Pas trop tôt !

C’est en me retrouvant au milieu du carrefour, que j’ai soudain réalisé que je n’étais pas allé à Shibuya depuis au moins 3 semaines. Quel oubli impardonnable, je dois vieillir.
Heureusement, Funky avait prévu une soirée Opéra, au Bunkamura. Histoire d’aller voir ‘La Traviata’, que je n’avais jamais vu. C’était joué par l’Opéra de Kiev, en italien, sous-titré japonais, décidément j’adore ces absurdités spatiales que l’on croise souvent à Tokyo. Plus le temps passe, et plus j’aime l’opéra (alors qu’on m’aurait dit ça il y a 10 ans, je me serais copieusement foutu de la gueule du gars…). Là aussi, en fait je dois vieillir.
Mais ça fait du bien de pouvoir enfin voir les scènes dont sont tirés autant de musiques connues (le Choeur des bohémiennes, par exemples).

On a fêté les retrouvailles par des sushis, évidemment…

(Je commence à présenter un peu tout le temps les mêmes lieux, va falloir changer…)

Photo ratée

Instant fugitif que j’ai été trop long à saisir: celui de cette réceptionniste d’un magasin chic d’Omotesando, cassée en deux sous le poids d’une révérence faite à un client important. Trop tard. Il faut que je revienne: un banc pas loin permet de se mettre à l’affut. Pour le moment, vous n’aurez que la seconde d’après.

Rigolote m’a un jour raconté qu’à son école, tous les jours, elle avait une demi-heure de cours de shazai…

Ils ne sont pas comme nous.

Figurez vous que dans le complexe de laboratoires où je travaille, il a fallu élire des ‘Workers representatives’ histoire de défendre nos intérêts face au grand capital (et demander du rab de soba à la cafétéria). Evidemment, personne n’était volontaire dans mon labo, on a du tirer au sort. J’ai eu une malchance inouïe: c’est tombé sur ma pomme. Il restait un second tour: les élections par ‘Research Group’, on choisit une personne par groupe de labo, évidemment aucun volontaire. J’ai eu une malchance inouïe: c’est tombé sur ma pomme (avec tous les japonais qui m’ont félicité pour la forme et après ce sont foutus de ma gueule en me souhaitant bon courage).

Il restait un troisième tour: parmi tous ces représentats de ‘Research Group’, il a fallu élire un représentant du ‘Research Department’. Evidemment, il n’y avait aucun volontaire (et ils m’ont tous demandé ce que je foutais là en rigolant). Et ils ont décidé de tirer au sort. Je suis resté sans voix.

Quand vous avez à tirer au sort entre 16 personnes, vous faites comment vous ? Vous mettez tous les noms dans un carton, on mélange et on en tire un au hasard, non ? En tout cas c’était ma première idée, mais pas ici. Je les ai vus arriver avec une feuille de papier pleine de dessins compliqués, je vous la représente ici:

La partie bleue en haut est en fait cachée, afin que personne en voit où est placé le repère rouge. Chacun à son tour, on peut placer son nom en bas (positions A, B, C…) et rajouter ou non des petits traits horizontaux entre les lignes verticales. Quand tout le monde a mis son nom et mis les traits, on découvre la partie du haut, et l’organisateur suit le chemin du haut vers le bas, en tournant chaque fois qu’il trouve un trait horizontal. Ca donne ça:

Le ‘hasard’ est donc du au fait que chacun met son nom dans une position aléatoire, et que chacun peut rajouter autant de traits qu’il veut. Mais il reste un doute: il faut déterminer dans quel ordre les gens vont écrire leur nom. Il faut que ce soit aléatoire aussi: on l’a fait à Jan-Ken-Pon (papiers-cailloux-ciseaux). Vous avez déjà fait un Jan-Ken-Pon à 16 ? C’est un gros bazar, mais ils sont super entrainés et le font très vite, impressionnant. J’étais largué dès le début et ils ont du reprendre plusieurs fois pour moi: ‘Jan, Ken, Pon ! O-Iko-Deshyo ! Shyo ! Shyo ! (les mots à dire changent avec le nombre de parties). C’était surréaliste, mais au moins tout le monde se marrait: tout d’un coup, c’était le retour dans la cour de récré.

Au final, je n’ai pas été choisi (ouf). Je n’ai pas osé leur dire qu’on aurait pu se limiter au vainqueur du Jan-Ken-Pon, vu que c’est aussi aléatoire… Mais il faut dire que j’ai eu une chance inouïe: c’était tombé sur ma pomme.

[Edit: rien à voir: Kmille, tu n’as pas répondu à mon mail !]