Labview (3) et questions…

Pffff, ça avance.

C’est que c’est un peu plus complexe qu’un feu rouge, le matos qu’on a. Réarrangé l’acquisition de données, réécrit quelques sous-routines, et programmé le bousin pour pouvoir enregistrer sur les 4 canaux analogiques alors qu’il n’en permettait qu’un avant. Oui, c’est en dessous… Et le reste du programmetient sur une surface d’écran qui fait à peu près 2m². Et le problème de la programmation, c’est que je ne dors plus.

Brêfle, je voulais savoir: j’aimerais bien acheter Portal, maintenant que j’ai une bécane. J’ai déjà un compte Steam avec même des jeux dessus, mais je n’ai pas vraiment de connexion internet (au boulot, je peux trimballer mon ordi de temps en temps, mais je n’ai pas de connexion permanente pour le moment). Faut il une connexion tout le temps pour jouer, ou seulement un bref moment (activation…) et après on peut s’en passer ?
De plus, ça me dit bien d’acheter la ‘Orange Box’ ici, mais peut-on changer la langue du jeu ? En japonais, je ne vais malheureusement pas y comprendre grand chose.

Au pire, je peux amener mon ordi au labo, l’acheter sur Steam en français, mais ça va prendre du temps. Merci !

Et pour finir, les petits seaux qui servent à arroser les plantes des tombes japonaises, au cimetière du Shogun, et la grande baleine du musée des sciences de Ueno.

Tokyo…

Allez, on peut vous le dire, maintenant. Vous êtes grand, de l’âge où on peut briser les rêves. Tokyo, c’est moche. Mais vraiment, moche.

Aucune unité architecturale, aucun plan clair de ville, les bâtiments sont posés à la va-vite, construit quand on avait du temps et là où il y avait presque de la place. C’est entassé dans un bric-à-brac capharnaümesque sans aucune considération esthétique voire même logique. Il y a des fils électriques partout, des climatiseurs à chaque fenêtre laissant dépasser des antennes, des publicités superposées, des machines criardes distributrices de n’importe quoi là où ça ne gène pas trop. Le tout encadré par un grand brouhaha de foire à l’inutile et de publicités agressives.

Mais dès qu’il fait sombre ou que l’on prend de la hauteur, quand les défauts sont trop loin ou pas assez nets, le spectacle en vaut la peine. Tokyo, ce n’est pas beau mais c’est impressionnant.

Société d’hyperconsommation

Les boutiques japonaises ont une façon bien à elle de finir leurs stocks. Je n’ai jamais vu ça ailleurs, et j’avoue que ça me laisse un peu perplexe et fasciné.

C’est devant un ‘Bic Caméra’ à Ikebukuro. Vous voyez les grands sacs marrons ? On ne sait pas ce qu’il y a dedans, on les achète pour environ la moitié de leur valeur supposée. C’est l’achat désincarné de tout besoin, on achète pour jouer, pour voir. Et avec des sommes conséquentes, ce n’est plus la même échelle que le loto. Aucun doute, ils sont riches. Ou accrocs à la consommation, au choix. A raconter la prochaine fois que je partirai dans un pays loin. Au Tadjikistan il y des vallées où ils voient un touriste tous les trois ans, ça me reposera.

Et sinon, la photo que j’aurais bien aimé prendre: les deux jeunes filles accroupies sous leur grand parapluie en cloche, vérifiant leurs mails sur leurs téléphones, un jour de pluie au Meiji-JinguMae.

Et la photo que j’ai eue: la petite essayeuse de chaussure, perdue dans le grand capharnaüm d’un ‘Don Kihote’.

Robots !

En tant que grand fan d’Asimov, je me devais d’aller faire un tour à l’exposition de Robot à Ueno. Le musée est un peu petit, un peu entassé, mais il y a des choses intéressantes.
Il y a évidemment tous les robots jouets dont la culture japonaise abonde, en commençant par Astro.

Il ya le robot qui joue du piano et celui qui l’accompagne à la trompette pendant que le robot valseur peut vous servir de cavalière. Des boites de conserve sur roues et des exosquelettes sur pattes. Des robots industriels programmés pour jouer au solitaire avec une rapidité affolante. Un robot qui réagit à la voix et cherche le ‘Eye Contact’ (très perturbant, de se voir observé avec insistance par un robot). Des interfaces homme-machine qui reconnaissent vos expressions et les appliquent sur des visages synthétiques. Les véhicules du futur, peut-être.

Ils sont assez forts pour donner aux robots une posture presque humaine. Par contre, leur mettre systématiquement des voix de gamins surexcités m’horripile (mais comme ils articulent bien et parlent comme des gamins, je comprends pas mal de choses, c’est un plus).

Galerie des versions précédentes d’Asimo, telle une allée de scaphandres antédiluviens. Impressionnant, ce sera dans un autre musée dans 200 ans. Tout ça rappelle Les vieux bouquins de science-fiction que je dévorais quand j’étais gosse.

Asimo fait l’objet d’un show très japonais, avec des ‘Yattah’ partout, j’ai un peu de mal. Mais le voir bouger est très impressionnant: comparé aux autres, il est très fluide, semblant marcher précautionneusement et rapidement. Exemple ici

Alors on répète après moi:

* Première Loi : Un robot ne doit pas causer de tort à un humain ou, restant passif, laisser un humain subir un dommage.
* Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres d’un humain, sauf si l’ordre donné peut conduire à enfreindre la Première Loi.
* Troisième Loi : Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu’une telle protection n’est pas en contradiction avec la Première Loi et/ou la Deuxième Loi.

Question d’entrainement

L’autre soir, en sortant du Park Hyatt où nous étions allé boire un verre, Sérieuse nous a prouvé que porter un kimono n’était pas forcément un handicap. Pour arriver à prendre le dernier train, elle a couru plus vite que nous…

Respect :]

Taïko !

Complêtement par hasard, nous sommes tombés sur un spectacle de Taïko, à Ueno. Mais si, vous savez, les gros tambours japonais: boum-boum tchika-tchika boum. Moi c’est l’image que j’en avais: des gros tambours, des excités autour habillés en kimono avec un bandeau dans les cheveux, tenant des alumettes géantes, et boum-boum tchika-tchika boum. Simple, efficace, primal, mais justement j’aime bien.

Hé ben sa mère oÔ; (oui, ceci est une de mes expressions favorites).
Déjà j’aimais bien la Batucada pour le côté festif, gros son, on porte les tambours et on marche et danse dans toute la ville en réveillant le voisinage. mais là c’est encore autre chose. Un inconvénient c’est qu’ils sont statiques: pas possible de porter les instruments, c’est trop gros. Mais l’avantage d’un plus gros tambour, c’est justement que ça fait un plus gros boum. Ca fait un support pour plein d’acrobaties et c’est donc beaucoup plus athlétique que la Batucada.
Et alors ça tape à s’en faire péter les jointures, ça crie, ça virevolte, ça saute, ça se bat contre et avec les tambours. Tout en synchronie parfaite, un vrai régal. Et ils finissent transpirants, usés, tenant parfois à peine debout.

Juste un exemple: vous voyez la fillette, là ? Elle m’arrive au coude, elle a l’air d’avoir 14 ans et de pouvoir à peine tenir un de leurs ‘marteaux’.

Jetez un oeil à un extrait de leur spectacle de 2005:

[flash width= »425″ height= »200″]http://www.youtube.com/v/85RFd2kPHoY[/flash]

Et là, j’ai ravalé mes commentaires sarcastiques sur les fillettes de 14 ans. Le plus impressionnant, c’est qu’elle ne peut évidemment pas tenir longtemps à ce rythme, et on la voit se fatiguer progressivement. Elle finit presque à bout. Et après, ils utilisent les gros tambours derrière (gros boums, donc). Ca saute et tout, un vrai bonheur.

Quand je serai grand, je serai taïkiste.

[edit: Je viens de m’en apercevoir: si vous avez le temps, y a le groupe Wadaiko Yamato qui passe en cemoment au Casino de Paris, si vous êtes dans les environs. J’en avais déjà entendu parler, il parait qu’ils sont très bons.]

Avant, Pendant, Après ?

Avant de partir, j’aurais bien aimé un coup de fil de Taïga, car ça fait longtemps. Je serais volontiers reparti en montagne avec La Boutchette, en écoutant les Pink Floyd. Même si ça fait moins longtemps. C’aurait été agréable d’aller boire du vin chez le Gentleman Sportif, en le regardant angoisser car il ne sait pas si la bouteille est adaptée aux convives/moment/repas/ingrédients du repas/humeur de chacun/phases de la lune (ne rayez aucune mention, elles sont toutes utiles). Je serais bien allé faire une grande voie avec Le Maitre, surtout que la saison était propice. Mais il était tout abimé.

Tant pis.

Avant de partir, j’ai quand même pu vérifier que Mini Cardiologue va mieux, et c’est déjà ça (en plus d’être pas trop tôt). J’ai eu la chance d’écouter ‘The Division Bell’ avec La Teigne, juste sous les baobabs et les étoiles. Et elle s’endort toujours en sursaut. J’ai bu un grand thé au soleil avec Corsée, histoire de l’écouter râler une dernière fois. Elle n’a pas râlé et c’était encore mieux. J’ai pris un autre thé avec Je Ne Serai Pas Campagnarde et peut-être même qu’elle va aimer les voyages (ou alors elle développe sa patience). J’ai échangé une dernière fois un nombre incalculable de vannes de mauvais goût avec Le Roi (Roi, mais de quoi ?). Et je ne sais plus qui a eu le dernier mot. J’ai pris un dernier petit déjeuner avec Délurée Mais Pas Toujours et Ermite Mais Pas Tout le Temps et il y avait trop de croissants. J’ai reçu un cadeau auquel je ne m’attendais pas de la part de Crême Noisette, et un mail inattendu. J’ai eu mon coup de fil de Taïga, 20 minutes avant l’embarquement, ils m’ont tous attendu mais tant pis. Et j’ai même eu un accident de tarte aux Framboises.

Tant mieux.

Ensuite, j’ai écrit. J’ai envoyé un clin d’oeil de Tokyo à Corsée et un sourire du Japon à Mini Cardiologue, car elles en ont bien besoin en ce moment. J’ai écrit à Délurée Mais Pas Toujours pour qu’elle trouve la lettre avant de partir en Antarctique. J’ai écrit à La Boutchette, avant qu’elle ne parte en Alaska sans moi pour la retenir si elle se casse la gueule (non, en fait je suis jaloux). J’en ai envoyé une autre à Ermite Mais Pas Tout Le Temps, car elle est une de ceux qui reste, et c’est le moins facile. J’ai écrit au Maître et à sa Dame Enjouée, en espérant qu’ils resteront un noyau stable. J’ai écrit au Gentleman Sportif que j’utilise son enseignement au mieux, et que ça rencontre un certain succès. J’ai écrit à Crême Noisette, car elle part en Nouvelle Zélande et son voyage est bien plus hasardeux que le mien. J’ai écrit à La Teigne, car il est vital pour moi de savoir qu’elle va bien. Je n’ai pas écrit à Taïga, je l’ai déjà trop fait et c’était à une autre époque.

A bientôt, ça ne va pas être facile de tous se reconstruire épars aux coins du monde.