First Hanabi of the Year: Success…

Les Feux d’artifice (Hanabi), ça commence toujours pareil: essayer de trouver une place où assister à l’événement. Sachant que la moitié de Tokyo a décidé de faire pareil, avec un bon quart qui l’a fait avant vous, c’est pas facile. Un peu comme Hanami, mais en plus chaud et encore plus difficile: il y a plus de monde et moins de place pour placer sa fameuse bâche bleue (oui, car si on se la joue vraiment japonais, il faut une bâche bleue, c’est comme ça).

On arrive à placer sa bâche, on se fait plus ou moins virer par des flics en vadrouille, on repart pour un autre site que des amis d’amis d’amis ont trouvé, etc… Je ne sais pas ce que ça donnerait sans téléphone portable. Comme il faut réserver sa place tôt (voire la veille) les gens dorment directement sur site en attendant le début, les trains sont bondés de demoiselles en yukatas et il y a toujours un touriste pour te demander ce qui se passe.

Cette année, on a échoué au pied du musée Edo Tokyo, ce qui n’est pas le mieux pour voir le feu d’artifice mais au moins il y a de la place. Et puis juste avant que ça commence on a sorti l’essentiel: foie gras et Cahors 15 ans d’âge (avec verres à pied, faut pas déconner). Oui, je vous l’avais dit: ici, tout n’est qu’un prétexte pour manger.

(Pas vraiment de photo du Hanabi, en fait…)

_ Demo watashi ha, konna kanji ga aruyo !
_ Eeeee, uso !

(Pas facile de passer après Oni Oni. Mais bon, je me bats avec mon 50…)
(Haha, je pars à Kyoto toute la semaine, pour le boulot. On va crever de chaud, mais ça devrait être sympa)

La meilleure façon de marcher

J’aurais du me méfier, c’était trop facile. Le rendez-vous à 7h un samedi à Shinjuku avait été accepté sans maugréer, le voyage réalisé sans coup férir, personne ne manquait et il y avait même des places dans le train. On est sortis de la gare sans encombres ni délais, je me voyais tiré d’affaire, mais c’est 100 mètres plus loin qu’ils ont craqué. Taquine a pris une grande inspiration et m’a sorti d’une traite qu’il était déjà 10h du matin, qu’elle n’avait pas déjeuné, qu’il y’avait un resto spécialisé dans les ajidons à la gare, que c’était pas cher, que c’était quand même bien dommage d’aller si près de la mer sans pouvoir goûter les spécialités locales surtout que ça faisait très très longtemps longtemps qu’elle n’avait pas mangé d’ajidon et que ça serait surement rapide, allez, quoi !

Et voilà, raté. Ou plutôt, ça marche à tous les coups: n’importe quelle activité ‘extérieure’ n’est qu’un prétexte pour bouffer. Mais c’est vrai que c’était bon.

On repart, donc, arrêt au supermarché pour racheter de la bouffe pour plus tard (forcément). Un autre repart en catastrophe chercher de la glace, pour garder ses sushis au frais lors de la randonnée (si, c’est vrai).

J’ai toujours un peu de mal à me faire à ce décalage de motivation. Mais finalement, tant que ça marche…

The Spacehulk

C’est là, si ça vous intéresse.

L’intérieur n’est pas très intéressant. C’est minuscule, les portes sont trop basses, les angles trop étroits pour tourner facilement. Pas de climatisation et donc l’atmosphère est étouffante (et ça pue). A des noms sur les boites aux lettres et à des parapluies qui sèchent sur le palier, on peut voir que quelques personnes y habitent encore. Enormément d’habitations voire même des étages entiers sont condamnés. Impossible d’aller sur le toit: l’accès est fermé par une grille.

(Oui, ce sont les escaliers de secours… Non, on ne se croise pas et il même difficile de se retourner.)

Splendeur et décadence du tatami

J’aime bien les tatamis pour deux raisons principales: la première c’est que ça sent le foin coupé, ce qui embaume les draps et le moindre vêtement que l’on laisse trainer. La seconde est une raison purement pécuniaire: les lits sont trop petits, il est moins cher de dormir sur des futons. Et quitte à dormir sur un futon, autant sortir le grand jeu et se payer la pièce à tatami qui l’entoure, n’est ce pas ? En plus c’est plus confortable que le plancher et l’hiver c’est plus chaud

Et puis ça en impose: une estampe d’un côté, plantes de l’autre, je pourrai me vanter que j’aurais vécu l’expérience jusqu’au bout. Les japonais de passage laissent même échapper un ‘sugoï’ de temps en temps, c’est dire.

Et puis arrive ‘Tsuyu’ la saison des prunes et de la pluie, et que j’ai renommée en moi même ‘Saison la plus chiante jamais inventée’. Pour faire court: il pleut. Et l’humidité peut rester haute et constante plusieurs jours d’affilée. Mes plantes adorent, mais le linge moisit dans la machine à laver. Vous avez déjà gardé du foin dans un lieu humide ? Hé bien pareil: ça pourrit. Quand un matin le plancher sent le champignon, ça veut dire qu’il faut agir. Donc le comble: je me retrouve à mettre la climatisation pour faire sécher mon plancher.

Il parait que la seconde étape, quand le tatami est moisi correct, c’est l’infestation par de petites bestioles sympas comme les tiques. Faut pas oublier que le plancher est en feuillage. Je m’en vais trois semaines cet été, j’ai bien peur que les champignons découvrent l’électricité avant mon retour.

(J’ai fait un bref passage à Shinjuku SanChome cet après-midi…)

Hisashiburi…

Je ne voulais pas vraiment y aller mais bon, ça faisait longtemps. Et puis pour un anniversaire, faut faire un effort quand même.

Y’avait tout le monde et un peu la même ambiance que d’habitude. Le genre d’atmosphère complêtement décalée que j’ai découvert ici: uniquement des gens que tu n’aurais jamais rencontré normalement, et qui t’aurais intéressé encore moins. Mais là ? Bof, ça passe avec l’alcool. Comme d’habitude: majoritairement étrangers masculins et locales féminines. Comme d’habitude c’est nomihodai et il y a trop d’alcool.

Y’avait Subtilité de tractopelle qui profitait que sa copine ne soit pas là pour brailler des insanités en mauvais japonais sur la serveuse. Y’avait les Amis d’amis d’amis qui sont là en vacances et qui parlent uniquement de leurs nuits et conquêtes à Roppongi. Ils se vantent en disant que ce soir ça finit en partouze. Y’avait Un peu perdue, la japonaise transie. Il y’en a toujours une: celle qui rêve de se barrer avec un étranger, mais pas assez jeune, jolie ou rigolote pour attirer suffisamment l’attention. Elle rit avec tout le monde, mais elle ne fait pas le poids et elle le sait.

Y’avait Complêtement tarée, qui n’avait pas changée: elle a fini la soirée à marcher sur la table en relevant sa robe, montrant son absence de sous-vêtements et en criant ‘I’m smelling good’. Et encore, elle s’est retenue: y’avait son copain. Complêtement tarée, c’est la petite qui parait tout à fait normale étant sobre. En fait, elle gagne sa vie en faisant des shows sado-masochistes. Et il parait qu’elle est douée. Quand elle s’est affalée sur les Amis d’amis d’amis et leur a dit qu’elle était d’accord pour participer à leur soirée même si elle était toute seule, ils sont partis la queue entre les jambes. Que de la gueule, mais je les comprends un peu.

Et puis après 4 pichets d’Umeshu et 3 japonaises qui m’ont dit que je tenais super bien mes baguettes pour un étranger, tout le monde s’en va en boite.

Pas moi. Ca fait du bien de vous revoir, mais je n’inverse plus les nuits et les jours.

(Je suis stupide, en fait j’avais les photos du sol. C’est quand même mieux comme ça).

Aujourd’hui est un grand jour

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais j’ai emménagé dans un quartier très ‘banlieue japonaise typique’. Plein de petites maisons soignées, de petis jardins entretenus, il y a un voisin qui expose des bonsais centenaires et même un mini-temple en face de ma porte.
Je pense être le seul étranger à 10 kilomètres à la ronde, quand je dis où j’habite les japonais ne savent pas où c’est, et même avec un plan tout le monde se perd pour arriver chez moi (mais c’est pas facile: la première fois que j’ai eu les clés, je n’ai jamais trouvé mon propre appart). Bref, c’est au-delà du paisible.

Quand j’avais emménagé, décidé à conquérir mon voisinage, j’avais acheté des chocolats français (jouer mon avantage ‘français classe et raffiné’ à fond, n’est ce pas ?), préparé des salutations de rigueur dans mon japonais le plus souriant et étais parti sonner chez les voisins.

Ah tiens, mon voisin de droite n’est pas chez lui. Qu’à cela ne tienne, essayons celui du dessous. Absent lui aussi, comme tous les autres en fait: aucun signe de vie nulle part. Foin de contrariétés, l’horaire devait être mauvais et ils devaient être au boulot, je recommençais le donc lendemain à une heure plus propice. Puis le surlendemain, puis quasiment tous les jours pendant… presque une semaine. Chou blanc, mon sourire et les chocolats n’ont ouvert aucune porte.

J’ai bien pensé à une japonaise de mes connaissances de le faire pour moi, mais si elle réussissait du premier coup j’allais être très énervé. J’ai donc préféré essayer d’être malade en mangeant tous les chocolats d’affilée. En plus ils arrivaient à leur date limite de pérermption, si ça avait marché ils auraient pensé que j’essayais de les empoisonner.

Bref, cette absence de premier contact illustre bien les relations qui nous unissent depuis: rien du tout. Je ne les vois que par erreur, les entends à peine, j’espère que je les dérange aussi peu.

Et ce matin, c’est le miracle: alors que j’étais occupé à jardiner sur mon balcon, un voisin a eu l’imprudence considérable de faire de même, je l’ai vu deux minutes en tout. Je lui ai dit ‘Bonjour’. Si. Nos relations ont fait un bond en avant titanesque.

Et puis pour illustrer, un truc qui n’a rien à voir: le train aménagé tatamis, table et siège comme dans une izakaya. Ca me ferait marrer, un bon coup de frein dans tout ça…