Ma plaine grise
Lundi 3 mars 2008 à 18 h 35
Quand j'étais enfermé tu sais je n'arrêtais jamais de marcher, je me grisais de ces pas veloûtés qui rythmaient le paysage lourd de ma cellule. Je me grisais c'est le mot, j'avais oublié ce qu'était une couleur aussi en étais-je réduit à faire de mon intérieur une vaste plaine grise, bosselée çà et là pour rompre la monotonie ; j'y plaçais aussi un ou deux arbres décharnés, et une boîte-aux-lettres en bois noir au bord de la route.
Des heures durant je marchais dans ce paysage fantôme. Je n'y ai jamais rencontré personne si c'est ce que tu veux savoir, sauf une fois, après un pont surplombant une rivière grise qui ne coulait même pas ; un homme assis qui bricolait quelque chose sur le sol.
Que fais-tu, je lui avais demandé. - J'écris des frictions. Des fictions? avais-je voulu le corriger. - Non, des frictions, j'écris en vers. Ah, tu es poète. - Non, je suis animaliste, j'écris vraiment des frictions en vers.
M'approchant de lui j'avais vu qu'il disposait sur le sol, en des masses grouillantes, des lombrics luisants, qui se frottaient selon une syntaxe négative connue de lui seul, et sûrement de moi aussi quelque part, puisque c'était ma plaine grise.
Des heures durant je marchais dans ce paysage fantôme. Je n'y ai jamais rencontré personne si c'est ce que tu veux savoir, sauf une fois, après un pont surplombant une rivière grise qui ne coulait même pas ; un homme assis qui bricolait quelque chose sur le sol.
Que fais-tu, je lui avais demandé. - J'écris des frictions. Des fictions? avais-je voulu le corriger. - Non, des frictions, j'écris en vers. Ah, tu es poète. - Non, je suis animaliste, j'écris vraiment des frictions en vers.
M'approchant de lui j'avais vu qu'il disposait sur le sol, en des masses grouillantes, des lombrics luisants, qui se frottaient selon une syntaxe négative connue de lui seul, et sûrement de moi aussi quelque part, puisque c'était ma plaine grise.
I like it like that.
\o/
BROUZOUFS BROUZOUFS
:-)