Avertissement: Cinématographiquement parlant j'ai des «goûts de merde » (dixit mon entourage). Je n'aime que très rarement ce qui fait recette au cinéma, et mon cerveau n'arrive pas à assimiler l'intérêt d'un géniallissime-trop-cool-ça-déchire « Seigneur des anneaux » , « Spiderman 2 » ou autre film du même acabit. Vous voilà prévenu pour la suite.
Pour moi il y a deux catégories de films catastrophe:
1)-les nuls qui sont juste à chier: au hasard Twister ( le genre de film qu'on regarde même pas jusqu'à la fin tellement c'est ridicule et qu'on s'emmerde)
2)-les nuls tellement à chier qu'ils en sont drôles: au hasard Armageddon
Aujourd'hui, test de l'extrême: J'ai regardé pour vous
« FUSION: The Core »
Enfaîte ça fait pas mal de temps que je l'ai vu mais je l'ai trouvé tellement excellent pour un film de la 2nd catégorie que je ne peux pas m'empêcher d'en faire la pub, car -constat dramatique- ce film n'a pas rencontré son public (du moins je ne connais personne qui l'ai vu).
L'affiche du film
Des flammes, une ville, un plan large sur la Terre, des spationautes. Pas de doute c'est un film catastrophe.
L'accroche: « Le danger est déjà au centre de la Terre ».
Comme ça au moins on est fixé, ils s'adressent aux films catastrophes « à astéroïde ». Bruce Willis n'a qu'a bien se tenir.
Synopsis (copier-coller allociné):
Pour des raisons inconnues, le noyau interne de la Terre a cessé de tourner sur lui-même. Le champ magnétique de la planète s'effondre, provoquant sous les latitudes les plus diverses une dramatique et spectaculaire série d'accidents.
Face à cette catastrophe sans précédent, le gouvernement américain convoque le géophysicien Josh Keyes, une poignée de savants de réputation internationale et un tandem de spationautes, la Major Rebecca Childs et le Commandant Iverson. Leur objectif : lancer dans les profondeurs du manteau terrestre une capsule habitée et provoquer des explosions nucléaires en chaîne pour réactiver le noyau et ainsi sauver le monde d'une destruction imminente.
Oh mon dieu, en voilà un scénario qu'il est bon. Là vous vous dîtes: « Je vois d'ici les clichés et les aberrations scientifiques classiques d'un film catastrophe ».
Ce à quoi je réponds: exactement.
Ce film est un pur bonheur de par sa concentration de clichés/conneries débités à la minute.
Il est possible que des faits soient déformés, ça fait pas mal de temps que je l'ai vu et je n'ai plus ma copie de sauvegarde. Cela dit, au moins une certitude: les faits décrits dans les images qui vont suivre sont totalement en décalage avec l'oeuvre originale. Je vais en plus éviter de spoiler le film (ça serait franchement dommage).
Les clichés:
-la théorie de notre scientifique reniée par tous ces confrère va finalement s'avérer exacte. « Je vous l'avais bien dit »
-l'ami du héros meure très vite ( so sad ).
-l 'ami de l'héroïne meure très vite ( so sad²)
-le noir de service va se sacrifier (c'est une constante dans les films US).
-l'informatique au cinéma: on échappe ici au « photoshop v24 » capable d'un zoom x8000 avec dépixelage en temps réel, mais c'est pour se retrouver avec le cliché de l'ado hacker capable ni plus ni moins que de contrôler l'internet multimédia mondial.
-les habituelles discussions à la maison blanche ( oui il n'y a que les américains qui savent) pour finalement décider de tout cacher au public.
-La bonnasse intelligente de service
-Le gentil qui enfaîte est méchant, mais enfaîte pas vraiment puisqu'il est gentil (ok un peu d'originalité sur la fin)
-des morts, beaucoup
-des incidents techniques, beaucoup
-des idées qui nous sauvent à la dernière minute, beaucoup
Présentation des protagonistes de notre aventure:
Le beau scientifique ténébreux, mais tellement plus malin que tout le monde.
Après quelques catastrophes, et des discussions avec les hautes sphères gouvernementales, les USA décident de fabriquer un véhicule pour atteindre le coeur de la Terre.
Comment légitimer qu'un véhicule résiste à des températures à beaucoup de zéros, et à des pressions avec encore plus beaucoup de zéros? Facile, on invente un nouveau matériau aux propriétés géniales: plus il est chaud, plus il est résistant. Eh ouai, ni plus ni moins qu'une réinvention de la physique. Sont forts ces américains.
Heureusement on a échappé au design classique des foreuses dans ce genre de films (le modèle tortue ninja avec un gros cône qui tourne à l'avant). Dans
« FUSION:The Core » la machine en question a plus un look de train (assez original et sympa, sans ironie aucune) avec au niveau de sa tête une gatling du futur qui tire des rayons lasers. Trop top: ici une démonstration à l'air libre:
Évidemment ce matériel était déjà prêt et attendait juste une catastrophe de ce genre pour servir.
Résultat, la bête est montée en une dizaine de jours. Sont forts ces américains.
Mais qui va piloter la machine? Les scientifiques c'est que des géologues, pas des fou-fou qui pilotent des foreuses. Eh bein évidement on va engager des spationautes.
J 'ai pas compris le rapport non plus mais à priori fallait que ça soit eux.
L'héroïne est justement pilote à la Nasa, tout comme son pote. Le hasard fait bien les choses. Et après quelques problèmes avec la justice (heureusement elle était innocente) elle va rejoindre la troupe.
Ils bossent tous ensemble et forcement ça crée des liens.
Pendant ce temps là les USA sortent notre jeune hacker de prison pour contrôler l'internet multimédia mondial, pour empêcher des fuites d'informations et la panique des pauvre idiots que nous sommes.
Pendant ce temps au QG...
La machine est prête. Quelques essais, et ça sera bientôt le départ !
Après une magnifique scène de lancement digne des plus beaux tirs de fusées (sauf que là ça part vers le bas) notre joyeuse équipe commence son forage vers le centre de la Terre.
Là en tant que spectateur candide et un peu blasé je me demandais comment ils allaient réussir à créer des effets de surprises, et à faire mourir des gens dans un tube de 5 mètres de diamètre.
Et soudain arrive LA scène du film...
Ils ont quand même pas osé faire ce que je pense qu'ils ont osé?... Ah... Bein... Ok... Ils ont osé...
Sans spoiler, les scénaristes ont réussi à justifier une sortie extra véhiculaire. Rien que ça.
Et malgré le fait que cette situation n'était pas dutout prévue, ils avaient quand même tout le matériel pour y faire face. Chapeau les Américains.
Pour ceux qui veulent savoir sans attendre de voir le film:
[SPOILER] Ils découvrent pendant leur dscente qu'il y a des grumeaux completement creux de plusieurs centaines de mètres de diamètre qui se baladent dans le manteau terrestre (la lave)... Putain respect qd même, fallait y penser. Du coup on a le droit à une scène où la foreuse rentre dans un grumeau, avec à la clé un dialogue du genre: « OH PUTAIN ON VA FAIRE UNE CHUTE DE 200 METRES DANS LE VIDE ACCROCHEZ VOUS!!!! ».
Et ils la font. Et ils meurent même pas. Non franchement, respect. [/SPOILER]
Ils font donc leur sortie extra véhiculaire, avec une scène aux airs de déjà vu:
Évidemment ça pouvait pas se finir aussi simplement. Rien ne marche comme il faudrait avec le matériel US, et va falloir se sacrifier pour réparer ça.
Après beaucoup d'autres péripéties, de morts, de trahisons, d'idées-géniales-à-la-dernière-minute, de sauvage de monde...
Nos Héros sont condamnés.
Mais...
Pour connaître la fin va falloir le regarder.
Ce que je suis fourbe.
Note: Un détail qui diffère des autres films du genre, ici les militaires sont plutôt décrédibilisés (ça change de l'idolâtrerie aveugle et du patriotisme habituel) puisque pour résumer c'est des gros conards. A noter que la France semble avoir un rôle dans le film puisque les têtes nucléaires sont estampillées de notre drapeau national, mais l'explication du comment de la chose n'est pas présente (l'explication a sûrement sauté au montage).
Au final, j'ai bien rigolé, et je ne me suis pas du tout emmerdé. Je ne m'avancerai pas trop en disant que
«FUSION: The Core» (j'adore ce titre) est nettement au dessus des productions habituelles de type Armageddon.
Et si vous pensez que ce film est complètement capilotracté voilà une note copié-collée du site allociné:
« De nombreux conseillers techniques étaient sur les plateaux de Fusion pour s'assurer de la véracité des scènes : militaires, savants, astronautes de la NASA. Pour préparer leur rôle, les comédiens ont par ailleurs rencontré de nombreux professionnels. Ainsi DJ Qualls, qui incarne un génie de l'informatique, a-t-il croisé des pirates informatiques réhabilités alors que Hilary Swank et Bruce Greenwood, envoyés au centre de la Terre dans le film, ont discuté avec deux astronautes : Tom D. Jones et le Colonel Susan Helms. »
Qu'on se le dise,
«FUSION: The Core» est un documentaire sur la géologie. Demandez à le regarder en classe de SVT.