Hanami (le retour)

Je ne vais pas raconter Chidori-gafuchi, les images parlent d’elles mêmes. Ah ouais, c’est beau. Houlà… y a du monde. Oui mais c’est très beau. Mais qu’est ce qu’il y a comme monde. Attends, l’eau, les barquettes (note mentale: ça doit emballer sévère là-dedans, y penser pour l’année prochaine), les berges entièrement blanches de cerisiers… Oui mais tu as vu ce monde…

(Et ce post est une bonne démonstration de ce que l’on peut faire rien qu’en choisissant ses photos, tiens… En deux phrases je vous faisais une promenade solitaire et romantique. Mais là, c’était tellement énorme que je devais parler de la foule.)

Hanami

Hanami au Shinjuku Gyoen, c’est participer à une espèce de grande joie tranquille, un plaisir attendu pendant tout l’hiver. On doit aller pique-niquer là bas, c’est une question de bonheur assuré pour le reste de l’année. Tout le monde sourit le nez en l’air pour contempler les cerisiers, l’air est environné de ‘kireiii’ et autres ‘sugoiii’ (parfois les deux combinés). Les cerisiers dégorgent de fleurs, créent des manchons trainant parfois jusqu’au sol, présentent des fleurs allant du blanc au rose tendre, à une ou plusieurs rangées de pétales. Quelques pêchers sont rouges vifs. Les bâches bleues partagent l’espace pour les amis et tout le monde sort les bouteilles et les bentos sushis.

Bon, vers la fin ça devient un peu dingue tellement il y a du monde.


Oui, je sais, ça fait beaucoup de photos, j’espère que Pix va tenir le coup. Mais je vous préviens: j’ai encore Chidorigafuchi, Ueno, Yoyogi et la semaine prochaine on va au Hamarikyu Teien, vous avez pas fini de bouffer du pétale.

C’est le printemps !

Dans les rues, il y a des filles en hakama. Ce sont celles qui ont obtenues leur année, et qui se rendent ainsi à la remise des diplômes.

Et les cerisers sont presque entièrement fleuris.

Matsushima

Les îles aux pins, considérées comme un des trois plus beaux paysages du Japon. La gare pour y arriver est minuscule, les restaurants sont modestes, les routes étroites. mais la plage est bienvenue, le ciel immense et il y reigne une tranquilité sereine.

Yamadera

C’est un petit complexe de temple niché à flanc de falaise, semi troglodyte ou bien posé en équilibre sur le rocher. Une paix impériale au milieu des cryptomères, ces arbres si droits qu’ils semblent suspendus par leurs racines.

Presque au sommet, je me trouve nez à nez avec… une boite aux lettres. Elle est située au milieu des temples, après la montée de quelques 700 marches. Je m’étonne d’une telle incongruité. Kaori m’explique que c’est normal: on peut acheter des cartes postales de l’endroit, et elles ont encore plus de valeur si elles sont postées ici, directement sur site.
D’un air goguenard, je lui fait remarquer que suivant cette logique, il devrait y’en avoir une au sommet du Mont Fuji.

Elle me regarde avec de grands yeux: ‘Mais… bien sur !’

Ca c’est fait.

Chose à faire avant de mourir numéro 2157: Attendre une demoiselle à Hachiko.

Il est évidemment important que ladite demoiselle ne soit pas une cousine. Penser à revenir un jour de pluie, pour prendre des photos de tous les gens sous leurs parapluies.

Fuji !

Ce week-end, c’était du gros : deux jours hors de Tokyo, avec escalade à Joyama le samedi et ascension du Fuji dimanche. Du coup il a fallu ressortir tout le matériel, que j’avais justement emmené (oui, quand je suis parti, j’avais plus de matériel de montagne que de vêtements). J’adore ce genre de préparatifs. Les dégaines je les ai, la corde je la prends. La doudoune est toujours aussi bien, mon duvet est propre en plus. Il faut que je me rachète des broches à glace, le crochet à abalakoff c’est pour rire mais je m’en fous c’est léger. La deuxième paire de gants comme toujours et tiens, il y a des comprimés d’Imodium dans l’étui de mes lunettes de glacier. Ca, c’est un souvenir de la Bolivie. Deux sacs et une corde, j’avais fière allure dans le métro bondé.

Le samedi matin on s’entasse à 6 dans une voiture prévue pour 4 (et sans sacs), on demande à Kaori de programmer le GPS car c’est la seule japonaise et on part en écoutant du rock. Ca allait défourailler sévère.

Escalade à Joyama, il fait très beau et il faut commencer par traverser une forêt de bambous pour accéder à la falaise. Petites et grandes voies, Kaori roupille car il faut être con comme un Gaïjin pour aimer se lever à 4h30. Mais on apprend que la route que l’on voulait prendre pour le Fuji ferme à 16h et rouvre demain à 9h. Il est 16h15. Qu’à cela ne tienne, il existe plein d’autres routes pour accéder à d’autres stations. Nous y partons, en écoutant du hard rock pour contrer le mauvais sort.

On essaie tous les accès, ils sont fermés. Et ils ont l’habitude que des touristes essaient de passer quand même, hein. Les barrières ce sont des cubes de bétons d’un mètre de côté, des troncs d’arbre, des câbles de 3cm de diamètres. On a cherché pendant des heures, grand moment de solitude quand voulant aller à un village, on tente de programmer le GPS. Au bout de 20 minutes à s’écorcher les yeux sur d’abscons kanjis, il nous apprend qu’on y est.

On finit par se retrouver à la première route prévue, devant la barrière fermée depuis longtemps et nous passons la nuit là, sur le parking. Lever à 5h pour essayer de passer quand même. Et nous tombons sur le gardien, adorable, qui nous dit que bien sur, il peut nous laisser passer sans problème. Mais avec les chutes de neige de la semaine, la route est coupée 300m plus loin. Et partir de là nous rajouterait plus de 1000m de dénivelé et presque 20 kilomètres de distance. Hé bien on est repartis grimper à Joyama…

Mais la route sera ré-ouverte le premier avril, rendez-vous est déjà pris. Et ça va envoyer du steack. Sur le chemin du retour, on a écouté du Rammstein, pour faire bonne mesure.

Mais pourquoi faire simple ?

Je tiens d’abord à préciser que je vais parler de mon expérience d’achat de téléphone portable chez Softbank, et que donc c’est peut-être différent chez d’autres compagnies. Et qu’ensuite je n’ai pas forcément tout compris car c’est assez particulier.

Mais j’adore le principe d’achat d’un téléphone portable au Japon: c’est complêtement tordu. Avec un petit côté jeu-pari, qui fait que tu peux ne rien payer ou bien douiller à mort si tu t’es trompé.

En France, on achète un portable (l’objet) puis un abonnement d’une certaine durée. Et en général, si on s’engage pour deux ans par exemple, cela fait chuter le prix du portable jusqu’à un prix symbolique (portable offert avec l’abonnement). De plus, avec ce portable, on peut parfaitement appeler n’importe quel point du globe: 00 +81 pour le Japon et c’est tout. Ce sera compté comme ‘hors forfait’ donc ce sera cher, mais ça marche.

Simple, rationnel, efficace. En tout cas il me semble. Au Japon, honnêtement, je vous déconseille de tenter l’expérience sans un anglophone à côté.

Déjà, leur réseau étant assez particulier, tous les portables ne peuvent appeler l’étranger. Il vous faut donc choisir précautionneusement le modèle (qui gère le GSM) si vous voulez appeler Tatie Jeanine qui commence à se faire vieille.

Le plus simple: vous achetez un portable (l’objet) pour un prix fixe, disons 20 000 à payer tout de suite, puis un abonnement de base, disons 2 000 par mois (les chiffres sont arbitraires). Cela donne donc 20 000 + 12* 2000 = 44 000 pour une année. Vous pouvez résilier quand vous voulez, si vous dépassez votre forfait vous allez le payer très cher. Jusque là tout va bien.

Mais on peut aussi s’engager pour deux ans, et dans ce cas le prix par mois est de 5 000. La première fois que j’ai vu ça, je me suis demandé s’ils me prenaient pour un idiot: c’est beaucoup plus cher à l’année (60 000).
Mais, comme vous vous engagez pour une longue période, on vous fait un ‘cadeau’ de… 6000 par mois. Le truc rigolo, c’est qu’avec ces abonnements, vous avez accès à énormément d’options supplémentaires, comme envoyer des mails (oui, dans le premier cas, vous achetez un téléphone et c’est tout. Maintenant, vous pouvez surfer sur le net avec et donc envoyer des mails), des assurances, des options pour télécharger des images de chatons, etc… Toutes ces options sont évidemment payantes. Donc si vous ne prenez que peu d’option et ne dépassez pas votre forfait, le bonus étant supérieur au prix par mois, vous ne payez rien du tout ou presque. Si vous vous gourez et que vous avez trop d’options inutiles, vous allez le payer très cher (inutile de préciser que les options sont prises par défauts et qu’il faut absolument demander à les supprimer…)

Vous rajoutez plein de points à gagner avec le Yodobashi Caméra du coin, la possibilité de ne pas payer les appels et les SMS vers les autres appareils Softbank entre 9 et 21h (toujours organiser ses soirées avant 21h), plein de réductions si votre enfant/épouse/Tatie Jeanine s’abonne aussi, et vous comprendrez qu’en fait ils vous tiennent complêtement par les couilles pour que vous restiez chez eux. Et que si un père de famille est chez une compagnie, toute la famille va s’y retrouver aussi. Mais tant que l’on ne fait pas trop de bétises, on paye à peine.

C’est une des raisons pour laquelle je n’ai pas changé la CSS (en plus de ma paresse et de mon manque de temps): je peux consulter le blog de mon téléphone portable sans que ce soit trop lourd et donc cher :]

(Image n’ayant rien à voir, je farfouille dans mes répertoires de photo)

Ah et puis j’oubliais: écrire un SMS ou un mail en japonais n’est pas difficile du tout. Ils ont simplement un mode ‘T9’ bien plus développé que chez nous. Vous entrez la prononciation du kanji en hiragana, et vous choisissez celui qui convient. En l’occurence, comme il n’y a pas de mode T9 pour le français, je suis bien plus lent qu’eux pour écrire sur mon téléphone (Mais il faut dire que je suis un extrêmiste qui fait des messages sans abbréviations et avec ponctuation…)

De la facilité de ne jamais se trouver

Le rendez-vous avait l’air simple: 20h30, Shibuya, sortie sud. Extrait des messages envoyés entre 20h et 21h (je ne suis pas en italique).

_ Je vais être un peu en retard.
_ Moi aussi, pas de problème.
_ En fait, vraiment en retard.
_ Le rendez-vous est côté est ou ouest ?
_ Non, sortie sud.
_ Je sais, mais il y a deux côtés à la sortie sud, est ou ouest ?
_ Celui de la gare routière.
_ Il y en a une de chaque côté. Quel est le numéro de ton bus ?
_ Je ne sais pas. Mais normalement, j’arrive à l’est.
_ Ok, ne bouge pas, j’arrive.
_ Finalement non, à l’ouest :]

Et c’est comme ça tout le temps, d’où l’intérêt d’avoir un téléphone (et en l’occurence, étant donné que les deux appareils étaient de la même compagnie, tous ces messages étaient gratuits). Le pire étant sans doute Shinjuku, où on te dit ‘Sortie ouest’ et là tu réalises qu’il y a des sorties ouest numérotées de A1 à… G8. Sur plusieurs kilomètres carrés et sur deux niveaux. Ou Akihabara, dont toutes les sorties communiquent par des couloirs à peu près en rond, et où on passe des heures à tourner en cherchant les gens.