T'en veux-tu à c't'heure ? (le blog de RLucas)

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Mock them mercilessly

Mercredi 5 novembre 2008 à 03 h 33


Et dire que leur dialogue trainait sur le net depuis de longues semaines... Oui, j'ai finalement lu la rencontre entre Obama et Bartlet. Quel plaisir que de retrouver la plume d'Aaron Sorkin servir à nouveau la fiction politique. Et quel plaisir que de croire entendre raisonner la « presidential voice » de Martin Sheen en longs échos l'espace d'une courte lecture.

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BARTLET I’m supporting McCain.
OBAMA Why?
BARTLET He’s promised to eradicate evil and that was always on my “to do” list.
OBAMA O.K. —

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BARTLET Well, it seems to me your problem is a lot like the problem I had twice.
OBAMA Which was?
BARTLET A huge number of Americans thought I thought I was superior to them.
OBAMA And?
BARTLET I was.

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OBAMA I’m asleep?
BARTLET Yes, and you’re losing a ton of white women.
OBAMA Yes, sir.
BARTLET I mean tons.
OBAMA I understand.
BARTLET I didn’t even think there were that many white women.
OBAMA I see the numbers, sir. What do they want from me?
BARTLET I’ve been married to a white woman for 40 years and I still don’t know what she wants from me.
OBAMA How did you do it?
BARTLET Well, I say I’m sorry a lot. (je crois me souvenir que celle-ci est déjà apparue dans The West Wing)

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OBAMA You’re saying race doesn’t have anything to do with it?
BARTLET I wouldn’t go that far. Brains made me look arrogant but they make you look uppity. Plus, if you had a black daughter —
OBAMA I have two.
BARTLET — who was 17 and pregnant and unmarried and the father was a teenager hoping to launch a rap career with “Thug Life” inked across his chest, you’d come in fifth behind Bob Barr, Ralph Nader and a ficus.

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La fiction dans son ensemble, réclamée et publiée par l'éditorialiste du New York Times Maureen Dowd, est disponible sur le site du journal.



Quant aux innombrables similarités entre le successeur de Josiah dans l'Aile Ouest et le soon-to-be président? (espérons-le) Obama, aucun miracle en vue, seulement une bonne dose de lucidité : Matt Santos est tout bonnement inspiré directement du candidat démocrate, qui a été suggéré aux auteurs de l'émission en 2004 par un consultant en relation avec un proche collaborateur du personnage réel. Quand la réalité dépasse la fiction...

À l'heure où la carte électorale des États de l'Est commence à se dessiner, pas de grande surprise, le bataille est rude en Floride alors que les démocrates semblent distancer leurs adversaires en Caroline du Nord (edit: heeee non). Par contre, l'avance des démocrates au Congrès augure une bonne majorité -vers la super-majorité? Ce serait trop beau, je suis sceptique.

EDIT: Big surprise, Obama dépasse les 270 grands électeurs une fois le dépouillement amorcé à l'Ouest. Ça, c'est fait. L'Ohio et l'Indiana devraient être bleus, tout comme la Floride. La Caroline du Nord oscille toujours. La Virginie passe démocrate après quatre décennies de vote républicain si je ne m'abuse.
Au Capitole, les démocrates semblent buter sur la barrière des 60 sièges, tandis que les représentants bleus à la chambre basse continuent leur ascension.

EDIT2: Avec 4 sièges au Sénat encore indécis et 56 sièges acquis aux démocrates, ces derniers ne devraient pas s'emparer des trois cinquièmes requis pour contrer un filibuster notamment (ou un veto présidentiel, mais dans ce cas...). En effet, le sénateur de Géorgie peut être appelé pour les républicains, sans surprise, et l'Alaska devrait suivre, tandis que les résultats au Minnesota et en Oregon sont too close to call. Si proche du but. La victoire est belle, pourtant.

« Break’s over. »

Come on up for the rising

Jeudi 30 octobre 2008 à 05 h 56


« Change we can believe in ». Barack Obama espère convaincre l’électorat qu’une fois qu’il aura repris le bureau ovale à son prédécesseur, l’Amérique quittera le train neo-con du New American Century. Huit ans pour rien ? Les think-tanks des faucons ne semblent pas ébranlés le moins du monde. Si l’américain moyen aura certainement retenu le blâme du déclin étasunien sur W, saura-t-il mettre à l’écart les puissants acteurs de la crise politique ? Peu probable. C’est George W. Bush qui, depuis son trou dans la confiance des citoyens, les a préservé. Alors que son cabinet se disloque prématurément, le texan garde profil bas et prend soin de n’éclabousser aucun de ces politiciens de backdoor qui l’ont envoyé en première ligne. L’« aveugle » tombe, inévitablement, et les « sourds » regardent déjà celui qui viendra prendre sa place. Carlucci, Perle, Zoellick, Armitage ou encore Baker, les « Vulcains » de Bush, pour la plupart vétérans de la période Reagan, demeurent coriaces (et plus riches que jamais). Et les élections présidentielles 2008, sous le signe des fonds de campagne exorbitants et du bipartisanship écoeuré, font pour l’instant leur affaire. Devant l’inquiétante Obamania, l’élite néo-conservatrice semble s’activer à former une alliance pas si surprenante avec le candidat démocrate -la tendance est la même dans certains milieux habituellement acquis à la cause républicaine. Joe Biden, colistier du sénateur de l’Illinois, soutient l’expansion du Project for the New American Century, le patronat fuit l’électoralisme chaotique de McCain, le lobby pharmaceutique prend position chez les bleus et les sionistes se complaisent de celui qui incarne le nouvel espoir des États-Unis. Retour au multilatéralisme, renforcement de la classe moyenne, création d’un système de santé public, négociations de paix au Proche et Moyen-Orient… autant de belles promesses qui augurent déjà de bien tristes déceptions. Récemment, Colin Powell, protagoniste de la bévue irakienne, a déclaré son soutient à Obama. Le candidat répondra-t-il au désir de l’ancien Secrétaire d’État de maintenir à flot sa carrière politique ? Tandis que sur les ondes américaines le « marxisme » sème la terreur, le reste du monde est déjà vendu à la nouvelle incarnation de l'American Dream. Nouvelle, vraiment ? Four more years ! Four more years !



Comment est-ce que l’Amérique souhaite voir ses ennemis passer l’éponge alors que la plaie n’est toujours pas refermée sur le continent ? Des regrets poignants de Byrd à la bassesse politique des représailles de Libby contre le malheureux Wilson, de la genèse secrète de Big Brother (Patriot Act II –après tout, la fortune des Bush ne vient-elle pas en partie du III Reich ?) jusqu’aux reconstructions sauvages en Louisiane comme en Irak, l’entame du nouveau millénaire va être difficile à digérer. Qui demande justice ? Pas grand monde. Qui avance des excuses ? Encore moins. Qu’est-ce qui a changé depuis dix ans ? Devant les Chinois, les Saoudiens sont repartis au chaud. On remonte la pente au pas de course, et on reset la mémoire, as usual.



Et pendant ce temps, DSK se la joue Wolfowitz. Qu'est-ce que je vous dis, hein !



Dites, je me demande si ça fait assez « théorie du complot » pour Nofrag. Non ? Ah, bon. Et avec ça :


I want you, I want you, I want you so bad, Honey, I want you.