Maman

J’avais rendez-vous à Roppongi avec d’autres, mais c’est toujours la même chose: on se donne rendez-vous à une heure précise à une sortie de métro… sauf que des sorties de métro il y en a 12 réparties sur 5 ou 6 patés de maison. Une fois, j’ai fait toutes les sorties d’une station pendant une heure, avant de m’apercevoir que les autres tournaient dans le même sens que moi.

Bref, j’en ai profité pour aller voir la grande Araignée de Roppongi. Elle est gigantesque, noire, projettant ses pattes de part et d’autres d’une place devant la ‘Mori Tower’. On peut passer entre ses pattes grêles de faucheuse, juste sous son ventre boursouflé d’oeufs.

Et elle s’appelle ‘Maman’.

We Loves Nature

Toujours avoir un appareil photo sur soi à Tokyo, toujours.
On ne sait pas, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Même en ce qui concerne le plus trivial.

Pour preuve ce petit erlenmeyer découvert par hasard, entre deux dilutions.

Vous remarquerez la faute d’anglais caractéristique.
Et surtout, il n’y a pas de gradations. Il ne sert à rien.

Ikebukuro, 20h

Il y avait une fille habillée chic, bottes hautes et blazer.
Dans la pose maintenant si familière: assise les deux mains sur ses cuisses, entourant son téléphone portable, la tête affaissée sur son épaule droite.
Profondément endormie.

Elle bavait légèrement et sur son sac était écrit ‘Pour la Frime’.

J’adore le métro de Tokyo.

Roissy Station Terminus Shibuya

Comment part-on ? Aussi loin, aussi longtemps ? Comment elle a fait, La Teigne, quand elle est partie pour encore plus longtemps ? Et j’ai oublié de demander à Funky et les autres, alors qu’on allait se retrouver dans le même pays. Pas malin. En tout cas, je sais que La Teigne avait au moins aussi peur que moi.

Encore une fois, dans l’avion, l’impression de se retrouver dans un lieu hors du temps. L’heure qu’il était n’est plus d’actualité, l’heure qu’il fera n’est pas encore vraie, seule reste tangible la quantité d’heure à rester confiné. Environné d’ombres et de sons étouffés par le grondement des réacteurs, rien n’est vraiment réel. Et la destination n’a tellement rien à voir avec mon référentiel de départ qu’elle pourrait très bien ne pas être sur la même planête. En tout cas, le jour où ils inventent le saut dimensionnel, j’espère que ce sera moins fatiguant.

Arrivée sans encombre et cette fois-ci départ de l’aéroport en Bus-Limousine. Descente à la grande gare routière de Shibuya, pour que l’immersion soit brusque et totale, histoire d’être sûr d’être arrivé, et puis parceque le grand carrefour me manquait. Hachiko n’a pas bougé. La foule non plus, même sous la pluie. Penser à revenir voir le magasin ‘Décadence de Chocolat’, avec un nom pareil il mérite une visite.

J’arrive au labo en trainant ma fatigue et mes sacs, avec l’impression que le temps n’y a pas eu la même signification que pour moi. Sérieuse est la première à me redonner mon nom japonais, celui auquel je vais devoir me réhabituer. J’ai droit à une poignée de main de A et même à un sourire d’Impassible. Haute Comme Trois Pommes est partie. Alors qu’elle de me devait un verre. « Welcome back » me disent ils. Et oui, ça aussi il va falloir s’y faire: « Back », c’est ici.

Bon, il faut que je contacte Funky. Elle m’a promis d’aller manger des sushis.