Toujours aussi haut

Je ne serai pas campagnarde est arrivée, toujours aussi bouclée et toujours aussi mutine. On s’est empressés d’aller à la tour Mori, pour lui présenter le problème dans son ensemble: ‘Alors, tu veux aller où ? Là ? Bonne idée, je ne connais pas.’

Et c’était une bonne idée: les pétunias sont fleuris sous Maman, on peut accéder à l’héliport tout en haut pour voir l’étendue de Tokyo sans barrière vitrée, et ils ont installé des aquariums tout en haut. C’est la mer suspendue entre ciel et terre, les poissons qui se confondent avec les buildings.

Allez-y, c’est beau.

Jodogahama

Les vacances commencaient très mal: on s’est retrouvés dans un Shinkansen Pikachu.

Partis pour Jodogahama, évidemment sans vérifier si la saison est bonne. Hé bien c’est en hiver qu’il fait beau. Pluie pendant trois jours, une excellente occasion de tester la tente. Mais cela m’a permis d’apprendre plein de nouveau vocabulaire vraiment essentiel tel que ‘Bernard l’hermite’ ou ‘chenille arpenteuse’. Et puis la brume et la lumière plate transforment en estampes toutes ces îles isolées.

Noob !

Erreur de débutant numéro 127: accepter d’aller faire du shopping avec une adorable japonaise qui a besoin d’un nouveau bikini (après tout, il me faut un maillot aussi). Parcourir en sa compagnie des rangées de sous-vêtements affriolants peuplées de ganguros qui poussent des cris excités à la moindre vue de (petits, houlàlà) bouts de tissus à fanfreluches. Aparté: dans chaque magasin, ils vendent des coussinets en mousse pour rembourrer le haut desdits bikinis. Et il parait que c’est efficace.

Bref bref, passer plus de trois heures dans cet environnement rigoureusement non hostile et même franchement coloré… mais avec un jean trop serré.

(Aaaah, non, pas de photos sur le sujet, et encore moins de Kaori. Mais quelques unes de la journée tout de même)

De l’idée du suicide

Je reprends une remarque de Dr.Loser sur mon précédent article, selon laquelle le Japon serait le pays à plus fort taux de suicide du monde.

C’est vrai, et la première cause est évidente: la pression sociale est énorme, l’individu est négligé devant la réussite du groupe (la compagnie où l’on travaille en général). Quand on sait que les gosses et ados sont poussés à travailler toujours plus pour avoir (peut-être) une place dans une bonne université et travailler pour pouvoir travailler dans une grande compagnie, ce n’est pas forcément une perspective réjouissante. Quand en plus tout ce qui est non conforme est découragé voire méprisé (en général tout simplement incompris), le moindre artiste ou légérement ‘marginal’ doit avoir du mal à s’épanouir. Ils ont des soupapes de sécurité comme les sorties Cosplay entre potes, mais c’est parfois insuffisant.
Même si le tableau que je viens de dépeindre a tendance à s’adoucir ces dernières années, ça reste une société tout de même très dure.

Mais il y a aussi que le suicide n’a absolument pas la même signification que chez nous. Dans notre morale européo-judéo-chrétienne, le suicide est envisagé quand il n’est pas possible de continuer à vivre. En gros c’est pour les malades mentaux, les amoureux transis (Goethe et son Werther, évidemment) et les dépressifs. Le suicide est un acte de lâcheté ou un appel au secours. Protestez si je me trompe, mais il me semble ne pas être trop loin de l’idée générale.

Pas au Japon. Lisez ‘Le Japon moderne et l’éthique samouraï’ de Mishima. C’est une retranscription du ‘Hagakure’ avec des commentaires et une discussion philosophique appliquée au Japon moderne. Il ne faut pas s’y tromper: autant Yamamoto Tsunetomo (écrivain du ‘Hagakure’) que Mishima sont des extrémistes (Mishima s’est mis à mort par Seppuku en direct à la radio en 1970), mais cela reste intéressant et il y a de nombreux passages sur la mort et le suicide.
En gros, il en ressort que le suicide est le seul acte possible d’un Homme réellement libre. C’est un pied de nez aux Dieux et à un destin tout tracé, la seule manière digne de mourir car on l’a choisie (et non subie, comme on subit la vie durant… toute sa vie). On ne se suicide pas par désespoir au sens ‘tous mes espoirs ont été brisés ou vains’ mais parceque tous les espoirs ont été comblés. Et certains couples se suicident toujours, non pas parcequ’ils sont malheureux, mais parcequ’ils ne pourront pas être plus heureux.

Encore une fois, si vous avez d’autres explications, n’hésitez pas à en faire part. Mais je vous conseillerais de lire ‘Les souffrances du jeune Werther’ de Goethe, un bouquin qui a déclenché une vague de suicides romantiques quand il a paru. Et vous enchainez par ‘Le Japon moderne et l’éthique samouraï’ de Mishima.

Le décalage fait un sacré choc:

Pour toujours et à jamais

Toujours ce besoin si compréhensible d’être heureux.
Dans plusieurs temples de Tokyo, un coin est souvent réservé aux amoureux. C’est même plus impressionnant à Enoshima: deux endroits y sont réservés. Un pour y accrocher des pancartes, un autre pour y accrocher des cadenas symbolisant une liaison évidemment solide. Et partout, sur les grilles, on trouve de temps en temps de petits cadenas rouillés, aux dates effacées, peut-être les derniers témoins d’une liaison d’il y a 20 ans.

Des serments d’adolescents, évidemment, mais certains sont beaux. Et puis qui n’en a pas fait ?

Nouvelles du front

Ca ne va pas aussi vite que je le souhaiterais, mais ça avance.
Hier soir, avec -V-, Le Léviathan (en discutant avec -V- nous nous sommes aperçus que c’était un ami commun, le monde est vraiment petit) et nos demoiselles attitrées, nous sommes allés au Vampire Café.

L’endroit est très amusant: tendu de draperies noires et rouges, un léger clavecin en fond sonore et des serveuses en soubrettes même pas trop gothiques. Malheureusement nous n’avons pas pu être dans la salle principale, celle avec les bougies et le cercueil, mais c’était tout de même très sympa.

Pas de photos des lieux: trop sombre, allez sur leur site elles seront meilleures, mais quelques unes des plats (qui avaient évidemment des noms loufoques genre ‘réveil de la momie, etc…’).

Living Pokemon

J’adore les bestioles (ça me fait bien rire quand vous postez des articles sur l’arachnophobie, j’avoue) et là je viens d’en trouver une phénoménale.

Alors que j’étais tranquillement en train de courir pour échapper à un Pyro sur TF2 (je joue Medic), je vois passer un flocon devant mes yeux, il se pose sur la table… et saute !

Intrigué, je l’attrape: c’est une espèce de grosse puce, avec un gros chapelet de plume sur l’abdomen. Elle peut replier ses plumes en un tube, avec peu de prise au vent lorsqu’elle marche. Mais lorsqu’elle saute, arrivée au plus haut point elle déploie tout en parachute et descend comme une feuille morte.

On dirait vraiment une graine de pissenlit qui tombe doucement.

Images prises le lendemain matin, avec une loupe microscope du labo. C’est minuscule: 3-4 mm. On voit bien les pattes arrières caractéristiques de la famille des puces (mais on est en pleine discussion au labo pour savoir si ce ne serait pas plutôt une cigale). Les ‘plumes’ ont un peu morflées, et étaient bien plus grosses avant mais j’ai du l’enfermer dans une boite pour la nuit, elle sautait partout.

Vous sauriez comment ça s’appelle, un truc comme ça ? Première fois que je vois ça.

Tout en haut

Tout en haut de la tour Mori, une japonaise était assise sur ses talons aiguilles. Accroupie dans un coin discret, elle prenait des photos du plafond.
Intrigué, j’ai pris sa place après qu’elle soit partie.

On peut voir au plafond de la tour Mori, tout en haut, la réflexion des gens et de la ville ombrée par le coucher de soleil.