Mathilde (Août)
Vendredi 18 août 2006 à 10 h 34
Ce soir là je n'ai rien fait de particulier. J'ai traîné le long de la baie, entre les boutiques de surf en bois peint et les restaurants qui étalaient des panniers de fruits de mer. Je suis passé boire un verre à l'Indiana et mis deux euros dans Tekken 4, une fille attendait derrière moi pour jouer et je me suis dit qu'on vivait une époque fabuleuse. Ensuite je suis retourné à la résidence parce que Mathilde m'avait dit qu'on irait emprunter le bateau de son père à la marina. Dans ma chambre j'ai écouté une dizaine de fois un morceau de 808 States en appuyant sur repeat et en fumant de l'herbe. Mathilde est arrivée vers huit heures, elle a roulé un autre joint et j'ai remarqué que ses cheveux avaient encore blondis au soleil.
On a pris sa voiture et elle n'a pensé à allumer ses phares qu'après deux ou trois kilomètres en riant et en disant que çà devrait être automatique, qu'elle trouvait çà totalement incroyable que personne n'ai encore inventé des phares intelligents alors que même les frigos essayaient de le devenir, que le sien avait un écran digital. Quand nous sommes arrivés à la marina le parking était bondé et Mathilde a engueulé le gardien qui réglait les entrées, j'ai adressé un sourire piteux au type dont le visage était rougi par le soleil. Je ne sais pas si il a entendu Mathilde dire "enfoiré de saisonnier".
Le bateau de son père, un Bayliner Avanti, boiseries et moulures chêne clair et acajou, cabine étroite décorée de marines un peu kitchs non signées, des tas d'instruments de navigations obscurs, pont avant éclairé, lit double. Elle a demandé au gamin de l'emplacement voisin de m'aider à détacher les noeuds d'amarres parce que je n'y arrivais pas et que je marmonnais mon cinquième "putain" en m'écorchant les doigts sur la corde salée. Elle a sorti le bateau du port avec une dextérité étonnante et ne m'a confié la barre qu’après avoir franchi le couloir de bouées jaunes ce qui signifiait qu'on ne risquait plus de heurter quelque chose. On a jeté l'ancre à cinq ou six milles de la côte après avoir placé le bateau perpendiculairement à la baie.
Des lumières jaunes et bleues d'un coté et de l'autre la mer sombre (Un gouffre j'ai pensé). Mathilde a sorti une bouteille de Bordeaux blanc sucré de son sac Eastpak après s'être assurée que le mini-bar du bateau était bien vide puis elle a décrété qu'on avait pas besoin de verres. J'ai dit qu'on avait pas non plus besoin de boire et elle a marqué un court silence avant de rigoler en secouant la tête.
On a regardé un moment les traînées rouges laissées par les phares des voitures le long de la côte. On a bu assez rapidement la première moitiée de la bouteille et un peu moins vite ensuite. Mathilde avait l'air de plus en plus défoncée et me racontait des histoires idiotes à propos d'un professeur de Tennis qui venait d'un pays de l'Est et qu'elle prenait pour un crétin (-Superbe tu vois mais un vrai crétin-), elle m'a demandé ce que je foutais avec Hélène, j'ai répondu par un soupir en roulant un joint. Elle m'a dit que ce qu'elle aimait bien chez moi c'était le fait que je ne parle presque pas, que j'avais toujours l'air de débarquer de Mars. Je lui ai dit en souriant que ce que j'aimais chez elle s'était son cul que je trouvais parfait et que j'aimais aussi beaucoup le potentiel financier que son père représentait. Elle s'est mise à rire puis je l'ai embrassé parce que ses lèvres sur le goulot avaient fini de m'exciter, je lui ai dit en essayant vainement d’imiter la voix basse et traînante d'un acteur -Tes lèvres sur ce truc çà m'excite princesse-.
Plus tard, elle s'est laissé glisser en arrière, j'ai remonté sa jupe, écarté son maillot suffisamment et commencé à la lécher tandis qu'elle saisissait ma nuque. Puis j'ai trouvé le temps de penser à ce qu'Hélène disait à propos de se faire broutter pendant deux heures alors j'ai doucement relevé la tête. Elle a gardé son sweet quand nous avons baisé et que le gouffre derrière nous ondulait à peine. Avant de partir on a fumé un joint d'herbe pure parce que mes clopes s'étaient mouillées sur le pont. Puis elle a dit d'une voix triste en regardant la baie que toutes les villes au bord de l'eau se ressemblaient, j'ai dit
-Toutes les villes se ressemblent. Point.
On a pris sa voiture et elle n'a pensé à allumer ses phares qu'après deux ou trois kilomètres en riant et en disant que çà devrait être automatique, qu'elle trouvait çà totalement incroyable que personne n'ai encore inventé des phares intelligents alors que même les frigos essayaient de le devenir, que le sien avait un écran digital. Quand nous sommes arrivés à la marina le parking était bondé et Mathilde a engueulé le gardien qui réglait les entrées, j'ai adressé un sourire piteux au type dont le visage était rougi par le soleil. Je ne sais pas si il a entendu Mathilde dire "enfoiré de saisonnier".
Le bateau de son père, un Bayliner Avanti, boiseries et moulures chêne clair et acajou, cabine étroite décorée de marines un peu kitchs non signées, des tas d'instruments de navigations obscurs, pont avant éclairé, lit double. Elle a demandé au gamin de l'emplacement voisin de m'aider à détacher les noeuds d'amarres parce que je n'y arrivais pas et que je marmonnais mon cinquième "putain" en m'écorchant les doigts sur la corde salée. Elle a sorti le bateau du port avec une dextérité étonnante et ne m'a confié la barre qu’après avoir franchi le couloir de bouées jaunes ce qui signifiait qu'on ne risquait plus de heurter quelque chose. On a jeté l'ancre à cinq ou six milles de la côte après avoir placé le bateau perpendiculairement à la baie.
Des lumières jaunes et bleues d'un coté et de l'autre la mer sombre (Un gouffre j'ai pensé). Mathilde a sorti une bouteille de Bordeaux blanc sucré de son sac Eastpak après s'être assurée que le mini-bar du bateau était bien vide puis elle a décrété qu'on avait pas besoin de verres. J'ai dit qu'on avait pas non plus besoin de boire et elle a marqué un court silence avant de rigoler en secouant la tête.
On a regardé un moment les traînées rouges laissées par les phares des voitures le long de la côte. On a bu assez rapidement la première moitiée de la bouteille et un peu moins vite ensuite. Mathilde avait l'air de plus en plus défoncée et me racontait des histoires idiotes à propos d'un professeur de Tennis qui venait d'un pays de l'Est et qu'elle prenait pour un crétin (-Superbe tu vois mais un vrai crétin-), elle m'a demandé ce que je foutais avec Hélène, j'ai répondu par un soupir en roulant un joint. Elle m'a dit que ce qu'elle aimait bien chez moi c'était le fait que je ne parle presque pas, que j'avais toujours l'air de débarquer de Mars. Je lui ai dit en souriant que ce que j'aimais chez elle s'était son cul que je trouvais parfait et que j'aimais aussi beaucoup le potentiel financier que son père représentait. Elle s'est mise à rire puis je l'ai embrassé parce que ses lèvres sur le goulot avaient fini de m'exciter, je lui ai dit en essayant vainement d’imiter la voix basse et traînante d'un acteur -Tes lèvres sur ce truc çà m'excite princesse-.
Plus tard, elle s'est laissé glisser en arrière, j'ai remonté sa jupe, écarté son maillot suffisamment et commencé à la lécher tandis qu'elle saisissait ma nuque. Puis j'ai trouvé le temps de penser à ce qu'Hélène disait à propos de se faire broutter pendant deux heures alors j'ai doucement relevé la tête. Elle a gardé son sweet quand nous avons baisé et que le gouffre derrière nous ondulait à peine. Avant de partir on a fumé un joint d'herbe pure parce que mes clopes s'étaient mouillées sur le pont. Puis elle a dit d'une voix triste en regardant la baie que toutes les villes au bord de l'eau se ressemblaient, j'ai dit
-Toutes les villes se ressemblent. Point.
M'en fous chui pas branché bateaux.
D'ailleurs pour un vulgaire fragger, tu m'as l'air bien calé en marque de bateaux.
P'tain, t'ai-je deja dit que j'aimais ton ecriture?
Hasta luego...
En ce qui me concerne, ce que j'aime, c'est le fait que tu arrives par ton écriture à rendre un moment banal exceptionnel.
Ca fait plaisir, bravo.
Une fois de plus, j'ai de légers doutes quant à l'authenticité parfaite du récit et c'est justement un des intérêts que j'y trouve. Je me plais à essayer de distinguer le vrai du romancé sachant que je n'aurais jamais la réponse et que je ne souhaite surtout pas l'avoir.
Merci d'avoir réveillé mon imagination en ce terne après-midi de travail. Vivement le prochain volet.
PS: Eh dites donc capitaine, on vous voit plus guère sur la ligne de front, hum ?!
@Les autres >> C'est l'approche du week-end qui vous rend aussi gentils les gars ? Faites gaffe vous vous ramolissez là ! Merci en tous cas...
Reste un de mes préférés...
Petit cadeau aussi à ceux qui l'aurait raté
;)