J’ai raté ma vie

Enfin non, pas au sens qu’on prendrais pour parler de Linkito ou de Calvi quand on les écoute parler d’eux. Il me suffit de me retrouver dans certaines situation pour me dire que je ne suis pas à ma place.

Ma place, c’est faire du dev embarqué, c’est de la balle, ça me plait. Jeudi soir j’étais en Ecosse pour le boulot, et après avoir intégré dans un caisson étanche notre électronique, puis mis le caisson dans une enceinte blindé (des fois que ca explose…) et relié les 3 pauvres câbles nous donnant quelques infos sur le fonctionnement du produit, j’ai vu clignoté 4 LEDs. C’est quoi 4 LEDs? Rien du tout, mais pour le coup ça signifiait que mon soft tournait la dedans. Mon premier soft sorti de la maison mère en France, qui marche, après 2 jours d’angoisse pendant le montage du caisson. Moment professionnel priceless.

Tout ça pour dire que ce petit voyage en Ecosse m’a rappelé qu’il y a deux ans j’avais stagiairé dans un labo près d’Oxford et que mon tuteur avait répondu à la question « Would you hire the student ? » du questionnaire de l’école par un « Yes, definitly ». Ce jour là j’avais vu comme une opportunité de me barrer, et puis bon, retour en france, encore un an d’étude, bref, le truc est passé.

Et puis des fois, je vois un reportage sur les toubib, et je me rappelle que que j’hésitais à faire médecine quand j’étais au lycée. Le truc qui m’aurait branché ça aurait été de faire mes études au SSA, le service de santé des armées. Ma belle soeur faisait ses études via l’armée, à Lyon, et ça avait l’air bien! Mais le concours est plutôt restrictif, bien plus que les concours peanuts d’ingénieur, mon autre choix professionel de l’époque.

Parfois quand je me balade à la fnac, j’ai envi de taper un vendeur, lui piquer ça formidable veste verte et conseiller les gens. Ca doit etre chouette d’être compétant pour un vendeur fnac. Je parlerais pendant des heures sur des questions techniques, renvoyant les clients me posant des questions sur des sujets inconnu. Expliquant aux photographes en devenir qu’il n’y a pas que Canon et Nikon dans le monde des photos, et passant mon temps à trifouiller les Mac, objets qui échappent à ma connaissance, attisant ainsi ma curiosité.

Evidement être payé pour faire des photos, ça serait chouette. Photographe de guerre. Typiquement comme Brad Pitt dans Spy Game, mais en plus beau. Etre au coté des soldats, des civils, des ONGs qui bossent, peu importe le camp. Se sentir vivant à la moindre alerte, être le premier sur le lieu ou une explosion viendrait de survenir, ramper derrière un muret, sentir battre son coeur à 200bpm au moment ou on presse le déclencheur au dessus du mur, sans même savoir ce qu’on prend, tout en entendant siffler les balles (oui, j’ai une vision très romantique de la photo).

Petit, il fut un temps ou je voulais devenir « Inventeur ». Ouais m’sieur, comme Emett Brown, rien que ça. Je m’imaginais faire des moteurs qui mangerais des poubelles, je faisais de la plomberie avec des kilomètres de pailles, des pots de yahourt, du scotch est trois bateaux de sucettes.

J’ai aussi eu ma période pompier, comme tout les petits garcons. Mais un jour on m’a dit : « les pompiers c’est bénévoles » – « c’est quoi bénévoles? » – « ça veut dire qu’ils gagnent pas d’argent ». WTF??!!? J’ai oublié l’idée en 2 minutes.

Mais tout ça, ça ne vaut pas mon rêve de gosse, être jardinier, faire pousser mes légumes, les vendre, les manger, je m’imaginais avec un chapeau de paille jaune, une chemise blanche, un tablier vert. Mais contrairement aux autres métiers dont je parle plus haut, ca me ferait bien chier en fait. Sérieusement, c’est vraiment pas mon truc le jardinage, chez moi j’ai un plant, j’arrive même pas à faire de quoi consommer. Oh, un plant de basilic hein.

Bref, tout ça c’était avant le drame. En fait je suis très content de ton taf. Mais faut reconnaitre que parfois j’aime bien  m’imaginer ce qu’aurait pu être ma vie si j’avais suivi une voie complètement différentes.