Suntory Time (le blog de Prodigy)

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The Walkmen - You & Me [2008]

Mardi 23 septembre 2008 à 21 h 09
Allez, on rmet le jus.

Pour combien de temps, je sais pas, mais vu que tout le reste est mort et qu'Unplug est tout cassé pour des causes diverses et variéees indépendantes de nos bonnes volontés, je vais me servir de ce bousin pour causer un peu zike, ça faisait longtemps.

Alors aujourd'hui ça s'appelle You & Me, par The Walkmen, et en toute modestie c'est pour l'instant ce que j'ai écouté de mieux en 2008.



On pourrait décrire ça comme la rencontre du rock indépendant ricain version guitares romantiques dégoulinantes d'écho, de la voix d'Eric Burdon des Animals, avec des morceaux de Tom Waits et un fond d'Interpol dedans, le tout emballé dans une ambiance qui donne l'impression d'un concert improvisé au fond d'un vieux bar new yorkais en pleine après midi. La production est énorme de saturation, les basses sont grasses comme j'aime, la batterie sort d'une BO d'un film de David Lynch, et ça fout à la fois un putain de bourdon et une putain de gouache. Un album un peu difficile au départ qui s'insinue dans votre crâne pour y planter ses griffes.

Avec un nom pareil - The Walkmen - j'attendais la pop prétentieuse et chiante habituelle, le rock de kékés qui se croient plus malins que les autres façons chiards anglais boutonneux on se la joue modeste mais on sait qu'on est pété de génie, bientôt notre interview dans Tracks sur Arte. ll semblerait que les gars en question aient marqué leur petit monde avec le single The Rat, croisement des Strokes et de Echo and the Bunnymen qui ne me transporte pas franchement (c'est bof, quoi), en tout cas ils m'étaient passé totalement à côté des esgourdes je le reconnais bien volontiers.

Du coup les connoisseurs du groupe, habitués à un son un peu plus péchu et rythmé, seront sans doute désarçonnés, d'autres trouveront peut-être ça franchement mou voire chiant, mais à l'écoute de titres comme On The Water, In The New Year - en mode hargneux de la gorge/je me déchire la voix - ou Red Moon et New Country - pour le côté plus posé et atmosphérique - j'ai vraiment l'impression de découvrir quelque chose de totalement nouveau que je connais pourtant par coeur. Ca fait tout le temps ça avec les 'grands" disques, en tout cas ceux qui marquent.

On est en septembre ça tombe bien, j'ai envie de dire que c'est un album d'hiver, cozy, cotonneux, flou comme un paysage dans le brouillard, à la fois plein de mélancolie et d'énergie, vieux comme un Dylan gorgé au Wurlitzer et moderne comme n'importe quel truc un rien branchouille, l'aspect suffisant en moins. Durera, durera pas, en tout cas j'attends le prochain avec curiosité vu que les gaillards on visiblement tendance à ne jamais se répéter, ce qui est généralement le signe du vrai talent.

Et comme l'internet mondialisé c'est génialissime, aujourd'hui on peut même
écouter de manière totalement gratuite et légale (le goût). Comme ça on emmerde tous joyeusement Pascal Nègre en dansant la carmagnole sur une musique qui serait jamais signée par aucuns des labels d'Universal.

Rock en Seine, QOTSA, Pixies

Vendredi 26 août 2005 à 10 h 57


Hello, we are Queens of the Stone Age

Le concert (bien naze) d'Arcade Fire vient de se terminer avec la moitié des gens barrés à faire autre chose, mais la foule s'est à nouveau amassée devant al scène. Josh Homme et sa bande - sans Nick Oliveri ni Dave Grohl - s'avance, dix secondes de mise en place qui paraissent une éternité et le rouleau compresseur QOTSA se met en place. Une putain de décharge, une locomotive lancée à pleine vapeur avec un Go with the flow qui annonce le set à venir, sec, sans une seule anicroche, carré et puissant. Le batteur est une brute musclée et tatouée probablement recrutée dans un pénitencier, qui martèle sans faiblir ses rythmiques de fou, la fort mignonne claviériste se donne à fond, et Josh Homme impérial domine la scène de son putain de charisme, de sa voix puissante et impeccable (presque mieux que sur album, bordel), et de son jeu sans fioritures. Ca déménage sévère, ça slame grave, on voit voler t-shirts, sweats, bouteilles, des paires de jambes qui se baladent pendant que le groupe maîtrise une playlist de furie, qui nous offre au passage deux extraits des Desert Sessions (le second, 'Covered In Punk's Blood', est purement gigantesque), d'un inédit, d'une version atomique de Songs for the dead puissance 10.000, jouée à 200 à l'heure avec ce qu'il faut de roulements de batterie, de breaks et de reprises furieuses, d'un Burn the witch tout aussi explosif (et dédié aux Pixies), ou encore d'un No one knows allongé à la sauce Homme, qui nous fait languir, se paye un petit moment a capella, avant de nous faire là encore le coup de la reprise façon charge de la Panzer Division.



Je ne sais pas ce que valent les autres prestations de QOTSA, et bien sûr le groupe n'est plus le même sans son bassiste exhibo, mais en tout cas leur prestation hier soir a été à la mesure de la réputation du groupe, un bon gros rouleau compresseur qui a épuisé le public, et laissé tout le monde la machoire sur le sol et la nuque meurtrie. Dommage que tout ça ait été plié en 1h10 et quelques, et que Homme n'ait pas choisi quelques morceaux plus planants, malgré un petit passage crooner seul avec son mike. Ay \o/

Après la grosse tarte dans la tronche QOTSA, les Pixies, et même le grand fan que je suis vous le dira, avaient du pain sur la planche pour faire aussi intense. Et au début, on a tous eu un peu peur - un Wave of mutilation version surfer un peu mollasson (pourtant j'adore cette version), un début de concert bof bof, et puis l'obligatoire Where is my mind (vu les réactions du public, à croire que 70% d'entre eux n'étaient venus que pour ça). Et là, débarassé des "contraintes", une fois leur plus grand tube hors du chemin, Pixies nous offre là aussi un set de folie, sans temps mort (pour des "papys" ils ont sacrément la patate, putain), qui rappela aux teenz pour qui le groupe est à jamais associé à Fight Club que les Pixies c'est aussi du gros son bien bruyant, du post-keu-pon bien énervé, du rock saturé bardé des cris de Black Francis/Frank Black qui couine hurle et beugle comme au bon vieux temps - you are the son of a mother-fucker !!!

Bref, ça a commencé comme un best of, pour devenir une bonne grosse leçon de rock'n'roll énervé et bruyant, du vrai bon Pixies, qui prouve que leurs morceaux ont beau avoir presque 20 piges pour certains, ils ne sont ni vieillots ni obsolètes et n'ont franchement rien perdu de leur hargne et de leur putain d'énergie (kooosss-mike). Un rappel sur Gigantic et un public totalement en osmose plus tard - ce plaisir indescriptible de voir des milliers de tête sautiller en même temps les bras en l'air, hurlant à s'en faire péter les poumons - et nos 4 larrons étaient dehors, après 1h20 d'un set royal, moins "moissonneuse batteuse" que celui de QOTSA, mais tout aussi atomique (et une ambiance très décontractée et bon enfant entre Kim Deal & Frank Black, qui fait putain de plaisir).

La deubeul-claque \o/

Je n'irai pas à la deuxième journée de Rock en Seine malgré Robert Plant (le seul truc qui m'intéresse vraiment), et je n'ai pas pu voir Vitalic pour cause de Pixies (y'a des priorités), tant pis.

Ah, et LA bonne nouvelle du jour :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-682534@51-627805,0.html

Des rumeurs évoquent un nouvel album des Pixies.
Non. Je les ai moi-même alimentées dans une interview. Les journalistes me posaient toujours cette question. Alors j'ai fini par dire : "Oui, un disque sortira le 1er avril". Je suis flatté qu'on me demande tout le temps cela, mais on n'est quand même pas les Beatles

Oui, j'adore les Pixies, mais je ne veux surtout pas de nouvel album, pitié.

Deep Purple - In Rock

Mercredi 11 mai 2005 à 21 h 14


Retour aux classiques avec cet album ô combien mythique de l'un des groupes que l'on a à raison vanté comme l'un des fondateurs du hard rock, et plus généralement l'une des formations musicales les plus importantes de l'histoire du rock, aux côtés de gens aussi divers et variés (et mainstream) que les Beatles, les Floyd, Led Zep, les Who ou encore les Byrds et les Kinks - j'en passe et des tonnes de meilleures. Sorti en 1970 par ce que l'on a appelé la formation "Mark II" (la deuxième après celle qui a vu naître le groupe), c'est à dire Ian Pace (batterie) Jon Lord (clavier), Roger Glover (basse), Ian Gillan (chant) et Richie Blackmore (guitare), In Rock n'est sans doute pas le meilleur album de Deep Purple, bien qu'il représente probablement l'un des sommets d'un groupe qui connaîtra moult formations et reformations pas toujours heureuses.

Certains diront que Machine Head est un bien meilleur album, plus homogène, et ils auront raison : les tueries absolues que sont Lazy ou Highway Star et le hit Smoke on the water sont là pour le prouver. Certains diront que de la période Mark II, Fireball est plus intéressant et plus varié musicalement, avec des morceaux phares comme The Mule, et je les en saurai gré. Certains diront que le Made In Japan est probablement ce que le groupe a enregistré de plus grand, et je les rejoindrai sans problème sur ce point.

Mais voilà, In Rock, qui porte sacrément bien son titre, c'est Speed King la locomotive furieuse, le blues à grand coup de disto de Into the fire, Flight of the Rat et son riff puissant et gras qui préfigure effectivement, avec les albums de Black Sabbath, du MC5 ou des Stooges, ce que sera le hard rock. Et puis je vais vous paraître horriblement vieux jeu et classique sur ce coup-là, mais In Rock c'est aussi et surtout Child in Time, alias l'un des plus grands soli (solos ?) de l'histoire du rock de ces années là (voir de l'histoire du rock tout court) et la symbiose absolue de ce qui a fait et fera Deep Purple, le mariage entre rythmiques blues, presque swing, et rock'n'roll. Comme le clash entre la locomotive hard rock, ses chevaux vapeurs rugissant dans les arpèges virtuoses de Richie Blackmore, et le groove implacable de la ligne de basse de Roger Glover et du clavier fou de Jon Lord.

Alors vous allez me dire, le début de la chanson se traîne un peu, il fait chier Ian Gillan avec ses râles langoureux et ses cris de chanteur heavy metal, il y a 1000 solos de grattes qui sont plus techniques, plus bluffants, plus complexes, plus fous (rien que chez l'ami Kirk Hammett par exemple, ou chez Ten Years After et les solos barges d'Alvin Lee), et pourtant, rien n'y fait : quand la gouaille de 5 zikos en studio acouche d'un des trucs les plus ennivrants et les plus jouissifs qu'ai enfanté le rock des années 70, on ne peut que s'incliner, et dodeliner bêtement de la tête, en se laissant repousser les cheveux, et l'écouter 10 fois, 15 fois, 30 fois n'amenuise en rien son pouvoir. Il y a des miracles, comme ça, Child in Time en est un (Lazy en est un autre). Et le pire, c'est que c'est encore meilleur en live.
5 commentaires, dernier de Prodigy.

Le CD du jour : S. Gainsbourg - L'Homme a la tête de chou & Rock around the bunker

Jeudi 24 mars 2005 à 00 h 22
Comme je reviens du cinoche, que j'ai la crève que j'arrive pas à dormir, que mon appareil photo copie 300Mo de tofs sur le dur pendant que s'installe la version review de Trackmania Sunrise et qu'il fait assez doux pour laisser la fenêtre ouverte sur la tranquilité de la nuit (ohyeah), allez, on va parler miouzike. Je vous ai déjà parlé d'electro, de rock, de chansonnette énergique et habitée, de hip-hop ricain, ce soir je vais vous parler d'une autre de mes passions : Gainsbourg.



Hé oui, avant d'être "le premier génie qui ressemble à une poubelle" (© Pierre Desproges), un vieux vicelard aux doigts jaunis par les Gitanes, et d'écrire de la merde (Love on the beat et toute la suite), Gainsbourg - et non pas Gainsbarre - était un putain de compositeur/chanteur/parolier, un vrai poète de la trempe des classiques (si si), qui repompait à droite à gauche non pas les mélodies de connards permanentés pour les revendre à la sauce r'nb', mais du Chopin, ou du Liszt. Né Lucien Ginsburg, Serge Gainsbourg de son nom de scène a toujours été associé à cette image de dandy un poil mysogine et cynique, peut-être parce qu'il l'était vraiment. Persuadé de ne participer qu'à la survie d'un "art mineur", le bon Serge a quand même pris le temps de torcher quelques uns des meilleurs albums de pop-rock française des années 70, précédé et suivi par de nombreux autres talents comme Higelin et cie. Chacun aura son ou ses préférés, moi c'est Gainsbourg, sa plume acérée, ses jeux de mots circonvolués, comme des spirales de rimes fleuries, souvent salaces (Variation en Marilou et sa basse funky qui tourneboule sur une histoire de doigt !), souvent espiègles, toujours très poétiques.

Le petit lapin de Playboy ronge mon crâne végétal...

Comme tous les albums de Gainsbourg, L'Homme a la tête de chou (comme vous le savez G. était handicapé par son physique ingrat, ce qui ne l'a pas empêché de se taper les plus belles bonnasses de l'époque) est un album concept semi-autobiographique. Serge a toujours aimé s'inventer des amoureuses fantasques et infidèles, qu'elles se nomment Annie, Laetitia, Marilou ou Melody Nelson, et une fois encore il nous raconte un périple en terre inconnue, mission de sauvetage d'une nymphomane qui finira prise par deux bellâtres sur le lit d'un hôtel de passe rococo ("elle ressemblait à une guirate à deux jacks") et périra sous les coups de son amant éperdu, qui plongera dans la folie. Ce qui nous vaut quelques-unes des plus belles chansons du monsieur, notamment la chanson titre, Lunatic Asylum, ou la subliiime Marilou sous la neige, condensé de ce qu'il avait pu faire de mieux à l'époque. Dans le même genre, on pourra recommander aussi Vu de l'extérieur, excellent bien qu'un peu plus court, et moins uni, puisqu'il ne s'agit plus vraiment d'un album concept. En tout cas, on est loin des amuseries du genre L'Ami caouette et autres conneries qu'il a pu écrire au cours de sa carrière, pour lui et les autres, afin de ramasser un peu de blé.



Avec Rock around the bunker, produit un an plus tôt, on change totalement de registre. Gainsbourg, juif de son état, rue dans les brancards de la bienséance de l'époque avec un album provoc qui aujourd'hui ne passerait pas, c'est une certitude, sur les ondes. Parce qu'il est le premier concerné par ce qu'il raconte, un non dit qu'il éclipsera pendant des années et qu'il se forcera enfin à affronter sur cet album (la fameuse Yellow Star, cette "étoile de shérif" qu'il porta, lui et les autres petits enfants juifs, pendant la guerre), parce qu'on ne peut pas le taxer d'antisémitisme, Gainsbourg ose tout : une farce énorme ("on va danser le nazi rock, nazi nazi rock nazi") à faire passer tous les hommages contris pour de l'auto-flagellation humide. Lucien a une histoire à affronter, et Serge va se charger de tout pilonner à l'humour et au rock'n'roll. Yeah !

Et surtout un album musicalement fou, entre le boogie woogie, la pop anglaise et le rockabilly, avec de longs soli de piano, de guitare, et une production à l'anglaise tout à fait dans l'air du temps. Bref, là encore, oubliez le lourdingue provoc des années 80, son inceste au citron, sa reprise synthé-pathétique du légionnaire de Piaf, ou encore ce remix infâme de son Requiem pour un con, Gainsbourg était un musicien hors pair, un vrai compositeur (essayez de choper les vidéos où on le voit écrire et orchestrer Initials B.B pour vous en convaincre), qui savait s'entourer alors de vrais zikos de studio capables de nous donner un album comme Rock around.... C'est cynique, c'est acide, c'est noir, ça fait taper du pied, et c'est monstrueusement drôle. Reprendre Smoke gets in your eyes sur un album pareil, fallait oser, il a osé. Messieurs les provocateurs à 2 balles actuels qui montrez votre cul et vous prenez pour des agitateurs publics, permettez moi de vous rire gentiment au nez.

S.S. in Uruguay
Sous un chapeau de paille
J'siffle un jus de papaye
Avec paille
S.S. in Uruguay
Sous le soleil duraille
Les souvenirs m'assaillent
Aïe aïe aïe

Il y a des couillonnes
Qui parlent d'extraditionne
Mais pour moi pas questionne
De payer l'additionne
S.S. in Uruguay
J'n'étais qu'un homme de paille
Mais j'crains des représailles
Où que j'aille

S.S. in Uruguay
Sous un chapeau de paille
J'siffle un jus de papaye
Avec paille
S.S. in Uruguay
J'ai gardé de mes batailles
Croix gammée et médailles
En émail
Et toujours ces couillonnes
Qui parlent d'extraditionne
Mais pour moi pas questionne
De payer l'additionne
S.S. in Uruguay
J'ai ici d'la canaille
Qui m'obéit au doigt
Heil ! Et à l'oeil



Dans le genre "vintage années 70" on peut évidmement recommander le magnifique et très connu Melody Nelson, mais en fait tout ce qui précède les deux albums reggaes - excellentissimes et évidemments inclus dans notre petite discographie - est à acheter : des premiers albums jazzy (En relisant ta lettre, rupture en faute d'ortographe absolument gé-niale), aux albums 60/70 très rock, et à la hauteur des meilleures productions anglaises de l'époque. On pourra passer sur quelques albums plus anodins (Comic Strip et consorts), mais globalement tout ce qui est pré-Love on the beat est au choix écoutable, agréable, ou, pour les 90% restant, génial. Ah, et les concerts sont à fuir comme la peste, particulièrement le casino de Paris et ses musiciens funk/rap/kitchos, c'est à vomir.

Le CD du jour Amon Tobin - Supermodified

Jeudi 27 janvier 2005 à 23 h 10


Bon, j'allais vous causer du dernier Chemical Brothers, mais comme tout le monde va vous saouler avec ça pendant 15 jours au moins, je me suis dit que c'était pas une super bonne idée. Je vais donc vous parler - tadaaaaa - comme c'est original, d'un certain Amon Tobin. Vous savez, le gars qui devient subitement à la mode depuis qu'il fait la BO de Splinter Cell Chaos Theory, même s'il a déjà une chiée d'albums derrière lui, dont facile trois putains de chefs-d'oeuvres. Je ne parlerai pas du dernier en date, Out from out where, super dense et super sombre, et un peu radical, mais du précédent, l'avant-avant dernier si l'on compte Splinter Cell, à savoir Supermodified. Un album qui représente en quelques sorte une bonne liaison entre ses compos précédentes, très musicales, bourrées de samples et de textures, et un univers un peu plus abstrait, bien représenté dans Out from out where. Je ne sais pas encore à quoi ressemble la BO de SC, on verra donc si son évolution suit une logique, ou si ce DJ, brésilien d'origine, a une nouvelle fois tourné casaque.

Je vais donc vous parler de Supermodified, sorti en 2000 (5 ans déjà) sur l'inévitable label Ninja Tune fondé par les Coldcut, et dont Tobin est l'un des fers de lance, avec des gens aussi prestitieux que Kid Koala (à voir mixer en live au moins une fois dans sa vie pour réaliser que le scratch est un art), DJ Vadim, Funki Porcini, ou les Herbaliser, dont je reparlerai une autre fois (là encore, concert une fois dans sa vie obligatoire).

Comme ses petits copains DJ Shadow ou Bonobo, Amon Tobin parvient à créer une musique basée sur les samples qui vous fait complètement oublier leur existence. Comme un soundtrack classieux et langoureux, parfois déstructuré et violent, à un album de rap sans paroles. Ce que l'on a appelé à un moment "l'abstract hip hop", même si Tobin va tout de suite beaucoup plus loin, beaucoup plus vite. Ses morceaux se tissent de rythmiques drum'n'basse, de textures électroniques torturées et dissonnantes - voir le morceau Precursor, carrément bruitiste, ou la locomotive Rhino Jockey, dont l'electro saturée ferait presque headbanger la tête comme sur un bon vieux riff de gratte.



Quand il manie les samples de manière plus directe, Tobin est tout aussi doué que ses confrères, parvenant à donner une vraie dynamique à ses morceaux, des mélodies simples enrichies par d'excellentes compos super travaillées, comme dans les très beaux Slowly et Keepin' it Steel - The Anvil Track, où le père Amon Tobin (et non pas le père Amon Perez, qui ne peut pas dormir comme tout le monde le sait) nous brode un morceau smooth et presque chaloupé autour de sonorités metalliques. Il y a bien sûr le diabolique Four ton mantis et son rouleau compresseur sonore opressant, ou encore Natureland, conclusion effectivement printanière à un album dans l'ensemble plutôt sombre, en tout cas quelque peu froid dans ses tonalités. Un mec a dit un jour sur Nova que les albums d'Amon Tobin étaient aussi chiants dans la durée que ses concerts pouvaient être fabuleux, et c'est vrai que Supermodified, comme ses autres albums, souffre parfois du trop de densité qu'il donne à sa musique, comme un trop plein sonore qui rend en général assez difficile l'écoute d'une traite - en tout cas pour ma part. Tous les morceaux ne sont pas égaux, Marine Machines est un peu systématique et finalement pas très intéressant, Golfer vs Boxer carrément emmerdant parce que sans structure (et ce malgré son sample d'Ennio Morricone hyper bien placé), bref, tout n'est pas forcément à garder sur ce CD comme sur les autres, mais si je considère malgré tout Supermodified comme un putain de disque, c'est bien parce que le reste n'est pas juste "bien", c'est tout simplement génial.

Un peu difficile d'accès, peut-être, mais à mon avis si vous accrochez à cet album, il ne vous reste plus qu'à vous procurez d'urgence Permutation, l'autre chef-d'oeuvre absolu du monsieur, et puis Bricolage & ses premiers travaux sous le nom de Cujo. Restera Out from out where, déjà un peu plus hard, mais extrêmement puissant dans son genre, qui mériterait presque, comme Permutation, une autre chronique (ah ce début/hommage à Tomita...). Ah mais oui mais non.

Le site officiel de monsieur Tobin, Amon

Le CD du jour : Nouvelle Vague

Dimanche 23 janvier 2005 à 17 h 16


J'en ai déjà parlé ici, je vais prendre 5 minutes avant mon bol d'air dominical (le jour se couche, viiiiiite) pour vous parler de Nouvelle Vague, encore une découverte due au hasard - merci France Inter et son émission musicale en soirée qui passe tout au long de l'été des trucs super peu connus et très stimulants - et qui est clairement l'un des meilleurs disques de l'année dernière en ce qui me concerne. Ouais, y'a un côté un peu hype branchouille emmerdant avec ce disque, en même temps, si on écoutait de la musique pour se donner une contenance ou une image publique, ça se saurait (comment ?).

Nouvelle Vague, vous en avez probablement déjà entendu parler, c'est un collectif bricolé par deux frenchies, qui reprend des tubes, de préférence des années 80 - ça va de Depeche Mode à XTC, en passant par Joy Division, les Dead Kennedys, Cure, les Clash et les Specials - à la sauce bossa nova. L'intérêt du disque, outre des versions franchement smooth (attention je n'ai pas dit "lounge", que l'inventeur de ce terme à la con aille s'empaler sur des tessons de bouteille) de ces petits classiques revisités à la sauce chaloupée, est de faire intervenir diverses chanteuses aux tons de voix très différents, sensuels, un peu plus rauque, anonymes ou charnels.

Mention spéciale à la jolie Camille (a signé un album intitulé "Le Sac des Filles") et à son interprétation caliente de Too drunk to fuck des Dead Kennedys, franchement LE morceau aphrodisiaque par excellence, pétillant, chaud, une putain de petite bombe voluptueuse, lascive et quasiment lubrique quand la belle conclut - en français, puisqu'elle l'est - par un "trop bourrée pour baiser" de bon aloi. Mamma mia. Il n'y a pas qu'elle, heureusement, même si franchement ses morceaux sont parmis les plus marquants du disque, Too drunk to fuck, donc, mais aussi une splendide relecture du Guns of Brixton des Clash ou son superbe Making plans for Nigel, mélancolique et ethéré là où l'original était punk-popisant. Dans le même genre la reprise de A forest est parfaite, celle de Psyche de Killing Joke est superbe de menace et de poésie, tandis que l'album se conclut sur un Friday night saturday morning posé et calmant.

Du coton pour les oreilles, qui rappelle les douces soirées d'été, les fins de journées humides et reposantes, le farniente et l'évasion...

Vivement le suivant, bordel.

Le site officiel français

Le CD du jour : Bent - Programmed to love

Jeudi 20 janvier 2005 à 23 h 01


C'est complètement par hasard, en écoute dans une FNAC quelconque, que j'ai découvert l'album de Bent, un groupe que je ne connaissais absolument pas, formé des britons Simon Mills et Neil Tolliday, deux touches à tout qui accouchent d'une musique tour à tour festive, délirante, tristoune, toujours originale, bric à brac de samples qu'on croirait choppés dans une brocante, de vieux sons oldies d'ordinateurs en passant par - oui - Nana Mouskouri. Le résultat est un album comme nul autre, impossible à quantifier ou à catégoriser.

Est-ce du trip hop ? Oui, si l'on écoute des morceaux comme Private Road, I love my man, ou encore Invisible Pedestrian, qu'on croirait sorti d'un album de Death in Vegas première période...

Est-ce de la pop ? Il faut croire, d'après A Ribbon For My Hair ou Irritating Noises, qui ne dépareillerait pas dans un Leonard Cohen

Est-ce de l'électro ? Bien sûr, cf. Beach Buggy, Exercise 1 et I Remember Johnny...

Bref, vous l'aurez compris, Bent est un gros mélange d'influences hyper difficile à classer, un de ces albums-éventails de sonorités et de mélodies, flirtant parfois avec la variétoche la plus sucrée, le trip-hop le plus froid, et pointillé de petites plages aériennes, sans paroles, sortes de transitions sonores entre ces morceaux totalement disparates. Une sorte de condensé de la musique moderne, entre kitsch assumé, boucles électroniques sautillantes faites de brics et de brocs, expérimentations ludiques, et balades un peu grises avec voix éthérées...

Difficile de dire si vous allez aimer Bent ou non, tant il semble qu'il y ait un peu de tout pour chacun dans cet album. Leur suivant, Everlasting Blink (je n'ai pas écouté le tout dernier dernier, Ariels), est un peu plus difficile d'accès, beaucoup plus ancré dans des sonorités "années 80" (ce qui n'est pas, personnellement, pour me déplaire, mais gênera les plus allergiques). En tout cas une jolie découverte que j'ai faite il y a longtemps, et que je cherche par tous les moyens à faire découvrir, avant que Bent ne devienne beaucoup trop underground et donc définitivement super hype.

Le CD du jour : Plaid - Spokes

Dimanche 16 janvier 2005 à 16 h 24


Bon, mes chroniques musicales ont beau n'attirer personne (c'est sûr que y'a moins de cul que sur blog de Napalm), je vais quand même persister, allez savoir, peut-être que dans 15 ans je me relirai moi-même en me jetant des cailloux pour avoir écrit ou écouté des trucs pareils.

Retour à l'electro (ou l'IDM ou la musique electronique ou la sous-techno ou la bleep techno enfin c'est vous qui voyez) avec Spokes, le.... gn (attendez que je vérifie) cinquième album de ce groupe anglais (6ème si on compte leur LP de remixes, 7 avec le Peel Sessions), composé de Ed Hanley et Andy Turner, anciens membres du "groupe techno culte Black Dog" (dixit plusieurs bios du groupe). Comme tout ce qui est anglais et electro un peu mainstream, Plaid est signé sur le label Warp, patrie d'Aphex Twin, Autechre, Squarepusher, LFO, Boards of Canada ou encore !!! et Anti-Pop Consortium pour les trucs un peu plus "hype" et qui marchent bien en ce moment - certains puristes regrettent d'ailleurs que Warp s'égare un peu en produisant autre chose que de la techno (hip-hop, pseudo rock branchouille), et c'est vrai que certains trucs récents sont ultra merdiques (Jimi Tenor & Jamie Liddel en tête), mais c'est une autre histoire.

Comme Boards of Canada, Plaid a une signature sonore reconnaissable entre mille. Leur style est très clairement défini, leurs compositions sont complexes, et surtout très mélodiques, ce qui rend leur musique accessible même à ceux qui sont assez novices en la matière, voire réfractaires à la musique électronique (par exemple la très belle compo Eyen, tirée de leur album précédent, Double Figure, générique d'une émission de France Inter - je crois que c'est Charivaris). Il y a beaucoup de travail dans la zike de Plaid, une vraie richesse sonore, mélodique, et beaucoup moins de systématisme que chez beaucoup de groupes electro qui se contente de faire traîner leurs sons sur 7 ou 8 minutes sans réelles variations de tempos ou d'harmonies. Leur style évolue, mais reste intrinsèquement le même, là où certains (Aphex ou Autechre, toujours eux) peuvent accoucher d'album radicaux, en rupture totale avec leurs précédents travaux. Lequel des deux comportement est le plus intéressant artistiquement, je vous laisse seul juge, moi perso j'aime les deux : les groupes qui surprennent, quitte à se foutre leurs fans à dos, et les groupes qui affinent. Plaid est de la seconde catégorie.



Plaid peut aussi faire dans le simple et le minimal (l'album Restproof Clockwork), mais Spokes se place clairement dans la catégorie "plus", une sorte d'album mature (non pas "de la maturité", je déteste ces conneries) avec une tonne de textures, de nuances, de subtilités, de couches sonores. C'est en tout cas leur moins épuré, ce qui n'a pas manqué d'agacer certains amateurs du groupes déçus par cet apparent "embourgoeisement" de la musique de Plaid, comme si les deux gars s'étaient laissé dépasser par leur production et leurs machines. C'est moins "bleep", mais sans doute destiné à mieux veillir que certaines de leurs compos précédentes, et surtout plus constant dans la qualité (il n'y a que deux morceaux que j'aime moins, un seul à quasi jeter).

En tout cas c'est un sacré album, qui non seulement se paye le luxe d'avoir un visuel magnifique (ça rappelle un peu les designs SF des annés 70, avec un lettrage à la Tomita, je sais pas si c'est voulu), mais surtout des compos ultra complexes, avec des sonorités à tomber, et ce dès le premier morceau. Sur un bon système, c'est royal, pas besoin de 5.1 ou de DTS pour vibrer sur de la zike, bordel. Comme tout album electro, Spokes demande un petit temps d'adaptation, surtout si vous êtes nouveau dans le genre, mais putain quel voyage... C'est sans doute à cela que ressemblent les sonorités du futur ? Un album indispensable, en tout cas, à mon avis à ranger aux côtés des futurs classiques du genre comme Tri Repetae et les Ambient Works d'Aphex Twin.

- Le site officiel de Plaid
- Le site officiel de l'album Spokes (extraits en ligne)

Le CD du jour : Pharcyde - Bizarreride II the Pharcyde

Jeudi 13 janvier 2005 à 00 h 03


La vie réserve parfois de drôles de surprises, qu'on dit. C'est dans un taxi londonien que j'ai découvert Pharcyde, groupe de hip-hop (j'aime pas dire rap à cause des connotations imbéciles et des gros clichés réducteurs, en général proférés par des mecs qui n'en ont jamais écouté de leur vie) assez génial et unique en son genre, dont la chanson passait nonchalamment à la radio un soir de décembre 1992. Je m'en souviens comme si c'était hier, le morceau s'appellait Passing me by (avec un sample du Summer in the city de Quincy Jones), et, une fois le nom du groupe annoncé à la radio, je mémorisais pour essayer de trouver la perle. Pas facile - on a d'abord tenté le voyage à Brixton dans une boutique exclusivement hip-hop dont le patron, un grand black super baraque, hallucinait un peu de voir débarquer deux blancs-becs complètement décomplexés dans son échoppe (faut comprendre que Brixton, c'est un peu le quartier ghetto...), mais c'est finalement dans un Tower Records quelconque que j'ai trouvé cet album au nom bizarre... Bizarreride II the Pharcyde.

Comme beaucoup de groupes de rap (ayé, je l'ai dit!), Pharcyde est un groupe à l'histoire un peu compliquée, faite de splits, de réunions, de changement de membres - ils ont sorti un album y'a pas longtemps, alors qu'ils étaient censés ne plus exister, et ne sont plus que deux. Non, je vous vois venir, personne n'est mort assassiné à coups de .9mm, ils n'avaient pas de dents en or ou la chaîne de l'ancre du Titanic autour du cou, mis à part leur look typique de la mode de l'époque, les Pharcyde était un quartet de ptits gars from LA tout ce qu'il y a de plus classique. Pas de beotchs, de big limos et de gansta attitude, on est dans le rap west coast et pourtant le groupe sonne comme un groupe de New-York. N'ayons pas peur des mots : musicalement, c'est brillant, inventif, les mixes de J-Sw!ft et Fatlip sont riches, surtout sur cet album. Un peu Niggas with Attitude sur les bords, moins revendicatifs mais plus festifs que beaucoup de leurs confrères (ce qui ne veut pas dire pour autant qu'ils n'ont rien à dire), les Pharcyde pourraient se comparer à des groupes comme A Tribe called Quest, ou Digable Planets (en plus énervés). Comme tout disque, Bizarreride a son lot de tueries, des délires sur les "ta mère" dans Yo Mama (ça date de bien avant ceux d'Arthur et cie, d'ailleurs les "ta mère" viennent de la communauté noire US), le splendide Officer qui collerait la patate à un cul de jatte manchot, Passing me by bien sûr, le trippant (et flippant) Pack the pipe, ou encore my personal favorite, Otha fish. Enfin bref, y'a rien à jeter sur ce putain d'album !



Bizarreride... fait partie, avec d'autres albums comme le Muse sic... de Public Enemy ou le premier album de Gravediggaz d'un petit "top" personnel d'albums de rap que j'emmènerai clairement sur une île déserte si le choix m'en était laissé. Ce serait même un album que je recommanderais à ceux qui n'aiment pas du tout le rap, pas pour les convaincre, non (je me mettrai pas au death parce qu'on m'a fait écouter les meilleurs groupes du genre, on a des affinités ou non, c'est pas négociable), mais pour leur montrer peut-être qu'il y a autre chose dans le rap que Stomy Bugsy et Tragedie, que la merde qu'on diffuse à la radio et que les robinets de chiasse qu'à ouvert Skyrock sur le genre depuis une bonne décennie n'ont rien en commun avec ce qu'on pourrait appeller le hip-hop. Sans vouloir faire le coup du "les médias nous mentent, il faut aimer l'underground", surtout que certains trucs diffusés à la radio sont probablement très valables - je généralise à mort - disons que Pharcyde peut aider à montrer aux sceptiques que le rap ne s'arrête pas à trois mecs de banlieues super véners de pas avoir les dernières Nike et qui gueulent leur rage contre un système dont ils veulent profiter comme tout le monde, en gros hypocrites assumés qu'ils sont pour la plupart.

Dans le même ordre d'idée, et si vous souhaitez vous ouvrir au rap/hip-hop "en douceur", je recommanderais des groupes comme Digable Planets, The Herbaliser, Dreamwarriors, Blackalicious, les Fugees (les deux albums), A Tribe Called Quest, Arrested Development (vous arrêtez pas au single ultra connu, le premier album est excellent) Dilated People, Deltron 3030, et de passer ensuite tranquillement à des trucs moins immédiatement accessibles comme les Beastie Boys, Public Enemy, Gravediggaz, Cannibal Ox, en passant par l'abstract/musical type XEcutioners, DJ Shadow, QBert, RJD2, Kid Koala, et tous ces groupes que j'ai découvert au fil du temps grâce aux potes, au net, aux compils, etc... Après ça, si vraiment vous n'aimez pas le hip-hop et le rap, au moins vous pourrez dire que vous avez essayé !

Le CD du jour : mcluksy - The Difference Between Me & You Is That Im Not on Fire

Mercredi 12 janvier 2005 à 00 h 08


Bon, assez rigolé, on passe aux choses sérieuses. Fini les albums de gonzesses, l'éléctro de tapette, place au wok and woll, le vrai. Le bon qui pue la sueur, les doigts de pieds, la clope froide, le transistor grillé, la chaleur métallique des lampes d'ampli. Trois gars, une basse, une batterie, une gratte, et un gars qui beugle des paroles sans queues ni têtes dans le genre :

kkkitchens what were you thinking
if racial tension is a benchmark
then how much for this sink in a riot?
i'll buy it with the water main,
but you're a mock, a molar
a molecular fault in a parallel world
a mysterious font by the end of the north road
just across from the spar

Ouais, ça veut rien dire.

Alors mclusky c'est ma grande découverte rock de l'année dernière. Ouais chui ptet con, ça existait depuis des lustres, mais je vous merde. D'une part ça fait du bien, quand on se tape que du néo-métal de merde et du rock d'ado dans les radios et les boîtes, d'écouter un truc un peu couillu, gras, de la bonne basse bien compressée, des grattes hurlantes bien saturées. Ouais, je sais, le son crado revient à la mode (voir les Whites Stripes et cie), mais mclusky a un gros avantage : l'énergie. A trois, ces gars dégagent autant que du 100.000 volts, ça urge, en 2 minutes/2 minutes 30 les morceaux sont pliés, à l'exception de quelques poussés un peu chiantes, à vrai dire, parce que mclusky est bon que dans le ramassé. Pour tout dire, j'avais pas entendu aussi efficace, aussi brillant au niveau des mélodies, et aussi survolté depuis les Pixies. Ouais, c'est du lourd, et je compare pas les deux groupes (faut pas déconner), mais c'est pour vous dire.

Le titre de l'alboume est aussi con que long (j'adore), tout n'est pas super égal (She will only bring you happiness sonne vachement "radio campus USA"), mais y'a de tout dans cet album. Du rock véner (kkitchens), du Pixies, du Offspring (icarus smicarus), du keupon crado, du bruit de salle de répète, du rugueux aux accents black/death (You should be ashamed, Seamus, la grosse tuerie de l'album amha), des balades complètement connes.

Non, vraiment, ça fait du bien. Et pour une fois, puisque c'est légal et offert sur le site officiel, je peux même vous faire écouter !

Without msg I am nothing - tirée de The Difference...
To Hell with good intentions - tirée de l'album mclusky do Dallas...

Bon, ce qui est con dans tout ça, c'est qu'hier ils sont splitté, mais apparemment Falco (Andy Falkous le leader/gratteux/chanteur) parle d'une grosse compil finale de faces B d'inédits et de live, donc tout est pas mort. Enfin, le groupe, si, ils vont faire des trucs, mais séparément. Chiotte.