Il faut que vous le sachiez et pas seulement dans la colle. (le blog de vimes)
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Décembre 2006

Greg Costikyan sur l'état de Man!festo

Lundi 11 décembre 2006 à 19 h 41
Comme suggerré par Dr. Loser, j'ai envoyé un mail Greg Costikyan pour avoir plus d'infos sur la situation actuelle de Man!festo.
Le gars est rapide et pas langue de bois, ça fait plaisir
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Hi, Thomas:

Sure, I'd be happy to answer some questions.

Hi,
Man!festo has been up for a while now and there's an argument over my (french) blog about wether or not the project is beginning to show some success ... but we are severely lacking in solid facts to argue,so I decided to go at the source!
So here are some questions whose answer could give us some material to keep the discussion going :
1/ Do you feel that the website has come to be known by a sufficient amount of people?

Not really; we have a long way to go before we fully reach the audience we think we can. There's no question we need to do a better job of getting the word out, and in building partnerships with other operations that can bring improved traffic. I think you'll see some interesting announcements along those lines in future months.

2/ Are people downloading? More importantly, are they buying ?

Sure. We're still operating in the red, mind you, but that's not unexpected for a company at our stage.

3/ Are the developers you 'publish' games for happy with the sale figure ?

Not really; they, and we, would like to see much larger numbers. But we're in this for the long haul, and hopefully I'll have a different answer in a year.

3/ Is the goal to end up financing indie development still a rationnal one, a goal you know you can reach in a not-so-distant future ?

Not without landing a round of venture financing; that is one of the things that's occupying my time at present, of course.

4/ Do you get some negative feedback, like Man!festo selling a lot of games, but ones that are lacking in quality?

Occasionally. Realistically, there's a wide variation in quality level for the games on our site. All are there because we think they have something to offer, but I wouldn't claim that every title is a superb example of the ars ludorum at its best. This doesn't bother me; what proportion of the books on Amazon are "great books"? Our basic feeling is that -someone- will like every game we offer, and our job is to match people with the right game for them. In other words, we don't like the conventional game industry attitude that all games either suck or rock; part of our raison d'etre is to offer niche games, and games that are never going to be best-sellers.

Mind you, I think we could do a better job in terms of matching people to games, with things like 'recommended for you' and 'people who bought X also bought Y'--and indeed, in future months, our development effforts will be focussed on things like this.

If you don't have the time/strength/will to answer all of these, just tell us if Man!festo is doing well enough or not.:)
Well, let me put it this way; we're not doing as well as I'd wish for in my dreams, but not as badly as I'd feared in my nightmares. We've got a long way to go before we can truly claim to be successful, but I think we're on the way to getting there.

I must say I find Man!festo very interesting in the sense that it offers another 'business model' beside Steam, Gametap and the traditionnal retail chain... I don't know if it's the one that will make gamer turn to fair digital distribution, I don't have the insight to do so, but I really hope you manage to get it going because we NEED these kind of projects to make the industry evolve.

Thanks... Me too, obviously :)
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Pour les anglophobes : ça va très moyen, il est conscient que l'offre est disparate (mais c'est voulu) et il suggère qu'il va y avoir des changements dans la politique de communication.

Voilà. Que le débat continue... si possible
8 commentaires, dernier de vimes.

Dénonçons un peu avec Greg Costikyan.

Dimanche 10 décembre 2006 à 21 h 49
Greg Costikyan est une singularité dans le petit monde grandissant des jeux vidéos: il incarne l'équivalent de l'idéaliste un brin revanchard dont aimerait qu'il réussisse mais qu'on ne soutient qu'en catimi, histoire de ne pas trop mettre en péril le gentil confort dans lequel on est vautré.

En 2005, à la Game Developer Conference, il a commencé une de ces interventions par ce qui suit :
"How many are here because they love games ? *people raises hands* Dear friends, let me be clear : we are FUCKED!"

Il y a quelques mois, il a fondé Man!Festo Game pour promouvoir un nouveau business model où l'argent retourne plus aux développeurs qu'aux distributeurs... et c'est très louable. Le problème c'est que le succès semble ne pas vraiment être au rendez vous. Tellement pas qu'il lance un petit concours [NOTE : CE N'EST QUE PURE SPECULATION DE MA PART]de détournement de logos de boite créatrices/distributrices de jeux vidéo tout sauf irreprochables... ce qui est un peu facile. Je voulais y participer mais la meilleure chose sur laquelle j'ai aboutie c'est ce qui suit et je me demande encore si c'est pas d'un incroyable mauvais goût :

Et puis je me suis dit, individuellement, les studios sont attaquables, mais globalement, comme dit Costikyan, l'industrie est "fucked up"... alors pourquoi ne pas taper sur l'ensemble ?




Et vous quelles sont les choses qui vous semblent bizarres, révoltantes ou simplement incongrues dans l'univers des jeux vidéo ?
Qu'est-ce que vous aimeriez voir changer ?
Allez, soyez pas timides!

Touch Detective - Aarg

Samedi 9 décembre 2006 à 14 h 49

Imaginez ça : vous venez de perdre un ami. Pendant des jours, vous pleurez sa disparition en vous remmmorant ses qualités; et puis un soir, après un verre de trop, vous priez une sombre entité pour qu’il revienne. Dans la grande tradition des films d’horreur à Papa, un éclair rugissant suit votre déclaration et vous remarquez que, là, dans le cadre de la porte qui vient de s’ouvrir sur le jardin se découpe la silhouette intacte de votre camarade. Seulement voilà, alors que vous courrez vers lui pour l’étreindre, vous vous rendez compte qu’il est revenu sous la forme d’un zombie maugréant 'Braaaiin'. Quelques minutes plus tard, alors que vous tentez de vous libérer de ses accolades cannibales à coups de barre à mine, vous vous surprenez à ne vous souvenir que des crasses qu'il vous a faites de son vivant : coucher avec votre copine, vous faire porter le chapeau pour un meurtre et enfin mourir avec une large dette en votre endroit.

Jouer à Touch Detective en étant l’amateur de jeux d’aventure que je suis est en tout point semblable à ce tableau.

Touch Detective est un jeu mi-mi tout plein : on incarne McKenzie une détective en herbe attachante qui résout les problèmes de proches globalement inoffensifs. Les dialogues sont légers et le character design réussit à la fois à être original et craquant. Aux premiers abords, le jeu est donc agréable et on pourrait presque penser qu’il est orienté jeun public.

On aurait tort.
Oh que oui.

Touch Detective s’adresse aux vieux routard masochistes du genre : les énigmes sont obscures, les solutions incohérentes, les enquêtes basées sur de la chasse à l’objet … bref, le gameplay est tellement désagréable, frustre et mal-torché que même parmi la caste susdite, je pense que le jeu ne trouvera que peu d’admirateurs. L’attrait graphique et la gentillesse émanant du titre n’en ressortent d’ailleurs pas indemnes : très rapidement, le côté mignon ressort comme forcé, comme si les scénaristes et artistes étaient de ces gars pathétiques qui sautillent de partout, rigolent bêtement et feignent la naïveté pour cacher qu’en fait de grands enfants, ils sont surtout des adultes corrompus. Jouer au jeu devient alors assez pénible, d’autant plus qu’en marge de nous rappeler que les intrigues n’ont aucun enjeu, on nous assène une prévention assez horrible des dommages collatéraux présumablement liés aux jeux vidéos

«- […] Tu devras mélanger les champignons du rêve avec les herbes aromatisantes et faire brûler le tout. Mais souviens-toi tu n’es qu’un enfant, tu n’as pas le droit d’utiliser d’allumettes.
-Oh, oui, c’est vrai. Mince alors. »

WTF and *Brr*, si un jour les Familles France et autres culs pincés gagnent le combat du politiquement correct, tous les jeux ressembleront à Touch Detective.

Touch Detective est d’ailleurs étrange sur plein d’aspect : le soft fait tout pour être mignon, mais durant le cours du jeu, la plupart des NPCs ressemblent à des cadavres déshydratés, notre jeune héroïne aura l’occasion de gonfler une oie avec une pompe ce qui retirera à celle-ci des soupirs très équivoques, on aura en notre possession un ours en peluche d’autodéfense avec une pointe acéré sur la tête et de nombreux indices viendront nous suggérer que Cromwell – l’assistant scientifique de McKenzie – dort dans une vierge de fer.

J’aimerais voir dans ce surréalisme un jeu designé par couches de compréhension (une pour les enfants, une pour les ados, une pour les adultes, une pour les psychopathes), mais il n’y a rien qui vienne étayer cette thèse : tout est bordélique, incohérent, impossible à cerner. Par quel bout qu’on le prenne, Touch Detective est raté.

Certaines personne ne retirent aucune leçon des échecs passés : Success nous le prouve en produisant avec Touch Detective une compilation des dégénérescences du genre ‘jeu d’aventure » qui ont fait dire à certains que le genre s’était plus suicidé qu’autre chose . Après avoir vécu Touch Detective, on approuve.