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Janvier 2005

Tentative vouée à l'échec : "demanteler le complot international contre moi"

Jeudi 27 janvier 2005 à 16 h 10
En effet, il y a un complot contre moi, je le soupçonnais depuis quelques mois : des ombres dans mon dos dans la rue, des conversations qui s'arrêtent à mon approche et tant d'autres signes tout autant révélateurs. (comme le fait que mon blog pourtant mis à jour tous les 36 du mois n'ai reçu que 4 visiteurs)

Mais accumulant les doutes dans mon esprit, j'avais remarqué un relâchement de Leur pression récemment, j'ai pensé être delivré parce que peut être je n'étais pas un assez gros poisson...à tort. Non Ils préparaient juste un bon gros coup, celui destiné à me démoraliser pour que j'arrête mon ascension vers la domination du monde. Le moins que je puisse dire c'est qu'Ils ont bien joué leur coup, je suis complêtement anéanti dans ma chair et mon âme.

Rappel des faits :

Début 2003 : J'achète un appartement dans le Iksvé ième, nombreux avantages : vie avec ma ptite femme, mon chez moi et à moi, rapprochement géographique de mon emploi dans le Véhihihi ième.

Seul problème, lors des visites de l'appart' avant l'achat il paraissait habitable. C'était sans compter sur Leurs manoeuvres insidieuses : en dessous des papiers peints (genre bien épais fibre de verre) les murs étaient pourris, totalement rongés par de l'eau remontant du sol.
On se rassure, je ne me suis pas fait voler sur le prix de l'appart' mais la super affaire est devenue d'un coup moins super. Bref apres quelques travaux de gros oeuvre :

mi 2004 : J'emmenage dans mon appart'. Pourquoi tant de temps ? tout simplement parce que apres avoir fait le nécessaire pour empecher l'eau de monter dans les murs ils faut aussi les laisser secher avant de mettre des doublages en placo, sinon rebelotte 6 mois plus tard. Inutile de dire que j'en ai aussi profité pour refaire toute l'electricité, faire amener le gaz et tout. Bref mon appart n'a plus de pièces d'origine, tout neuf sauf les murs, secs maintenant.

Décembre 2004 : Cela fait quelques mois que je profite de mon investissement, vie avec chérie qui connait des hauts et des bas (soudoyée par Eux ?), mais surtout que j'ai la chance d'avoir une extrême proximité entre mon chez moi et mon travail.

Clairement j'ai échangé un trajet en metro de 45 minutes (dont ligne 7 si chère à Netsabes) contre 15 minutes de bus (infesté de ptites vieilles aux heures de pointe, calmant direct toute velleité de s'assoir, au risque de se voir réclamer méchament la place sous les regards méprisants des quidams. Oui bien sûr qu'elles travaillent pour eux, presque inscoupçonnables)

Bref à cette époque bénie tout va bien, quand soudain c'est le drame....

début 2005 : les rumeurs se confirment, la boite déménage. Présentation savament orchestrée des dirigeant devant tout le monde, tuant dans l'oeuf les rebellions car chacun souhaite éviter la curée devant tout le monde. Au sortir que des avantages :

On quitte un superbe immeuble privé du Véhihihi ième, proche metro, commerces, restaurants. Pour une volière proche Paris, Seine et terrains vagues.

Comprennez dans notre Hôtel particulier de plein de M² agréablement répartis sur plusieurs étages en bureau de maximum 5-6 personnes, intimiste, nous étions trop cloisonnés. Nous allons decouvrir les joies de l'open Space, 150+ personnes sur autant de m² de plein pied cloisonné de PQ avec des minis plateaux de 30 personnes.
C'est très bon pour la communication, désormais non content de voir arriver Gisèle 2x par jours pour me dire des conneries dont je me fous éperdumment, je vais aussi passer la journée à l'entendre parler à Robert son macho de mari, Kevin son crétin de fils et "maman" sa vieille de mère.
Et puis ai-je envie de rajouter la communication c'est pas vraiment un problème de disposition mais plutôt de gens : j'y suis pour rien si les gens avec des chaussures de sorcières ne savent pas dire bonjour parce que tu fais pas 75Keuros par an et ne joue pas a kikale+gro IRPP.

L'immeuble est rècent : un immeuble moderne se caractérise par plusieurs détails.
- Déja il y a un acceuil inter entreprise pour verifier et guider ceux qui rentrent, les visiteurs s'adressent à l'acceuil pour être dirigé vers l'acceuil de la société qu'il viennent voir pour enfin être introduit vers la secrétaire de la personne du RDV et finalement poireauter dans une salle d'attente que cette personne ai fini sa précedente réunion (ou que la personne ai fini d'introduire sa secretaire dans la salle d'attente sous couvert de la précédente réunion). Les employés eux, badgent.
- Le badge autre gadget du modernisme, est l'ennemi de l'employé. Avant on parlait de la pointeuse comme telle, mais non la pointeuse est l'amie de l'employée car elle montre fidèlement les heures d'arrivée et de sortie. Le badge lui donne l'heure d'arrivée seulement, on reprimera donc tout retard matinal mais on se gardera bien de payer celui qui part 2 heures plus tard, bah oui ça la machine ne le dit pas...
- A l'image des cartes mères ou des villes usines, un immeuble moderne c'est le tout intégré. On ne sort pas entre le matin en arrivant et le soir en partant (en même temps y'a rien a proximité.. "mais ça se construit bien ne vous inquiétez pas"). Restau d'entreprise de qualitay ("33 plats differents chaque jour", differents les uns des autres ou differents de la veille ?) et caféteria, bref fini tickets restau et découvertes de petit troquets pas cher et bien bons.
- Autre modernisme, on ne fume pas car fumer c'est asbinne (et l'arabe n'est pas a la mode merci Foxnews, 24h et la DRH). Non, cette barre HLM habilement déguisée en arc de triomphe du capitalisme ne comporte pas de coin fumeur. Ne pas tenter d'allumer de clope au restau ou à la cafet' sous peine d'accroissement de la charge de travail des vigiles, obligés de lever leurs culs de devant leurs caméras pour vous foutre dehors (et c'est con car celles des ascenseurs peu connues sont toujours marrantes, et la superbe blonde du marketing de la boite au 2ème avec le string qui gratte vient de passer le hall).
Non mon brave ami pour fumer, ils faudra aller sur le trottoir. D'un côté je respecte l'efficacité du capitalisme : pourquoi mourrir d'un cancer dans 20ans alors que tu peux contracter une pneumonie en moins de 2 jours, mortelle en 10.
De l'autre, je suis plus circonspect sur l'aspect tu fumes donc : tu sors en passant devant le chef, tu descends x étages, tu fumes ta clope, tu badges (et le log reste), tu remontes x étages, tu repasses devant le chef. Finalement au lieu de 5 minutes pour aller à la salle fumeurs et en griller une puis revenir, la moindre clope risque de durer 15 minutes, et si tu fumes toutes les heures c'est vraiment génant pour ta carrière..."oui chef, désolé Chef" je vais arrêter non par volonté mais pour pas me faire mal voir.

Nous nous rapprochons de nos clients, situés sur l'axe sud ouest / nord ouest. Cool 90% du siège social est composé de services administratifs donc sans lien avec les clients, content que ceux ci n'aient plus à prendre la 607 de société pour venir sur les champs pour rencontrer les 10% qui restent 1 fois l'an. Par contre moi bah j'échange mes 15 minutes de bus contre 30 - 35 de metro + RER, beaucoup d'autres voient encore s'ajouter 20-30 minutes à leurs 2h30 de trajet quotidien.

Alors je le clame haut et fort : c'est bon Vous avez gagné, n'en jetez plus, j'ai plus faim.

Merci.

ps : toute ressemblance avec des événements existant dans une boite existante ou eventuellement je travaillerais serais purement fortuite car tout ce texte est écrit au second degré et je dois avouer être moi même très pressé de déménager... eventuellement.
ps2 : en même temps je déprime pas hein, y'a franchement plus a plaindre que moi de ces changements, mais bon c'est un blog alors raconter sa vie en pervetissant un peu le truc c'est fnu.

Tentative vouée a l'échec :" Attirer les jeunes Nofragés vers la Compta/Finance" Partie I

Mardi 4 janvier 2005 à 18 h 00
Dans ma série "Tentatives pourries",

Aujourd'hui les joies de la profession de compable/financier.

Pour ça je vais faire un article plus intimiste et parler ici de mon experience professionnelle.

Commençons donc si vous le voulez bien par ma scolarité.

Bac STT info/Gestion : Suite à des résultats plus que moyens à l'issue d'une seconde foireuse, c'est tout naturellement que je me suis retrouvé sur une voie de bac tertiaire. Heureusement pour moi mon lycée était réputé et donnait à ses BAC STT IG une excellente formation générale (proche du niveau ES mais plus pointu en Micro-éco et à la traine en macro).

BTS Comptabilité : Je sais beaucoup se diront comment après un bac info, il a pu ainsi se detourner du droit chemin pour rejoindre la legion grimaçante des tricards derrière leurs bureaux. Deux raisons, consciente : je rêvais de monter un studio de dev de jeux vidéos ou de BD (bref je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire), et n'ayant personnellement aucun talent artistique et plutôt une vision cartésienne du monde j'ai pensé que je serais plus utile tenir les rènes et cadrer les créatifs que tenter d'en devenir hein sur le tard.
Inconsciente : faire comme beau papa. Comptable de son état, jeune cadre dynamique à qui la vie a réussie suffisament tôt pour être à l'aise dans ses pompes encore jeune.

CNAM : Un chouïa lassé des études, et avec un BTS en poche obtenu par la grâce du seigneur (vraisemblablement bourré ce jour là), j'ai délaissé le chemin traditionnel DECF/DESCF (qui font l'élite des comptable, les éloignant encore un peu du genre humain) pour une voie obscure d'interim et de CNAM par cours du soirs. Rapidemment épuisé par ce rythme soutenu (1 mois d'interim/2 semaines de repos mérité avec 2 soirs/semaine de cours) j'ai fini par abandonner l'idée d'aller aux cours tout en me procurant les poly et livres des professeurs. Ce qui m'a permi au bout du compte d'obtenir l'équivalent de licenses de Marketing et Management (oui j'ai foiré l'aspect compta/fiscalité).
Ces diplômes qui n'existent plus sur les refereciels du CNAM étaient censés avoir un public d'entreprises très envieuses des recrues en sortant. En réalité, ils ne m'ont valus que des haussements de sourcils interrogatifs de la part de mes interlocuteurs professionnels :"ouais bon on va dire BTS ok ?"

Vient ensuite (et pendant en fait) l'impitoyable monde du dehors, la vraie vie (pas vraiment rêvée des anges) du monde des actifs, des vrais gens productifs...

L'interim :

L'interim c'est vachement bien, pas d'entraves, beaucoup d'amour parce que tu viens pour depanner, des salaires de ministres du monde. Enfin ça c'est la brochure; le monde réél Neo, c'est comme un bon gros train dans ta face ca surprend.

Comme tout bon jeune diplômé je me suis inscrit dans plusieurs boîtes d'interim : Vedior Bis et Michael Page.

Vedior Bis :

- Recrutement
Reçu par une dame ma foi charmante, on me conduit devant un Pc avec un petit soft type QCM pour evaluer mon niveau.
Tout frai sorti d'un diplôme obtenu en echange d'un nombre considérables de cierges sacrifiées par ma mère je pensais vraiment me faire éconduire avec un sourire narquois.
Quelle surprise lorsque l'on m'appris que j'étais vraiment bon et que je pouvais travailler où je voulais dans la compta, clients, fournisseurs, compta générale toutes les portes m'étaient ouverte.
Recrues de choix pour Vedior ils n'ont eu de cesse de me proposer des missions....impossibles.

- Missions...
...Impossible de me rappeller toutes les missions faites pour cette boîtes, mais une m'a profondément marquée. Chez une filiale du groupe FT qui assurait le financement de centres autocommutateurs pour les entreprises (le matériel pour les standart téléphoniques et repartition des lignes internes et externes)
Pas d'entretien, juste une date et une heure d'arrivée désirée. Bon déjà on sait que ce n'est pas une mission à responsabilité, mais faut bien manger (enfin avoir de l'argent de poche et continuer a piller le frigo de maman)
Arrivée au sein de l'équipe, premières explications du fonctionnement. Comme dans beaucoup de filiales appartenant de des grosses boîtes, pas de direction, juste des opérationnels et une comptabilité limitée au stricte minimum, le reste étant du ressort du groupe.
Bon ca commence bien, juste des comptables et des commerciaux ? pas d'êtres humains ?
Mon arrivée correspondait a quelques jours près au départ de Freddy, jeune contrat de qualif qui dans mes âges et vraiment le bon bougre. Après quelque temps à se renifler le cul on a sympathisé et il m'a expliqué la vie de la boîte.

Les commerciaux : C'étaient des gens très sympa mais sous l'egide d'une diplômée d'histoire ou d'art qui n'avait pu percé dans son élément. Celle ci s'était tournée vers le commerce et les années aidant elle était parvenue a un poste de responsable. Malheureusement son incompétence dans les choses du commerce et son amère frustration carrièrique en avait fait un démon de l'ancien temps. Couplez tout ça avec un tempérament de Pétasse qui veut se faire remarquer non par ses résultats mais par la longueur (ou l'absence de...) de sa jupe et vous devinez qu'il passaient un super bon moment.
Par extension, pour un responsable commercial, la compta c'est le mal, mais jamais au niveau des chefs comptables toujours a celui des petits cons qui passent les écritures, j'ai aussi passé de super bons moments.

La compta : on était 2 employés et une chef (la compta c'est l'armée pas de responsables mais des chefs, contrairement au commerce). L'autre comptable était une jeune maman, présente deux fois par semaine, qui se faisait un plaisir de me laisser faire son taff le reste du temps.
Mais la Chef la c'était la cerise. Physiquement, c'était une tornade rousse de de 1m40 (rééls 1m50 selon les autorités) d'une cinquantaine d'années (ou alors 40 mais de guerre civile), qui ne tenait debout que grace a sa perf' de café et don eternel mégot gréffé entre l'index et le majeur.

Mon travail était basique, saisir chaque matin les 300 ventes de la veille en me faisant copieusement engueuler par Josianne (ma tornade rousse) de bureau à bureau (distincts et 10m d'écart et tout l'étage avait le droit à mes noms d'oiseaux). Ensuite dejeuner avec les commerciaux, de très bons amis parmi eux et de bonnes discussions devant un menu vapeur. Puis l'après midi avec au début l'engeulade de Jojo qui avait profité de sa non-pause de midi pour relever toutes mes fautes de frappes, puis la relance des clients rétifs au paiement (pour cause de travaux non effectués, mais c'est pas une raison pour pas les payer monsieur ou de merdes techinques) et enfin une bonne soufflante de la responsable du commerce qui m'accusait de couper les ponts entre la boîte et les clients (ouais enfin moi je leur vendais pas la tronçonneuse...)

J'ai tenu 3 mois pour deux motifs, la paye était pas mal et progressivement les rapports se sont detendus entre Jojo et moi, elle me permettait de l'insulter aussi. Un exemple concret de discussion par bureau interposé :
- Sébastien... Sébastien... Mais il est où encore ce petit con.
- Il est là et il t'emmerde
- ah ok, tu pourrais passer cette écriture...

A tel point que c'est presque en larmes que nous nous sommes quittés quand j'ai refusé de renouveller mon contrat à la veille de l'euro. (Je sens des sceptiques, bon ok disons que elle etait presque en larmes et moi mort de rire)

Bon vu comme le poste est long je continuerais ulterieurement, le temps pour vous de vous remettre de ce roman (non lu depuis la 7ème ligne) avant de ne pas vous attaquer la prochaine et j'espere dernière.