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Octobre 2005
Ce soir, c'est dimanche.
Dimanche 30 octobre 2005 à 20 h 46
Et demain matin, à fortiori, c'est lundi juste avant un mardi qui lui sera ferié. Et tout comme plus du trois quart des travailleurs français -fonctionnaires et salariés-, j'y vais de mon "putain, pourquoi je fais pas le pont comme le reste des gens ?". Ah, ça c'est quand même super con hein.
10 commentaires, dernier de evanspro.
Pas d'bol (partie 1)
Lundi 24 octobre 2005 à 00 h 17
J'inaugure ce blog avec mes posts "Pas d'bol". Parce que ma vie est remplie de ça et ce dans tous les domaines. Aujourd'hui, c'est ma soeur qui me demande gentiment de réparer son ipod. Après deux minutes d'inspection, je déclare ouvertement que son disque dur couille et que cela empêche certainement la copie des morceaux via iTunes et via Explorer. Alors moi, je décide de restaurer l'ipod (entendre par là : le formater) via le programme iPod Updater. Il est 18h32 et clique sur "Restaurer l'ipod".
Tout se fait ultra rapidement, c'est cool, je me dis que je vais avoir du bol. Sauf que "pas d'bol", l'ipod se bloque une fois restauré (pourquoi avoir choisi ce nom alors que j'efface tout ?!). Impossible de réacceder au menu de navigation, impossible de le charger, rien. Il répond plus. Après plusieurs tentatives de bouche à bouche, je finis par accepter la terrible vérité : il n'y a pas de bouche sur un iPod. Du coup, j'essaie de le rebrancher une dernière fois. Il est déjà 19h31, ma soeur doit partir pour l'aéroport dans 29 minutes, j'ai une dizaines de CD à encoder pour elle et à copier sur son lecteur mp3 en partant du principe que j'arrive à le faire fonctionner.
Je galère, surtout qu'Apple a l'habitude de travailler l'ergonomie de ses produits. Du coup, je reset l'ipod. Sauf qu'un ipod, ça n'a pas beaucoup de boutons : "Menu", "Play/Pause", "Précédent", "Suivant", le tout sur une molette. Comment reseter ? Il faut appuyer sur deux fonctions en même temps. Génial. Je navigue dans les menus, je le branche et débranche, je l'insulte, je le hais. Finalement, il m'affiche un joli pictogramme que j'ai du mal à comprendre : une sorte de glacière qui fait la gueule. Oui, d'accord, moi aussi j'ai faim mais là on est bientôt en hiver et manger une glace, ça me tente moy... mais bon sang, c'était évident : il voulait que je le branche à une prise-murale-pour-qu'il-puisse-mettre-à-jour-son-firmwire-bien-que-branché-à-un-port-USB-il-recoit-du-courant mais-apparemment-ce-n'est-pas-suffisant. Le con, il pouvait pas l'afficher avec des lettres tout simplement ?
Je hurle de joie quand j'arrive enfin à copier des morceaux sur l'iPod et que je commence enfin à encoder la pile de CD qui traîne devant moi. Il faut que je communique ma joie, je fonce donc tout droit dans le salon pour me rendre compte que je suis tout seul. "Pas d'bol", il est déjà 20h42, ma soeur est déjà partie à l'aéroport résolue à écouter la radio de l'avion et à me laisser son iPod dont je n'ai que faire.
Je me dis que ce n'est pas plus mal : j'aurai droit à de la musique même dans le métro maintenant. Sauf que "pas d'bol", après avoir installé iTunes, des programmes pour l'iPod, je suis obligé de rebooter le pc. Alors "pas d'bol", un problème grave surgit : je suis dans l'incapacité de me relogguer sur ma session Windows XP. Apparemment, les fichiers ne sont plus accessibles ou corrompus. Il est 21h10, je me dis que la soirée va être longue.
Le formatage du disque dur n'est pas envisageable, surtout que si j'avais pas eu cette manie de tout formater aussi facilement, je n'en aurais pas été là. Alors je répare, en recopiant mes fichier de sessions dans une nouvelle session nouvellement créee. Hourra, ça fonctionne. Je récupère mes fichiers "Mes Documents", "Menu démarrer" et cie mais pas mes mails. Eux, ils ont droit à une erreur de redondance cyclique. Pareil pour mes favoris, du coup "zou mes sites de cul".
Mieux : je n'ai plus accès à mes dossiers mp3 eux aussi victimes de l'erreur CRC. L'ipod n'est plus du tout detecté par le système et j'ai beau tout tenter pour tout remettre en ordre, tout plante lamentablement.
Je me dis au final "tout ça pour ça". Le pire dans tout ça, c'est que je reçois mon propre iPod Vidéo d'ici deux semaines.
Il est 00h17, je pars donc me coucher.
Tout se fait ultra rapidement, c'est cool, je me dis que je vais avoir du bol. Sauf que "pas d'bol", l'ipod se bloque une fois restauré (pourquoi avoir choisi ce nom alors que j'efface tout ?!). Impossible de réacceder au menu de navigation, impossible de le charger, rien. Il répond plus. Après plusieurs tentatives de bouche à bouche, je finis par accepter la terrible vérité : il n'y a pas de bouche sur un iPod. Du coup, j'essaie de le rebrancher une dernière fois. Il est déjà 19h31, ma soeur doit partir pour l'aéroport dans 29 minutes, j'ai une dizaines de CD à encoder pour elle et à copier sur son lecteur mp3 en partant du principe que j'arrive à le faire fonctionner.
Je galère, surtout qu'Apple a l'habitude de travailler l'ergonomie de ses produits. Du coup, je reset l'ipod. Sauf qu'un ipod, ça n'a pas beaucoup de boutons : "Menu", "Play/Pause", "Précédent", "Suivant", le tout sur une molette. Comment reseter ? Il faut appuyer sur deux fonctions en même temps. Génial. Je navigue dans les menus, je le branche et débranche, je l'insulte, je le hais. Finalement, il m'affiche un joli pictogramme que j'ai du mal à comprendre : une sorte de glacière qui fait la gueule. Oui, d'accord, moi aussi j'ai faim mais là on est bientôt en hiver et manger une glace, ça me tente moy... mais bon sang, c'était évident : il voulait que je le branche à une prise-murale-pour-qu'il-puisse-mettre-à-jour-son-firmwire-bien-que-branché-à-un-port-USB-il-recoit-du-courant mais-apparemment-ce-n'est-pas-suffisant. Le con, il pouvait pas l'afficher avec des lettres tout simplement ?
Je hurle de joie quand j'arrive enfin à copier des morceaux sur l'iPod et que je commence enfin à encoder la pile de CD qui traîne devant moi. Il faut que je communique ma joie, je fonce donc tout droit dans le salon pour me rendre compte que je suis tout seul. "Pas d'bol", il est déjà 20h42, ma soeur est déjà partie à l'aéroport résolue à écouter la radio de l'avion et à me laisser son iPod dont je n'ai que faire.
Je me dis que ce n'est pas plus mal : j'aurai droit à de la musique même dans le métro maintenant. Sauf que "pas d'bol", après avoir installé iTunes, des programmes pour l'iPod, je suis obligé de rebooter le pc. Alors "pas d'bol", un problème grave surgit : je suis dans l'incapacité de me relogguer sur ma session Windows XP. Apparemment, les fichiers ne sont plus accessibles ou corrompus. Il est 21h10, je me dis que la soirée va être longue.
Le formatage du disque dur n'est pas envisageable, surtout que si j'avais pas eu cette manie de tout formater aussi facilement, je n'en aurais pas été là. Alors je répare, en recopiant mes fichier de sessions dans une nouvelle session nouvellement créee. Hourra, ça fonctionne. Je récupère mes fichiers "Mes Documents", "Menu démarrer" et cie mais pas mes mails. Eux, ils ont droit à une erreur de redondance cyclique. Pareil pour mes favoris, du coup "zou mes sites de cul".
Mieux : je n'ai plus accès à mes dossiers mp3 eux aussi victimes de l'erreur CRC. L'ipod n'est plus du tout detecté par le système et j'ai beau tout tenter pour tout remettre en ordre, tout plante lamentablement.
Je me dis au final "tout ça pour ça". Le pire dans tout ça, c'est que je reçois mon propre iPod Vidéo d'ici deux semaines.
Il est 00h17, je pars donc me coucher.
4 commentaires, dernier de evanspro.
Fuck me ! I'm famous !
Samedi 22 octobre 2005 à 01 h 00
Bon sang ! Pour ceux qui me connaissent (google vous répondra), vous devez savoir que j'ai une attitude élitiste-parisien-trou-de-balle-faussement-hype totalement gerbante. Le problème, c'est que dans la vraie vie, je suis pas du tout comme ça. Je suis du genre bouffon de service qui sort des blagues à deux balles et qui rit à ses propres blagues (croyez moi sur parole, ce genre de personne est le pire que vous puissiez rencontrer). Voyez, c'est un peu comme le noir de service dans un film américain qui peut pas s'empêcher d'être faussement cool en balançant des vannes à deux balles toutes les deux secondes après avoir failli mourir.
Et bien ça, c'est moi. Pas le noir de service qui échappe à la mort, mais celui qui rigole tout le temps connement. Et le problème, c'est qu'à force de passer du temps sur le net, les gens -qui ne me connaissent pas personellement- ont définitivement tendance à croire que vous êtes un connard fini. C'est totalement justifié mais de ce n'est pas ma faute, mais vraiment pas du tout.
Je n'essaie pas d'avoir un ton hautain, ni d'avoir raison sur tout. C'est juste que comme je prend le temps de donner mes points de vue, forcémment je les appuie avec des exemples relativement concret.
Sauf que pas de bol, à force de trainer de salles de concert à salles de concert, les gens connaissent ma tête. J'ai beau changer de coupe toutes les semaines (exemple : passer de la coupe disco frisé aux mèches folles décolorées à celui de clodo de service pas rasé), on me reconnait. Peut être parce que je porte aussi un badge à l'effigie de ce que je fais sur le net. C'est même sûrement ça.
Quoiqu'il en soit, le problème est que quand une personne me croise dans la rue me prenant pour ce que je suis virtuellement et pas vraiment, ben paf ça ressemble à à peu près ça :
"Tiens, t'es pas le mec qui s'occupe d'un site de merde ?"
"Euh ouais, y a des chances, tout ce que je touche se transforme en merde de toutes façons"
"Tu sais que tu racontes vraiment que des conneries ? Tu te prends pour qui là ? T'as rien d'un critique, t'as pas de culture musicale. Tu vois, moi je bosse dans un studio de musique, je fais ça depuis des années, je m'y connais plus que toi et je suis plus apte à critiquer que toi connard".
Et là, entre deux stations de métro, c'est parti pour un long débat de "Suis-je une grosse merde ou un gros connard" de quarante minutes. Mais ça, je m'en tape -je suis bien au dessus de tout ça après tout-. Parce que le seul point que j'aurai retenu de tout ça est :
"Doit-on savoir construire un moteur pour apprécier une voiture ?" ou plus explicitement : "Faut il forcémment savoir produire un CD et jouer d'un instrument pour pouvoir se permettre d'apprécier ou pas un disque et se permette de le critiquer ?".
Je me pose la question tout en repensant à ce type qui m'aura donné une jolie droite dans mon égo.
Et bien ça, c'est moi. Pas le noir de service qui échappe à la mort, mais celui qui rigole tout le temps connement. Et le problème, c'est qu'à force de passer du temps sur le net, les gens -qui ne me connaissent pas personellement- ont définitivement tendance à croire que vous êtes un connard fini. C'est totalement justifié mais de ce n'est pas ma faute, mais vraiment pas du tout.
Je n'essaie pas d'avoir un ton hautain, ni d'avoir raison sur tout. C'est juste que comme je prend le temps de donner mes points de vue, forcémment je les appuie avec des exemples relativement concret.
Sauf que pas de bol, à force de trainer de salles de concert à salles de concert, les gens connaissent ma tête. J'ai beau changer de coupe toutes les semaines (exemple : passer de la coupe disco frisé aux mèches folles décolorées à celui de clodo de service pas rasé), on me reconnait. Peut être parce que je porte aussi un badge à l'effigie de ce que je fais sur le net. C'est même sûrement ça.
Quoiqu'il en soit, le problème est que quand une personne me croise dans la rue me prenant pour ce que je suis virtuellement et pas vraiment, ben paf ça ressemble à à peu près ça :
"Tiens, t'es pas le mec qui s'occupe d'un site de merde ?"
"Euh ouais, y a des chances, tout ce que je touche se transforme en merde de toutes façons"
"Tu sais que tu racontes vraiment que des conneries ? Tu te prends pour qui là ? T'as rien d'un critique, t'as pas de culture musicale. Tu vois, moi je bosse dans un studio de musique, je fais ça depuis des années, je m'y connais plus que toi et je suis plus apte à critiquer que toi connard".
Et là, entre deux stations de métro, c'est parti pour un long débat de "Suis-je une grosse merde ou un gros connard" de quarante minutes. Mais ça, je m'en tape -je suis bien au dessus de tout ça après tout-. Parce que le seul point que j'aurai retenu de tout ça est :
"Doit-on savoir construire un moteur pour apprécier une voiture ?" ou plus explicitement : "Faut il forcémment savoir produire un CD et jouer d'un instrument pour pouvoir se permettre d'apprécier ou pas un disque et se permette de le critiquer ?".
Je me pose la question tout en repensant à ce type qui m'aura donné une jolie droite dans mon égo.
8 commentaires, dernier de evanspro.
Il était X fois.
Mercredi 19 octobre 2005 à 21 h 47
ns les yeux, sans vraiment trop comprendre pourquoi. Mais après tout, il n'avait qu'à pas me faire ce coup de pute. Ok, je suis une personne faible (je remercie du fond du coeur la génétique et mon père). Ok, je suis une personne qui réagit de façon exagérée (je remercie du fond du coeur la génétique et ma mère). Mais là, c'était pousser le bouchon trop loin : je me devais de réagir, violemment s'il le fallait.
Non seulement ça m'énerve mais surtout, il perd du temps et ça fait chier une grande partie de notre entourage. Alors je le lui dis face-à-face : "Tu te rends compte de ce que tu fais là ? De ce que tu as fait et surtout, de ce que tu n'as pas fait ?". Pas de réaction, je continue. "Tu m'as vu là ? Vas-y, jette un oeil à ma gueule. J'ai l'air heureux ? J'ai l'air épanoui ? J'ai l'air empli de joie de vivre ? Non, pas vraiment. Et tu sais que c'est en grande partie de ta faute hein ? et que là avec le temps ça ne s'arrange pas !".
... pas de réaction. S'offrent alors à moi trois possibilités. Pleurer, le molester violemment et voir si sa structure moléculaire est aussi liée qu'on le dit ou encore partir et tout oublier. J'opte étonnement pour la deuxième solution. Presque mécaniquement, mon poing droit se resserre sur lui-même, mes phalanges craquent et bloquent tout afflux de sang : l'extrémité de mon bras vient de gagner 10 degrés Celsius. L'artère bouchée gonfle au fur et à mesure remontant jusqu'à mon épaule qui se braque soudainement en arrière. Déclic : je me rends compte que ça va faire mal. Non seulement pour lui mais aussi pour moi. Réflexe : mes yeux se ferment anticipant une douleur inévitable. Inévitable car les doigts de ma main gauche se sont déjà refermés sur son col à lui. Tout est parfaitement ordonné, je n'agis plus et ne fais que constater son faciès béa, ma posture digne d'un lanceur de poids et le vide autour de nous. Un mécanisme semblable au mien s'est aussi enclenché de son côté à la différence près que lui est dans une position de défense. Enfin, pas vraiment. Peut-être est-ce son côté pratiquant catholique qui prend le dessus puisqu'il a à cet instant précis la même position résignée que Jésus-Christ devait avoir quand on lui a annoncé qu'il allait se coltiner une croix sur ouat mille kilomètres. Et voilà que je sens un afflux d'adrénaline remonter; c'est le feu vert; mon bras fonce tout droit sans patiner sur place; c'est le crash.
Donner une droite comme cela, ça ne m'était jamais arrivé, d'autant plus que je suis gaucher. Mais là, de façon plus générale, je resterai persuadé que ça n'arrive pas aussi souvent qu'on veut bien le croire. Parce qu'il a volé en l'air, un peu comme dans les animes où le gentil vient de propulser le méchant en l'air. Ici, c'est pareil sauf que la jolie courbure de sang qui s'élève est réelle. Tout comme la douleur que je ressens au poing droit. Tout comme lui va s'écraser mollement au sol après avoir heurté de son crâne un mur de briques beiges. Moment de panique : et si je l'avais tué ?
... faut pas déconner non plus. La preuve : ses yeux se ré-ouvrent, il se frotte déjà la joue en chuchotant "Putain, ça fait mal". Et c'est tout. Toujours cet affront sous forme de placidité caricaturée. Alors il continue de m'agacer en ne faisant rien, en faisant mine de ne pas comprendre le pourquoi du comment. Je me dis que je le frapperais bien à nouveau mais ma main droite risque de passer un long séjour dans un bac à glace et j'ai besoin de ma main gauche pour travailler demain. Je tente donc l'ultime solution : je parle. Chose jamais tentée auparavant et pour cause : on ne m'a jamais appris à parler. La communication, je connais, mais d'une façon qui est différente de celle des autres. Si bien que personne ne me comprend. Je tente donc de parler et une bouillie de mot bégayés se jettent sur lui. Son arnaque à la con, son attitude condescendante, ses promesses à deux balles. Tout lui retombe dessus et ça fait du bien.
Sauf que pas de bol, lui continue de dégager cette impression d'avoir affaire à un autiste croisé à un poisson rouge. Il se retâte à nouveau sa pommette boursouflée et me regarde droit da
Non seulement ça m'énerve mais surtout, il perd du temps et ça fait chier une grande partie de notre entourage. Alors je le lui dis face-à-face : "Tu te rends compte de ce que tu fais là ? De ce que tu as fait et surtout, de ce que tu n'as pas fait ?". Pas de réaction, je continue. "Tu m'as vu là ? Vas-y, jette un oeil à ma gueule. J'ai l'air heureux ? J'ai l'air épanoui ? J'ai l'air empli de joie de vivre ? Non, pas vraiment. Et tu sais que c'est en grande partie de ta faute hein ? et que là avec le temps ça ne s'arrange pas !".
... pas de réaction. S'offrent alors à moi trois possibilités. Pleurer, le molester violemment et voir si sa structure moléculaire est aussi liée qu'on le dit ou encore partir et tout oublier. J'opte étonnement pour la deuxième solution. Presque mécaniquement, mon poing droit se resserre sur lui-même, mes phalanges craquent et bloquent tout afflux de sang : l'extrémité de mon bras vient de gagner 10 degrés Celsius. L'artère bouchée gonfle au fur et à mesure remontant jusqu'à mon épaule qui se braque soudainement en arrière. Déclic : je me rends compte que ça va faire mal. Non seulement pour lui mais aussi pour moi. Réflexe : mes yeux se ferment anticipant une douleur inévitable. Inévitable car les doigts de ma main gauche se sont déjà refermés sur son col à lui. Tout est parfaitement ordonné, je n'agis plus et ne fais que constater son faciès béa, ma posture digne d'un lanceur de poids et le vide autour de nous. Un mécanisme semblable au mien s'est aussi enclenché de son côté à la différence près que lui est dans une position de défense. Enfin, pas vraiment. Peut-être est-ce son côté pratiquant catholique qui prend le dessus puisqu'il a à cet instant précis la même position résignée que Jésus-Christ devait avoir quand on lui a annoncé qu'il allait se coltiner une croix sur ouat mille kilomètres. Et voilà que je sens un afflux d'adrénaline remonter; c'est le feu vert; mon bras fonce tout droit sans patiner sur place; c'est le crash.
Donner une droite comme cela, ça ne m'était jamais arrivé, d'autant plus que je suis gaucher. Mais là, de façon plus générale, je resterai persuadé que ça n'arrive pas aussi souvent qu'on veut bien le croire. Parce qu'il a volé en l'air, un peu comme dans les animes où le gentil vient de propulser le méchant en l'air. Ici, c'est pareil sauf que la jolie courbure de sang qui s'élève est réelle. Tout comme la douleur que je ressens au poing droit. Tout comme lui va s'écraser mollement au sol après avoir heurté de son crâne un mur de briques beiges. Moment de panique : et si je l'avais tué ?
... faut pas déconner non plus. La preuve : ses yeux se ré-ouvrent, il se frotte déjà la joue en chuchotant "Putain, ça fait mal". Et c'est tout. Toujours cet affront sous forme de placidité caricaturée. Alors il continue de m'agacer en ne faisant rien, en faisant mine de ne pas comprendre le pourquoi du comment. Je me dis que je le frapperais bien à nouveau mais ma main droite risque de passer un long séjour dans un bac à glace et j'ai besoin de ma main gauche pour travailler demain. Je tente donc l'ultime solution : je parle. Chose jamais tentée auparavant et pour cause : on ne m'a jamais appris à parler. La communication, je connais, mais d'une façon qui est différente de celle des autres. Si bien que personne ne me comprend. Je tente donc de parler et une bouillie de mot bégayés se jettent sur lui. Son arnaque à la con, son attitude condescendante, ses promesses à deux balles. Tout lui retombe dessus et ça fait du bien.
Sauf que pas de bol, lui continue de dégager cette impression d'avoir affaire à un autiste croisé à un poisson rouge. Il se retâte à nouveau sa pommette boursouflée et me regarde droit da
5 commentaires, dernier de evanspro.
A mon tour...
Mercredi 19 octobre 2005 à 21 h 42
... d'ouvrir un blog sur nofrag. Heureux ?
3 commentaires, dernier de StarflaM.