Well if I had Hell and this place, I'd live in Hell and rent this place.
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Décembre 2006
Hommage à Poulpos
Mercredi 27 décembre 2006 à 19 h 34
Albert se gratte la tête. Assis dans son sofa, il regarde sa petite famille avec affection. Il se colle les doigts contre son nez. Quelle odeur ! Puis il se cure les ongles et détache les croûtes qu'il vient d'arracher à son cuir chevelu.
Un sourire éclaire son visage. Il se lève en faisant craquer son dos.
Une envie subite. Il descend à la cave pour un petit casse croûte. Rien ne vaut le foie bien grillé.
Albert découpe quelques abats et les sale. L'après-midi laisse sa place au soir. Il se lave ses grosses mains pleines de sang. Albert adore ses grosses mains. Il les frotte souvent l'une contre l'autre, rien que pour sentir comme elles sont grosses et puissantes. Ou contre son torse. Ou ailleurs.
Albert remonte voir sa petite famille le coeur guilleret, comme disait sa maman.
Il les inspecte tous avec attention. Les pauvres ne sont pas à proprement parler autonomes. L'odeur gêne un peu, bien sûr, malgré la couche de résine. Mais Albert sait qu'en amour, il faut savoir faire des concessions.
Il monte à l'étage, maintenant. Là où sa femme l'attend. Une créature de rêve. Le visage de sa meilleure amie et le corps de ce mannequin qui était passé en ville un jour pour la promotion d'un parfum. Albert n'est pas très parfum. Il assouvit quelques fantasmes auxquels il pensait depuis un moment sans oser les mettre en pratique. Il se sent d'humeur coquine.
Fatigué, il se promet de la laver plus tard. Peut-être même prendront-ils un bain ensemble. Demain. Ce soir, il n'a pas le temps. C'est une nuit spéciale, ce soir. La réouverture de la chasse.
Il en frissonne.
Albert est fier de sa petite famille. Il manque bien quelques éléments, mais ce n'est pas évident à dénicher. Surtout par les temps qui courent.
Dans le temps, Albert a voulu partager sa fierté. Il a invité son meilleur ami, un collège de bureau. Il n'a pas compris.
Maintenant qu'il fait partie de la famille, il doit sûrement comprendre.
Albert saisit un fauteuil et s'installe face à son ami. Il a l'air de se plaire. Albert a réussi, à force d'efforts, à le faire sourire. C'est vraiment chaleureux, un ami qui vous sourit.
Des années plus tôt, on a annoncé à Albert le décès de sa maman. Il a voulu rester auprès d'elle. Une tombe dans son jardin avec au fond un cercueil transparent rempli de technologies conservatrices. C'était déjà bon marché, à l'époque. Et comme ça il pouvait lui parler et la voir quand il voulait.
Albert n'avait vraiment pas de chance. En deux ans, il fit creuser dans son jardin les tombes de ses frères et soeurs, de son père, de son ex-femme et de son chien Sally. Il avait déjà mangé du chien en Asie. Lorsque la tombe de son plus jeune frère fut profanée une nuit de chasse, ce souvenir le soutint dans sa démarche. Il ne voulait pas s'éloigner de sa famille. Après avoir dégusté Sally, il se dit qu'elle devait être très heureuse comme ça, avec lui. Il déplaça sa famille à la cave. Puis il dépeça sa famille à la cave. Enfin, juste ce qu'il fallait pour se nourrir.
Rapidement, Albert s'est senti seul. Comme tous ceux qui étaient immunisés au virus en fait. Dieu ne recrutait plus beaucoup de fidèles chez les survivants de cette apocalypse complètement foirée.
Le gouvernement, lui, avait su s'adapter. Il s'était montré compréhensif. Composé des plus immondes et des plus fourbes, de ceux qui avaient tiré leur épingle du jeu dans la cohue qui suit généralement la disparition des dirigeants d'un pays. La plupart avaient utilisé leur meilleur ami comme marchepied pour se hisser au sommet, ou quelque chose d'approchant.
Vraiment très compréhensif. Il n'y avait plus de crimes, de délits ni d'infractions. Albert avait beaucoup aimé le discours d'investiture. Surtout le passage qui disait que le nouveau gouvernement serait bien plus intègre que les précédents et respecterait une neutralité absolue. L'administration ne pourrait plus porter de jugement de valeur sur les actes de chacun. Tous les termes péjoratifs comme viol, meurtre et torture furent supprimés et le code pénal put enfin être conseillé aux enfants de 4 ans.
Albert s'en veut toujours de ne pas y avoir pensé plus tôt. La famille de substitution qu'il se concocte n'aura jamais le charme de l'originale. A part peut-être sa femme. Beaucoup plus calme et vraiment à son goût, celle-là.
Il lui manque une petite soeur. Albert s'équipe dans la remise et sort sur le perron. Il allume ses lunettes de vision nocturne et fait tinter les serpes aussi affûtés que des scalpels qu'il s'est forgé. La nuit est pleine de promessses. Sacré gouvernement, ouvrir la chasse le jour de noël.
Soudain, il entend un bruit sur le coté. Il roule derrière un buisson et sourit. Ce soir, il sera le chasseur et la proie.
Un sourire éclaire son visage. Il se lève en faisant craquer son dos.
Une envie subite. Il descend à la cave pour un petit casse croûte. Rien ne vaut le foie bien grillé.
Albert découpe quelques abats et les sale. L'après-midi laisse sa place au soir. Il se lave ses grosses mains pleines de sang. Albert adore ses grosses mains. Il les frotte souvent l'une contre l'autre, rien que pour sentir comme elles sont grosses et puissantes. Ou contre son torse. Ou ailleurs.
Albert remonte voir sa petite famille le coeur guilleret, comme disait sa maman.
Il les inspecte tous avec attention. Les pauvres ne sont pas à proprement parler autonomes. L'odeur gêne un peu, bien sûr, malgré la couche de résine. Mais Albert sait qu'en amour, il faut savoir faire des concessions.
Il monte à l'étage, maintenant. Là où sa femme l'attend. Une créature de rêve. Le visage de sa meilleure amie et le corps de ce mannequin qui était passé en ville un jour pour la promotion d'un parfum. Albert n'est pas très parfum. Il assouvit quelques fantasmes auxquels il pensait depuis un moment sans oser les mettre en pratique. Il se sent d'humeur coquine.
Fatigué, il se promet de la laver plus tard. Peut-être même prendront-ils un bain ensemble. Demain. Ce soir, il n'a pas le temps. C'est une nuit spéciale, ce soir. La réouverture de la chasse.
Il en frissonne.
Albert est fier de sa petite famille. Il manque bien quelques éléments, mais ce n'est pas évident à dénicher. Surtout par les temps qui courent.
Dans le temps, Albert a voulu partager sa fierté. Il a invité son meilleur ami, un collège de bureau. Il n'a pas compris.
Maintenant qu'il fait partie de la famille, il doit sûrement comprendre.
Albert saisit un fauteuil et s'installe face à son ami. Il a l'air de se plaire. Albert a réussi, à force d'efforts, à le faire sourire. C'est vraiment chaleureux, un ami qui vous sourit.
Des années plus tôt, on a annoncé à Albert le décès de sa maman. Il a voulu rester auprès d'elle. Une tombe dans son jardin avec au fond un cercueil transparent rempli de technologies conservatrices. C'était déjà bon marché, à l'époque. Et comme ça il pouvait lui parler et la voir quand il voulait.
Albert n'avait vraiment pas de chance. En deux ans, il fit creuser dans son jardin les tombes de ses frères et soeurs, de son père, de son ex-femme et de son chien Sally. Il avait déjà mangé du chien en Asie. Lorsque la tombe de son plus jeune frère fut profanée une nuit de chasse, ce souvenir le soutint dans sa démarche. Il ne voulait pas s'éloigner de sa famille. Après avoir dégusté Sally, il se dit qu'elle devait être très heureuse comme ça, avec lui. Il déplaça sa famille à la cave. Puis il dépeça sa famille à la cave. Enfin, juste ce qu'il fallait pour se nourrir.
Rapidement, Albert s'est senti seul. Comme tous ceux qui étaient immunisés au virus en fait. Dieu ne recrutait plus beaucoup de fidèles chez les survivants de cette apocalypse complètement foirée.
Le gouvernement, lui, avait su s'adapter. Il s'était montré compréhensif. Composé des plus immondes et des plus fourbes, de ceux qui avaient tiré leur épingle du jeu dans la cohue qui suit généralement la disparition des dirigeants d'un pays. La plupart avaient utilisé leur meilleur ami comme marchepied pour se hisser au sommet, ou quelque chose d'approchant.
Vraiment très compréhensif. Il n'y avait plus de crimes, de délits ni d'infractions. Albert avait beaucoup aimé le discours d'investiture. Surtout le passage qui disait que le nouveau gouvernement serait bien plus intègre que les précédents et respecterait une neutralité absolue. L'administration ne pourrait plus porter de jugement de valeur sur les actes de chacun. Tous les termes péjoratifs comme viol, meurtre et torture furent supprimés et le code pénal put enfin être conseillé aux enfants de 4 ans.
Albert s'en veut toujours de ne pas y avoir pensé plus tôt. La famille de substitution qu'il se concocte n'aura jamais le charme de l'originale. A part peut-être sa femme. Beaucoup plus calme et vraiment à son goût, celle-là.
Il lui manque une petite soeur. Albert s'équipe dans la remise et sort sur le perron. Il allume ses lunettes de vision nocturne et fait tinter les serpes aussi affûtés que des scalpels qu'il s'est forgé. La nuit est pleine de promessses. Sacré gouvernement, ouvrir la chasse le jour de noël.
Soudain, il entend un bruit sur le coté. Il roule derrière un buisson et sourit. Ce soir, il sera le chasseur et la proie.
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A.C.R.O.S.T.I.C.H.E
Lundi 4 décembre 2006 à 14 h 12
Non, je ne désespère pas.
Inquiétante est pourtant cette dure sécheresse
Que je sens tout au fond de mon âme vengeresse
Une seule raison me fait tomber si bas
En mon âme et conscience, je n'y résiste pas
Toute limpide et consciente de son unique sagesse
Avec grâce et soin elle répand la paresse
Mais elle donne l'énergie qui permet d'aller là
En ce lieu inquiétant où ton âme dansa
Rixe contre le Pur, et contre la tendresse
Et pour s'avouer vaincu, face à l'être Amour.
pour golan8x ^^
Inquiétante est pourtant cette dure sécheresse
Que je sens tout au fond de mon âme vengeresse
Une seule raison me fait tomber si bas
En mon âme et conscience, je n'y résiste pas
Toute limpide et consciente de son unique sagesse
Avec grâce et soin elle répand la paresse
Mais elle donne l'énergie qui permet d'aller là
En ce lieu inquiétant où ton âme dansa
Rixe contre le Pur, et contre la tendresse
Et pour s'avouer vaincu, face à l'être Amour.
pour golan8x ^^
8 commentaires, dernier de Snoopers.
Boucle intérieure
Dimanche 3 décembre 2006 à 19 h 03
Les lambeaux de pierre noire s'effondrent avec fracas
Et dévoilent les ombres de mes pleurs et mes joies
Un nouveau monde éteint disparaît sous mes pas
Le passé s'illumine et revit malgré moi
Mes yeux enfin ouverts révèlent les parois
Du puits au fond duquel je courais avec foi
Je suis une étincelle d'illusion et de joie
Que la peur a soufflée l'écrasant de son poids
Posés sur les chemins les obstacles sont là
Pour masquer le virage vers un nouveau coma
Nombreux sont les visages du destin qui s'abat
Mais le mien est celui qui jamais ne viendra
Et dévoilent les ombres de mes pleurs et mes joies
Un nouveau monde éteint disparaît sous mes pas
Le passé s'illumine et revit malgré moi
Mes yeux enfin ouverts révèlent les parois
Du puits au fond duquel je courais avec foi
Je suis une étincelle d'illusion et de joie
Que la peur a soufflée l'écrasant de son poids
Posés sur les chemins les obstacles sont là
Pour masquer le virage vers un nouveau coma
Nombreux sont les visages du destin qui s'abat
Mais le mien est celui qui jamais ne viendra
8 commentaires, dernier de golan8x.