monde de merde ...
Janvier 2006
théorie de l'anarchisme individualiste
Mercredi 11 janvier 2006 à 11 h 58
On me dit que c'est pour mon bien qu'on me gouverne;
or comme je donne mon argent pour être gouverné, il s'ensuit que c'est pour mon bien que je donne mon argent, ce qui est possible, mais ce qui mérite néanmoins d'être vérifié.
Outre, d'ailleurs, que nul ne peut être plus familier que moi avec les moyens de me rendre heureux, je trouve encore qu'il est étrange, incompréhensible, antinaturel, extrahumain, de se dévouer au bonheur des gens qu'on ne connaît pas et je déclare que je n'ai pas l'honneur d'être connu des hommes qui me gouvernent.
Il est juste dès lors de dire, qu'à mon point de vue, ils sont vraiment trop bons, et, enfin, quelque peu indiscrets de se préoccuper autant de ma félicité, alors, surtout, qu'il n'est point prouvé que je sois incapable d'en poursuivre moi-même la réalisation.
J'ajoute que le dévouement implique le désintéressement, et que les soins officieux n'ont le droit d'être incommodes qu'à la condition de ne rien compter. Je suis trop bien appris pour discuter ici une question d'argent, et me préserve Dieu de mettre en doute le dévouement, et, le désintéressement de nos hommes d'Etat.
Cependant je demande la permission d'attendre, pour leur exprimer ma gratitude, que les délicates attentions dont ils daignent m'entourer coûtent moins cher.
ANSELME BELLEGARRIGUE, 1848
or comme je donne mon argent pour être gouverné, il s'ensuit que c'est pour mon bien que je donne mon argent, ce qui est possible, mais ce qui mérite néanmoins d'être vérifié.
Outre, d'ailleurs, que nul ne peut être plus familier que moi avec les moyens de me rendre heureux, je trouve encore qu'il est étrange, incompréhensible, antinaturel, extrahumain, de se dévouer au bonheur des gens qu'on ne connaît pas et je déclare que je n'ai pas l'honneur d'être connu des hommes qui me gouvernent.
Il est juste dès lors de dire, qu'à mon point de vue, ils sont vraiment trop bons, et, enfin, quelque peu indiscrets de se préoccuper autant de ma félicité, alors, surtout, qu'il n'est point prouvé que je sois incapable d'en poursuivre moi-même la réalisation.
J'ajoute que le dévouement implique le désintéressement, et que les soins officieux n'ont le droit d'être incommodes qu'à la condition de ne rien compter. Je suis trop bien appris pour discuter ici une question d'argent, et me préserve Dieu de mettre en doute le dévouement, et, le désintéressement de nos hommes d'Etat.
Cependant je demande la permission d'attendre, pour leur exprimer ma gratitude, que les délicates attentions dont ils daignent m'entourer coûtent moins cher.
ANSELME BELLEGARRIGUE, 1848
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