Ca explique bien des choses…

J’avais beau repousser l’événement le plus longtemps possible, il y a quand même un jour où il faut affronter l’adversité. En l’occurence, aller chez le coiffeur. Oui, je sais, c’est une adversité que bien des gens trouvent risible.

L’avantage du campus, c’est qu’il y a un coiffeur pour les chercheurs, à prix modique. Je m’y rends donc juste avant le repas, entre deux manips, parceque de toute façon ça ne prend jamais plus de 20 minutes. J’avais décidé de compter large et de réserver une demi-heure.

Hahaha.

Je tombe sur une grand mère pas plus haute qu’un bonsaï, ravie d’avoir enfin du monde dans sa boutique. Elle parle à toute vitesse, avec ses mains, je n’y comprends évidemment rien. ‘Shotto’ devant vouloir dire ‘short’, j’opine du chef en me demandant si j’ai vraiment une tête à vouloir des rajouts. Je vérifie tout de même quelle taille de sabot elle place sur sa tondeuse. Et c’est parti pour le grand cinéma.

Elle taille, elle coupe, elle rase et rabote. Elle virevolte tout autour de moi, prenant parfois un temps inattendu autour de certaines zones (Plus de 5 minutes sur le côté gauche de mon cou et quasiment rien pour le droit, ne me demandez pas une explication rationnelle). Parfois extrêmement concentrée et taillant au millimètre, parfois réalisant trois pas en arrière pour admirer son travail. Entre les séances de coupe, elle sort des produits divers et rigoureusement inconnus, elle m’oint, m’onguente et même me poudre (à mon grand dam). Ici, il semble qu’on lave les cheveux après la coupe, et il faut se pencher en avant au-dessus d’une cuvette. Heureusement qu’elle était plutôt frêle, sinon on peut noyer quelqu’un sans problème, dans cette position.
Je pensais que c’était fini, mais me voilà ré-allongé dans le fauteuil, qui se déclare vibrant, serviette chaude sur le visage. J’ai refusé le massage du cuir chevelu et du visage, elle était déçue et c’est sans doute pour cela qu’elle s’est vengée sur mes poils de nez qui n’avaient rien demandé.

Le tout enveloppé d’un babil auquel je n’y comprenais goutte, rempli de ‘dakedo’ et de ‘dakala’, quelques ‘kireidessne ?’ de temps en temps. J’ai fini une heure plus tard, épuisé.

Je me fais raccompagner à la porte avec au moins 5 courbettes assorties de remerciements les plus fleuris, j’attends soigneusement d’être hors de vue et j’ébouriffe tout ça d’un grand revers de main, car il ne faut tout même pas déconner. Je pense que je ne retrouverai pas une odeur normale avant 5 jours, au moins.

Bon, c’est court, je n’en demandais pas plus (un peu moins, peut-être). Par contre, là j’ai bien compris pourquoi les japonaises trouvent les coiffeurs français approximatifs…

(et la photo, c’est toujours Kamakura)

6 réponses sur “Ca explique bien des choses…”

  1. Haha, le pire c’est la poudre dans les cheveux, histoire d’égaliser le tout au micron je suppose (?). Sinon tu peux tenter les QB House, 1000 Yen et garanti en 10 minutes.

  2. Shotto ça serait plutôt pour "shot".
    Shôto pour "short".
    Enfin je présume…
    Si je me tondais pas moi-même la tête, ça me tenterais presque ton histoire ^_^

  3. Sir_carma – Je manquais vraiment de temps.

    caroline, d3ltr33 – Attendez, j’ai une réputation un peu sérieuse sur les blogs NF, je ne vais pas détruire tout ça maintenant en postant une photo de moi…

    SlyTheSly – Tu es sur Tokyo aussi ?

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