Les Filles Du Feu (2)

La Grande Cynique, c’est la très belle fille, hautaine, sûre d’elle, celle qu’on hésite à inviter danser car son dédain risque d’être impérial. Sûre d’elle mais en façade, comme tout le monde. Après avoir fini sa thèse, elle décida d’arrêter la recherche et d’avoir un gosse. Ce qui, tout comme un post-doc au Japon, n’est qu’un moyen d’éviter de penser à l’avenir.
Un jour, après une énième déception, entre écœurement et lassitude et sans doute un peu ivre, elle m’avait dit « En fait, ce qui me plait c’est les manipuler. Soit je peux les former à mon image et je les plaque ensuite car ils ne m’intéressent plus, soit je les plaque d’abord pour pouvoir mieux les manipuler ensuite. » C’est alors que je décidais de la surnommer La Grande Cynique.

Ermite Mais Pas Tout Le Temps, c’est la porcelaine qui veut bien faire dans le troupeau d’éléphants qui changent tout le temps. Elle hésite, elle tâtonne, elle manque de faire demi-tour avant de se persuader du contraire, trébuche souvent pour se relever aussitôt en disant ‘même pas mal’.
Pour contrer les caprices du destin elle a changé de look, de chaussures, d’appartement, d’amis, elle a décidé d’arrêter la clope et de porter des talons hauts. Elle ne sait pas à quelle heure elle doit se lever, ce qu’elle fera ‘après tout ça’ ni où elle voudrait vivre ensuite. Son idéal masculin change à chaque rencontre mais son désir d’être heureuse reste intact.
Elle y arrivera, j’ai confiance en sa ténacité.

Délurée Mais Pas Toujours possède en fait un prénom encore plus compliqué, du genre à se demander à quoi pensaient ses parents lorsqu’elle est arrivée. Son premier mail, j’ai vraiment cru que c’était un spam. Un petit côté fantasque en contrepoint de mon cartésianisme, à se perdre dans les conversations tant elle saute du coq à l’âne en oubliant de préciser le sujet.
Avec elle, on a beaucoup joué à ‘Je t’aime, moi non plus’, soldé par un nul pour cause de départ. J’avais déjà vécu ça un an avant, avec La Teigne et cette fois ci les rôles étaient inversés car c’est moi qui partais. « C’aurait pu être bien, hein ? On se reverra dans 5 ans, fais gaffe à toi en attendant. Promets-moi de revenir si tu n’es pas heureux.»
Il est des départs que l’on désire pendant plus d’un an et qu’il est finalement presque impossible de faire.

12 réponses sur “Les Filles Du Feu (2)”

  1. Chouette article !

    Avoir un gosse, un moyen d’eviter de penser a l’avenir ? Je dirai plutot exactement le contraire. (mais partir a l’etranger est un moyen d’eviter de penser a l’avenir :))

    ‘Soit je peux les former à mon image et je les plaque ensuite car ils ne m’intéressent plus, soit je les plaque d’abord pour pouvoir mieux les manipuler ensuite’

    Un tel cynisme me fait froid dans le dos :-/

    J’aime beaucoup ce que je vois dans Ermite Mais Pas Tout le Temps, typiquementle genre de personnalite qui me seduit tres rapidement.

  2. Crois surtout pas que le peu de commentaires veut dire qu’on s’interesse pas hein, ton blog est ouvert dans mes onglets depuis le premier article. C’est juste que la machoire sur le clavier, c’pas pratique pour écrire. Continue !

    Une question, tes amies, dont tu parles bien et avec franchise, lisent-elle ton blog ? z’en pensent quoi ?

  3. "Un petit côté fantasque en contrepoint de mon cartésianisme …"
    C’est en lisant cette juxtaposition habile de mots, bien hors de ma porté, que je me suis décidé a me concentrer sur ce que j’écris aussi souvent que possible pour améliorer mon style. Parce que, moi aussi, j’aimerai savoir écrire comme ça.

  4. J’ai connu les trois types
    en gros la castratrice aigrie, l’idéaliste et la lunatique (je vulgarise sans trop reflechir)

    Mais vous savez les reponses au pourquoi du comment sont terriblement simples, faut juste 10 ans pour comprendre.

  5. Wah, heuu, merci. Je m’attendais à un vague ‘osef’, après le dernier article.

    Llyd – Je ne leur ai pas communiqué l’adresse de ce blog, mais elles sont au courant que je peux écrire ce genre de trucs. Et il y a de fortes chances qu’elles tombent là-dessus un jour ou l’autre (et ça ne me dérange pas, au contraire. De toute façon je n’invente rien. Ce serait pas mal qu’elles lisent ça dans 10 ans…).

    Sram, KaKeK – Il n’y a pas de secret: il faut lire. De tout pour se divertir, et aussi des auteurs classiques car ils écrivent bien. Je n’invente rien, encore une fois, et plein de gens font nettement mieux. Je réutilise simplement ce que j’ai déjà vu ailleurs. En plus, en lisant on fixe l’orthographe et la grammaire, donc on ne fait plus de fautes ou presque.
    Mais si ça vous intéresse, je peux faire un article sur des lectures sympas.

    GrOCam – C’est ça le truc bien avec les gens compliqués, on ne s’ennuie pas :]

  6. Preuve, comme je l’avais évoqué dans un autres coin de blog, que l’exposition de sa vie et ses avis peut aussi susciter l’intérêt et le respect dans la communauté Nofrag. A condition que ce soit fait avec un minimum de style.

    Populace, ne prend pas le succès de cet article comme un encouragement a étaler ton intimité dans une série de confession médiocres ! Ca reste un exercice subtil et périlleux. Si tu ne sais pas faire aussi bien que le monsieur, ne fais pas.

  7. voila pourquoi je lis des blog maintenant, c’est un plaisir de lire des articles aussi bien fait que ceux que tu écrit.

    Et pour la lecture, je m’inscris en faux, je suis, enfin j’étais un très gros lecteur, et ça n’a jamais eu d’influence positive sur mon orthographe.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *