I'm speaking with stupid (le blog de zloleur)
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Ciao liberté de parole

Vendredi 1er août 2008 à 20 h 30
Les blogs de nofrag seraient-ils apolitiques ? C'est ce que je me dis quand je ne vois aucun article qui parle de l'affaire Siné qui représente pour moi ce que la situation et la société aujourd'hui a de plus puant.

Rappel de l'histoire :

Siné publie une chronique dans Charlie Hebdo dans lequel il dit que le fils de Sarkozy se convertit pour se marier avec une riche héritière juive par opportunisme en mettant ces mots "il ira loin dans la vie ce petit".
Après la publication, grande levée de bouclier. Tout d'abord le chevalier des lettres (euh pardon le Don Quichotte ) Français prend courageusement position en défendant l'éviction de Charlie Hebdo de Siné. Comme toujours ce p(eu)reux chevalier qui défend toujours la veuve et l'orphelin contre les méchants brandit bien haut sa plume et ses sophismes qui sentent bon le moisi pour dire à quel point il est ulcéré de l'attitude de Siné qui n'est qu'un gros homophobe et qu'on ne devrait plus écouter.
Il est suivi par près de 20 "personnalités" qui nous disent eux aussi comment on devrait faire :

L'article du monde

De l'autre côté de ça des sites et des "personnalités" s'organisent pour défendre Siné et notre "liberté de parole" (plutôt liberté d'écoute).

=Fin de l'histoire=

Tout ça m'inspire une seule pensée : Quand est-ce que de tout côté ils vont arrêter de faire les censeurs? Nous avons le droit de penser CE QUE NOUS VOULONS. J'aimerais qu'on puisse continuer à lire Siné sans qu'on me dise : "Ah non c'est pas bien, tu es trop con pour saisir ce qu'on dit".
Alors oui Siné est peut être un antisémite, mais qu'on le musèle pas au nom de je ne sais pas quoi, et qu'on lui fasse un procès. Et les philosophes du style BHL etc... commencent à me taper sur le système.
Quand est-ce qu'on en finira avec ce monde devenu parano et dès qu'on dit le mot "noir" ou "juif" nous taxe d'antisémitisme ? Au fait c'est pas plutôt la société qui n'est pas xénophobe / raciste /... en associant automatiquement à noir ou arabe ou juif un propos sous-jacent xénophobe / raciste / ... ?

Je retourne fragger des ukrainiens sur Stalker.
A bon entendeur, salop !
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 43
Les français ne comprennent pas. ©
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 47
cf. Dieudonné
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 48
Tout ça c'est surement à cause des juifs. Après tout ils sont presque arabes, on peut pas leur faire confiance.



Plus sérieusement : la liberté de penser est d'expression ne se recouvre pas (en France du moins). Moi je ne suis pas trop l'affaire mais dans le fond ça fait un moment que ça lui pendait au nez. Le sous entendu de son propos était quand même clair : Sarko fleurte depuis toujours avec les puissants, son fils épouse une juive, et sa conversion ne pourra qu'arranger ses affaires.

C'est assez vintage comme propos, façon années 30.
par zloleur
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 51
Gaffe ou je lance ma pokeball avec un BHL niveau 30 !
par Nooky
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 52
Raciste !
par muadib
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 53
On le fout dehors pour cette histoire d'antisémitisme alors que quelque temps avant il avait fait ces déclarations et personne n'avait trouvé cela choquant ou révoltant :

«Je n'ai jamais brillé par ma tolérance mais ça ne s'arrange pas et, au risque de passer pour politiquement incorrect, j'avoue que, de plus en plus, les musulmans m'insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j'ai envie de leur botter violemment le cul !».

«Leurs maris barbus embabouchés et en sarouel coranique sous leur tunique n'ont rien à leur envier point de vue disgracieux. Ils rivalisent de ridicule avec les juifs loubavitchs ! Je renverserais aussi de bon coeur, le plat de lentilles à la saucisse sur la tronche des mômes qui refusent de manger du cochon à la cantoche».

Ça me fait chier parce que récemment j'ai eu une discussion assez chaude avec un gars (orienté islamiste) au sujet de la démocratie, de liberté d'expression et c'est lui qui m'a parlé de Siné et de ses déclarations, pour lui c"était la preuve que l'occident veut imposer au monde ce qu'il n'applique pas chez lui ! C'est con je sais mais c'est ce genre d'histoires qui leurs donne du grain a moudre :/
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 20 h 58
En 82 il avait dit "Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !"

Cette fois c'est juste la goutte qui fait déborder le vase, faut pas forcement y voir autre chose.
par muadib
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 00
@Mosk : Ah ouais quand même...
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 02
Le plus marrant dans tout ça c'est qu'il a écrit dans ce journal depuis je ne sais combien de temps et que ce sont ces gens là qui prétendent faire la morale aux autres. Pays de cons.
par un Anonyme
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 05
osef des religieux , qu ils crèvent.
par un Anonyme
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 07
ps : je rajouterai qu il vous faut absolument voir starship troopers 3 qui traite le sujet d une maniere totalement impartiale
par zloleur
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 31
Wolfreim :
Je ne défends pas l'homme ni ses propos de toute façon. Je défends l'idée que l'on puisse s'exprimer sur toute partie de la population sans se prendre des procès d'intention et des points godwin à tout bout de champs :
Moi "Ouais mais certains juifs ils sont un peu en communauté, ils veulent pas trop marrier des non juifs"
individu lambda : "Ouais blablala (insérer ici pseudo réaction de personne offusquée), tu préfèrerais qu'ils soient dans les camps ?"
Moi "...."

C'est ça le soucis.
par Mastaba
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 36
"En 82 il avait dit "
"Cette fois c'est juste la goutte qui fait déborder le vase, faut pas forcement y voir autre chose."
Ouais mais fallait réagir à ce moment-là, ce dont on parle n' a pas de rapport direct avec ça, et on ne peut pas ressortir la connerie qu' a dite tel ou tel mec à telle ou telle époque dans telle ou telle circonstance comme justification pour censurer le même mec qui est en train de dire autre chose sans aucun rapport.

Parceque le problème ici, c' est pas que machin soit un gros connard ou pas.
par Grendel
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 41
le problème c'est que Siné est la proue du navire gauchiste con d'arrière garde du journal, lequel mouvement est en opposition avec la nouvelle garde, dont la direction. C'est un tel climat de merde au sein de la rédaction que ça a été un excellent prétexte. Faut pas aller voir plus loin ou généraliser à mort au-delà...
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 41
@zloleur

Bah, il a bien le droit de te traiter de nazi. Après tout il est libre de dire ce qu'il veut.


(hin hin hin)


@Mastaba

"Ouais mais fallait réagir à ce moment-là"

Oui, il aurait sans doute fallu mais c'était une autre époque 82.

"ce dont on parle n' a pas de rapport direct avec ça"

Dans l'un il applaudit les terroristes anti juif et dans l'autre il exprime le fantasme habituel des anti sémites sur la puissance des juifs et leur main mise sur la puissance économique du pays. Aucun rapport, c'est clair.
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 47
"il exprime le fantasme habituel des anti sémites sur la puissance des juifs et leur main mise sur la puissance économique du pays"

Non il pointe l'opportunisme du fils Sarkozy.
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 48
Et il le fait en parlant de sa conversion au judaïsme (master of the obvious powa).
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 50
Le propos peut être interprété comme suit: "le fils de sarkozy ne se convertit à l'animisme/boudhisme/indouisme/catholicisme/pastafarisme/etc, la religion de sa femme, non pas par croyance, mais par interêt. C'est une manœuvre stratégique dans un mariage qui est déjà d'intérêt"
Ca serait une des façons de lire la chose si on voulait défendre son auteur. Mais il semble que cet auteur ai déjà certains propos tendancieux à son actif, le bénéfice du doute ne lui est donc plus appliqué . Et effectivement, les lobby juifs, anti-racistes, en font trop.
Et effectivement, certains profitent des tabous et du surpuissant sceau, ou "véto", ou "tampon censeur" de la suspicion d'antisémitisme/racisme. Mais vous connaissez tous l'histoire de Pierre et du loup je pense.
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 53
Oui c'est forcément antisémite tant qu'il y a JUIF et CONNOTATION NEGATIVE DE VOTRE CHOIX dans la même phrase.
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 54
@helpmefix mybike, ce sont les antécédents du monsieur qu'il faut regarder, aussi. C'est trop facile de ne voir que ce que l'on veut.
@Helpmefixmybik
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 57
Sine est anti sémite. C'est un fait. Alors oui, quand il parle de judaïsme en terme d'opportunité, oui on peut faire l'équation, il s'agit bien d'un propos antisémite. Mais le débat n'est pas sur ça, on parlait bien de liberté d'expression non ?
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 57
Je suis pas au courant de cette histoire, mais les levées de boucliers dès que quelqu'un commence à parler de sujets sensibles (pour faire simple, de sujets qui pris d'une certaine façon pourraient faire germer de la haine envers un groupe d'individus sélectionnés en fonction d'un critère les regroupant plus ou moins) sont dus au fait que les français sont prompt à croire n'importe quelle idée de merde, et que du risque qu'une telle idée trouve une oreille attentive, il faut la tuer dans l'oeuf avec des mots godwinesques pour éviter qu'elle soit entendue par le français moyen, qui soit dit en passant, est un ane.
par un Anonyme
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 58
Toutes les religieux devraient crever dès qu'ils essaient de brimer autrui ou de leur apprendre ``la bonne nouvelle``.

On s'en fout de vos conneries, sacrez nous patience.
@mosk
par zloleur
Vendredi 1er août 2008 à 21 h 59
Oui il a le droit de le dire. C'est un con, mais il a le droit de le dire.

@R.daneel :
Là tu fais un procès d'intention, moi je ne vois qu'une attaque à l'opportunisme du fils à Sarkozy, et comme on peut le penser si il avait effectué une autre conversion ça aurait été différent.
Parce que je rappelle que Mr Sarkozy est "très attaché aux valeurs chrétiennes". Bizarre que son fils les réfute aussi vite...
par un Anonyme
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 00
Affaire SINE de Charlie Hebdo...

Bonjour,

Caricaturer, c'est forcer le trait, c'est toujours
être "à la limite", sinon cela n'a pas de sens.

Siné est depuis les années 60 un provocateur
de la caricature, surtout quand il s'agit de
piétiner les religions, toutes les religions.

Une affaire malsaine vient d'éclater à Charlie Hebdo
dont le Directeur Philippe Val (dit "va-t-en guerre")
a décidé de virer le seul fondateur qui y soit resté
éditorialiste.

Edwy Plenel, dans un long éditorial de Médiapart que
je vous retransmets ci-dessous explique clairement les
faits, les analyses et les conséquences.

Je vous joins aussi une série de lettres de Plantu,
Gisèle Halimi et Guy Bedos...

Ce qui est en jeu est assez grave.

Pas la dérive de Charlie, dont chacun a eu largement le
temps depuis des années de mesurer le nouveau statut
de journal aligné sur le Pentagone US, et dont on
sait que la cible principale est ce qui reste de penseurs
et d'agitateurs de gauche dans ce pays.

Non, ce qui est grave c'est l'ensemble des attitudes,
des menaces (cf l'article de Plenel), des procès, des
amitiés en réseau qui chaque jour qui passe font pencher
la balance vers une presse politiquement aux ordres,
et culturellement insipide. Lisse comme le pli du pantalon
quand on glisse le doigt du directeur de publication le
long de la couture.

Hervé Le Crosnier

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L'affaire «Charlie Hebdo» ou la caricature de l'époque

18 jui 2008
Par Edwy Plenel
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D'abord les faits, dans leur simplicité. Le dessinateur Siné, qui
va sur ses 80 ans, est une figure d'un genre, voire d'un art fort noble
qu'ont souvent illustré les libertaires dans la presse française – il
suffit de se souvenir de L'Assiette au beurre où, au début du siècle
dernier, figuraient des dessins d'un artiste aussi talentueux que Félix
Vallotton qui choquaient le bourgeois. Engagé, radical, excessif, athée
militant et antimilitariste de toujours, Siné, au-delà de ses
convictions que l'on partage ou non, est donc l'auteur d'une œuvre qui a
son style, sa cohérence, ses fidélités et son authenticité.


Il fut du premier Charlie Hebdo comme du second, reparu au début
des années 1990 et aujourd'hui dirigé par Philippe Val. Il ne se
contente pas d'y dessiner mais y tient une sorte de blog de
caricaturiste qui mêle textes et dessins, coups de gueule et coups de
crayon. Le tout dans la manière caractéristique de cette école de
dessinateurs de presse qui, dans le climat radical des années 1960-1970,
bouscula les bienséances du bon goût officiel et du savoir-vivre
bourgeois. C'est ainsi que, dans le numéro du 2 juillet de
l'hebdomadaire, on a pu lire sous sa plume ceci:


"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller
général UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès
en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet (encore
lui!) a même demandé sa relaxe! Il faut dire que le plaignant est arabe!
Ce n'est pas tout: il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme
avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty.
Il fera du chemin dans la vie, ce petit!"


Il fallut attendre une semaine pour que ce texte, qui semble
n'avoir pas créé d'émoi ni juste avant ni immédiatement après sa
publication dans Charlie, devienne l'enjeu d'une polémique qui, depuis,
n'a cessé d'enfler. Sommé de s'excuser par la direction de
l'hebdomadaire, Siné accepte de signer un texte dont Marianne2, sous la
plume d'Anna Borrel, puis Rue89, sous la plume d'Augustin Scalbert, ont
dévoilé le contenu. Le voici:

"Mon édito de la semaine dernière sur Jean Sarkozy a suscité
beaucoup de réactions. Je me suis fait traiter d'antisémite sur RTL et
on m'a même rapproché de cette ordure de Konk [dessinateur au Monde dans
les années 1970, progressivement passé à l'extrême droite]. Mes amis de
Charlie se sont émus. J'ai relu… Bon, c'est vrai que ça pouvait être mal
interprété… Je voulais dénoncer l'imbécilité de se convertir à une
religion quelle qu'elle soit et, par ailleurs, la fascination de la
famille Sarkozy pour le fric. J'ai synthétisé mon propos et au final, il
en est resté ce qui peut être analysé comme un raccourci ambigu et
condamnable. Je m'excuse auprès de ceux qui l'ont compris comme tel."

Un directeur qui se désolidarise d'un collaborateur

La mise au point est claire. Avant de s'excuser, Siné explique
qu'il a conscience des raccourcis douteux que pouvait susciter sa sortie
contre Jean Sarkozy qui semblait tracer une chaîne de causalité plutôt
nauséabonde: volonté acharnée de réussir + conversion opportune au
judaïsme + mariage avec une riche héritière juive. Où l'on pouvait lire,
en effet, en filigrane l'association calomnieuse, dont l'antisémitisme a
toujours fait commerce, entre ambition, argent et judaïsme. Entre texte
et contexte, rédaction et réception, Siné était donc prêt à admettre
qu'il avait été léger, rapide ou calamiteux (au choix) et qu'on risquait
de mal le lire, bref de comprendre de travers.

Le problème, c'est que cette mise au point, plutôt exceptionnelle
sous la plume d'un caricaturiste radical qui en a fait des bien pires,
n'est jamais parue. Apprenant que son texte serait accompagné d'un
autre, signé "La rédaction", où il serait "unanimement" réprouvé par les
autres collaborateurs de Charlie, Siné se rétracte et refuse de
s'excuser. Or cette unanimité aurait été un peu forcée, si l'on en
croit, du moins, le chroniqueur littéraire Michel Polac, qui s'est
publiquement solidarisé avec Siné. Quant au texte, toujours révélé par
Marianne2 puis Rue89, il sonnait comme un verdict: "Nous sommes habitués
aux fantaisies de Siné. C'est le charme du personnage, mais la dernière
ne nous a pas fait rire du tout. Nous la réprouvons unanimement, et
sommes ravis qu'il en fasse autant. (…) Les atteintes à nos valeurs
communes n'ont pas leur place dans le journal."

La suite est connue: puisqu'il ne s'excuse plus, pour Philippe
Val, son directeur, Siné n'a plus sa place à Charlie, ce lien établi
sous sa plume, à partir d'une "fausse rumeur", écrit-il, entre
conversion au judaïsme et réussite sociale n'étant "ni acceptable ni
défendable devant un tribunal". On comprend alors que, durant ce
psychodrame, Charlie s'agitait sous la menace d'une plainte judiciaire
de Jean Sarkozy, le fils aîné du président de la République. C'est la
première surprise de cette affaire, inquiétante pour ce qu'elle dit du
climat de dégradation de nos valeurs professionnelles qui gagne nos
rédactions.

Il est en effet connu, et d'ailleurs inscrit dans notre
jurisprudence, que le directeur d'un journal est le premier responsable
de ce qui s'y publie, avant même ses rédacteurs. Il est donc peu
courant, à tout le moins, de voir un directeur de journal se séparer
brutalement d'un collaborateur sous la menace d'un éventuel procès
visant un article qu'il a laissé paraître et qu'il est donc,
juridiquement, censé assumer. C'est comme si une vieille protection
conquise par la profession sautait sous nos yeux dans le lieu le plus
impensable, le journal dont l'excès et l'outrance sont la marque de
fabrique.

Tout comme, hier, on comprit que même le directeur d'un journal
sans animosité particulière pour Nicolas Sarkozy, voire ami puisque son
propriétaire revendique sa fraternité avec ce dernier, Paris Match en
l'occurrence, pouvait être remercié pour crime de lèse future majesté
présidentielle. Dans ce climat d'hystérie où le sarkozysme sévit autant
qu'il fascine, tétanise autant qu'il affole, on doit donc comprendre que
le courroux élyséen ne laissera personne à l'abri, ni les rédactions,
que leur directeur peut lâcher au premier dérapage et à la première
menace d'un procès, ni leurs directeurs eux-mêmes, qui seront à leur
tour remerciés, démis ou déstabilisés s'ils défendent publiquement leurs
rédactions, préférant s'expliquer en interne.

Toute caricature s'affranchit du bon goût

Mais, c'est là l'affaire de Charlie et de son équipe, et nous
n'avons pas de raison de nous en mêler plus avant. Reste le fond du
dossier: le procès en antisémitisme fait à Siné. Lequel Siné avait
écrit, quelques semaines plus tôt, dans le même Charlie Hebdo, ceci
dont, cette fois, les musulmans faisaient les frais: "J'avoue que, de
plus en plus, les musulmans m'insupportent et que, plus je croise les
femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j'ai envie de
leur botter violemment le cul!" Or l'attaque, qui visait
indisctinctement une religion et ses adeptes, ne semble pas avoir
suscité de polémique, ni de procès en islamophobie, encore moins de
demande d'excuses.

On peut, légitimement, ne pas goûter ce registre ni ce style –
c'est mon cas –, mais il ne saurait être dissocié du lieu où il
s'exprime, un journal qui a fait de la caricature, de l'excès et de
l'insolence sa marque. On peut d'autant moins dissocier les éventuels
débordements de Siné de l'identité particulière de Charlie que c'est ce
même raisonnement qui a abouti à la relaxe de l'hebdomadaire dans
l'affaire des caricatures de Mahomet. Le jugement rendu le 22 mars 2007
par la dix-septième chambre du tribunal de grande instance de Paris ne
se contentait pas de défendre, conformément à notre jurisprudence, le
droit à l'outrance du caricaturiste. Il allait au-delà, considérant
qu'un des dessins était en effet outrageant pour les musulmans au-delà
du tolérable, mais qu'il fallait l'apprécier dans le contexte éditorial
d'ensemble de l'hebdomadaire.

Ainsi, après avoir rappelé que "toute caricature s'analyse en un
portrait qui s'affranchit du bon goût pour remplir une fonction
parodique" et que "le genre littéraire de la caricature, bien que
délibérément provocant, participe à ce titre à la liberté d'expression
et de communication des pensées et des opinions", le tribunal s'arrêtait
au seul dessin légalement discutable, selon lui, car laissant
"clairement entendre que cette violence terroriste serait inhérente à la
religion musulmane". Et il concluait, justifiant ainsi la relaxe de
l'hebdomadaire qui était poursuivi pour "injures publiques" par
l'association de la Mosquée de Paris et l'Union des organisations
islamiques de France: "Attendu qu'ainsi, en dépit du caractère choquant,
voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans,
le contexte et les circonstances de sa publication dans le journal
Charlie Hebdo, apparaissent exclusifs de toute volonté délibérée
d'offenser directement et gratuitement l'ensemble des musulmans; que les
limites admissibles de la liberté d'expression n'ont donc pas été
dépassées."

La liberté du caricaturiste suppose le droit à l'excès. Et ne
vaut-elle pas quand le caricaturiste écrit, au détour d'un blog par
ailleurs illustré puisque manuscrit, ce qu'il aurait pu traduire en
dessin? En clair, rapporté au contexte (Charlie Hebdo), le texte de Siné
n'est-il pas aussi tolérable, malgré son ambiguïté, que le dessin
finalement relaxé par la justice alors qu'il était offensant pour les
adeptes de l'islam, quels qu'ils soient? Et comment ne pas s'interroger
sur cette prompte tendance à criminaliser sous le label infamant
d'antisémite tous ceux dont l'engagement pour la cause palestinienne est
notoirement connu, le sociologue Edgar Morin hier, le caricaturiste Siné
aujourd'hui, alors même que se banalise sous les plumes distinguées de
certains écrivains – par exemple chez Richard Millet – une forme de
xénophobie de salon dont arabes, noirs et musulmans sont les premières
cibles?

Autant de questions pour inviter à déplacer le débat: les blagues
discutables ou douteuses seraient-elles autorisées dans tous les cas de
figure, sauf quand il s'agit de Nicolas Sarkozy et de sa famille?
Comment ne pas rapprocher sinon l'affolement, du moins la précipation du
directeur de Charlie du climat de tension créé par un président de la
République qui a redonné vie aux procédures pour outrage, n'hésitant pas
à utiliser sa fonction pour défendre son image, au point de poursuivre
des publicités ou des tee-shirts? Mediapart s'en est tôt fait l'écho,
ici, là et encore là.

Le droit à l'outrance menacé

C'est tout l'enjeu de cette affaire: Charlie est l'héritier d'une
tradition, qui fut aussi incarnée par Hara Kiri, le journal "bête et
méchant", celle de l'insolence limite et de la provocation gratuite.
Tous les divers tenants de l'ordre, qu'il soit religieux, idéologique,
moral, étatique, militaire, sexuel, etc., n'ont jamais supporté ce
désordre, justement. Un désordre souvent de mauvais goût, frôlant le
dérapage sans distinction de cibles puisque les religions, la catholique
en premier lieu, mais aussi le féminisme, les homosexuels, les Corses,
les militaires, les policiers, les politiques au sens le plus large,
etc., furent des cibles récurrentes du premier Charlie où le génial
Reiser ne faisait pas dans la dentelle.

Serait-ce devenu aujourd'hui insupportable sous cette
présidence-là? Quelles excuses urgentes et quelles menaces procédurales
auraient appelé des "unes" comme celles-ci (ici dans l'original de
Médiapart une série d'anciennes couvertures de "Charlie Hebdo"),
concernant les juifs et les arabes. Ou encore des "unes" comme
celles-là, brocardant la religion catholique. Sans même parler de ces
autres "unes", impitoyables avec nos présidents et nos présidentiables
d'hier et d'avant-hier et, plus largement, notre personnel politique,
voire le principe démocratique de l'élection, sans oublier notre
sacro-saint héritage bonapartiste

Quels qu'en soient les soubassements internes – vieux désaccords
politiques, conflits de générations, etc. –, la démesure de l'affaire
qui ébranle Charlie Hebdo témoigne d'un climat plus général où la
presse, même la plus provocatrice, la plus outrancière, la plus
insolente, en vient à prendre peur d'elle-même. A se retenir et à se
contenir, à intérioriser et à précéder la normalisation souhaitée en
haut lieu. Cette présidence qui, toute honte démocratique bue,
revendique de pouvoir non seulement nommer elle-même les patrons de
l'audiovisuel public, mais aussi de faire et de défaire les programmes,
d'édicter le bon goût, de fixer la morale correcte, use et abuse de son
statut intouchable pour faire reculer les dissidences, les outrances,
les insolences. Or c'est sur cette frontière-là que se jouent toujours
les libertés: non pas dans le confort des situations acquises,
consensuelles et conformistes, mais dans la défense du droit
d'expression de ceux qui le débordent et l'excèdent, voire en abusent.


"Je préfère l'excès de caricatures à l'absence de caricatures":
cette phrase fut lue au procès de Charlie Hebdo, en février 2007. Elle
figurait dans la lettre de soutien adressée au tribunal par l'un des
candidats à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy. Autre candidat,
François Bayrou avait défendu à la même barre "la liberté d'être acide".
Aujourd'hui, dans sa boulimie de puissance, l'un contredit sa parole
quand l'autre, dans son effort d'opposition, s'efforce d'y rester fidèle.

Edwy Plenel

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TEXTE DE PLANTU DANS L'EST RÉPUBLICAIN
« Charlie fait le contraire de ce qu'il prône »
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« Oui, Siné est viré alors qu'il n'a fait que de la provocation. Charlie
Hebdo fait le contraire de ce qu'il prône, censure la liberté de parole.
Mais ce n'est pas la première fois. Il faut arrêter la démagogie qui
laisse à penser qu'on peut tout dire ou dessiner à Charlie Hebdo. Cela
fait des années que je dis que c'est faux. J'y ai travaillé quelques
semaines et il n'était pas imaginable que je puisse faire le moindre
dessin positif sur l'école privée. Que ce soit clair, Charlie Hebdo est
un journal de provocateurs, un journal que j'aime, qui fait du bien,
avec des dessinateurs provocateurs, mais, dans la provocation, il
convient également d'accepter les dérapages.

Siné a fait un dérapage mais on ne peut pas le taxer d'antisémite pour
autant. Après avoir poussé dehors le dessinateur Lefred Thouron il y a
quelques années, Charlie vient de faire la plus belle connerie qu'il a
jamais faite ! Je ne veux pas croire que les dessinateurs de Charlie
Hebdo acceptent une telle censure ».


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LETTRE ADRESSÉE À SINÉ PAR GISÈLE HALIMI :
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« Siné n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler un ami. Sa misogynie
volontairement primaire nous a tenus éloignés l'un de l'autre, malgré
quelques causes communes essentielles. (anticolonialisme, antiracisme
etc.). La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement.
Motif allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses
quelques lignes, je suis en mesure d'affirmer - en spécialiste du droit
de la presse - qu'il ne s'agit que d'un prétexte ; un procès pour
antisémitisme n'aurait guère de chances d'aboutir. Cette opération
participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient aujourd'hui
pour maintenir une psychose du juif persécuté. Charlie Hebdo s'est
toujours posé en champion de la liberté d'expression. Rappelez-vous le
tonitruant procès mis en scène, filmé, supermédiatisé des caricatures de
Mahomet. Aujourd'hui il porte à cette liberté un coup terrible en
tentant de museler Siné-le-libertaire.

J'ai participé en son temps avec Cavanna et d'autres, à la création de
Charlie Hebdo. Cette aventure superbe risque de s'achever dans la honte.

J'ai bénéficié jusqu'à présent d'un service de presse du
journal. Arrêtez. Je ne veux plus vous entendre ni vous lire. »

Gisèle HALIMI

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La lettre de Guy Bedos
Paris, le 16 juillet 2008
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Philippe Val,

Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France. À la différence
près que lui a été élu ; toi, dans des conditions qui m'échappent et
dont je me tape, tu as fait un coup d'État. Me revient une phrase que
j'avais écrite à propos de certains politiques, de droite ou de gauche,
et qui, au regard de ton attitude, te concerne aujourd'hui : « Ce n'est
pas en crachant dans les miroirs qu'on guérit de l'eczéma. Ça les
démange et ils se grattent sur la peau des autres. » Après t'être
acharné - c'était une urgence !- sur Denis Robert, dont manifestement tu
ne connais ni les livres, ni les films, voilà que tu t'en prends à Bob
Siné, que, brutalement, tu vires pour antisémitisme. Il y a longtemps
que les lecteurs attentifs de « Charlie » savent ce qui vous oppose à
propos du conflit israélo-palestinien. Prétexte, donc. Antisémite, Siné
? As-tu lu David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans
relâche, luttent, en Israël, contre l'actuel pouvoir israélien ?
Antisémites eux aussi ? Moi qui ai dit sur la scène de l'Olympia :
« Je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne
Franck et Primo Levi », suis-je pour autant un néo-nazi qui s'ignore ?

Je pourrais te mépriser, je te plains.

Guy Bedos
@Anon
par Lyerang
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 04
tl;dr
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 06
@ zloleur
"procès d'intentions"
un mec qui traite les homos de "fiottes tout justes bonnes à s'enculer dans les chiottes", les harkies de fumiers, à qui il souhaite que "leurs enfants deviennent vite orphelin pour ne pas avoir à supporter la honte de leurs parents" etc...
"procès d'intentions" ... alors que je dis 4 posts au dessus de quelle façon on pourrait interpréter ses propos pour leur retirer tout caractère xénophobe....
Mais faut pas non plus prendre les gens pour des cons, hé!

Ta liberté d'expression? Tu l'as ! Personne ne t'empêche, ni n'en a les moyen de toutes façons, de penser ce que tu veux!
Mais comme la liberté tout court: elle s'arrête là où commence celle de l'autre. Tu n'as pas le droit de tenir publiquement des propos qui mènent à la haine d'une culture, d'une religion, de personnes selon leur couleur, leur orientation sexuelle . Ce sont des règles de société, ça s'appelle être civilisé. liberté=/=chaos
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 09
"un mec qui traite les homos de "fiottes tout justes bonnes à s'enculer dans les chiottes", les harkies de fumiers, à qui il souhaite que "leurs enfants deviennent vite orphelin pour ne pas avoir à supporter la honte de leurs parents" etc...
"procès d'intentions" ... alors que je dis 4 posts au dessus de quelle façon on pourrait interpréter ses propos pour leur retirer tout caractère xénophobe...."

Sacré trolleur ce Siné quand même. Rajoutons à cela qu'il doit surement pratiquer le bondage et le sado-masochisme. Vraiment pas un mec respectable.
par zloleur
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 12
Non je n'ai pas la liberté d'expression. C'est faux, on a une liberté de pensée qui est littéralement inaltérable. On peut penser ce qu'on veut, même dans les pires dictatures on a le droit de penser que le pouvoir est vilain. Il est juste impossible de le dire.
Mais liberté d'expression ça inclut les dérapages. Désolé, mais y'a des pots cassés. Là on veut faire émerger un consensus quasi dictatorial : on censure les blagues (même de mauvais goût). Je ne suis aucunement antisémite ou je ne sais ps quoi, mais j'ai pas envie de me censurer si je fais une blague raciste. Le propre de l'humour est de choquer. Alors ensuite qu'on me dise pas qu'on ne soit pas à deux poids deux mesures. LEs caricatures de Mahomet oui, dénoncer l'opportuniste d'une personne non.
La société crispée autour d'une liberté d'expression qu'elle dit toujours posséder l'a déjà à moitié étouffé.
De plus c'est vous les racistes, j'ai des potes blacks à qui je dis des trucs très moyens et on en rigole très bien. Jamais aucun ne penserait à me traiter de raciste, pourtant je suis sûr qu'il y aurait des BHL like pour me dire "oulalala mais souviens toi du passé colonial, tu n'as pas le droit de dire ça... blabla".
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 27
@helpme

"Sacré trolleur ce Siné quand même."
Oui, comme soral et lepen, , des sacrés "trolleurs".

@zloleur
Je t'ai dis que , seul, son texte peut ne rien présenter de xénophobe selon la façon dont on le lit, mais quand on sait de qui ça vient avec les propos qu'il a pu tenir, on peut comprendre que ça soit prit plutôt mal. L'humour noir/choc, tu le pratique, tu subits les conséquences: Tout le monde n'en rigolera pas, certains le prendront au premier degré (et ça n'est pas dit du tout qu'ils aient forcément tort).
Et je trouve aussi que l'humour a souvent trop bon dos, la plupart du temps les gens les plus acides ne sont que de petits frustrés aigris qui vomissent leur haine des gens à la gueule de tous et qui s'empressent de sortir la carte joker du grand Humour Magique pour se dédouaner quand on leur demande des comptes comme certains salopards (bhl, arno klarsfeld, tous ces tas de merde) s'empressent de sortir la carte de l'antisémitisme dès que ça les arrange ou pour museler toute contradiction .

@wolfreim
Siné: "Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !"

"Que ce pays est pathétique, qu'il me fait vomir chaque nouvelles débiles."
Bah casse toi, hé, pauv' con©
par Chavez
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 49
Mmmmh, la citation complète de 85 est "Je suis antisémite depuis qu'Israël bombarde. Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées devant tous les murs. (...) On en a plein le cul. Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est est pro-palestinien." selon Marianne.
D'ailleurs à l'époque il s'était excusé, avait argué du fait qu'il était bourré «Mes effets de provocation et d'humour au pénultième degré, que je manie d'habitude avec dextérité, étaient, cette fois, ratés et complètement odieux.»
Donc il s'agit de propos verbaux glanés lors d'une soirée arrosée, non d'écrits destinés à être publiés.

Ces propos étaient inexcusables, il en est conscient et il le reconnaît volontier. Les propos récents ne sont pas antisémites mais peuvent être interprêtés comme tels.

Perso je trouve que Val a eu tort de virer Siné. Siné est ce genre de mec gueulard provocateur qui avait beaucoup de succès dans les années 70, il est mal adapté à notre époque aseptisée, mais pour moi y a rien à voir avec Dieudo qui entretien l'ambiguité.
par Goeple
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 52
" Quel est le contexte ? "

N'est-ce pas finalement la question la plus importante dans ce "débat" ?

On arrête pas de citer des bouts de phrases sans leurs contextes et du haut de notre connaissance du monde politique (comme tout bon français qui se respecte...).On refait le monde et donne un avis tranché (et définitif) sur un fait dont les tenants et les aboutissants échappent certainement à la majorité des intervenant (moi le premier).
Vendredi 1er août 2008 à 22 h 54
Je ne doute pas que sa tirade sur les juifs, les croix gammées sur les murs etc soit de la provocation du moins pour une grosse part ...et il y a la part de doute que chaque être humain objectif et un peu intelligent devrait avoir, je pense. Et quand une personne a tendance à insister sur un même sujet, il est légitime (et même sain) de se poser des questions...certains ne se posent même pas de question et foncent direct dans le tas, ça c'est par contre, anormal, surtout si on donne à ces personnes ce qu'ils demandent (procès, sanctions etc) sans mettre tout bien à plat . Le dénouement du cas Siné est disproportionné je trouve, oui.
Des excuses ou un renvoi: dans les 2 cas, il se reconnait coupable. Ca n'est pas mon idée de la "justice" (pas la Justice).

"la version du reportage qui via le montage déformait les paroles de Soral "
Le fait que le "bon" côté (le moins mauvais, en fait de "bon") use de mauvaises méthodes, est effectivement quelque chose de très regrettable...mais ce "moins mauvais" côté n'en reste pas moins un côté mauvais également: l'europe, par exemple, qui serait du bon côté, il parait, que même que si t'es contre, comme moi, c'est que t'es un facho- sert les financiers, dessert les peuples, (en dématérialisant le pouvoir des peuples , en rajoutant plusieurs couches de bureaucrates de plus entre nous et notre pouvoir souverain-pour ce qu'il en existe vraiment ...- ) et donc lepen, et sa politique anti europe, est également un danger pour les financiers (qui sont des très gros enculés, là dessus, aucun doute), mais lepen est également un danger pour la démocratie. Non, les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis.
par moSk
Vendredi 1er août 2008 à 23 h 13
"Donc il s'agit de propos verbaux glanés lors d'une soirée arrosée, non d'écrits destinés à être publiés."

Ce ne sont donc pas des propos antisémites ? De mon expérience quand on est bourré on dit parfois des choses qu'on aimerait ne pas dire, on exagère mais on dit rarement des choses sans y penser et sans y avoir jamais pensé avant.
Vendredi 1er août 2008 à 23 h 38
C'est quoi le rapport entre la liberté d'expression et un redac en chef qui vire un de ses rédacteurs? Siné n'est ni en prison, ni muselé. Faudrait pas se tromper de débat.

De tout les textes au dessus, c'est encore celui de Plantu dont je me sens le plus proche.
par err3d
Vendredi 1er août 2008 à 23 h 39
--------

Mais comme la liberté tout court: elle s'arrête là où commence celle de l'autre. Tu n'as pas le droit de tenir publiquement des propos qui mènent à la haine d'une culture, d'une religion, de personnes selon leur couleur, leur orientation sexuelle . Ce sont des règles de société, ça s'appelle être civilisé. liberté=/=chaos

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Je ne suis pas d'accord. Si sa liberté s'arrête là où commence celle de l'autre, cela signifie qu'il faut accepter tout et n'importe quoi au nom de la liberté individuelle. L'autre critique un juif. Le juif dit "Vous n'avez pas le droit". L'autre répond que c'est sa liberté. Le juif répond que non. C'est le serpent qui se mort la queue. La liberté pourrait être synonyme ici de "Politiquement correct".

Je crois qu'elle transcende l'individu ou plus largement un groupe d'individus. Si des gens "s'attaquent" à des groupes dénommés (noirs, juifs, arabes, belges, etc) comme tels (communautarisme ?), c'est aussi que ces groupes le revendiquent. Le "Politiquement correct" empoisonne la démocratie. Je ne crois pas qu'il aide à "civiliser notre société", puisqu'il est souvent là pour protéger les intérêts de minorités ou des groupes définis et plus généralement l'individu. Une société devrait partager les mêmes valeurs (lesquelles ?). J'ai plutôt l'impression qu'on la disloque en petits morceaux pour contenter tout le monde. Il y aurait presque une prise d'otage des mots "Respect", "Tolérance", "Liberté" ?

Le concept de liberté est pervers. Il me semble qu'on oublie souvent d'y associer la rationalité aux dépens de l'émotion.
Vendredi 1er août 2008 à 23 h 51
Le droit à la critique est un droit légitime. Ce qui n'est pas un droit légitime, c'est celui de l'irrespect.
On peut très bien critiquer en respectant. Mais je comprends quand même ce que tu veux dire...
par un Anonyme
Samedi 2 août 2008 à 00 h 52
"fiottes tout justes bonnes à s'enculer dans les chiottes"
"leurs enfants deviennent vite orphelin pour ne pas avoir à supporter la honte de leurs parents"
"Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer, je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs... je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est propalestinien. Qu'ils meurent !"
Etc...

Mouais, c'est pas pire que sur Nofrag en fait (voir sur 4chan qui est pire) .
Il s'est juste planter de blog, il a cru que dans charlie (et autres) on pouvait aussi dire des grosse conneries.
@mosk
par un Anonyme
Samedi 2 août 2008 à 04 h 27
ce sont des propose antisémites, alcool ou pas, comme le reconnait siné (tu lis ou pas ?)

Mais perso, quand je suis avec des potes bourrés, les trucs qu'on peut dire sur les meufs, les juifs, nous mêmes ou les lamas, si on les imprimait dans un journal, on aurait l'air bien con. On se permet de rire de trucs entre nous parce qu'on se connait.
Samedi 2 août 2008 à 10 h 41
Hé bien c'est pas bien. D'ailleurs les gens qui ne sont pas racistes ne racontent pas de blagues racistes, voilà.
par Mhraya
Samedi 2 août 2008 à 11 h 54
Perso' ça me fait plaisir que Siné s'en prenne plein la gueule.
par un Anonyme
Samedi 2 août 2008 à 14 h 15
Ce qui me choque :


Dessin 1 : 'Prophète+bombe'
-> Réaction
Procès, émotion générale = 'liberté d'expression à défendre'
-> Résultat
Procès gagné pour la 'liberté d'expression'

[Quelques mois/années passent]

blablabla 1 : 'Islam' 'botter le 'cul' 'voilée' 'barbus' etc
-> Réaction
Rien

[Quelques jours/semaines passent]


blablabla 2 : 'Sarkozy' 'juif' 'riche' 'opportunisme'
-> Réaction
'fait des excuses salop d'antisémite'
-> Résultat
Viré


2 poids 2 mesures

GG NO RE THX BY
Samedi 2 août 2008 à 18 h 57
par un Anonyme
Dimanche 3 août 2008 à 16 h 11
Alexandre Adler (historien) ;
Elisabeth Badinter (philosophe) ;
Robert Badinter (sénateur) ;
Pascal Bruckner (écrivain et philosophe) ;
Hélène Cixous ;
Bertrand Delanoë (maire de Paris) ;
Jean-Claude Gayssot (vice-président de la région Languedoc-Roussillon) ;
Blandine Kriegel (philosophe) ;
Claude Lanzmann (cinéaste) ;
Daniel Leconte ;
Pierre Lescure (directeur du Théâtre Marigny) ;
Bernard-Henri Lévy ;
Daniel Mesguich (directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique) ;
Ariane Mnouchkine (metteur en scène) ;
Elisabeth Roudinesco (historienne) ;
Joann Sfar (dessinateur) ;
Dominique Sopo (président de SOS-racisme) ;
Fred Vargas (écrivain) ;
Dominique Voynet (sénatrice) ;
Elie Wiesel (Prix Nobel de la paix).


Ah ouais, quand même. Une floppée de philosémites hystériques, des mauvais écrivains (putain, l'avis de Vargas, c'est trop important), une psychanalyste qui par le jeu d'on ne sait quel Saint-Esprit est devenue historienne (enfin, Roudinesco est surtout une salonnarde), l'auteur d'une loi liberticide (la loi Gayssot limite la liberté d'expression et un révisionniste peut aller en prison), le tout appuyé par les habituels lobby (LICRA, CRIF) qui s'arrangeront pour frapper Siné si durement au portefeuille qu'il ne pourra plus s'exprimer ni trouver un taf. Ou alors il fera des one-man show sordides à la Main d'or, comme les autres. Tout ça dans l'intérêt du grand pote de Sarkozy, Philippe Val dont le fond de commerce est plutôt de taper sur les Arabes et de torpiller un grand journal. La France est un authentique pays de merde où le moindre mot de travers peut vous coller dans un prétoire, voire vous faire bastonner par les chemises brunes de la LDJ ou du Bétar.
Pourtant, aux États-Unis, où la liberté d'expression est totale, où le parti Nazi même est légal, on n'a pas encore vu de pogroms ou de camps de concentration. Étrange paradoxe ou bien preuve que les lois anti-liberté d'expression ne servent que des lobbies politiques (pas nécessairement juifs, hein, ça arrange tout le monde) qui ne crachent jamais sur une bonne vieille polémique pour infliger leur doxa au peuple qui ne demande rien et maintenir l'illusion de la victime afin de maintenir la réalité de la répression ? Pays de merde, ils ont voulu Sarkozy, qu'ils souffrent maintenant. Parce qu'au final, c'est quoi qui est choquant ? Un sale type qui devient juif uniquement pour le pognon, ou un mec qui le dit ? C'est qui le véritable antisémite entre les deux, qui respecte le moins les juifs ?
Jeudi 14 août 2008 à 20 h 35
Rappelons quand même que la mère de Sarkozy est d'origine juive. Ca n'empêche pas les soupçons d'opportunisme d'être justifiés, mais...

Après, on peut écrire toutes les excuses du monde, mais quand on est obsédé par les Juifs comme le sont Siné ou Dieudonné, il y a quand même quelque chose de louche. Difficile de ne pas être catalogué comme antisémite quand on a que le mot "Juif" à la bouche.

Et la différence entre critiquer les Juifs et critiquer l'Islam est évidente: on naît Juif et le reste par ses origines, mais pas musulman. Il y a toujours l'amalgame possible entre le peuple et la religion (ce qui a permis de détourner Nietzsche qui détestait pourtant les antisémites).
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