR vues au-dessus, ce serait de la peinture ou de la 3D, tout le monde agonirait les auteurs de sarcasmes (avec raison) parcequ’on perd 2/10ème à chaque oeil en les regardant. Mais là, non, c’est du HDR…

A mon avis, ce qui perd le HDRiste c’est qu’il veut toujours trop en montrer. Or une photo, c’est un choix: oui, entre le ciel et la terre il va falloir choisir entre celui qui est mis en valeur et l’autre qui est trop sombre/clair. Oui, il va falloir choisir un sujet, une direction, une intention, au lieu de foutre toutes les informations sur la même photo criarde et plate. Le HDR sur les paysages, ça revient un peu à la photo de Tatie Josette qui fait coucou devant la pyramide du Louvre: Tatie Josette et la pyramide ne sont pas forcément ratées, mais on ne sait pas ce qu’il faut regarder.

Ensuite, évidemment qu’il y a de ‘bons HDR’: c’est quand même un super outil. Si on reprend la cathédrale dont le lien est posté plus haut, on peut très bien imaginer déboucher quelques ombres, ou laisser deviner quelques détails qui seraient impossible à voir sur une photo normale. Mais les ombres doivent rester des ombres, et non pas des zones où la couleur est différente.
Je suis certain que plein de gens l’utilisent de manière intelligente, mais ce ne sont pas ceux qui mettront ‘HDR’ dans les tags de leur image: ils savent que ce n’est pas le plus important.

Pour les autres, je veux bien leur envoyer un litre d’essence :]

Trouser: serious business !

Aujourd’hui, c’était la ‘No pants subway ride’, un peu partout dans le monde. Si si si, peut-être même près de chez vous. Il s’agit de prendre le métro sans son pantalon (mais sous-vêtements obligatoires !) et de ne rien faire d’autre.
Et donc entre autres, à Tokyo. Moi qui passe mon temps dans le métro à prendre des photos de gens qui ne réagissent pas, je n’allais certainement pas rater l’occasion.

C’est NicDumZ qui m’a prévenu: cela se déroulait entre Ôtsuka et Meguro sur la Yamanote, c’est à dire toute la partie ouest de la ligne. Celle qui passe par Shinjuku, Shibuya, etc… Autant dire qu’on allait avoir une visibilité maximale.

A Ikebukuro, je vois déjà deux personnes sans pantalon, j’attends avec deux autres amis. Je commence à enlever mes lacets pour simplifier le désapage dans le train, quand je reçois un mail: Flics partout dans la station et dans le train, on abandonne. J’ai juste le temps de montrer le message aux deux personnes qui se rhabillent en vitesse: il y a en effet plein de flics y compris à Ikebukuro, en civil, avec des agents de la JR.

Une fois dans le train, ils s’adressent directement aux étrangers en nous demandant si on participe (alors que les japonais autour participaient aussi et se marraient en douce), mais ils nous laisseront tranquille après quelques légères menaces (C’est officiel: NicDumZ a une tête de trouble à l’ordre public).

A la fin, on a pu discuter avec d’autres: certains se sont carrément fait jeter hors du train, puis sévèrement engueuler avec prise de photos, écriture de rapport avec toutes les informations de la carte de séjour. On a eu le message juste à temps. Un autre a fait le voyage de Shibuya jusqu’à la fin sans être inquiété ni voir qui que ce soit d’autre, car personne n’avait pu aller jusque là.

Alors que les japonaises en montrent plus dès que la température est un peu haute, c’est impressionnant. J’espère que ça ne se passe pas trop mal dans les autres villes.

Donc finalement vous aurez des photos de japonais qui continuent à ne pas réagir, et alors que je porte mon pantalon.

Asaruto gâruzu

Le dernier film de Mamoru Oshii est sorti.
Oshii avait tourné deux courts métrages tournant autour du ‘sujet’: ‘Kentucky no Hinako’ que vous pouvez voir ci-dessous (Après ‘Avalon’, Oshii remet du marron. Le marron est décidément la couleur du futur):

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=39CJKgePAI4[/youtube]

…et ‘Assault Girl 2’ que je n’arrive pas à trouver sur le net, c’est bien dommage (il fait partie d’une compilation de court-métrages).

Bref, pour ‘Assault Girls’, vous pouvez découvrir un trailer, heuuu… là:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=4Y_Xvr-ZbEA[/youtube]

Vu comme ça, ça fait un peu film pour fan de ‘Monster Hunter’: des combinaisons moulantes, des escarpins sur un champ de bataille et des gros monstres. Le pitch qui transparait le confirme d’ailleurs: alors que 3 mercenaires en cuir et talons dégomment de la baleine volante des sables, arrive une baleine des sables encore plus grosse…

Et c’est justement l’effet voulu: avec ‘Avalon’ et ‘Ghost in the Shell’, on sait bien qu’il adore jouer à la frontière entre réel et virtuel. Parmi les indices que j’ai pu trouver, il semble acquis que tout ce que l’on voit n’est qu’un MMORPG du futur. Reste à espérer qu’il arrive à présenter ça aussi bien que dans ‘Avalon’. Parmi les tokyoïtes, y’a des motivés pour aller le voir ? Il sort le 23 à Roppongi.

Et si on commençait l’année par se plaindre ?

C’est la nouvelle année, l’ambiance déborde de mièvrerie et de bonne humeur conditionnée. On prend de bonnes résolutions que l’on aura oublié sciemment dans deux semaines. C’est complêtement vain mais bon ‘Ce sont les fêtes de fin d’année, espèce d’aigri !’. N’empêche que le principal intérêt de cette période, c’est la bouffe.

‘fin bref, je vous propose tout aussi peu constructif mais plus rigolo: les choeurs de complaintes.

C’est un projet dirigé par deux finlandais, qui ont pensé que l’on utilise tellement d’énergie pour se plaindre qu’il serait bien de l’utiliser pour en faire autre chose. Le jour où on peut en faire de l’électricité, la France est riche.

Ce sont donc des choeurs de lamentations, exemple que j’ai découvert à Tokyo:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=gmXfb4q78iI[/youtube]

(J’aime bien cette vidéo car elle montre de vrais japonais. Pas des otakus, des fashions victimes ou des déviants. Simplement des japonais)

Mais il y en a d’un peu partout: Singapour, Helsinki, Chicago et j’en passe… Je vous laisse fouiller sur le site du premier lien (ou sur Youtube). C’est bien mieux quand on connait la ville en question, car certains râlages sont très drôles et bien vus (j’aime beaucoup Chicago, par exemple).

Si vous cherchez vraiment bien, vous vous apercevrez d’un oubli fondamental: il n’y a pas de choeurs français. Ils ont dù y penser mais être débordés par l’étendue du problème, je suppose.

Mais en clin d’oeil, je vous propose de râler tout ce que vous voulez dans les commentaires. Mais histoire d’être constructifs, vous devez le faire en alexandrins.

Pas de suicide à Tojinbô

Vous avez pensé au métro, mais les frais de nettoyage doivent être payés par la famille. Vous avez essayé les alpes japonaises, mais ça fait 3 fois que Shimazaki Sanpo vous sauve au péril de sa vie, vous portant sur des kilomètres de rocs et de glace avant de vous remettre aux secours. En plus, il est parti en disant ‘Yoku gambatta’ alors que tout ce que vous vouliez c’est agoniser tranquillement au fond de la rimaye.

Vous avez alors pensé aux falaises de Tojinbô. C’est compréhensible: de sombres falaises basaltiques se jetant dans des vagues impétueuses, alors que des nuages torturés roulent au loin sur une mer d’obsidienne. Werther aurait vu ça, il aurait sauté avec joie et à pieds joints.
Vous remarquerez une cabine téléphonique destinée aux désespérés: il y a des messages d’incitation à la vie dessus, un numéro d’urgence et un tas de pièces de 10 yens dans la cabine. Histoire que vous ne sautiez pas bêtement parceque vous n’avez plus de monnaie. Ignorez tout ça.

La première difficulté, c’est que le lieu a lui aussi un sauveteur: un brave homme qui a réalisé qu’il est moins fatiguant de persuader de ne pas sauter que de nettoyer le bas de la falaise. Il devait en avoir marre de passer les oursins à la brosse à dents. La vie est ingrate pour les désespérés.

Mais sérieusement, je vais vous donner LA vraie raison pour laquelle il ne faut pas sauter à Tojinbô. La seule véritable et unique bonne raison. C’est très simple: ce n’est pas assez haut.

Mettons nous bien d’accord: c’est largement suffisant pour vous blesser grièvement et vous laisser agoniser quelques heures, de nuit, pour mourir finalement d’hypothermie ou noyé par les flots. En réalisant que le sel sur une plaie, c’est pas une bonne idée. Vous allez avoir le temps de recevoir le mail de votre copine qui s’excuse de vous avoir largué et veut revenir avec vous. Et on fait difficilement plus ridicule, comme suicide. Mais le suicide rapide et efficace, ‘Paf’, je maintiens: pas à Tojinbô.
Dans le domaine du détail, je rajouterai que c’est du basalte, donc de grandes dalles plates sans angles aigus, c’est plus difficile pour les fractures ouvertes (alors qu’un bon calcaire érodé en gouttes d’eau, y’a pas mieux pour une hémorragie).

Ceci dit, si vous y tenez, y’a quand même un truc qui me fait mourir de rire: dans les petits restaus autour, ils vantent tous la qualité des crabes de Tojinbô, alors que c’est le plus grand charognard de la côte. Je ne suis pas certain que les japonais aient saisi l’ironie. Surtout qu’il va falloir choisir un de ces jours: soit empêcher les salarymen de sauter, soit vanter la taille des crabes. Question d’honnêteté.

Moi j’ai choisi: on s’est pris des kani-miso grillés au feu de bois, avec un oeuf dedans. Un régal, à manger à la cuillère. L’un d’entre eux avait encore un lambeau de cravate coincé dans les pinces.


‘Votre vie est importante’, puis le numéro du poste de police le plus proche, et enfin en appuyant sur ‘2’ vous aurez de l’aide…


J’aurais du regarder si on peut appeler l’international, de cette cabine…