La cave
Mardi 20 mai 2008 à 00 h 37
J'ai beau crier et crier, tout ce qui me répond, c'est mon écho contre les murs. Pourquoi tu m'as enfermé ici, j'en ai une petite idée. Je pense aussi que tu veux m'y laisser pourrir, et je me trompe rarement. En tout cas, tu as bien choisi. On fait difficilement plus sordide, comme cave. C'est plein de tuyaux coupés qui dépassent des murs, murs qui tombent en lambeaux, lambeaux qui suintent une moisissure infâme. Je m'y sens déjà chez moi. Ca m'amuse presque, tu me connais, j'ai un sens de l'humour à toute épreuve.
Si je t'ai enfermé, mon vieux, désolé de te le dire, mais c'est parce que je t'aime ; par pur égoïsme, si tu préfères. Et puis cette cave ne sert à rien de toute façon, et toi non plus. Vous serez bien ensemble. Moi je vais continuer à vivre en te sachant là au dessous de moi, dans les bas-fonds de ma maison, et ça me réjouit. Je t'aurai toujours sous la main. Je ne t'ennuierai pas. Tu t'ennuieras tout seul.
J'entends tes pas au dessus de moi et comment dire, ça m'emplit de haine, mais aussi de désir. Je m'amuse bien. Rassure-toi, je n'essaie même pas de sortir. Je ne gratte pas les murs. Je ne cherche pas de bouche d'aération camouflée et secrète. Je ne fabrique pas d'outil à partir de rien. J'écoute, j'attends, je voyage dans mes paysages intérieurs. Certains sont beaux, si tu voyais ça ! Des chaînes de roches voûtées, des landes plutôt fleuries, des vallées et des lacs. Le genre bucolique. Mais j'arrête d'y penser. La plupart sont vides et gris, comme tu t'en doutes. Des longues plaines crevassées. Des étendues de cendre et des ruisseaux malades dans lesquels je te noie parfois. Quand le son de tes pas interrompt mes rêveries je lève les yeux vers le plafond humide et je crois te voir de dessous.
Je te sens, au dessous de moi, et parfois même je crois que tes rêves m'atteignent. Parfois je pense que quand j'irai mieux je te laisserai sortir et que nous aurons une belle vie. Seulement toi et moi nous savons que nous ne voulons pas d'une belle vie. Nous savons aussi que jamais je n'irai mieux. En ce moment je couche avec de nombreux hommes et j'ai installé un lit dans le salon, juste au dessus de toi, pour que tu nous entendes. Nous entends-tu? J'espère que oui. Je pense à toi en faisant l'amour, à toi dans le noir et l'humide. Je ne veux pas que tu m'oublies, je ne veux pas que tu me laisses.
J'aime de plus en plus cet endroit. J'en ai exploré les moindres recoins. De chaque fissure, de chaque bosse sur le sol ou sur les murs, j'ai fait un monde. Je t'entends mener ta vie. Je t'entends faire l'amour. J'en suis fort triste, et amusé, de tout cet amour. Aujourd'hui j'en ai assez. Oublie moi.
Si je t'ai enfermé, mon vieux, désolé de te le dire, mais c'est parce que je t'aime ; par pur égoïsme, si tu préfères. Et puis cette cave ne sert à rien de toute façon, et toi non plus. Vous serez bien ensemble. Moi je vais continuer à vivre en te sachant là au dessous de moi, dans les bas-fonds de ma maison, et ça me réjouit. Je t'aurai toujours sous la main. Je ne t'ennuierai pas. Tu t'ennuieras tout seul.
J'entends tes pas au dessus de moi et comment dire, ça m'emplit de haine, mais aussi de désir. Je m'amuse bien. Rassure-toi, je n'essaie même pas de sortir. Je ne gratte pas les murs. Je ne cherche pas de bouche d'aération camouflée et secrète. Je ne fabrique pas d'outil à partir de rien. J'écoute, j'attends, je voyage dans mes paysages intérieurs. Certains sont beaux, si tu voyais ça ! Des chaînes de roches voûtées, des landes plutôt fleuries, des vallées et des lacs. Le genre bucolique. Mais j'arrête d'y penser. La plupart sont vides et gris, comme tu t'en doutes. Des longues plaines crevassées. Des étendues de cendre et des ruisseaux malades dans lesquels je te noie parfois. Quand le son de tes pas interrompt mes rêveries je lève les yeux vers le plafond humide et je crois te voir de dessous.
Je te sens, au dessous de moi, et parfois même je crois que tes rêves m'atteignent. Parfois je pense que quand j'irai mieux je te laisserai sortir et que nous aurons une belle vie. Seulement toi et moi nous savons que nous ne voulons pas d'une belle vie. Nous savons aussi que jamais je n'irai mieux. En ce moment je couche avec de nombreux hommes et j'ai installé un lit dans le salon, juste au dessus de toi, pour que tu nous entendes. Nous entends-tu? J'espère que oui. Je pense à toi en faisant l'amour, à toi dans le noir et l'humide. Je ne veux pas que tu m'oublies, je ne veux pas que tu me laisses.
J'aime de plus en plus cet endroit. J'en ai exploré les moindres recoins. De chaque fissure, de chaque bosse sur le sol ou sur les murs, j'ai fait un monde. Je t'entends mener ta vie. Je t'entends faire l'amour. J'en suis fort triste, et amusé, de tout cet amour. Aujourd'hui j'en ai assez. Oublie moi.
Évidemment que son histoire est celle de l'australien. Un vrai patriote, celui là.
Réussir a la garder dans sa cave, c'est un tour de force ! Un vrai génie.
CONNARD ?
J'aime toujours autant le rythme, et l'alternance au-dessus/en-dessous est excellente. L'expression est plutôt légère, ça doit être voulu, et c'est bien de même. Par contre, c'est un peu rapide, quelques paragraphes de plus peut-être...
(Je sors discrètement..)
Est ce que tu retrouves tes pensées du 1er billet de ton blog ou est-ce que cela a "évolué" depuis ? (le mot est mauvais j'en conviens)
En tout cas se sentir mal est pour moi, en règle générale, un très bon moteur d'écriture. Quand je vais mal et que j'écris j'ai l'impression que je transforme mon mal être en quelque chose de positif, de constructif, et que j'essaye de rendre esthétique. J'ai remarqué aussi que quand je vais TROP mal, j'écris vraiment de la pure merde. Comme ce premier article. Ces trucs là, qu'il m'arrive d'écrire, je ne les montre pas.
J'ai presque honte de cet article mais ma politique dès le départ, sur ce blog, a été de ne jamais rien éliminer ou censurer. J'aurais pu le virer, ce premier article. Mais bon, il est là, il fait partie de l'histoire de ce blog, je le laisse ainsi que tous les commentaires, même les plus débiles. Heureusement, en général, les commentaires sont plutôt intéressants et m'aident pas mal (cf denisbarres, merci, mon internement en HP m'a fait du bien). Et j'aime aussi la connerie, donc tout va bien. Merci à vous, connards qui prenez le temps de lire.
Edit : ahah du coup je viens de regarder un peu mon blog, j'en ai écrit, des saloperies, mine de rien ! Depuis juin 2006 !