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Avril 2006

Ma review de Condemned (PC)

Mardi 18 avril 2006 à 16 h 50
Pas d'images pour le moment, j'ai la flemme.

Et un de plus : un nouveau meurtre vient d'être commis. Si j'avais été une de ces nouvelles recrues fraîchement embarquée dans l'équipe, j'aurais d'ailleurs sûrement été traumatisé à vie : comment avait-on pu ligoté puis tué une aussi jolie fille -c'est ce que j'en ai déduis malgré son cou broyé et le teint bleu qu'avait pris son visage en manque d'oxygène- que celle que le commissaire me pointait du doigt. Sans compter l'ambiance glauque que l'assassin avait pris le temps d'installer : un joli dîner aux chandelles avait été vraisemblablement prévu entre la victime et un mannequin de vitrine, le tout décoré de milles et un yeux dessinés au marqueur sur les murs de cet ancien immeuble en décomposition. Ca sent d'ailleurs encore l'eau croupie, bien qu'il n'ait pas plu depuis des semaines. Mais bon, j'ai déjà une petite décennie d'expérience dans le milieu. Les crimes de ce genre, j'en ai rencontré des centaines et celui-ci n'est certainement pas le pire. J'en ai d'ailleurs fait ma spécialité de ce genre de meurtre, de ceux de ces serial-killers qui agissent dans les quartiers de New-York. Ou plutôt ces crimes m'ont spécialisés puisque je finis toujours par recomposer le crime et -plus rarement- à retrouver le coupable. A tel point que cela en devient douteux : comment un esprit sain peut sombrer dans la folie et commettre ce genre d'actes et pire, comment un esprit tel que le mien parvient aussi aisemment à se mettre dans la peau du criminel ? Je suis pourtant un agent estimé du FBI, je n'ai Lu

Voilà, ça, c'était à peu près, en très gros, l'introduction de "Condemned", le blockbuster de la 360 de Monolith, les déjà-coupables de No One Lives Forever, AvP sur PC et plus récemment de FEAR. Les FPS, ils connaissent donc. Si le plus ancien revisitait les films d'espionnage des seventies, le second pompait tous ces films d'épouvante asiat' épicés de gunfights à la John Woo, Condemned mélange le genre Seven aux zombies de George Romero. Car la ville où sévit le détraqué de service que l'on poursuit est aussi victime d'une étrange montée de violence : les plus démunis (SDF, mac et péripatéticiennes, victimes du CPE, drogués...) s'entretuent sans aucune raison. En parallèle et parce qu'un malheur n'arrive jamais seul, les oiseaux meurent dans des circonstances non élucidées alors même que la grippe aviaire a déjà été écartée depuis un moment des journaux télévisés. Pire : vous vous débrouillez pour vous faire piquer votre arme de service et pour être lâché au milieu de ce beau monde.

Basé sur le moteur de FEAR, le jeu a semble-t-il été optimisé au maximum pour tenir sur la console de Microsoft (supposée être nextgen), puis converti pour nos machines. Résultat : sans être exceptionellement aveuglant de beauté, Condemned reste beau, voire très beau à certains moments, et surtout extrêmement soigné, tout en restant fluide... En tout cas, sur ma bécane (AMD 3500, 1go, Geforce 5900 GT 256mo...), le jeu tourne à fond en 1280 avec anti-aliasing d'activé. Et parce que tout le monde n'a pas la même config' que moi, j'ai même lancé Steam, Photoshop, Dreamweaver, Express et Lula 3D en fond de tâche : aucun problèmes. Après, à vous de voir avec la démo. Que ce soit graphiquement, avec tous les effets conventionnels (effet bloom, bump-mapping) ou en terme de réalisation (l'ambiance sonore flippante à souhait, modélisation à titre d'exemple de la station de métro), on sent que Monolith mérite le respect. L'ambiance y est clostro à souhait et pour cause : 90% du jeu se fait en intérieur, dans des tunnels, caves, souterrains. Et lorsque l'on a droit à un petit bout d'air frais, on n'y fait pas vraiment attention puisqu'on ne prend pas vraiment le temps d'observer le décor : le regard est fixe et regarde là où éclaire notre pauvre lampe de poche (heureusement illimitée, le personnage principal n'ayant pas oublié de charger ses piles avant de partir), le reste n'étant qu'un tas de masse noire cachant monstres et compagnie. Et souvent, ça fout les chocottes. L'immersion est totale : on s'y croirait à patauger dans les égoûts, à entendre ces râles sortis de nulle part, à se retourner subitement pour être sûr que ce mannequin inerte n'était pas en fait un de ces dangereux. Le gameplay volontairement lent y est sûrement pour quelque chose dans tout ça puisqu'il est impossible de sprinter plus de 10 secondes, de sauter, de se baisser. On ne fait que marcher prudemment, à guetter tout ce qui pourrait bouger.

Si FEAR était froid, Condemned est très chaud. Les différents niveaux ont chacun leurs propre identité, on visite en vrac un immeuble désaffecté, un centre commercial abandonné, une station de métro fermée... où résonnent vos propres battements de coeur ou les respirations de vos assaillants. Et lorsque l'un d'eux daigne faire sa star et coupe le faisceau de lumière de votre lampe-torche, c'est en hurlant et en s'apprêtant à tester la resistance de notre crâne avec celle du tuyau de gaz qu'il vient tout juste d'arracher.

D'ailleurs, il faut croire que tout New-York s'est passé le mot puisqu'il aurait fallu coller des autocollants "Crash test dummies" un peu partout sur mon corps tellement je vais bouffer de coups. Des coups de boules, des strangulations, des tiroirs de bureau dans le dos, des panneau de signalisation de métro dans la nuque, des barre à mine dans le visage, des coup de masse dans les tibias... Parfois, ces sauvages iront même apprivoiser les armes à feu, du simple revolver au shotgun. Mais pas trop longtemps puisque les munitions se font extrêmement rares. Tellement qu'on utilisera très rapidement ces armes comme simples armes blanches. Bon point d'ailleurs question réalisme : utilisées de la sorte, les manches s'usent et se cassent très rapidement. Tellement qu'on préfèrera utiliser une bonne vieille hache des familles. Oui, la même que votre oncle avait brandit lors de ce Noël 89 après avoir bu un peu trop de chouchen. Bref, vous l'aviez compris : tout ce qui est long et dur (tss, tss) sera servi contre vous... et contre eux. Car bien entendu, ces armes sont aussi vos armes et vous aussi pouvez faire craquer les os. D'autant plus que vous bénéficiez en plus de fatalités. Un peu comme dans Mortal Kombat : un méchant clodo communiste veut vous taxer quelques thunes pour s'acheter sa gnole journalière mais vous après avoir passé une longue journée décidez de lui foutre une raclée. Mais pas trop. Lui s'écroule alors à genoux et vacille de la tête. S'offre à vous cinq possibilités : le tuer en lui brisant la nuque, le tuer en fracassant sa tête contre le sol, le tuer en lui donnant un ultime coup de boule, le tuer d'un simple coup de poing mais après lui avoir sussuré quelques mots doux à l'oreille ou mieux : le laisser se relever pour recommencer deux minutes plus tard. Beaucoup de sang, beaucoup de violence, presque trop. Car à la longue, le jeu ne se résume qu'à ça : taper dans le tas et c'est tout. Les niveaux sont certes entrecoupés de séances d'investigation comme n'importe quel fan de Les Experts en rêverait mais trop inutiles si ce n'est pour faire avancer l'histoire principale. Jamais le gameplay ne diffère, ne serait-ce que d'un shouïa par exemple dans une scène d'arcade où on aurait pu justement se lâcher un peu et démembrer à tout va suite à un pétage de plomb du héros... Non, Condemned reste ultra linéaire : une porte qui se présente, c'est deux possibilité. Soit elle s'ouvre (à l'aide d'une hache, d'une masse ou d'une main), soit elle ne s'ouvre pas. Question interactivé, on a vu mieux surtout que seules les portes peuvent être actionnées. Et des portes qui s'ouvrent, finalement, il n'y en a pas tant que ça. Plus agaçant, lorsqu'elle s'ouvrent à l'aide d'un quelconque accessoire, il faudra alors marcher en arrière pour retrouver l'objet convoité et retourner sur ses pas. Totalement inutile. Et dire qu'on croyait la période de "la clef rouge qui ouvre la porte" révolue.

Condemned reste néanmoins une très bonne surprise, ne serait-ce que pour les petits détails sympas qui font la différence : face à une armoire ouverte, fendez le vent de votre planche cloutée et regardez les portes se fermer et claquer sous l'effet du vent. En plein milieu d'un combat et après un tiroir encastré dans le faciès de votre adversaire, admirez le reculer, cracher du sang et quelques dents au passage avant de foncer sur vous. Lors d'un coup de fil reçu, en plus d'écouter attentivement votre interlocuteur, vous pourrez même voir le tracage en route de l'appel directement s'afficher sur l'écran de votre téléphone. Laissez un ennemi s'approche trop près de vous et il se jetera sur vous, à vous de vous en dégager en remuant la souris dans tous les sens. C'est sûr, tout ça n'apporte strictement rien au jeu, mais ce sont précisemment ce genre de détails qui donnent un véritable aspect fini au jeu. Malgré une durée de vie limitée (à peine de quoi se mater "Seven", son remake hilarant avec Christophe Lambert "Résurrection", "Le Silence des Agneaux" et "Zombies"), Condemned est un jeu à se procurer, surtout si on regarde le paysage vidéoludique actuel.
6 commentaires, dernier de G.UNIT.

Conseil : comment reussir une soirée en boite

Mardi 4 avril 2006 à 16 h 20
C'est simple, il ne faut pas oublier de l'ouvrir.