Prototypes (le blog de PeDRoRist)

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Au fil.

Mardi 6 mars 2007 à 23 h 56
Galopant nus comme des enfants,
Au fil de l'eau, au bord des jours.
De nos rires éclaboussant,
Le gris pesant des alentours.

Enroulé comme une pelote
De laine autour de ton poignet
Le lien qui toujours nous escorte,
De mes entrailles dévidé.

Et sur ce navire impensable
Ou s'embarquent nos désirs lacés,
L'avenir roule imperturbable
Ses cordages et ses vérités.

Rétrotype 026.2
5 commentaires, dernier de raf.

Etincelle.

Dimanche 5 mars 2006 à 15 h 12
Cru voir danser au fond des yeux
La lumière insensée d'un chant,
Ivresse et serment silencieux
Derrière les mirroirs scintillants.

Plongé les yeux, risqué les lèvres.
Jaillirent les feux qui ne brûlent pas.
Phallanges mêlées, prunelles en fièvre,
Nous avons fait nos premiers pas.

Rétrotype 025.1
2 commentaires, dernier de WtiA.

Les orangettes.

Mercredi 15 février 2006 à 03 h 29
Comme un fagot noir d'automne
Ficelé rouge et rêves atones
Comme un cube au parfum sombre
Branches noires en ordre et nombre

Comme suspendues dans le temps
Posées silence bord du vide
Comme moi que toujours j'attends
Immobile planqué livide

Comme tu les affectionnes
Mignon péché ma mignonne
Comme il me plait de te voir
Plaisir palais et mâchoire

Comme j'aurais voulu laisser
Sur ton bureau matin froid
Comme si ç'aurait pu sauver
Notre flamme du désarroi.

Prototype 024.1
2 commentaires, dernier de Ikon.

Janvier.

Mardi 10 janvier 2006 à 23 h 29
Comme un sourire incertain
Poignant à tes commissures
Naissent sur la frange du matin
Douze mois aux regards futurs.

Encore flous sous la distance
Mais s'approchent vite déjà
Ils promettent -belle assurance-
Bonheur, chance, etcaetera

Moi je ne saurais guère te dire
Que ce que tu sais déjà :
Ce qu'on m'a dit de l'avenir
C'est que j'irai avec toi.

Rétrotype 023.1
3 commentaires, dernier de Turkman.

Hyperbole.

Lundi 31 octobre 2005 à 01 h 18
Bourrasque nocturne
Emportant loin un million
De fleurs rouges flétries.

Prototype 022.2

Parabole.

Jeudi 6 octobre 2005 à 21 h 21
Une flèche. Rouge. L'automne.
Décochée. L'air. Pourfendu.
La tête. Nuit. Brouillard.

Prototype 021.1

Susceptible d'agir.

Jeudi 29 septembre 2005 à 22 h 16
Un cri. La foule. Figée.
Ca vient d'en face. Le quai.
Il court. Seul. Non. Un autre
Fuite. Il s'échappe. C'est fait.

Non! Il vient. Ici. Sûr.
L'escalier. Le voilà!
Faut l'arreter! Quelqu'un!
Quelqu'un vite! Moi? Mais...

Le couloir... Il va... Non!
Arretez le! Hé! Là!
Arretez le! Au voleur!
Allez-y! Allez-y...

Stupeur. Regards. Confus.
Le boucan. Au fond. Loin
Un crissement. Le train.
Ils l'auront. Sûrement.

Rétrotype 020.2
3 commentaires, dernier de mox.

Chien de pierre.

Mardi 19 juillet 2005 à 16 h 47
A l'ombre colossale du molosse alangui
S'allongeant menacante au fond de la vallée,
Brillent des chiens, des loups, les canines effilées
Les prunelles insensées, les museaux érudits.

Incroyable cerbère aux songes impénétrables,
Son impassible souffle enveloppe les épaules
Des cabots éphémères, des roquets périssables
Aboyant leur détresse devers le crépuscule.

Allongé sur une crête effilée comme une lame,
Dominant les collines d'un oeil marmoréen,
Il défie du regard les étoiles, les cieux calmes,
L'astre de nuit lui-même et les dieux olympiens.

Mais plus loin que ne porte l'arrogance de sa vue,
Bien après l'horizon, on murmure qu'il existe
Des yeux d'un velours tel qu'ils pourraient d'une battue
Apprivoiser la bête aux longs crocs de granit.

Prototype 019.1

Sodium.

Lundi 11 juillet 2005 à 13 h 38
Comme elles vibrent tes fossettes
Alors que nous cueillons l'instant
A l'abri des rigueurs du Temps,
Loin sous le serieux qui nous guette.

Dehors la poussière d'orange
Saupoudre l'Univers de vide
Comme ton visage se fend d'une ride
De cette luminescence étrange.

Il n'y a rien à l'interieur
Que nos rires incoercibles
Et la réconfortante chaleur
D'étreintes pourtant invisibles.

Et que, fatal, le moment vienne
De regagner nos solitudes
Mes levres ne connaissent pas les tiennes
Mais tu m'éclaires d'une certitude.

Prototype 018.1

Le grand chambardement.

Jeudi 7 juillet 2005 à 19 h 01
L'autre locataire de ma caboche exigüe
Se plaignait hier soir de la promiscuité,
Des paroles mélangées, des adjectifs perdus
Et réclamait céans qu'on se mit à ranger.

Reposant une pensée, j'aquiescais sans mot dire
Et baillant aux corneilles je constatais l'ampleur
Du capharnaüm qu'il faisait en la demeure,
En songeant que les dieux avaient dû me maudire.

Discipline et méthode. Il nous fallait primo
Retrouver des idées lesquelles étaient les siennes,
Lesquelles m'appartenaient, et celles hétérogènes
Certainement chapardées dans quelque autre cerveau.

A moi les bien grands mots, à lui les petites phrases;
Je classerai mes rimes s'il débarrasse sa prose.
Quant à ces vieux dictons, dont nous n'avons que faire
Je les ai balayés sous de jolies chimères.

Prototype 017.1