Amour, joie, nihilisme.
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Juin 2008
Les vies calmes ratent
Lundi 23 juin 2008 à 17 h 39
Quand je suis sorti ce matin ils étaient tous devenus fous. Je marchais dans la rue ensoleillée et tout autour de moi se déroulaient des scènes étranges. Un homme marchait avec d'énormes chaussures noires, son crâne chauve s'agitait à chaque pas, comme un hochet. C'était surtout les grosses chaussures qui m'intriguaient. J'ai continué à marcher, perturbé ; il faisait très beau et j'entendais une musique très lente et très triste, qui venait d'une fenêtre à laquelle pendaient des chaises. J'ai eu envie de m'asseoir.
Un peu plus loin un attroupement s'était créé sur une petite place : une femme déambulait avec son enfant, très jeune, sur son dos, emballé dans un harnais rouge. La foule la regardait marcher, et effleurait l'enfant. Il y avait quelque chose de dérangeant dans la posture du petit : sa tête pendait vers l'arrière comme s'il dormait ou comme si. Il était mort. J'ai été submergé par l'horreur. Cette femme promenait sur son dos le cadavre de son enfant et paraissait ne pas s'en rendre compte. Personne ne l'aidait. Depuis combien de temps marchait-elle ainsi? Elle était peut être sortie se promener et n'avait pas réalisé ce qui se déroulait dans son dos. Ou pire encore, peut être qu'elle savait !
J'ai marché pendant un moment à côté d'un vieil homme habillé de noir, qui avançait de manière complètement saccadée, sans pouvoir contrôler les mouvements de ses bras qui s'agitaient à chaque pas de manière complètement chaotique. Ensemble on a croisé une femme rousse qui portait dans ses bras un chat mort, en souriant de toutes ses dents. Ouvre les yeux j'ai pensé, ouvre les yeux, et j'essayais de les ouvrir, mais ils étaient déjà ouverts et toute surenchère était impossible !
Alors je continuais à écouter la musique triste et lente, et elle m'emplissait d'une humeur incroyable, comme si rien ne pouvait m'arriver, comme si j'étais le seul à l'entendre et à profiter de l'invulnérabilité totale qu'elle offrait et c'était justement à cause du désespoir qu'elle provoquait et de ma solitude dans cette ville où plus rien n'allait droit, quelqu'un est tombé d'un toit juste devant moi, le bruit a été terrible, mais ce n'était rien à côté des explosions qui ont commencé à retentir un peu partout, et à projeter des gravats et des débris, à ombrer le ciel, à le fumer, la panique m'a envahi, j'ai commencé à courir dans tous les sens et en hurlant s'il vous plaît, à percuter tout et tout le monde et ma tête a heurté quelque choses ou quelqu'un a heurté ma tête et tout a été noir, enfin.
Un peu plus loin un attroupement s'était créé sur une petite place : une femme déambulait avec son enfant, très jeune, sur son dos, emballé dans un harnais rouge. La foule la regardait marcher, et effleurait l'enfant. Il y avait quelque chose de dérangeant dans la posture du petit : sa tête pendait vers l'arrière comme s'il dormait ou comme si. Il était mort. J'ai été submergé par l'horreur. Cette femme promenait sur son dos le cadavre de son enfant et paraissait ne pas s'en rendre compte. Personne ne l'aidait. Depuis combien de temps marchait-elle ainsi? Elle était peut être sortie se promener et n'avait pas réalisé ce qui se déroulait dans son dos. Ou pire encore, peut être qu'elle savait !
J'ai marché pendant un moment à côté d'un vieil homme habillé de noir, qui avançait de manière complètement saccadée, sans pouvoir contrôler les mouvements de ses bras qui s'agitaient à chaque pas de manière complètement chaotique. Ensemble on a croisé une femme rousse qui portait dans ses bras un chat mort, en souriant de toutes ses dents. Ouvre les yeux j'ai pensé, ouvre les yeux, et j'essayais de les ouvrir, mais ils étaient déjà ouverts et toute surenchère était impossible !
Alors je continuais à écouter la musique triste et lente, et elle m'emplissait d'une humeur incroyable, comme si rien ne pouvait m'arriver, comme si j'étais le seul à l'entendre et à profiter de l'invulnérabilité totale qu'elle offrait et c'était justement à cause du désespoir qu'elle provoquait et de ma solitude dans cette ville où plus rien n'allait droit, quelqu'un est tombé d'un toit juste devant moi, le bruit a été terrible, mais ce n'était rien à côté des explosions qui ont commencé à retentir un peu partout, et à projeter des gravats et des débris, à ombrer le ciel, à le fumer, la panique m'a envahi, j'ai commencé à courir dans tous les sens et en hurlant s'il vous plaît, à percuter tout et tout le monde et ma tête a heurté quelque choses ou quelqu'un a heurté ma tête et tout a été noir, enfin.
9 commentaires, dernier de remouk.