Non euclidien

C’est ainsi que l’on pourrait qualifier le Tokyo Forum.

En fait il obéit aux lois physiques standards, hein, n’exagérons rien. Mais pris séparément, certains éléments donnent presque le mal de mer, et je n’aurais pas osé mettre ‘gerbatif’ comme titre d’article. C’est un peu comme ça que j’imagine le paysage dans un nid d’araignées mécaniques géantes.

Tokyo Circus

Hier, au Shinjuku-Gyoen, au détour d’un chemin, a débouché un étrange assemblage. Vêtu d’un chapeau haut de forme et d’un habit à queue de pie, grand sourire à petite barbiche noire surmonté d’yeux rieurs derrière des lunettes rondes, un homme trainait une énorme malle à fermoirs métalliques. Il avait une pancarte accrochée autour du cou, mentionnant ‘Tokyo Circus’.

Entre hiver et printemps

Il fallait profiter du Shinjuku-Gyoen avant le printemps et toutes les fleurs, pour ne pas avoir trop de monde et encore du beau temps.

C’est de nouveau un parc très soigné, presque hygiénique: les feuilles sous les arbres sont ramassées et les cailloux polis à la main. Quelques photographes prennent les photos des premières fleurs de pruniers, sur fond de buildings étincelants. Quelques carpes attendent avidemment qu’on les nourrisse.

Un des lacs est entièrement gelé, plus de deux centimètres de glace. Quand on en lance un morceau à la surface, il se pulvérise en renvoyant un son fluté vers les rives, créant un echo cristallin. Toute la glace du bassin vibre sous le choc.

Kaori m’a beaucoup fait rire: pour manger des spaghettis, elle sait parfaitement se servir de couverts européens, enroulant les pâtes sur la fourchette à l’aide de la cuillère. Mais elle les aspire ensuite à la japonaise, en faisant le plus de bruit possible.

Qu’est ce qu’on rigole, depuis Babel !

Evidemment, partir travailler dans un pays aux antipodes, ça donne une bonne idée de la mondialisation. Mais il y a plein de détails qui se surimposent à ce simple fait. Ma voisine d’en face est coréenne, il y a deux russes et un ukrainien. On écorche tous joyeusement l’anglais, mais la communication passe. Avec un mot du langage d’origine de temps en temps. Par contre, je vais avoir un accent vraiment immonde, après tout ça.

Les ordinateurs sont des mélanges infernaux : parfois système de base en japonais, puis passé en anglais (mais certains résistent encore et toujours à l’envahisseur, la preuve sur Winamp et l’Explorateur Windows).

Thunderbird ? En français, c’est moi qui l’ai installé. Sur chaque ordi, sont présentes les langues d’entrée anglaises et japonaises, ajoutées du français ou du russe. Un sacré bordel quand il s’agit de taper un mot de passe et qu’on ne sait plus comment est configuré le clavier. Et on trouve des accessoires exotiques comme un clavier originel en hiraganas/katakanas avec les caractères cyrilliques rajoutés au feutre. Pour trouver un ‘ù’ là-dessus, ça demande une certaine concentration.

Et le pire reste le ‘z’ et le ‘w’, ou ‘a’ et ‘q’ inversés entre claviers azerty et qwerty. Sous Thunderbird, dès que je veux sélectionner l’intégralité d’un mail, je quitte le programme. Et sous Labview, je ferme la fenêtre quand je veux annuler. Je me suis gaussé des années durant des messages inutiles genre ‘Etes vous sûr de vouloir quitter ?’, et maintenant je les bénis car sinon j’aurais déjà perdu pas mal de travail.

Mais il y a pire encore. Là, mon voisin (taïwanais) a voulu me faire plaisir en mettant ‘Notre Dame de Paris’ dans le bureau. Il va me falloir de la patience et du tact, je sens.

Et il avait raison…

Je me souviens d’un de mes anciens professeurs à l’université, qui nous enseignait les bases de la communication scientifique en anglais. Un gars très drôle, tellement bien intégré qu’il pouvait prendre l’accent marseillais.

Ce qu’il nous avait dit m’avait frappé, mais j’avais pu vérifier quelques années après la véracité de ses propos. Et ce n’est pas fini.

« Mesdemoiselles, quand vous irez en conférence, vous vous ferez belles. Les mecs, je vous veux en chemise classe et coiffés. Parceque vous n’imaginez pas le potentiel sexuel que vous avez rien qu’en étant français. Parceque dans l’imaginaire du monde entier, la française est belle, chic, un peu hautaine mais sait être chaleureuse. Donc si vous montez sur l’estrade et que vous êtes habillées en jeans, c’est que vous n’avez rien compris et avez perdu déjà la moitié de l’indulgence de l’auditoire. Pire, on vous prendra pour une allemande.

Mais imaginez, bon sang: le vieux ponte, il a tout vu, même ses vacances le font chier. Il voit arriver une petite français de 25 ans, souriante, pimpante, attachante tellement elle a la trouille. Et même si elle bafouille, même si elle dit une connerie plus grosse qu’elle, il mettra ça sur la jeunesse et rêvera de Paris. Et la question qui l’aurait descendue devant 2000 personnes, il la garde pour lui. Au pire, il l’enverra par mail ou la dira devant son poster, en privé. »

Il avait ensuite ajouté:

« Vous avez pris quoi, vous, comme première langue au collège ? Allemand ou russe, pour être dans une bonne classe, ce sont vos parents qui y ont pensé. Hé bien dans le reste du monde, c’est pareil. Sauf que si l’on veut être dans une bonne classe, ou bien apprendre quelquechose pour faire chic et distingué, on prend français. Donc méfiez vous, car autour de vous tous les gens ont fait du français. Et c’est un moyen de savoir s’ils vous ont à la bonne: ils ne l’ont pas pratiqué depuis 20 ans, mais pour vous faire plaisir ils essaieront de ressortir les trois mots dont ils se souviennent. Accessoirement, dites pas n’importe quoi, car il y a des gens qui vous comprendront. »

Et ô combien il avait raison.

Ca va du ‘O’ de surprise que font les japonaises quand on leur révèle que non, on n’est pas américain, on est français. Et de leurs aveux d’avoir fait du français pendant 2-3 ans et de ne plus se souvenir de rien.

En passant par ‘Vous êtes français ? Est ce que je peux parler avec vous ?’ posé par une noire américaine, dans le grand aquarium d’Atlanta.

Jusqu’au ‘Je préfère marchander avec les français, ils sont plus sympas et on peut discuter’ dit par un marchand de pierres semi-précieuses à Ambositra.

C’est le russe qui m’a accueilli au détour d’un chemin kirghize, par une grande litanie de ‘Michelle ma belle je t’aime Paris’ alors qu’on cherchait du bois pour le feu.

C’est Corsée, Le Maitre et Le Roi qui s’arrêtent pour la nuit dans un village Tadjik, sont invités dans la seule maison en dur, et découvrent que le propriétaire est un admirateur de Chateaubriand (véridique, je n’invente rien). Il avait toute son oeuvre en russe et français, alors que les trois français n’en savaient pas une ligne. Il passait environ un touriste par an dans ce village.

C’est, invité par quelqu’un que l’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam et que l’on ne reverra jamais, regarder un enregistrement de la finale de la coupe du monde 98, sur une vieille VHS cahotante d’avoir trop servie, en plein milieu du Tadjikistan. Surtout, ne pas dire que l’on n’aime pas le foot.

Bref, pour reprendre certains commentaires dits dans le précédent post, oui, être français est un avantage considérable quand on voyage (à quelques exceptions près). C’est pas qu’on peut sauter tout ce qui bouge ou faire n’importe quoi, c’est que dans une situation donnée on part automatiquement avec un avantage. Du coup, on a la responsabilité d’entretenir le mythe, évidemment. Faut apprendre à faire le baise-main :]

Et sinon, sur Tokyo, il neige. A gros flocons. Souriante n’avait jamais vue la neige, on l’a mise minable lors du déjeuner…

Je fus faible…

En explorant les tréfonds de l’immeuble Tobu à Ikebukuro (enfin, façon de parler, car ledit tréfond est situé au 9ème étage), je suis tombé par hasard sur un HMV.

Et qu’y avait il en tête de gondole de ce magasin de disque ? Une réclame pour les musiques du monde, et en première ligne le dernier disque de ‘Massilia Sound System’.

Que croyez vous que je fis ? Je craquais…

(voir le mot ‘Oai’ en plein coeur de Tokyo est assez irréel. J’ai du expliquer ce que ça voulait dire pendant des heures, avec force accent à l’appui. Sinon, je trouve ce disque trop électronique à mon goût. Mais pas mal)

Et quelqu’un m’avait demandé il y a bien longtemps ce que l’on pouvait manger au Japon dans la vie de tous les jours: hé bien voilà (photos prises il y plus d’un mois, mais je n’ai eu le courage de décharger mon téléphone que maintenant).

Vous remarquerez du riz, du thé, du poisson, de la soupe, du riz, des tempuras, du thé, du riz, du poisson, des ramens parfois, et encore du riz (avec du poisson).

Dictionnaire Multi-usages

J’avais du me battre un peu avec Rigolote car elle le voulait absolument en rose, mais j’avais fini par l’emporter et opter pour un argent sobre et viril. Il faut se méfier, Rigolote peut être fortement sujette au kawaï (si vous voulez lui faire plaisir, offrez lui un ‘Rilakuma’).

Mais pouvoir savourer ‘Akira’ dans le texte et assouvir un de mes vieux rêves de gosse (à savoir, avoir tous les tomes d’Akira) aurait été rigoureusement incompatible avec un dictionnaire électronique rose…

Mais c’est Kaori qui a découvert le pot-aux-roses. Alors qu’elle mangeait un gâteau plus gros qu’elle (je ne suis pas certain que Kaori réponde à la loi de conservation de la masse), elle m’a fait remarquer que ce parallélépipède anodin contenait un dictionnaire des vins. C’est quand même énorme. On peut les choisir par noms, goûts et couleurs, régions… Et il vous donne les meilleures années, le prix moyen en Yen et tout.

Ils sont décidément très forts, ces japonais.

Wadaiko Obiki

Un gars a mis une vidéo sur Youtube du spectacle que j’ai déjà pris en photo:

[flash]http://www.youtube.com/v/tohBK3tJXNg.swf[/flash]

Regardez le gars sur le tambour, à la fin: il finit par casser son ‘marteau’, et en prend un de rechange dans sa ceinture. Ca donne une bonne idée de la frénésie du spectacle, par contre image et surtout le son sont assez pourris.

oÔ L’affichage marche pas ? Bon, lien: Ici !

Blade_Runner – Merci. Marrant, je comprends pas la bétise que j’ai faite…

Galerie de gros noeuds

J’avoue, celle-ci était très facile :]

(et j’ai supprimé les noeuds flous. C’est là qu’on s’aperçoit que c’est vachement complexe, un noeud de Obi)

J’aime bien Seiji no Hi. C’est un peu artificiel, un peu clinquant, ça sent le passage obligé et la photo que l’on retrouvera sur la commode de la maison. Mais on peut voir des groupes de 5 ou 6 filles ravies, bras-dessus bras-dessous devant les photographes, portant toutes des kimonos chamarrés et se tordant les pieds dans leur zoris. C’est jeune, coloré et bruyant. C’est toujours agréable de voir des gens heureux.

Glouton

Il pleut à décourager un Syla d’aller prendre des photos dehors, du coup j’ai réinstallé Max.

Un peu plus de 200 triangles, une texture 128*128.

Espérons qu’il fera beau lundi, c’est Seiji no Hi !