Pluie et brouillard

Lever 4h, 1h de train, 3h de voiture et 6h de marche, c’est une façon comme une autre de commencer un week-end.

Arrivée au bivouac de Karasawa, haut lieu d’escalade et de randonnée japonaise. Il n’y a pratiquement personne, seulement quelques allumés dans notre genre qui ont décidé que ce n’est quand même pas un typhon qui va empêcher d’aller en montagne. Il y a un week-end de quatre jours, on ne va certainement pas le passer au chaud. C’est d’ailleurs bien parti: le brouillard est tenace et la bruine insistante. Les tentes vides, laissées à demeures par des groupes, jouent les lampions dans la clarté blafarde.

Dimanche, il pleuvait. On part tout de même pour Okuhodaka, sommet très connu et pas difficile. Arrivée au sommet il ne neigeait pas, mais les gouttelettes de bruine gelaient assez vite sur les gore-tex. Le paysage est… disons cotonneux.

Lundi on se lève à 4h30 et discutons si on part grimper tout de suite, pour faire plusieurs voies. Le temps a l’air meilleur, c’est rassurant. A 4h32 il pleut, ce qui met fin à la conversation. Vers 10h, comme il y a un petit espoir de mieux, on part pour le départ de la voie. Il pleut sur le chemin, il pleut un peu moins à l’arrivée sur un petit refuge. On décide de rentrer, mais comme le départ est normalement pas loin du chemin du retour, on décide d’aller voir ‘pour le cas où’, ‘pour la prochaine fois’, ‘et on sait jamais si tout d’un coup il faisait beau’…

Après des crapahutages divers et des tâtonnements variés, force est de constater qu’on est f*cking perdu dans ce f*cking brouillard. On finit par trouver une voie: ça va vaguement vers le haut et il y a un vieux piton, ça doit être là. De toute façon, ça fait bien 1h qu’il ne pleut plus. Et on progresse, en suivant le rythme de la brume: de temps en temps ça se découvre, nous permettant de voir que nous sommes coincés entre deux mers de nuages, nous sommes sur une arête où le coton s’effiloche d’un côté vers l’autre. Mais en général, nous grimpons dans une bouillie opaque, humide, froide et glissante. Heureusement ce n’est pas difficile, l’itinéraire est évident et le rocher pas trop pourri. Arrivée au sommet c’était vraiment le soleil et le beau temps annoncé. A 17h30, un peu tard. Avec le dégagement de la vue, nous nous apercevons qu’on ne s’est pas vraiment trompé de voie: on s’est carrément gouré de montagne. Avec ce brouillard, on est allés beaucoup trop loin et grimpé sur le pic suivant.

Rentrée en plus de deux heures et de nuit, j’étais content de retrouver la tente qui puait le chien mouillée et mon sac de couchage humide. Le lendemain, il faisait beau et nous avions un nombre impressionnant d’affaires à faire sécher. Départ tôt et retour sur Tokyo en ordre inverse, avec moins de temps de marche car c’est la descente et plus de temps de voiture car c’est les embouteillages.

12 réponses sur “Pluie et brouillard”

  1. Finalement, je sais ce que je t’envie a chaque récit de tes week end de camping et de grimpette : les amis qui t’accompagnent. Et les personne qui te l’ont fait découvrir assez tôt pour que tu acquiers la technique quand tu avais le temps, étant jeune.

    Personne autour de moi ne faisait ce genre de truc. J’ai découvert l’escalade (et je me suis rendu compte que j’adorais) tout seul il y a un peut plus d’un an, alors que je bossais déjà. donc en n’ayant pas la possibilité d’y aller 2 ou 3 fois par semaine pour gagner en endurance.
    Depuis j’ai mis mon frere et un pote a la grimpe en salle, et j’arrive a les trainer a fontainebleau de temps en temps. Ils aiment bien. Mais pas moyen pour autant de les motiver pour poser 3 jours de vacance et partir ce faire un petit WE aventure. Mon frere est une feignasse peureuse qui n’aime pas galerer. Mon pote est marié.

  2. mouito – En même temps, ce week-end c’était comme si j’étais parti de Marseille pour aller grimper dans les hautes-alpes, donc c’était plutôt loin aussi.

    [Clan_Pin]Gouin – On s’occupe, on s’occupe :] Tu rentres pour les vacances ou bien tu rentres vraiment ?

    Necro, caroline – La tente n’est pas sur des rochers aussi gros, mais sur du gros gravier tassé, au maximum des pierres grosses comme le poing. Ensuite c’est une question d’aménagement: on choisit correctement la place, on place le tapis de sol, on renforce avec les fringues et les sacs, et enfin on dort en se positionnant entre les plus gros cailloux. Avec de l’entrainement, c’est assez confortable, en fait. Et puis il suffit d’être suffisamment fatigué.

    KaKeK – Tu fais de la grimpe en salle ? Alors demande là-bas, si tu connais des gens de vue (pas besoin de savoir leurs prénoms ni celui de leur chien, hein, genre tu les as vu souvent et tu leur fais un signe de tête quand t’arrives: ce sont des gens que tu connais. Le mieux serait un groupe de 3-4 qui grimpent toujours ensemble, à peu près de ton niveau). Tu y vas franco: ‘Salut, je m’appelle KaKeK, j’aime bien la salle mais j’aimerais aller en extérieur plus souvent, est ce que vous allez à Bleau (ou ailleurs) de temps en temps ?’ Tu leur mens pas, tu dis ton niveau, tu es le plus accomodant possible (genre tu peux être à n’importe quel rendez-vous à n’importe quelle heure par toi même), ça m’étonnerait beaucoup qu’ils te rembarrent. Au pire ils te sortiront une excuse pourrie genre ‘Ah on peut pas cette semaine, on a pétanque aquatique’, tu ignores et tu passes au gars suivant en leur disant ‘Ah pas de chance, si un jour vous y allez, prévenez moi ce serait sympa’ et c’est tout. Si tu as déjà fait des blocs qu’ils connaissent, la discussion devrait venir assez vite. En une soirée avec beaucoup de monde, ça m’étonnerait beaucoup que tu ne repartes pas avec un numéro de téléphone. Une fois que tu auras grimpé avec eux un peu, et que tu te seras fait une place dans le groupe (faut pas y aller trop vite, n’oublie pas que tu t’incrustes, à la base), si ils se font un week-end grimpe ils te préviendront tout seul.

    Ah oui, dernier truc: ne choisis pas le groupe où tu as déjà dragué la fille 3 fois, là ça va être perçu comme lourd :] De mon point de vue, il faut commencer le plus neutre possible. Et si tu as une voiture, ça arrangera pas mal les choses.

  3. Bien sympa tout ça. Petite question qu’on t’a sûrement déjà posée mais sur laquelle je suis passé à coté, tu fais quoi au Japon ? tu bosses ? si oui dans quoi ? si c’est pas trop indiscret

  4. Nous aussi on avait du brouillard hier, sur la route, j’ai même du mettre les phares…
    Moi après ma journée de boulot je vais chercher mon fils à la garderie et je rentre à la maison. C’est aussi ça la vie d’expat 🙂

    @[Clan_Pin]Gouin

    Tu as quelques bonnes adresses sur Boston? Des trucs originaux à faire en famille car on va sans doute y passer un week-end en octobre.

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