Deep Purple - In Rock
Mercredi 11 mai 2005 à 21 h 14

Retour aux classiques avec cet album ô combien mythique de l'un des groupes que l'on a à raison vanté comme l'un des fondateurs du hard rock, et plus généralement l'une des formations musicales les plus importantes de l'histoire du rock, aux côtés de gens aussi divers et variés (et mainstream) que les Beatles, les Floyd, Led Zep, les Who ou encore les Byrds et les Kinks - j'en passe et des tonnes de meilleures. Sorti en 1970 par ce que l'on a appelé la formation "Mark II" (la deuxième après celle qui a vu naître le groupe), c'est à dire Ian Pace (batterie) Jon Lord (clavier), Roger Glover (basse), Ian Gillan (chant) et Richie Blackmore (guitare), In Rock n'est sans doute pas le meilleur album de Deep Purple, bien qu'il représente probablement l'un des sommets d'un groupe qui connaîtra moult formations et reformations pas toujours heureuses.
Certains diront que Machine Head est un bien meilleur album, plus homogène, et ils auront raison : les tueries absolues que sont Lazy ou Highway Star et le hit Smoke on the water sont là pour le prouver. Certains diront que de la période Mark II, Fireball est plus intéressant et plus varié musicalement, avec des morceaux phares comme The Mule, et je les en saurai gré. Certains diront que le Made In Japan est probablement ce que le groupe a enregistré de plus grand, et je les rejoindrai sans problème sur ce point.
Mais voilà, In Rock, qui porte sacrément bien son titre, c'est Speed King la locomotive furieuse, le blues à grand coup de disto de Into the fire, Flight of the Rat et son riff puissant et gras qui préfigure effectivement, avec les albums de Black Sabbath, du MC5 ou des Stooges, ce que sera le hard rock. Et puis je vais vous paraître horriblement vieux jeu et classique sur ce coup-là, mais In Rock c'est aussi et surtout Child in Time, alias l'un des plus grands soli (solos ?) de l'histoire du rock de ces années là (voir de l'histoire du rock tout court) et la symbiose absolue de ce qui a fait et fera Deep Purple, le mariage entre rythmiques blues, presque swing, et rock'n'roll. Comme le clash entre la locomotive hard rock, ses chevaux vapeurs rugissant dans les arpèges virtuoses de Richie Blackmore, et le groove implacable de la ligne de basse de Roger Glover et du clavier fou de Jon Lord.
Alors vous allez me dire, le début de la chanson se traîne un peu, il fait chier Ian Gillan avec ses râles langoureux et ses cris de chanteur heavy metal, il y a 1000 solos de grattes qui sont plus techniques, plus bluffants, plus complexes, plus fous (rien que chez l'ami Kirk Hammett par exemple, ou chez Ten Years After et les solos barges d'Alvin Lee), et pourtant, rien n'y fait : quand la gouaille de 5 zikos en studio acouche d'un des trucs les plus ennivrants et les plus jouissifs qu'ai enfanté le rock des années 70, on ne peut que s'incliner, et dodeliner bêtement de la tête, en se laissant repousser les cheveux, et l'écouter 10 fois, 15 fois, 30 fois n'amenuise en rien son pouvoir. Il y a des miracles, comme ça, Child in Time en est un (Lazy en est un autre). Et le pire, c'est que c'est encore meilleur en live.
Toujours pour du J.Page en grande forme, le solo de "Thank You" du double CD "BBC Sessions" fait également très très mal.
Ces mecs sont tous bon ( les Lee, Hammet, Lukather, Slash ... )