Kanjis

Gravés dans la pierre au cimetière d’Aoyama, prétendant tout haut à l’éternité d’un souvenir.

Cours pas, la viande sera pas tendre !

Pour reprendre un commentaire de Mastaba deux billets plus tôt, et puis parceque c’est un sujet qui revient tout le temps quand on parle du boulot: hé oui, je travaille sur le rat, donc ça implique de les tuer. En vrai, avec une paire de ciseaux, avant de leur ouvrir le crâne, de prélever le cerveau, d’en faire une dissection rapide puis de faire des tranches d’hippocampe (la structure cérébrale) sur lesquelles on réalisera les différentes expériences. Tout se fait en milieu nutritif et oxygéné, donc les neurones sont toujours vivants (ce qui permet de se demander: ‘si tout est vivant là-dedans, le rat est il vraiment mort ?’ Mais bref).
En général on provoque le dégoût ou l’incompréhension: ‘Mais vous pouvez pas travailler sur autre chose ?’.
Réponse: ben non, on aimerait bien mais on ne peut pas.

Le neurone est une cellule différenciée hautement spécialisée, qui ne se réplique plus. Il existe des cultures de neurones, mais ça implique de les prélever quelque part (source: plein de rats), de les mettre en culture et de travailler. Cette culture ne se divisant plus, elle finit par mourir et il faut recommencer avec d’autres rats. Cela revient donc au même. De plus, un neurone ne se comprend que comme une entité connectée et interagissant avec d’autres neurones. Quand on réalise une culture, on détruit tout le réseau existant, et un autre se forme, qui n’a rien à voir. Donc selon les questions posées, on ne peut pas travailler sur cultures (et honnêtement, à mon avis les cultures c’est pire. Pour que ça marche, il faut des rats très jeunes, tellement jeunes qu’il faut ouvrir la mère pour les trouver…).

Pour le choix de la bestiole sur laquelle travailler, cela dépend entièrement de la question adressée. On a plein de choix: C.elegans (le ver), la drosophile, la souris, le rat, le singe, voire même le homard, l’esturgeon, le poisson, la grenouille, la chouette et j’en passe des bien plus rigolos (j’ai vu un article sur l’autruche une fois…). On choisit l’organisme selon la question (on ne va pas travailler sur C.elegans pour étudier alzheimer ou les mécanismes de la parole, par exemple) et surtout, on prend le moins cher.

Croyez moi, je ne demande que de pouvoir travailler sur cultures ou même carrément par modèles informatiques : c’est moins de boulot, c’est moins chiant, ça pue moins et c’est moins aléatoire (et on ne passe pas pour un bourreau). Et mon chef aimerait beaucoup aussi : ça coûte un fric fou, d’entretenir des rats ou autre.
Donc l’animal : non, on n’a pas le choix.

Une animalerie de laboratoire, ça contient des centaines (voire milliers) d’animaux, et il y a un principe strict : aucun animal n’en sort vivant, pour raisons de sécurité biologique. Tous les animaux élevés seront donc sacrifiés. Et non il n’y en a pas trop par rapport aux besoins, parce qu’encore une fois ça coûte cher. Si on n’utilise pas certains rats, c’est à nous de les sacrifier, histoire de nous rappeler que c’est désagréable et que la prochaine fois on comptera mieux.

Ensuite, faut bien occire l’animal (il est rarement d’accord pour qu’on lui prélève le cerveau) et les protocoles sont très stricts, c’est fini l’époque ou on faisait ce qu’on voulait (époque que je n’ai jamais connue, d’ailleurs). Tout est fait pour que l’animal soit bien traité, anesthésié avant quoique ce soit, et ne pas le faire peut coûter la fermeture du labo. Oui, on est surs que le rat ne souffre pas : quand ça a mal, ça se débat, ça crie, ça mord et ça rend toute manip impossible. Donc en plus, on fait tout ce que l’on peut pour ne pas le stresser (vous avez déjà essayé de piquer en intrapéritoniale un rat qui a peur ? Ben vous allez avoir peur aussi). Et en général ça se passe très bien : le rat n’est pas habitué à se battre pour sa bouffe ou quoique ce soit, s’il n’est pas stressé il se laisse faire, une injection dure 5 secondes et il s’endort presque aussitôt. Et c’est tout.

Et pour les gens qui font tout ça : non, on ne fait pas les malins (même si j’en parle légèrement ici, mais c’est comme l’humour noir de médecin : c’est pour décompresser). On s’habitue, mais les premières fois c’est dur. Et j’ai des copines qui ont toujours tendance à larmoyer lors des grosses manips (et on ne se paie pas leurs têtes). Et encore : vous n’avez jamais fréquenté des médecins ? parceque c’est autre chose, hein. La Teigne qui lit le journal à mi-voix : ‘Fait divers : un fou attaque une fillette à la machette dans la rue, plusieurs plaies importantes au visage, ses jours ne sont pas en danger mais l’on craint pour son oeil droit… Ah ben non, on ne craint plus du tout, je lui ai enlevé hier !’.

En y réfléchissant, on s’aperçoit que la seule raison ‘valable’ est en fait toujours la même : si on avait le choix, on le ferait volontiers, pour la simple raison que ce serait plus facile et moins cher.

Pluie et brouillard

Lever 4h, 1h de train, 3h de voiture et 6h de marche, c’est une façon comme une autre de commencer un week-end.

Arrivée au bivouac de Karasawa, haut lieu d’escalade et de randonnée japonaise. Il n’y a pratiquement personne, seulement quelques allumés dans notre genre qui ont décidé que ce n’est quand même pas un typhon qui va empêcher d’aller en montagne. Il y a un week-end de quatre jours, on ne va certainement pas le passer au chaud. C’est d’ailleurs bien parti: le brouillard est tenace et la bruine insistante. Les tentes vides, laissées à demeures par des groupes, jouent les lampions dans la clarté blafarde.

Dimanche, il pleuvait. On part tout de même pour Okuhodaka, sommet très connu et pas difficile. Arrivée au sommet il ne neigeait pas, mais les gouttelettes de bruine gelaient assez vite sur les gore-tex. Le paysage est… disons cotonneux.

Lundi on se lève à 4h30 et discutons si on part grimper tout de suite, pour faire plusieurs voies. Le temps a l’air meilleur, c’est rassurant. A 4h32 il pleut, ce qui met fin à la conversation. Vers 10h, comme il y a un petit espoir de mieux, on part pour le départ de la voie. Il pleut sur le chemin, il pleut un peu moins à l’arrivée sur un petit refuge. On décide de rentrer, mais comme le départ est normalement pas loin du chemin du retour, on décide d’aller voir ‘pour le cas où’, ‘pour la prochaine fois’, ‘et on sait jamais si tout d’un coup il faisait beau’…

Après des crapahutages divers et des tâtonnements variés, force est de constater qu’on est f*cking perdu dans ce f*cking brouillard. On finit par trouver une voie: ça va vaguement vers le haut et il y a un vieux piton, ça doit être là. De toute façon, ça fait bien 1h qu’il ne pleut plus. Et on progresse, en suivant le rythme de la brume: de temps en temps ça se découvre, nous permettant de voir que nous sommes coincés entre deux mers de nuages, nous sommes sur une arête où le coton s’effiloche d’un côté vers l’autre. Mais en général, nous grimpons dans une bouillie opaque, humide, froide et glissante. Heureusement ce n’est pas difficile, l’itinéraire est évident et le rocher pas trop pourri. Arrivée au sommet c’était vraiment le soleil et le beau temps annoncé. A 17h30, un peu tard. Avec le dégagement de la vue, nous nous apercevons qu’on ne s’est pas vraiment trompé de voie: on s’est carrément gouré de montagne. Avec ce brouillard, on est allés beaucoup trop loin et grimpé sur le pic suivant.

Rentrée en plus de deux heures et de nuit, j’étais content de retrouver la tente qui puait le chien mouillée et mon sac de couchage humide. Le lendemain, il faisait beau et nous avions un nombre impressionnant d’affaires à faire sécher. Départ tôt et retour sur Tokyo en ordre inverse, avec moins de temps de marche car c’est la descente et plus de temps de voiture car c’est les embouteillages.

Une petite envie de tronçonneuse (+ No-Tokyo)

Etant un aventurier qui devant rien ne frémit, je suis à la recherche d’un appartement. Sur Tokyo. Plein de gens m’avaient dit ‘Tu vas voir, c’est pas facile’. Haahaha.

On va passer sur le fait que les apparts sont pourris (plus qu’en France, il me semble) et minuscules (là j’en suis sur) et que les propriétaires sont en général racistes (c’est pareil mais j’étais du bon côté de la barrière, avant). Mais ils ont un système de garants – garanties – personne de sureté – contact – compagnies au cas où tu te barrerais en courant sans payer qui rendrait Kafka rêveur.

Avec des rebondissements, en plus. Donc là, après avoir cherché pendant deux mois un appart correct, avec proprio tolérants et alors que non, je n’ai pas de parents garants qui paieront à ma place au cas où, j’étais à deux doigts de signer le bail. J’avais même trouvé une compagnie de garantie, qui se portait garante pour moi (si tu la payes, évidemment). Et au moment de signer, la compagnie qui fournit la garantie a demandé un garant japonais. Ne me demandez pas à quoi elle sert, si elle demande un garant.

Plein d’enthousiasme, j’avais déjà signalé ma sortie de l’espèce de Cité-U morose où je réside en ce moment. Evidemment, ils ont déjà ré-alloué l’appart. Donc j’ai 3 semaines pour recommencer et trouver un autre appart (plus tout le reste…) ou bien je dors dans la rue.

Je pense que ce soir, je réinstalle Doom. Le premier épisode, en ‘Hurt me plenty’, tout à la tronçonneuse. Ca va me faire un bien fou.

Bon, sinon, pour les tokyoïtes: on se la fait cette No-Tokyo ? J’espère aller faire de l’alpinisme ce week-end de 4 jours, mais après c’est quand vous voulez. On est bien 3-4, il me semble.

Une page de publicité

La décapitation vous stresse ? La mort par surdose de barbituriques est un phénomène courant autour de vous ? Vous avez été mordu trois fois cette semaine et nous ne sommes que mardi ?

Nous avons la solution.

DecapiCone™ est un appareil de contention conçu pour les rongeurs de toutes sortes. Constitué d’un simple cône de polypropylène renforcé dont la pointe est percée, DecapiCone™ permet une manipulation sans risques même des rats les plus retors. Introduisez l’animal par la grande ouverture du DecapiCone™, et repoussez le jusqu’à l’extrémité, l’ouverture permettant à l’animal de respirer mais non de s’échapper. Ainsi maintenu, il est aisé de réaliser ses injections directement à travers le plastique, voire même de décapiter l’ensemble sans coup férir.

Depuis que je connais DecapiCone™, je décapite à tour de bras, le sourire aux lèvres et l’esprit confiant. Faites comme moi, utilisez DecapiCone™ !

(Ouais, ça faisait longemps que je n’avais pas parlé boulot…)

Tsukiji (Heuu… raté) + problèmes

Note personnelle: le grand marché aux poissons de Tsukiji est fermé le dimanche. J’avais l’air malin, tiens.

Et j’en profite pour vous demander votre avis sur un problème: mon ordinateur perso (un portable) a les touches espace, entrée et backspace qui déconnent. Parfois elles marchent normalement, puis au bout d’un certain moment (1-2h) elles commencent à avoir des ratés et finalement ne marchent plus du tout. Parfois elles ne marchent pas du tout dès le début. Le clavier est propre et je n’ai pas tapé dessus comme un forcené, mon anti-virus (Symantec) est à jour et ne détecte rien du tout. Des idées ?

Inso: Uppix marchait bien, mais impossible de faire marcher l’upload de groupe avec FF 3.0. Il ne m’ouvre pas la fenêtre de choix des fichiers. Java est à jour. Y’a un truc à autoriser dans Firefox pour que ça marche, ou bien je suis malchanceux ? Sans cette fonction, Uppix est bien moins intéressant…

Vous n’aviez pas tort (bis)

Pour les vampires et autres noctambules, l’appareil et l’objectif, ils sont biens.

Soirée Tokyo Décadance de samedi dernier, un vrai régal pour le photographe. Le flash est un peu blafard, mais moins pire que ce à quoi je m’attendais.