Ce sont les factures que je préfère !

Depuis que j’ai déménagé dans un appartement à moi, non géré par le labo, je découvre un nouvel univers fascinant: c’est qu’il faut payer son loyer mais aussi gaz, électricité, internet, etc…

L’inscription s’était faite tout seul: c’est l’agent immobilier qui s’en était chargé, ce qui me permet maintenant de recevoir chaque mois des enveloppes surchargées de kanjis avec quelques chiffres ici ou là. J’ai mis un peu de temps à comprendre qu’il faut les payer au Kombini voisin (très pratique mais un peu inattendu: c’est comme payer sa facture d’électricité chez l’arabe du coin), mais en somme ça se passe bien. Ils tolèrent les oublis jusqu’à deux mois, ce qui est essentiel dans mon cas (Quand j’ai emménagé, j’ai mis 2 mois à trouver la boite aux lettres). Ils renvoient même les factures quand on les a perdues, bref ils me comprennent.

Fort de cette confiance en moi, j’ai voulu franchir un pas supplémentaire: le prélévement automatique sur mon compte en banque. Ca tombait bien, pour cela ils venaient justement de m’envoyer un papier avec plein de cases à remplir.

Donc j’embête un peu ma coréenne préférée pour lui demander une traduction japo-anglaise, je remplis diligemment les cases en ne me trompant qu’une fois (mais ils avaient envoyé deux papiers, ils me comprennent vraiment), j’y applique mon sceau personnel et j’envoie.

Oui, ‘Sceau personnel’, car ici on ne signe pas mais on possède un tampon à son nom, qui sert de signature. Une des premières choses à faire, c’est de se faire réaliser un sceau, avec les kanjis correspondant à la prononciation de son nom, et accessoirement de se la péter grave en choisissant des kanjis qui veulent dire ‘Guerrier resplendissant de l’ouest sauvage’, ce genre de trucs (alors qu’en fait, le gars s’appelle Dupont).

Bref, j’appose mon sceau et j’envoie. Deux semaines après, retour du courrier, embêtage de coréenne, traduction: j’ai ouvert mon compte en banque avec ma signature, car mon sceau n’était pas encore fait. Du coup, la banque ne me reconnait pas et refuse le prélèvement automatique. ‘Suis-je sot !’ me dis-je, et me revoilà à remplir derechef un nouveau papier, que je signe et envoie aussitôt.

Deux semaines plus tard: courrier, coréenne qui commence à s’amuser, motif: Signature non reconnue pour la déclaration du logement (j’avais utilisé mon sceau), transfert impossible. Diantre, ils sont taquins. Faisant fi de toutes ces contrariétés, je re-remplis un petit papier, décide d’apposer mon sceau et de signer à côté afin de confondre l’ennemi.

Deux semaines passent, courrier, coréenne écroulée de rire, problème: non recevabilité administrative. Il est interdit que deux personnes signent le même document…

Je crois que je vais continuer à payer les factures moi-même.

(Cadeau: Télémak films a sorti son ShowReel 2008, vous pourrez y reconnaitre Lu et les soirées Tokyo Décadance…)

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/telemak/video/x82rdg_show-reel-2008_creation[/dailymotion]

Quiproquo

Préambule: Rigolote est une fille simple et très sage, limite ingénue. Je suis persuadé qu’elle ne s’est rendue compte de rien. Elle est est donc en rose, je me contenterai d’un noir sobre.

Elle arrive à mon bureau, brandissant un double décimètre.

_ Salut, je suis venue te mesurer.

_ Heu, hein ?

_ Ben oui, j’avais un peu de temps donc je me suis dit autant le faire tout de suite. (Elle regarde son double décimètre) Par contre je ne suis pas sur que ça suffise: t’es grand alors tu comprends…

_ Heummff, oui mais… de quoi tu parles ?

_ Mais enfin, tu disais pas que tu voulais te racheter des chaussures ?

Punaise, c’est vrai qu’ici ils mesurent les pointures en cm !

Tsukiji

Je profite que Syla vienne de poster quelques photos sur Tsukiji pour poster les miennes.







Tsukiji: les gens

Après m’être pris plein de remarques au sujet de mes photos vides (et limite en plus ils avaient raison), voici quelques gueules de Tsukiji. J’ai déjà pas mal trié, mais il y en a sans doute encore trop. Vous remarquerez d’une part le bazar hallucinant que c’est (au Japon, quoi !) et ensuite les maris au découpage et les femmes à la tenue des comptes, dans les petites cabanes.

Du givre plein les yeux

Les rendez-vous grimpe du dimanche matin, à 6h dans le froid à Ebisu, je commence à connaitre.

Vendredi soir, quand Konstantin (Le bulgare qui ressemble à Duke Nukem et qui écoute du Hardrock, je ne plaisante même pas) m’a proposé d’aller tâter la neige dans un endroit froid, venté, mais facile juste pour se faire un peu d’endurance, j’ai été tenté. Quand il m’a dit qu’il emportait la pelle parcequ’une fois il n’a pas retrouvé sa voiture, j’ai accepté aussitôt.

Nous voilà partis pour Akadake, une grosse taupinière à 3000m comme le Japon en possède par paquets de 12. Pas mal de neige mais pas trop récente, la trace était bien faite et nous a permis d’aller vite. Les guides indiquent 6h de montée, on a fait 6h en tout: 4h à la montée, 2 pour la descente.

Pas trop froid: autour de -10, mais pas mal de vent et de tourbillons de neige sur l’arête qui permettait d’accéder au sommet. Comme la pente est assez raide et la trace bien tassée entre des murets de neige, il faut absolument des crampons pour monter mais la descente se fait en se prenant pour un bobsleigh. Très rigolo, il faut simplement vérifier que personne n’est en train de monter…

Et de là-haut, la vue sur le Fuji est absolument superbe.

Des nouvelles de Kaori

Kaori va mieux. En tout cas on arrive à rire ensemble sans qu’elle essaie de m’arracher un rein à coups de dents ou sans fondre en larmes. Elle va mieux mais elle part. Pour un mariage avec un autre, ce qui lui conviendra certainement mieux.

Il y a quelquechose souvent pourri au Japon. Ce sont les relations entre étrangers et japonais.

On va commencer par ce qui vous intéresse le plus: ce qu’on raconte de Roppongi et des japonaises assez faciles d’approche. C’est vrai. Il y a une demande: les étrangers sont bien plus directs et rapides, elles ont le choix et ne se cassent pas la tête avec des états d’âme. Même moi qui suis une vraie tanche, ce n’est pas ‘difficile’ de finir une soirée avec 3 numéros de téléphone.

A 22 ans, elles collectionnent simplement les nationalités, mais autour de 30 c’est une autre histoire. Nous sommes bien plus indépendants, en général dans la moyenne riche, avec la perspective de perfectionner un langage et de voyager. Je connais au moins une dizaine de filles m’ayant avoué qu’elles sont incapables de retourner avec un japonais. Sauf que les étrangers, ils partent. Sauf que les étrangers, ils sont un peu trop indépendants, voire même ils ne comprennent pas.

Cela fait des filles un peu brisées. Entre celles qui espérent un mariage, celles qui rêvent de partir et celles qui partent vraiment.