Survival guide

Les buffets japonais, c’est auand même assez particulier. Vous prenez une occasion de célébrer, vous prenez plen de gens et pas assez de nourriture pour tout ce monde, et surtout deux ou trois pontes qui vont avoir à discourir.
Car il faut imaginer la scène: tout le monde est affamé et aux aguets car il n’y a pas assez de nourriture. Les personnalités se succèdent, avec leurs discours. En général, au bout du quatrième, certains craquent nerveusement et osent se servir un cracker. Méfiance: la première fois qu’ils disent un truc du genre ‘Help yourself’, il s’agit de la boisson uniquement, car il va falloir porter un toast.

La première fois, j’ai commencé à remplir mon assiette à ce moment. La pile de nourriture avait déjà atteint une taille raisonnable quand je me suis aperçu qu’il y’avait un grand silence gêné autour de moi. Bon, de toute façon ils savaient déjà que les français étaient des goinfres. Mais là où ça peut être intéressant, c’est qu’il va falloir ouvrir le tonnelet de saké au marteau, et certains ne savent pas qu’en fait il est déjà ouvert et qu’il suffit de taper un petit coup symbolique. Donc avec un peu de chance un gars va taper comme un sourd et tout le premier rang va se retrouver aspergé de saké, ce qui peut être assez sympa quand le maire est invité.

Une fois qu’on a applaudi suffisamment et fait ‘Kampei’, il faut être rapide. Déjà, être à proximité d’une table où poser aussitôt sa coupe à saké, car on va avoir besoin de ses mains. Ensuite, un bon sens de l’observation. Ce qui disparait en premier, c’est systématiquement le saumon et les profiterolles. Prenez en deux de chaque, les profiterolles dans un coin de l’assiette en attendant le dessert (ignorez superbement ceux qui vous regardent intrigués par une telle combinaison). Ensuite ce seront les sushis et sashimis, les gyozas et raviolis chinois. Les frites-saucisses peuvent être laissées de côté pour le moment, de toute façon il en restera, ainsi que les minis sandwichs et les yaki-sobas. La méthode est simple: votre assiette doit être toujours remplie aux deux tiers (sans compter les profiterolles, ça c’est du bonus) et ne jamais faire un aller-retour pour un seul aliment. Au pire, si votre assiette est pleine et que vous voyez qu’il y a du rab de maki-crevette (laissez le maki-avocat aux autres), revenez avec un ami. Il faut fureter, car les différents aliments ne se vident pas à la même vitesse selon la table du buffet.

Le dessert est un peu particulier, et il faut être encore plus rapide. En effet, les japonais mangent moins donc ils auront fini avant vous, et ils n’ont pas l’habitude des desserts, donc il y en aura très peu. A ce point, je préconise l’ami en béquilles ou fauteuil roulant, qui doit donc se faire aider (et votre dévouement à l’aider est exemplaire). Ainsi, partir avec trois ou quatres desserts en même temps peut presque passer inaperçu, ou bien vous avez une explication. En tout cas, allez y avec une autre assiette, comme ça vous pouvez reprendre des profiterolles sans attirer l’attention. Pour le fromage, en général pas d’inquiétude: soit c’est du savon et donc n’en prenez pas, soit il est bon (donc fort) et personne à part vous ne le mangera.

Pour le vin c’est délicat: honnêtement, évitez. Si vous êtes vraiment en manque, le blanc est moins pire que le rouge. Le saké est honnête, profitez en pour piquer les verres car vous n’avez pas de service à saké à la maison.

En suivant ces petites indications et en s’y mettant à trois ou quatre, vous verrez que votre table aura bientôt plus de nourriture que le buffet.

Et j’attends impatiemment qu’ils nous fassent faire ‘Tejime’. je sens qu’il y a moyen de faire pas mal de bétises, avec ce truc.

[flash]http://www.youtube.com/v/B_NiCqHbT40&hl[/flash]

(oui, désolé, le son est décalé, pas trouvé mieux). J’adore ces humoristes japonais.

8 réponses sur “Survival guide”

  1. Je comprend rien à la vidéo.

    Sinon personnellement j’ai jamais rien compris au buffet de ce genre et personnellement ma tactique c’est plutôt : grignoter ce qui a pas l’air mauvais et faire un repas léger (ou pas) en rentrant.

  2. Quand on veut exprimer sa joie, au Japon on n’applaudit pas en désordre comme chez nous. Quand c’est vraiment formel, on fait ‘Tejime’: tatata tatata tatata ta !
    Mais c’est vraiment que dans les entreprises hyper traditionnelles, encore jamais vu ça.

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