Il faut que vous le sachiez et pas seulement dans la colle. (le blog de vimes)
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Octobre 2005

"3 Weeks to Cry" - Jours 1 - La galère de l'idée initiale

Lundi 31 octobre 2005 à 22 h 37
Bon, ce ne sera pas un mod. Solo.
La nécessité de faire un scénario et de créer des scripts poussés m'ont vite fait abandonner l'idée. Et puis typiquement, un mode solo contient le genre de tentations (effet de style, narration poussée) qui me feraient sortir de la conception avec un mod. ultra ambitieux mais irréalisable. Ni sous 3 semaines, ni sous 1 ans. Je me connais assez pour savoir que je risque d'échouer dans la mégalomanie la plus complète

Restons donc 'simple' et orientons-nous vers le multi. A cette heure-ci, j'ai deux idées je vais développer la plus complexe en premier.

UN MOD NON-VIOLENT IRONIQUE OU L’ON PEUT ETRE FOURBE SANS CAMPER

En début d'après-midi, j'ai un peu plancher sur un mod. non-violent, en ce sens que le gameplay ne récompenserait pas les frags mais les sauvetages. Faire un mod. multi là dessus comporte une grosse problématique qui est celle de la mise en concurrence des joueurs/équipes... A la limite, un mode en coop. à la Rainbow 6 où tous les joueurs serait du coté des brigades d'interventions serait possibles mais
1 - L'intérêt serait carrément limité
2 - Ca inclurait tous les développements problématiques du solo que j'essaye d’éviter [IA preneur d’otage]
Pour faire un mode non-violent intéressant, il faut donc maintenir une concurrence où la violence est impossible ou non recommandé. Une gestion conventionnelle des armes est donc à proscrire. De la même façon, il est clair qu'on ne peut pas [hors de la logique coop.] faire se dérouler le mod. dans un univers réaliste ou sérieux.
Il faut donc avoir un angle d'attaque particulier, quelque chose de drôle ou, tout du moins ironique. Quitte à faire, autant partir d'une réalité horrible et la détourner, un peu comme l'a fait American McGee avec Bad Day in L.A.
En ce moment, pour ceux qui suivent l'actualité, on se rend compte que deux agences gouvernementales américaines se font la bourre pour avoir les faveurs du président. J'imagine bien les deux squads de ses agences se retrouver face à face lors de la libération d'otage et discutant le bout de gras pour savoir qui va récolter les lauriers.

C’est de là que vient l’idée du mod. : libération d’otage sur une ile d’une République Bananière dans laquelle on mettrait ses deux squads gouvernementaux en concurrence. Pour pimenter le tout - et pour enlever la notion de frags gratifiants - on pourrait distinguer deux classes de joueurs : les militaires et les journalistes de propagandes.

Les militaires doivent ramener dans leur camp un maximum d'otages.
Pour ramener un otage, on pourra :
- le traîner [Armed & Dangerous style]
- le lancer [grenade style avec gestion de la puissance] soit vers un lieu, soit vers un autre joueur afin qu’il le rattrape.
Chaque lancé occasionne des dégâts sur l’otage, un trop grand nombre peuvent le tuer.
On pourra récupérer un otage, soit en allant le chercher à l’origine, soit en le volant à un membre de l’équipe adverse. Evidemment, les otages sécurisés ne sont pas volables. Voler un otage consistera à passer a proximité d’un joueur et à appuyer sur une touche. On peut prendre plusieurs otages à la fois mais la vitesse de déplacement est réduite proportionnellement.
Ramener plusieurs otages à la fois rapporte plus de points qu’en ramener autant un par un. Un otage mort rapporte moins de points qu’un otage vivant ou blessé. Si on lance un otage alors qu’on en véhicule plusieurs, on les envoie tous.
Les militaires sont équipés d’un arme de petit calibre à munitions limitées qui immobilise un autre militaire en deux coups, le tue en 4 tandis qu’un seul coup suffit à immobiliser un journaliste et deux coups à le tuer.

Le rôle des journalistes de propagande est de photographier les exactions de l'équipe adverses: maltraitance des otages et attaques des membres de l'agence concurrentes.
Il faudra que j’étudie la faisabilité d’évaluation des photos mais une photo rapportera des points dès lors qu’elle a dans son champs un adverse et un otage/un équipier dont la santé est en dessous des 80%. Grâce à ça, le journaliste pourra prendre sur le fait des exactions mais aussi organiser des mises en scène où on tabasse un otage, on le refile à l’équipe adverse et on photographie.
Pour obtenir les points de leur photo, les journalistes doivent revenir à un endroit sécurisé. Plus on rapporte de photos à la fois plus ça rapporte de points. Une photo avec un mort rapporte plus de points qu’une photo avec un blessé ;
Un journaliste perd ses photos courantes s’il est tué.
Un journaliste à un appareil photo et un déchargeur anti-agression. Ce dernier immobilise la victime pendant dix secondes.

Voilà, ça me semble potentiellement très fun, mais il y a plein de choses (le fait de traîner les otages, les photos et leur évaluation) que je ne peux pas garantir comme possible. Il va falloir voir... et j'ai aussi besoin de vous pour savoir si vous trouvez que ce mod serait sympas à jouer.

Dans tous les cas, je posterais ma seconde idée ce soir ou demai matin.
Au contraire de celle-ci, elle est basée sur le principe qu'on joue aux FPS pour se mettre sur la gueule en rigolant certes, mais on se met sur la gueule tout de même. Et il y a des castors et des bucherons. Et c'est une sorte de mode Defuse à la sauce écologico-Benny Hillienne

Lancement du "3 Weeks to Cry" Project

Lundi 31 octobre 2005 à 02 h 54
...ou Le Challenge de Sortir une 1ère Version d'un Mod FarCry dans 3 Semaines

Ca y est, je me suis décidé. Ca fait quelques années que je caresse le doux rêve de gagner ma vie en faisant des jeux vidéos. J'ai cru franchir la première étape de réalisation de ce rêve en allant en IUT Informatique après le BAC et en participant à l'étude de jeux vidéos et la réalisation d'un jeu d'aventure avec AGAST dans le cadre des Projets Tutorés de la formation. Parallèlement à ça, j'ai enrichi ma culture général sur le game design en bachotant gamasutra.com et j'ai essayé de me mettre au modding, au modeling et au mapping mais, faute de réel investissement de ma part et de soutien extérieur, ça n'a jamais abouti. Bref, j'étais informaticien mais je m'étais finalement peu rapproché de mon but ultime.

Et puis, parce que c'était la meilleure voie s'offrant à moi, je suis rentré à L'Ecole des Mines de Nantes et j'aurai stagné informatiquement pendant mes deux Fi2 si ce n'était pour les deux applications 3D/VR correctes que j'ai réalisé au sein de deux équipes mais qui furent tellement rushée que j'en ai pas retiré grand chose.

Depuis le début de cette année, les challenges que me proposent les cours sont enfin d'un niveau supérieurs à ce que j'avais abordé en IUT [Administration Système, Système et réseau Avancé, Projet sur PSP]... mais ce n'est pas encore assez. Pas assez en tout cas, pour me permettre de concurrencer les autodidactes qu'on peut rencontrer par poignée sur le web et qui, plus jeunes de quelques années, ont bien plus de connaissances et de compétences que moi.

Il est donc temps de me sortir les doigts du fion.

Suivant le principe de ce projet, mais en alongeant les délais parce que je n'ai pas que ca à faire, je me suis fixé de sortir un mod pour FarCry basé sur un concept bien précis sous 3 semaines. Sachant que je n'ai aucune expérience en terme de modding et a fortioti sur ce moteur, c'est une tâche assez énorme mais je vais m'y frotter. Pour l'instant seul. Une fois le projet bien entamé, ça risque de ne plus pouvoir être le cas.
En tout cas, je vais essayer de faire un bilan journalier de l'avancement du projet sur ce blog. J'espère éviter l'effet Lost in LaMancha.

Première étape pour demain : choisir entre multi et single puis trouver un angle d'attaque pour le gameplay.

And now, for something completely different [2/3]

Mercredi 19 octobre 2005 à 20 h 21

Et puis la vie est ce qu’elle est et nos yeux finissent tôt ou tard par échouer sur les phrases des philosophes. Pour moi, cela se déroula un jour particulièrement banal, tellement banal que le journal du soir ne devait durer que quelques minutes, principalement consacré à expliquer pourquoi il n’y avait rien à dire. Bref, un jour que l’Histoire pourrait oublier sans que personne n’en ressorti outragé … enfin presque. Il était 23h41 et j’essayais de trouver le sommeil en parcourant d’un œil distrait quelques ouvrages que mes parents avaient laissés là dans le fol espoir que leur présence dans mon intimité étendrait soudainement mon intelligence lorsque mon cerveau sorti de son doux coma. Je ne me souviens plus du titre du livre et à peine de l’auteur – Poulidor ou Descartes, un grand philosophe en tout cas – mais je sais que mon esprit fut frappé à l’instant où mes yeux glissèrent sur cette phrase:

"Il y existe un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé toute son industrie à me tromper"

Subitement, à 20 minutes de rentrer au panthéon de mes journées les plus affreusement inutiles de ma courte existence, le jour pris un tour nouveau. Je relus une fois la phrase :
« mauvais génie » ... « trompeur » ... « puissant » ... « employé toute son industrie ».

Mon sourcil droit fut pris d’un étirement durant la troisième lecture. Tout en déployant ma stature de grand félin indomptable, je coupais la musique, jetais le livre de côté et les yeux désormais exorbités, au sein de ma petite chambre à peine baignée d’une lumière vermeerienne, je me frappais au front.

Mais c'était évident! Je n'étais pas affublé d'un ange mais d'un démon – sans doute un petit chauve aux allures de contrôleur fiscal - un démon gardien qui jetait ses petits yeux jaunes sur ma vie et me maintenait dans la catatonie en faisant de mon quotidien une suite d'évènements sans risque et sans enjeu. Un démon qui voulait m’extraire au réel, supprimer ma conscience de mon existence et gommer ma présence de la grande table des Individus Illustres de l'Histoire de l'Humanité. Il fallait que je combatte ce démon. Il fallait que je lui prouve, que je ME prouve que j'étais capable de me débrouiller sans son assistance, bref, je devais aller à contre-pied de ce que ma vie me proposait.
Prenant acte de cela, je décidais de démarrer cette croisade en me plongeant dans un sommeil soudain, décidé que j’étais à ne pas laisser ce petit être vil jouir de ma nuit tourmentée par la découverte de sa supercherie. Je m’assoupis bientôt tout à la fois excité par le champ des possibles s’ouvrant mais anxieux face au challenge qu’était de sortir de la facilité.

And now for something completely different

Samedi 15 octobre 2005 à 02 h 28


Lorsque j'étais plus jeune, lorsque les jeux vidéo,le sexe opposé et la politique extérieure du Bostwana n'avaient pas encore monopolisé mon esprit, je me demandais si un Dieu existait.
Si une forme de Dieu existait, me disais-je, alors, il devait avoir créé le Paradis.
S'il y avait un Dieu et s'il y avait créé le Paradis alors, à coup sûr, les Anges existaient.
S'il y avait un Dieu, s'il avait créé le Paradis et si les Anges y siègaient alors il devait y avoir une certaine branche des Anges qui se nommaient les Anges Gardien.
Si Dieu existait, s'il avait créé le paradis où siègent les Anges et si parmis ces Anges certains étaient qualifiés de Gardiens alors celui a qui on avait attribué ma surveillance était aussi zelé qu'une concierge moyenne d'un HLM moyen épicentre d'une banlieu calme.

Si l'on y réfléchis bien, parmi les peuplades sans fin qui s'agitent sur le globe, il y a des gens qui, gardés par un ange consciencieux, ont de la chance plus que de raison. Ceux-ci meurent un sourire béat aux lèvres après s'être accroché à leur vie, leur argent, leur bonheur et les seins voluptueux de leurs multiples maîtresses.
D'autres, affublés d'une loque sans zèle, rament toute leur vie pour trouver un semblant bonheur; si bien qu'ils crèvent presque avec soulagement lorsque la camarde vient les cueillir dans leur misère au fond d'un parking de semi-remorques à Rungis.

Moi, je nétais ni d'un camp, ni de l'autre et j'ai longtemps cru avoir écopé d'un fonctionnaire : je ne tombais jamais sur des billets de 500 francs perdus; dans le bus, je ne m'assaillais jamais par indavertance sur les genoux d'un ravissant être féminin extatique de rencontrer un garçon comme moi et jamais je ne croquais la tranche de pain de mie où se trouverait le boulon qui m'aurait apporté gloire et indemnités.
Pour autant, je n'étais pas assailli par le desespoir : les désastres ne touchaient jamais ma famille et j'étais à la fois non-depressif et auto-suffisant.
Assez curieusement, mon Ange - s'il existait, c'est à dire si Dieu existait et s'il avait créé tout le bordel évoqué plus haut - mon Ange, donc, semblait n'intervenir que lorsque le besoin s'en faisait sentir et il n'allait jamais trop loin dans ses interventions : si je n'avais pas commencé un devoir à rendre pour le jour suivant, l'échéance était soudainement repoussée de quelques jours ce qui me permettait de compléter mon travail mais pas de le peaufiner. Si j'étais rongé par la question de la réciprocité d'un amour inavoué, l'objet de celui-ci se mettait soudain en ménage avec un de mes meilleurs amis ou déclarait au cours d'une conversation combien elle aurait voulu avoir un jeune frère comme moi. Et si je commettais un mince méfait, je n'étais jamais appréhendé mais le crime me hantait pendant des mois.

Bref, il me sauvait la mise mais sans panache, comme on pisse sans en avoir envie.

La principale conséquence de ce managment de la ressource humaine estampillée 'Moi' était que je me laissais guider sur les rails d'une vie routinière sans déconvenue mais sans éclat non plus, persuadé que mes problèmes seraient réglés par des deus ex machina même pas fracassant. J'étais d'ailleurs conforté dans cet idée par les échecs cuisant des quelques tentatives d'amélioration de mon quotidien via l'élargissement de mon horizon social ou un travail plus consciencieux ; des échecs d'autant plus retentissant que les moyens investis me semblaient énormes. Je restait donc profil bas, le nez dans le guidon en attendant que le fruit de la vie me tombe un jour dans le bec...
3 commentaires, dernier de SERIOUS.