Dossier – Faut-il un seau à gerbe quand vous jouez en réalité virtuelle ?

– Dis Billy, t’as déjà gerbé dans un vaisseau spatial de combat ?
– Heu..?
– Moi ouais,  j’en avais plein les lentilles!
– C’est dommage, j’aime bien les lentilles corail.
– Mais non Billy! Les lentilles de mon Oculus.
– Aaaah, c’est pour ça l’odeur, mais le bruit ?
– Je sais pas comment tu fais Billy mais dès que ça bouge en jeu, j’ai les dents du fond qui baignent.
– C’est le motion sickness.
– C’est sûrement ce que j’ai mangé hier..
– C’est le motio…
– Ou peut-être le bourbon du bon vieux Jack
– C’est le M..
– Mais bordel, pourquoi toi t’as rien ?
– Otion sickness!
– Quoi ?

MOTION SICKNESS!!

Ou cinétose pour être plus précis dans la langue de Booba. C’est un phénomène bien connu lié au mal des transports résultant nausée, vertige, etc… Des symptômes qui montrent le bout de leur nez quand une divergence se crée entre votre oreille interne qui contient le système vestibulaire (en gros le truc qui gère l’équilibre de votre corps et plus précisément de votre tête) et ce que vos yeux perçoivent.

Petit exemple visuel :

À gauche, rien ne bouge vos yeux et votre système vestibulaire correspondent, à droite, votre tête est inclinée mais vos yeux n’ont aucun indice de l’angle de l’avion ou de votre corps.

En résumé, vous pouvez avoir des nausées dès que votre corps est en mouvement et que vous n’avez aucune visibilité sur le pourquoi votre corps est en mouvement. Vous pouvez donc être malade en voiture, avion, bateau etc… d’autant plus si vous êtes passager sans aucun contrôle sur votre moyen de transport.

Pro-tip : si vous vous faites enlever par un gang albanais et jeter de force dans un fourgon plongé dans le noir total, n’hésitez pas à demander à vos ravisseurs un petit sac pour gerber, ils vous en seront reconnaissant et peut-être que vous garderez toute votre dentition.

Il dit qu’il voit pas le rapport

Si j’en parle ici, c’est parce que la cinétose est devenu un des premiers « problèmes » connu et récurent de la réalité virtuelle étant donné que de nombreux utilisateurs ont ressenti à un moment donné une certaine gêne ou carrément une envie de repeindre les toilettes. À la différence près que ce n’est pas votre oreille interne qui capte le mouvement, mais votre sens visuel qui indique au cerveau que vous êtes en train de bouger tandis que le système vestibulaire ne l’entend pas de cette oreille (tu l’as?).
  Autrement appelé « Cinétose visuellement induite » (CVI)  qui est souvent lié aux technologies :  simulation, réalité virtuelle et également films sur très grand écran, Imax, found footage ou le cameraman nain de « Irréversible ».

Mais Billy, pourquoi t’es pas malade en VR toi ? 

Parce que…

Je suis Batman!

Nous sommes tous atteints à un moment ou un autre de cinétose, mais notre morphologie individuelle influe sur nos degrés de résistance ainsi que nos habitudes, un pilote de chasse peut avoir le mal de mer tandis qu’un marin sera mal dans un train.

En réalité virtuelle, c’est plus ou moins la même chose. Certaines expériences passeront comme une lettre à la poste alors que d’autres vous retourneront le cerveau avant même que vous ayez eu le temps de dire burp.
À titre personnel, j’ai toujours la nausée sur Lucky’s Tale (un jeu de plateforme 3D enfantin) tandis que je peux enchaîner moult acrobaties sur IL2 : Battle of Stalingrad. C’était loin d’être le cas lors de mes premières parties, une pirouette faisant tourner autant mon cerveau en vrai qu’en virtuel.

Qu’est-ce qui a été fait contre la CVI  ? 

Les débuts de la VR grand public ont fait tourner à toute berzingue les méninges des développeurs et surtout sur la question de CVI.
En 2015,  c’est Cloudheadgames, derrière la série The gallery, qui développera le système « blink ». Un système de téléportation en VR qui sera encore utilisé aujourd’hui par les jeux les plus populaires du marché.
Cette téléportation vous permet de vous mouvoir dans les niveaux du jeu sans subir une quelconque nausée. Votre corps et votre cerveau ne sont pas en mouvement direct donc pas de cinétose, tadaaa !

Bien que ce système fut une avancée pour les utilisateurs en terme de confort, ce ne fût pas vraiment le cas concernant la liberté de mouvement en VR, malgré l’inventivité de certains développeurs pour rendre ce système plus fun ( à l’instar de Budget cuts, dont la téléportation s’effectue via un pistolet qui tire une balle rebondissante).
D’autres, au contraire, n’ont fait que copier le blink ne laissant que peu de choix pour se mouvoir dans les jeux, comme « Doom VFR » à son lancement qui en a déçu plus d’un (Heureusement sauvé par des moddeurs de l’enfer qui ont pu faire comprendre aux développeurs qu’on avait pas tous l’estomac fragile !

Au-delà de ce système interne, il existe également plusieurs manière externe de prévenir la cinétose, relayé par des centaines de vidéos et articles qui grosso merdo vous disent : 

– De pas vous bourrer la gueule avant
– De faire des expériences « confortables » c’est-à-dire sans « free locomotion » ou qui ne soit pas Dirt Rally.
-De manger du gingembre (attention si vous prenez des sushis, vérifiez, que ces derniers soient frais).
-De faire de courtes séances et s’arrêter quand les premiers moments de malaises font leurs apparitions !

De plus, Oculus a également mis un petit sigle sur les pages des jeux dans le store afin de prévenir les utilisateurs de l’expérience à laquelle ils vont donner corps et âme.

Mais ?

M’enfin, c’est bien beau tout ça, mais si on veut tuer tout en straffant ? Découvrir la compétitivité des serveurs d’Onward, Contractors ou le fun des différents mods de Pavlov qui ne se jouent qu’en free locomotion ?
Déglinguer les chronos de Dirt rally  ou miner sur Elite  and Dangerous ?
Arracher le disque des mains de vos adversaires dans des arènes zéro gravité ? 

Et bien, c’est simple, il suffit de jouer.

– Ah bah merci Billy, je suis bien avancé avec tes conneries !

Et pourtant, c’est tout aussi simple que ça. Le corps humain est un organisme merveilleux qui peut s’habituer à tout (sauf aux radiations, mais ça c’est une autre histoire, quoi que vue certaines babushka dans la zone d’exclusion de Chernobyl, on peut encore avoir des surprises).

Mais en soit, avec le temps et de la pratique, votre cerveau s’y habituera.

Pour cela il faut tout de même respecter certaines conditions : 

  • Dès les premiers signes de nausées, de malaises ou autre, arrêtez tout de suite ! Il ne sert à rien de se forcer pour ensuite être malade parfois plus d’une heure.
  • Jouez quotidiennement, et surtout à des jeux qui feront de votre cerveau une toupie, même si ce n’est que 5mn/10mn cela suffit pour votre cerveau de commencer à s’y habituer.
  • Allez-y progressivement ! Certains jeux permettent d’ajouter un vignettage ou un « masque » qui d’après certains développeurs, aiderait à améliorer le confort. Si cela peut vous aider et que cela ne vous gêne pas en jeu, n’hésitez pas. Personnellement, ça me gâche le champ de vision et je m’y suis habitué de la manière forte.
  • Apprenez vos limites ! Avec le free locomotion, il y a plusieurs manières de se déplacer en pointant le touch/wand ou en regardant avec votre casque ou bien tourner physiquement ou à l’aide de votre joystick (dans mon cas personnel, ça me pique un peu le cerveaux de tourner avec le joystick, mais aucun souci pour le strafe etc..) Sachant cela, vous éviterez des désagréments !
  •  Ça, c’est maison, mais accompagnez le mouvement soit en sautillant sur place soit en bougeant les bras. C’est bête, mais le but est de piéger votre cerveau!
    N’oubliant que toute cinétose vient d’une divergence entre votre oreille interne et votre vision, combler le manque en bougeant peut s’avérer utile.
  • Réglez bien vos capteurs, je sais que maintenant ceux qui sont sur oculus rift S ou Quest n’ont plus ce souci, mais sachez qu’un mauvais réglage peut faire sauter un angle, ou décaler la perception en jeu. Aussi, si vous sentez que le jeu rame, ou que vous n’êtes pas à minimum 75fps, réglez les paramètres afin d’avoir un jeu aussi fluide que possible, ça aide le cerveau à mieux s’intégrer !

Ces conseils ne sont qu’à titre indicatif, en effet, chaque individu aura sa propre manière de s’habituer ainsi que son temps d’adaptation propre !

La bonne nouvelle, c’est qu’une fois que vous aurez chopé ce qu’on appelle les « VR LEGS » (l’habitude d’être dans un univers virtuel) Vous ne les perdrez jamais  et ouais, cadeaux et surtout vous aurez de quoi apprécier beaucoup plus de titre de manière plus fluide et libre.

D’après un rapide retour d’un petit sondage fait dans les forum de nofrag, la plupart des personnes ayant eu de la cinétose ne sont plus dérangé par celle-ci pour jouer.

À noter que, d’après le forum Nofrag, le jeu le plus difficile à prendre en main à ce niveau est, sans surprise, Dirt Rally.

 

 

 


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2 réponses sur “Dossier – Faut-il un seau à gerbe quand vous jouez en réalité virtuelle ?”

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