Suntory Time
Août 2005
Rock en Seine, QOTSA, Pixies
Vendredi 26 août 2005 à 10 h 57

Hello, we are Queens of the Stone Age
Le concert (bien naze) d'Arcade Fire vient de se terminer avec la moitié des gens barrés à faire autre chose, mais la foule s'est à nouveau amassée devant al scène. Josh Homme et sa bande - sans Nick Oliveri ni Dave Grohl - s'avance, dix secondes de mise en place qui paraissent une éternité et le rouleau compresseur QOTSA se met en place. Une putain de décharge, une locomotive lancée à pleine vapeur avec un Go with the flow qui annonce le set à venir, sec, sans une seule anicroche, carré et puissant. Le batteur est une brute musclée et tatouée probablement recrutée dans un pénitencier, qui martèle sans faiblir ses rythmiques de fou, la fort mignonne claviériste se donne à fond, et Josh Homme impérial domine la scène de son putain de charisme, de sa voix puissante et impeccable (presque mieux que sur album, bordel), et de son jeu sans fioritures. Ca déménage sévère, ça slame grave, on voit voler t-shirts, sweats, bouteilles, des paires de jambes qui se baladent pendant que le groupe maîtrise une playlist de furie, qui nous offre au passage deux extraits des Desert Sessions (le second, 'Covered In Punk's Blood', est purement gigantesque), d'un inédit, d'une version atomique de Songs for the dead puissance 10.000, jouée à 200 à l'heure avec ce qu'il faut de roulements de batterie, de breaks et de reprises furieuses, d'un Burn the witch tout aussi explosif (et dédié aux Pixies), ou encore d'un No one knows allongé à la sauce Homme, qui nous fait languir, se paye un petit moment a capella, avant de nous faire là encore le coup de la reprise façon charge de la Panzer Division.

Je ne sais pas ce que valent les autres prestations de QOTSA, et bien sûr le groupe n'est plus le même sans son bassiste exhibo, mais en tout cas leur prestation hier soir a été à la mesure de la réputation du groupe, un bon gros rouleau compresseur qui a épuisé le public, et laissé tout le monde la machoire sur le sol et la nuque meurtrie. Dommage que tout ça ait été plié en 1h10 et quelques, et que Homme n'ait pas choisi quelques morceaux plus planants, malgré un petit passage crooner seul avec son mike. Ay \o/
Après la grosse tarte dans la tronche QOTSA, les Pixies, et même le grand fan que je suis vous le dira, avaient du pain sur la planche pour faire aussi intense. Et au début, on a tous eu un peu peur - un Wave of mutilation version surfer un peu mollasson (pourtant j'adore cette version), un début de concert bof bof, et puis l'obligatoire Where is my mind (vu les réactions du public, à croire que 70% d'entre eux n'étaient venus que pour ça). Et là, débarassé des "contraintes", une fois leur plus grand tube hors du chemin, Pixies nous offre là aussi un set de folie, sans temps mort (pour des "papys" ils ont sacrément la patate, putain), qui rappela aux teenz pour qui le groupe est à jamais associé à Fight Club que les Pixies c'est aussi du gros son bien bruyant, du post-keu-pon bien énervé, du rock saturé bardé des cris de Black Francis/Frank Black qui couine hurle et beugle comme au bon vieux temps - you are the son of a mother-fucker !!!
Bref, ça a commencé comme un best of, pour devenir une bonne grosse leçon de rock'n'roll énervé et bruyant, du vrai bon Pixies, qui prouve que leurs morceaux ont beau avoir presque 20 piges pour certains, ils ne sont ni vieillots ni obsolètes et n'ont franchement rien perdu de leur hargne et de leur putain d'énergie (kooosss-mike). Un rappel sur Gigantic et un public totalement en osmose plus tard - ce plaisir indescriptible de voir des milliers de tête sautiller en même temps les bras en l'air, hurlant à s'en faire péter les poumons - et nos 4 larrons étaient dehors, après 1h20 d'un set royal, moins "moissonneuse batteuse" que celui de QOTSA, mais tout aussi atomique (et une ambiance très décontractée et bon enfant entre Kim Deal & Frank Black, qui fait putain de plaisir).
La deubeul-claque \o/
Je n'irai pas à la deuxième journée de Rock en Seine malgré Robert Plant (le seul truc qui m'intéresse vraiment), et je n'ai pas pu voir Vitalic pour cause de Pixies (y'a des priorités), tant pis.
Ah, et LA bonne nouvelle du jour :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-682534@51-627805,0.html
Des rumeurs évoquent un nouvel album des Pixies.
Non. Je les ai moi-même alimentées dans une interview. Les journalistes me posaient toujours cette question. Alors j'ai fini par dire : "Oui, un disque sortira le 1er avril". Je suis flatté qu'on me demande tout le temps cela, mais on n'est quand même pas les Beatles
Oui, j'adore les Pixies, mais je ne veux surtout pas de nouvel album, pitié.
10 commentaires, dernier de Prodigy.