La Folle Soirée

‘La Folle Journée au Japon’, c’est une série de concerts de musique classique qui se déroule au Tokyo Forum (c’est à dire ), tous les ans, lors de la Golden Week (c’est à dire maintenant tout de suite moins quelques jours pour le début). Thème de l’année: ‘Schubert à Vienne’, avec donc du Schubert (facile à deviner), du Mozart et du Beethoven (plus quelques autres qui n’entreront pas dans la postérité (relative) de ce blog du à ma mémoire défaillante). Le nom est en français, et la majorité des musiciens sont français de même. L’année dernière, ils avaient accueilli plus d’un million de personnes en 4 jours, là ils en attendent encore plus. On peut donc estimer que c’est un succès. Pour me justifier de publier un tel article sur un tel site, j’ajouterais que le ‘Ave Maria’ de Shubert est la musique que vous pouvez entendre dans ‘Hitman’ (Interprétation par Ellen Dritter Desang dans le dernier Hitman, si je me souviens bien).

Nous voilà donc partis ce vendredi soir pour deux séries de concerts. Tout d’abord du Schubert, interprété par l’orchestre philarmonique de Poitou-Charentes (si si, dit comme ça ça ne fait pas envie, mais en fait ils jouaient bien). J’aime bien les orchestres de musique classique. Tous ces gens réunis pour tenter de produire quelquechose de beau, ça me donne confiance en l’humanité. Et je suis sur que c’est une reproduction miniature d’une société humaine, avec tous les travers et les arrangements. Il me semble évident par exemple qu’il doit exister une haine farouche entre les cuivres et les cordes. Les uns ont l’avantage de la puissance, les autres compensent par le nombre. Et même parmi les cordes, il doit y avoir des jalousies terribles entres les possesseurs d’instruments de tailles diverses. Genre ‘Ok tu as la plus grosse, mais histoire que tu la ramènes moins on t’entendra à peine. Et tu seras tout seul.’ Ou bien est ce que la taille de l’instrument augmente avec l’expérience de l’instrumentalisme ?

Si on rajoute qui couche avec qui, ça devient franchement rigolo. Il y a évidemment une union tragique entre le jeune violoniste timide et la petite harpiste. Du genre à créer un déshonneur familial pour plusieurs générations à venir. Je me demande comment ils arrivaient à tenir un orchestre, du temps de Goethe. Une fausse note ou un regard de travers et paf, deux suicides (pendus avec une corde de piano, je suppose). Heureusement que la musique n’est pas génétique, car l’espèce se serait éteinte à cette époque.

Et au milieu de tout ça, il y a un excité qui s’agite beaucoup mais qui ne produit pas un son. Le plus marrant, c’est que je ne sais toujours pas si le résultat est beau grâce ou malgré lui. Parcequ’il doit forcément avantager certains groupes, y’a qu’à voir comment il agite les mains. Et qu’il veut se taper la première violoniste: il n’arrête pas de la mettre en avant…

Mais bref, c’était bien.

Et après, c’était le Concerto Numéro 5 ‘Empereur’ de Beethoven. Un concerto qui cloue au siège dès la première note. Où l’on ne respire que parce que Ludwig Van B. l’a bien voulu.

6 réponses sur “La Folle Soirée”

  1. Le rôle du chef d’orchestre ne doit pas être sous-estimé. J’ai entendu une émission très intéressante sur RFI l’autre jour à ce sujet : le chef est la non seulement pour diriger (parce que t’as beau mettre 100 personnes qui jouent très bien de leurs instruments respectifs ensemble, ça ne fait pas automatiquement un bon orchestre), mais en plus il est la pour rajouter sa touche personnelle. La musique classique n’est pas quelque chose de gravé dans la pierre : le chef d’orchestre est la pour jouer sur le volume, le rythme, l’équilibre entre les différents corps d’instruments. Le même orchestre dirigé par deux chefs différents peut donner une interprétation complètement différente.
    Je n’ai pas d’exemple à donner mais cela peut se prouver facilement. L’émission de radio dont je parlais en a donné un exemple avec commentaire d’un chef d’orchestre invité.
    Les solistes ont d’ailleurs un peu un rôle similaire, dans le sens où la virtuosité et le ton peut s’exprimer très différemment selon la personne, et rajouter quelque chose d’unique dans une pièce classique qui a déjà été joué des milliers de fois auparavant.

  2. Par contre ça n’a rien a voir avec la taille des instruments ^^

    Moi ce qui m’éclate avec les orchestres ce sont les percussionnistes, certaines pièces leur donne pas mal de travail mais souvent on les voit rien branler pendant 35 min, ils s’animent 5 secondes et ils attendent que leur tour revienne.

    Ca doit quand même être assez tendu niveau concentration, d’autant que la moindre erreur gâchera a coup sur le concert.

  3. Epsylon – Heuuu, l’article entier est une blague, hein 🙂 En effet, le chef d’orchestre est capital pour l’énergie et le rythme de l’oeuvre.

    moSk – Oui, c’est sur que si on les paye à leur présence sonore, ils toucheraient pas lourd. Mais comme c’est la base du rythme, en effet, s’ils se loupent, c’est tous les autres qui font n’importe quoi.

  4. Syla – Oui, j’avais senti le ton un peu léger (se taper la violoniste!). Faut dire qu’on a quasiment tous des préjugés sur les chefs d’orchestre : ces mecs qui s’excitent avec leur baguette, c’est pas facile de se rendre compte à quoi ils servent vraiment. Mon comment était un peu la pour rappeler ça.

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