Well if I had Hell and this place, I'd live in Hell and rent this place. (le blog de pangel)
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Janvier 2008

La 11ème heure, documentaire écologique produit par DiCaprio

Jeudi 31 janvier 2008 à 01 h 03
J'ai vu l'avant-première de la 11ème heure, réalisé par Leila Conners Petersen et Nadia Conners, et produit et présenté par Leonardo DiCaprio.

C'est un documentaire qui se veut complet sur l'état de la planète, depuis ses causes jusqu'à ses conséquences, en passant par une description complète du processus et, au-delà de la responsabilité de l'homme dans le problème environnemental, par une attaque directe contre quelques groupes plus coupables que le reste de l'humanité - à savoir Exxon et ses semblables, les gouvernements soumis à ces companies et plus généralement le système économique dans lequel nous vivons.

Le format consiste en des bouts de phrases prises au milieu d'interviews de spécialistes (pas de personnage médiatique à part Stephen Hawking) en alternance avec des séquences vidéos courtes présentant des images "choc" et 5 coupures où DiCaprio nous regarde dans les yeux et fait la transition entre les différentes parties du film.

Pour ce qui est du plan, donc, le film procède comme suit :

1) Génèse énergétique de l'homme ou comment on a cessé d'avoir un comportement digne d'un écosystème le jour où on a inventé la machine à vapeur et utilisé le pétrole.

2) Explications diverses autour de l'idée qu'on ne peut fondamentalement pas construire une croissance éternelle basée sur l'utilisation d'une quantité finie de produits.

3) Conséquences pour l'environnement - la partie la moins bien traitée du film, floue et pleine d'affirmations à la limite de la grandiloquence mais sûrement plus efficaces pour le public qu'une démonstration par a+b façon Al Gore dans An Unconvenient Truth.

4) Les responsables du désastre. Comme dit plus haut, Exxon et la soumission du gouvernement aux companies pétrolières sont vite désignés comme grands coupables. Mais ensuite le film extrapole courageusement et s'attaque de front à la notion de consumérisme, et DiCaprio se met à militer pour un monde où "le sens de notre vie serait dérivé non pas du bien-avoir, mais du bien-être".

Il est dit clairement que la croissance économique et l'achat ne sont pas des fins en soi mais des moyens parmi d'autres d'atteindre le bonheur ; et ce contrairement à ce que la publicité et la télévision (elles aussi pointées du doigt) tentent de nous faire croire. Là je paraphrase le film mais c'est vrai que la consommation est devenue une fin en soi.

5) Les solutions. Le concept de design from cradle to cradle (du berceau au berceau, au lieu de design from cradle to grave) est bien mis en avant par McDonough qui a fait une super conférence à TED en 2005.

La notion d'achat-vote est aussi présente, et le discours est centré autour de l'idée que la société doit devenir exempte de déchets, à l'instar de la nature qui ne produit que des déchets internes (considérés comme des ressources par d'autres de ses composants), mais pas de déchets externes (non réutilisables). Malgré tout la fin se rapproche un peu de la bouillie de grandes phrases et la musique quasi guerrière n'aide pas beaucoup.

Il y a au final des idées intéressante (en tout cas nouvelles pour moi) comme celle qui compare la nature à un agent économique oublié. Pour faire simple : la nature produit gratuitement toutes les matières et l'énergie dont nous avons besoin, et ce n'est qu'en l'intégrant à la théorie économique que le système pourra être véritablement global - sinon c'est comme si l'humanité avait toujours été subventionnée par un agent invisible ne demandant rien en retour. Une estimation montre que si l'homme devait faire tout le travail de la nature (par exemple la pollinisation dont s'occupent les abeilles ou la conversion de CO² en O² dont les arbres se chargent en ce moment), il nous en coûterait 35 trillions (10^12) de dollars par an. L'économie annuelle mondiale produit 18 trillions de dollars.

Le film parle aussi du fait que nous ne sommes qu'une espèce parmi d'autres, que nous allons disparaître et que d'autres espèces prendront notre place. Il est dit que ce que nous faisons à l'environnement, nous le faisons bien sûr à nous-même, puisque la vie continuera après une hypothétique extinction de l'espèce humaine due au réchauffement climatique. Mais il est aussi dit, et ça c'est assez courageux, que ce qui compte ce n'est pas nous sauver nous, mais les espèces que nous faisons disparaître chaque jour et qui n'ont rien demandé à personne.

Voilà, un bon film, le début d'une longue série j'espère, car il faut des styles et des approches différentes pour toucher tout le monde. L'avantage ici c'est que DiCaprio (qui s'est mis à la voiture électrique et a recommencé à emprunter les avions de ligne comme tout le monde) donne son nom au film, ce qui augmentera l'audience. Cela dit je suis sûr qu'avec sa tête sur l'affiche il aurait multiplié les entrées par deux.

Liens:
Page wikipedia
Site officiel marketing
Site officiel écologique
41 commentaires, dernier de pangel.

Apocalypse later (please)

Samedi 26 janvier 2008 à 18 h 24
apocalypselater.net

Un mini projet pour apprendre de nouvelles techniques, voilà le résultat: le principe de ce site est de lister toutes les apocalypses prédites, de les classer par catégorie, et surtout de voter pour choisir laquelle est la plus probable :)

C'est la version 0.1, en vue pour la 0.2 il y a:
- Gestion des catégories
- Ajout de commentaire
- Graphique des probabilités daté
- Soumission de nouvelles apocalypses automatisée

L'intérêt est limité à moins que vous ayez une obsession pour tout ce qui touche à l'armageddon mais par contre les sources sont accessibles et je liste tout ce que j'ai utilisé pour le faire dans /about.

Signalez-moi les bugs que vous trouverez !