Kawaï ??

Ils en mettent vraiment partout.

Même jusqu’aux boites de préservatifs qui représentent des virus mignons…

Charmant, isn’t it ?

Kawaï ?

Comme dans tous les labos, on a un évier où l’on peut saigner les rats tranquillement, et prendre de l’eau pour le thé dans les intervalles. Et comme tous les éviers, il y’a une serviette accrochée juste au-dessus (à ne pas utiliser juste après avoir saigné un desdits rats).

Mais nous, c’est un peu spécial: ce sont des serviettes éponges en forme de robe de petite fille.
Figurez vous que tous les jours, je m’essuie les mains à une robe de gamine, environ 3 ans. Je vous laisse imaginer les cris d’orfraies qu’aurait généré un truc pareil en France.

Après renseignement, j’ai appris que ces petites robes avaient été cousues par la mère de Haute Comme Trois Pommes, pour remercier le labo de l’avoir accueillie. On peut difficilement taxer cette personne de pensées inappropriées, donc. Et devant mon regard mi-amusé mi-interloqué, on m’a regardé avec un sourire navré en me répondant ‘Arrête de penser. C’est une serviette. C’est kawaï, et c’est tout’.

Comme quoi, au niveau du jugement de valeur, j’avais tort.

P.S.: Oui, je sais que le sujet peut être sensible. En l’occurence, je le poste car ça se passe assez bien et il n’y a pas trop de débordements (je ne l’aurais jamais posté il ya un an). Je fais part d’une expérience sur une différence de jugements valeurs, point.

Donc tout troll, flame, réglement de compte, etc… BAN

Comme une grosse loque

Je vous raconterais bien la dernière soirée à Shibuya, mais y’avait interdiction de prendre des photos et du coup c’est moins sexy. Ensuite, j’étais trop fatigué pour aller à la soirée ‘Tokyo Fetish’ au Legato. Alors qu’honnêtement, le cadre est assez sympa.

Je prétexterais volontiers le contre-coup du déménagement pour dire que je suis fatigué, qu’il faut que je prenne mes repères, que je vais bientôt commencer une nouvelle routine qui me permettra de passer à du temps à découvrir plein de choses et à faire des billets croustillants. Il y’a aussi que j’ai moins de sous qu’avant et que donc il me faut limiter les sorties, je pourrai repointer le nez de chez moi le mois prochain, pas de problème.

Mais non, en fait, il va falloir en finir avec les excuses pourries et les tergiversations faiblardes.

La vraie raison, c’est que j’ai découvert Fallout II.

J’y ai même passé une après-midi entière, ça faisait plus de 5 ans que je n’avais pas passé autant de temps sur un ordi d’affilée. J’ai honte. Comme une larve, je suis resté chez moi à essayer de passer Lynette au lance-flamme et de survivre ensuite. Ce jeu est une tuerie:

1) Mais… mais c’est dur oO; Trois fois, j’ai du m’y reprendre pour passer le temple des épreuves. Faut dire que je ne suis pas aidé par mon perso basé sur le charisme et le vol.
2) Mais… mais ça sauvegarde pas tout seul ? Je viens de perdre deux heures de jeu, là, comme ça, rien qu’en faisant une mauvaise rencontre dans les wastelands ?
3) Mais… mais c’est grand sa mère, ce truc, et y’a des mauvaises rencontres partout.
4) Haha, on peut revendre Sulik comme esclave juste après l’avoir sorti de son précédent esclavage !
5) Haha, on peut coucher avec les PNJs pour faire baisser les prix.
6) Haha, on peut voler leurs armes aux PNJs, puis les provoquer et ils ne peuvent se battre qu’à mains nues.
7) Oh mon dieu, on peut jouer à Trajic ‘The Garnering’ avec des goules mutantes au milieu du désert !
8) Oh mon dieu, un lance-flamme et mon perso ne peut pas l’utiliser, mais qu’ai-je fait ?
9) Oh mon dieu, il est déjà 2h du matin.

Bref, vous m’excusez, mais je… hem. Faut que j’y retourne.

Mais le week-end prochain, promis, je sors. Je vais me dépêcher de le finir avant.

Ca n’est pas pour me vanter…

Mais hier, au terme d’une lutte acharnée et sans merci (y’a eu des coups bas, du sang et des larmes), j’ai gagné un concours d’origami. Contre une japonaise de souche, s’il vous plait.

Prix: une bouteille de vin, je savais bien que ça servirait à quelquechose d’apprendre ces conneries quand j’avais 12 ans.

Par contre, le vin était vraiment immonde.

« Je crois que je ne vais pas y arriver »

J’avais réussi à emmener La Teigne en vacances, pas trop loin car nous avions peu de temps, suffisamment pour oublier tout le reste. Les premiers jours s’étaient bien passés, entre farniente et dépaysements, car nous étions encore dans la capitale. Mais aussitôt partis sur les routes défoncées, dans un véhicule à l’inconfort complet, il risquait d’en être autrement.
C’est arrivé à la halte du repas du soir, devant le riz mal cuit accompagné d’indéfinissables morceaux de viande trop gras. Elle tira une de ses boucles, l’enroulant autour de ses doigts.

Et me dit d’une petite voix désolée « Je crois que je ne vais pas y arriver. »

Pets ok, no Gaï-jin

Comme vous avez du le comprendre, trouver un appartement correct à Tokyo est quelquechose de pas piqué des vers.
Sans garants japonais depuis 5 générations, les agences ne vous font pas confiance et être étranger vous attire la méfiance des voisins (et des agences: cela ne va t’il pas déprécier les appartements à côté ?). Mais maintenant, je gère les agences comme une bête.

Première chose à faire: ne pas les écouter. Car les japonais sont d’une politesse impeccable et d’une obéissance sans faille à la hiérarchie. Vous arrivez donc devant un employé japonais qui voit en vous un client et un supérieur (vous êtes étranger, ne l’oublions pas). Et de plus il est écrit dans son manuel que l’on doit s’adresser au client en Keigo, la langue toute de classe, de raffinement et d’incompréhension faite. Ca donne des conversations qui donnent un peu ça, traduites en français:

_ Bonjour, moi chercheur étranger et moi vouloir louer maison dans agence vous. Quoi vous avoir ?
_ Nous sommes infiniment honorés que vous ayez daigné choisir une si piètre compagnie dans votre louable intention d’accéder à la location d’un bien immobilier, et sommes certains qu’un accord pourra être trouvé entre vos désirs et besoins de logement et notre maigre choix de résidences ouvertes à la location. Auriez vous l’amabilité de m’indiquer quels sont les points auxquels vous attachez une première importance, afin que je puisse diligemment vous offrir au regard une première sélection de ces biens immobiliers dont nous assurons la gestion locative ?
_ Toi fermer gueule, toi parler simple.

A peu de choses près, hein, sauf la dernière phrase. Le plus marrant, c’est que certains continuent même si tu leur fais comprendre que l’on ne comprend rien. C’est le syndrôme ‘case’: IF client THEN Keigo. Donc première technique: dire bonjour, se diriger directement vers toutes les affichettes qui vantent les qualités des biens immobiliers dont ils ont la gestion locative et se faire soi-même un éventail représentatif de logements possédant les qualités auxquelles nous accordons une certaine importance. Là, en général, c’est l’effervescence dans la fourmilière et ils arrivent à dénicher la préposée aux photocopies qui parle un peu anglais. On va pouvoir progresser.

Deuxième étape: le coup de fil au propriétaire. Parceque si j’étais japonais descendant direct de Masamune Date, y’aurait pas de problème et ils s’en chargeraient tout seuls, mais un étranger sans garant digne de ce nom et qui ne parle pas Keigo, ça demande confirmation. En général, ça va très vite: ‘Il est étranger. Non ? Bon’ et suivant. C’est assez désespérant, en général il reste un appartement sur 10. C’est même allé jusqu’à cette parole malheureuse (mais je pense qu’elle ne s’est pas rendu compte): ‘Pets are ok, but no foreigners’ (Les animaux de compagnie pas de problèmes, mais pas d’étrangers). Ne pas se départir de son sourire avenant, mais ça fait regretter de ne pas avoir rajouté quelques kilos à ‘Little Boy’.

Bon, mais on finit tout de même par en trouver certains. J’ai été aidé par un agent immobilier très sympa, merci encore à lui.

Ensuite, il faut payer. Et au Japon, il faut payer cher. Deux mois de loyer en cadeau au propriétaire, un mois de caution, un mois d’avance. Frais d’agence. Faut pas déménager sur un coup de tête. Et à noter que la caution servira à payer le nettoyage de l’appartement quand on s’en va, à changer les tatamis, etc… Donc en général, on ne la revoit jamais.

Encore un moment surréaliste: je vais à la banque pour faire le transfert d’argent sur le compte de l’agence. Leur nom est en kanjis, les employés sont incapables de le lire pour l’enregistrer dans les comptes… Bordel.

_ Excusez nous, mais savez comment se prononce le nom de votre agence ?
_ Hein ? Vous me demandez, à moi, comment on prononce des kanjis ? Mais j’en sais rien du tout.
_ Ben ces kanjis là ils sont pas faciles, vous savez, première fois que je les vois…
_ Mais démerdez vous bon sang, c’est pas moi qui peut vous dire ça.

(*conciliabule entre employés japonais*)

_ Alors celui là, il me semble bien que c’est ‘shyo’, on peut essayer ça.
_ Oui, mais avec cette combinaison, il me semble plutôt qu’il se prononce ‘tara’, et en plus j’ai un oncle qui a ce kanji là, c’est ‘tara’…
_ On peut peut-être demander à Matsumoto-san…

Bref, impossible d’enregistrer le paiement. J’ai du retourner à l’agence pour demander comment se prononçait leur nom, avec écriture en hiraganas pour être sûr (car ils te l’écrivent en caractères européens, mais il arrive qu’ils se gourent dans la ‘traduction’). Il faut absolument que j’apprenne à dire ‘Non mais vous vous foutez de ma gueule ?’ en japonais.

Et puis ensuite, le déménagement, l’achat des meubles, tout ça, en fait c’est du trivial. Bon, on se trompe un peu en écrivant son adresse dans les formulaires, mais rien de dramatique. Aller à Ikea un samedi à 17h n’était même pas réellement abominable.

Bref, je suis très pauvre mais maintenant résident du ‘Petit bois de bambou de l’autre côté de la plaine.’

Ah et puis comme j’ai pas d’images mais que cette pub parle de déménagement dans un nouveau quartier, je vous la joins:

[flash]http://www.youtube.com/v/YDarhQ8Cd7E&hl[/flash]

L’ancien

L’ancien, je l’appelle comme ça, mais en fait il est plus jeune que moi, hein. Mais quand il nous montrait un truc inédit, une bonne trouvaille qui forçait notre admiration, il avait cette habitude de dire ‘T’as vu, c’t’ancien ?’. Histoire de nous rappeler que ce n’était pas parcequ’il était plus jeune qu’il devait être moins expérimenté en noeuds de corde ou en galères verticales.

Un gars qui avait tout plaqué après avoir raté son bac pour la première fois, mais qui s’était toujours débrouillé pour vivre de petits boulots le temps de passer son BE escalade et de gagner sa vie en emmenant les gens faire du canyon. Quand il avait un peu de sous, on le voyait arriver à Marseille et il vivait pendant quelques mois dans son camion, pour grimper. Maintenant, il a une maison en haut des falaises du Verdon, et il gagne sa vie mieux que moi.

Mais à l’époque du récit, on se lève à 4h pour partir faire la grande face du Tsaranoro Kely, une voie de 600m intitulée ‘Out of Africa’, il me semble encore m’en souvenir. Ca commençait bien: on s’est trompé de voie, nous obligeant à redescendre car les spits s’interrompaient brusquement. Finalement on trouve, et on commence avec le soleil levant. Les longueurs sont très longues, la difficulté bien plus grande que je ne m’y attendais (je n’avais pas grimpé depuis longtemps et étais un peu juste physiquement). Et puis surtout, les points sont très rares: parfois 4 par longueur de 60m, un gaz à donner le vertige. Honnêtement, je suis très vite dépassé par la difficulté et l’engagement. Mais L’ancien continue sans frémir ni faillir et enchaine les longueurs. Un mental de russe.

Au bout de 8h de ce petit jeu, on est presque au bout quand survient exactement ce que l’on craignait: la saison des pluies n’est finie que depuis peu, et on se prend un orage tropical. Le déluge intégral, des trombes d’eau qui empêchent de lever la tête et de voir quoique cesoit. Ne parlons même pas de s’entendre, on se contente de faire confiance à l’autre et de progresser comme on peut en espérant qu’aucune pierre ne tombera. Lors d’un passage dur, je me souviens avoir grimpé comme je pouvais en m’accrochant à de grosses touffes d’herbe qui s’écroulaient sous mon poids, m’obligeant à aussitôt agripper la suivante pour pouvoir continuer. 30 minutes après, l’orage s’arrête net et le soleil ré-apparait même. On est épuisés et j’ai perdu une lentille de contact, mais on arrive au sommet pour les derniers rayons de soleil.

Hors de question de descendre en rappel: la corde est gorgée d’eau, on va la coincer partout. Il existe deux chemins pour revenir: un que l’on connait, mais il est assez escarpé, il faut désescalader pas mal dans la jungle. Un autre plus facile mais plus long, que l’on connait seulement par descriptions. On choisit le second, c’est plus sur vu notre état de fatigue. Mais il fait nuit, on a deux lampes frontales dont une tombe en panne assez vite et je n’y vois quasiment rien. Autant dire qu’on perd le chemin très vite. On n’est pas perdus: environnés de falaises de tous côtés, la direction est très claire. C’est par là. Mais par là, c’est la jungle.

Suivent 4 heures de descente dans un infâme bordel végétal, à se laisser tomber plus que descendre (de toute façon, tout est mou à cause de l’humidité), à trébucher, se casser la figure et à se prendre des branches dans la gueule. Un moment, on tombe sur un lit de torrent asséché, que l’on suit car la progression est plus facile. Il s’engage dans une grotte, que l’on suit parcequ’on n’a pas le choix. On en ressort 200m plus loin, après avoir effrayé tout un troupeau de chauve-souris. On arrive enfin au camp, vers 22h, complêtement épuisés, où nous sommes accueillis à bras ouverts par toute l’équipe. Ils pensaient vraiment qu’on allait dormir là-haut. Nous aussi, d’ailleurs.

Le lendemain, nous sommes deux épaves: L’ancien a la cheville violette et plus grosse que son genou, il ne peut poser le pied par terre sans hurler. De mon côté, étant moins entrainé, mes mains n’avaient pas assez de corne pour résister au rocher. L’intérieur n’est qu’une plaie croûtée et saignante. En grimpant, j’ai d’ailleurs laissé du sang sur toutes les prises. Impossible d’utiliser mes mains: les plaies se rouvrent aussitôt, j’ai du mal à m’habiller, prendre une douche est un calvaire. On mettra trois jours à s’en remettre.

Et en se reposant je relis le topo des voies d’escalade, et je découvre qu’on s’est trompés: à un moment on n’a pas pris assez à droite et on s’est engagés dans une autre voie. Elle s’appelle ‘Everything is in your mind’ et est beaucoup plus dure que celle que l’on voulait faire. Mais vraiment beaucoup plus dure. Et dans les commentaires, il y’avait ‘Engagée, voire exposée par endroits. N’y allez pas: c’est Bagdad’.

Et L’ancien a tout enchainé, respect.

Tsaranoro

C’est en arrivant, que l’on s’était rendu compte que cela ne serait pas aussi simple que ça. Après Fianarantsoa, quelques heures de Taxi-brousse pour arriver à Ambalavao, puis de nouveaux quelques unes pour Vohitsoka, les véhicules se faisant de plus en plus rares et délabrés, les locaux de plus en plus rigolards et curieux. Arrivés à Vohitsoka, on s’arrête pour faire un foot avec les gamins du village, et on s’aperçoit que le Tsaranoro est encore à 2h de marche. Il fait presque nuit.

Les autres touristes ? Ben normalement, ils louent un véhicule depuis le début, et on ne les voit même pas passer derrière les vitres fumées des 4*4 climatisés. On passe la nuit dans un champ, en transformant les sacs en tentes pour se protéger des moustiques, et au matin on repart.

Le Tsaranoro, c’était le but du voyage: 800m de granit aussi raide qu’un immeuble, pas une cassure ou une vire pour poser le regard, perdu au milieu de la jungle. Avec un camping pas trop loin, tout de même. On y restera tout seuls, pendant presque 10 jours. C’est avril, la saison des pluies s’attarde un peu et ce n’est pas encore la saison touristique. Donc au bout d’un moment on connait tout le monde, on discute entre les escalades et on va dire bonjour au boa qui dort tranquillement enroulé sur une branche, à côté du chemin. L’endroit est très beau, très calme, mais un peu plus cher qu’on ne le pensait: même s’ils ne sont pas encore là, c’est un coin pour touristes et même si on consomme très peu, l’argent file.

Arrive un jour où on n’a plus un rond, et en plus L’ancien a mal à la cheville, peut-être une petite entorse faite sur un chemin de descente après l’escalade. On décide alors de consacrer une journée pour rentrer à Fianarantsoa, pour retirer de l’argent et voir un médecin. Trajet retour: Vohitsoka, Ambalavao, Fianarantsoa. Et on s’aperçoit alors que c’est le week-end de pâques: tout est fermé, pas moyen de retirer le moindre billet. On arrive à trouver un médecin, qui diagnostique une entorse et préconise de ne pas marcher pendant trois jours.

Bon, mais on fait quoi ? Toutes nos affaires sont au Tsaranoro, on n’a pas l’argent pour un hôtel à Fianarantsoa. Bien obligés de repartir, on reviendra dans quelques jours, c’est une journée perdue pour rien. Retour à Ambalavao, trop tard: le dernier taxi-brousse pour Vohitsoka est déjà parti. On peut en prendre un, qui nous déposera sur le chemin, mais il y a 20kms jusqu’à Vohitsoka (plus 10 ensuite, ne l’oublions pas). Il est 17h, et la nuit tombe à 18h ici (et elle tombe très vite: à 18h30 il fait vraiment noir).

Comme la cheville va mieux (et L’ancien est un bourrin), c’est ce qu’on décide de faire. C’est pas 30kms dans le noir avec une cheville en vrac qui va nous faire peur, attends. On part, on verra bien. Au bout de 20 minutes de taxi-brousse, un orage éclate, le ciel est bouché, on n’a même pas la lune pour essayer de voir quelquechose, on rigole beaucoup moins. Hé merde, on fait quoi ?

Heureusement, L’ancien avait lié connaissance avec un papi local, qui nous dit qu’il existe une mission chrétienne pas loin, où on peut passer la nuit, et il accepte de nous y mener. C’est là que nous faisons connaissance avec soeur Maria, de l’ordre des Franciscains de Jésus. Elle parle un peu français, un peu anglais, elle s’occupe toute seule de ce dispensaire pour les enfants paludiques. A 70 ans bien tassés, respect. Elle nous loge et même nous nourrit, en refusant qu’on la paye (ce que l’on aurait été bien incapable de faire, de toute façon…). A 4h du matin, elle nous réveille et nous entasse dans un 4*4 qui tombe en morceaux pour nous déposer sur la route pour Vohitsoka, où nous attendrons le taxi-brousse qui fait la liaison régulière. En arrivant au croisement, on voit ce fameux taxi-brousse nos passer sous le nez, sans s’arrêter. Décidément, on accumule la malchance.

Ni une ni deux, la soeur Maria oublie tout aspect vénérable et écrase le champignon. Et commence une course ahurissante: sur une route défoncée et parfois se divisant, dans une caisse si pourrie que je pensais qu’elle allait s’écrouler, avec une bonne soeur au volant qui klaxonne et vocifère par la fenêtre. Et le plus fou c’est qu’on les a rattrapés. Mais en fait ils étaient plein, bourrés jusqu’à la gueule, impossible de nous prendre en plus.

Donc on a continué à pieds, alors que le soleil se levait enfin. Au bout d’une heure, on a été pris en stop par des gars qui allaient au marché de Vohitsoka, ce qui nous a permis de faire encore un trajet en compagnie des poules et des fruits. Et puis enfin, enfin, nous sommes revenus au camping, après deux jours gaspillés pour rien, toujours sans argent, et avec la cheville de L’ancien qui recommencait à faire mal. Et le lendemain, on partait pour une des pires voies d’escalade que j’ai jamais faites.

(Photos argentiques, avec un Canon AE1 qui a supporté la pluie, la jungle et j’en passe. Et il marche toujours).

Zôshigaya, 5h40.

Il y avait une Ganguro, une vraie: mêches décolorées et maquillage de panda. Affalée sur les sièges du métro, bavant presque en dormant. Sur son sac constellé de badges,on pouvait lire entre autres ‘Dance Floor’ et ‘I love my Bed’.

J’adore le métro de Tokyo.