C’est la saison des pluies

J’aime bien la saison des pluies à Tokyo: c’est de la grosse pluie qui tache, qui transperce le parapluie en un instant avant de le faire retourner par le vent.

C’est surtout un moment où on voit les japonais s’arrêter: ils se précipitent hors de la rame de métro, montent les marches d’un pas vif, s’arrêtent à peine pour payer le trajet. Et on les retrouve juste avant la sortie, pianotant sur leur keitai en attendant que la pluie se calme. En fait, ils ne sont pas si pressés qu’ils aimeraient nous le faire croire.

Au hasard des rues d’Asakusa

Lors du matsuri d’Asakusa, les yakuzas se montrent.
C’est même assez sympa: ils portent leur mikoshi en gueulant, comme tout le monde. Tous n’affichent pas leurs tatouages, mais on voit furtivement des dessins s’échapper des vêtements de temps en temps.

On arrive même à discuter avec certains jeunes, un vieux se déshabille pour nous faire admirer le renard dans son dos. Et de fil en aiguille, il finira par nous parler du jour où il a fait une erreur.

Notes: Oui, les filles sont tatouées aussi (vous pensez bien si on a demandé) et non, on ne demande pas à voir (à moins de vraiment chercher à se faire casser la gueule).

Akihabara

Lors du Kanda Matsuri.

Je suis assez content: avec l’habitude, ces panoramiques sont très rapides à prendre. Par contre, il faut que je nettoie mon capteur: je passe 30 minutes par photo à effacer les taches.

Dans la dernière, vous pouvez voir d’assez grosses erreurs au niveau du building du milieu: le cadrillage des fenêtres, y’a pas pire. Vous auriez une méthode pour corriger ça sous Photoshop ?

Kanda Matsuri

Le Kanda Matsuri, c’est une fête de district: tout le monde se réunit pour porter le Mikoshi (temple portatif) dans les ruelles, et ils s’arrêtent devant les magasins pour donner leur bénédiction de l’année. Enfin, tous les Mikoshis des différents quartiers sont amenés au temple, où ils reçoivent une bénédiction supplémentaire.

Evidemment, chaque quartier se tire la bourre, histoire de montrer qui porte son mikoshi le plus longtemps, le soulève le plus haut possible, avec des gens dessus ou non. Il faut savoir qu’un Mikoshi pèse la bagatelle d’une tonne…

Et puis bien sur, entre ceux qui poussent et ceux qui tirent, ceux qui crient et ceux qui transpirent, c’est un joyeux bordel.

Cette année, on était invité à porter le mikoshi d’un des quartiers de Kanda, ce qui m’a permis de vérifier que je suis vraiment trop grand pour me tenir correctement et avancer en cadence.

De noir, de blanc et de bruit.

Essai d’appliquer la suggestion de PositiveFunk: haut ISO et Noir & Blanc pour ne pas trop montrer le bruit. Ca ne marche pas si mal.

Par contre, pas facile de faire les photos dans le noir, en manuel (l’AF est dans les choux à cause du manque de lumière), sans profondeur de champ, dans un environnement qui bouge beaucoup et sans me faire voir…

Note: le pastis marche très mal avec les japonaises. Ca leur rappelle leurs caries dentaires…

Les jardins

Les jardins japonais reposent en fait sur le même principe que les jardins à la française: domestiquer complêtement la nature. Mais alors que le jardin à la française donne des allées de buis taillées au carré (vous connaissez Villandry ?), son homologue japonais est plus subtil.

Il s’agit de recréer une image idéalisée, épurée de la nature: comme une esquisse. C’est ainsi que l’on remarque des différences très subtiles mais fondamentales avec un jardin ‘normal’.

Par exemple, vous verrez de la mousse au sol. Mais ça ne pousse pas comme ça: en fait la mousse a besoin d’ombre, d’eau et de ne pas se faire envahir par l’herbe. Vous les voyez donc désherber la mousse à la pince à épiler (sans déconner) et même mettre des chaussons spéciaux avant de marcher dessus. Evidemment, il y a plusieurs types de mousse, considérées comme plus ou moins rares ou belles et utilisées à bon escient.

Il y a des arbres et des buissons mais pas de feuilles mortes au sol. Jamais. Les seuls autorisés à rester sur la mousse sont les pétales et les fleurs.

Les arbres paraissent plantés au hasard, mais en fait chaque jardin possède un ou des points de vue. Installez vous et observez: le paysage est équilibré. Un pont va répondre à une île, le toit d’une pagode contrebalance une plage. Et chaque buisson et arbre est choisi pour sa forme et sa couleur au cours du temps. Ainsi, les couleurs et l’attention des visiteurs changent avec les saisons.

Au Myôshin-ji, les courbures de graviers remplacent même les mouvements d’eau.