Lundi 15 novembre, gmt +1, quelque part dans l'espace
Jeudi 3 février 2005 à 11 h 38
Le capitaine Mac O'Brian etait confortablement installé dans son fauteuil en pleine salle de commandement du vaisseau " le Youplaboum IV ", devant lui, en demi cercle et lui tournant le dos, une douzaine d'officiers naviguants tripotaient tout un tas de boutons, baissaient des leviers et surveillaient des graphiques aux courbes harmonieuses. Des diodes clignotaient d'un ostentatoire contentement dans un ballet qui aurait provoqué l'admiration de l'équipe de danse synchronisée de lucioles Moldaves au JO inter-insectoïdales de 2156.
En face de lui, un écran, de la taille approximative de celui d'un cinéma, reproduisait ce qui faisait face au vaisseau : une immensité d'un noir de jais mouchetée d'une myriade d'étoiles.
C'est beau mais relativement chiant.
Tout le monde avait l'air serein et semblait avoir de quoi s'occuper mais le commandant avait un souci en tête : il s'emmerdait profondément.
- Jean-Phi, on arrive quand à Galack-les-platanes ?
- Euh, d'après mes dernières estimations, dans 2 jours et 40 minutes capitaine, si il n'y a pas trop de circulation.
Le capitaine ne pu s'empêcher de pousser un long soupir.
Vivement Galack-les-platanes, planète de débauche et de luxure, célèbre pour ses putes à trois seins et ses open bars nudistes, objectif final du " Youplaboum IV " .
Les missions pour Galack étaient, de fait, toujours acceptées dans la bonne humeur et l'anticipation générale, provoquant même de menus échauffourées entre capitaines rivaux, rixes qui se réglaient malgré tout à la danse, l'un disait " fils, t'as aucune chance ", et l'autre lui répondait qu'il voyait pas trop où il voulait en venir alors il se bituraient pour oublier.
Quelques temps plus tard, alors qu'O'Brian commençait à sérieusement songer à s'entailler les veines pour en finir, l'officier en charge du radar lança :
-Capitaine, vaisseau d'origine extra-terrestre droit devant !
Ce que l'officier des communications relaya par :
-Capitaine, communication en provenance du vaisseau détectée !
-Communication acceptée.
Sur l'écran, apparu le visage d'un extra terrestre, aussi troublant que cela puisse vous paraître, Ô lecteur prompt à douter.
Prenons comme postulat que l'homme ait découvert qu'il n'était pas seul dans l'univers et qu'il ne s'est pas mit dans les 10 premières minutes sur la gueule avec les peuples rencontrés (ce que, je ne sais pas moi, des armes de destruction massives extra-terrestre auraient éventuellement évitées par exemple) et que tout ce beau monde arrive à vivre ensemble dans une relative et fragile intelligence.
Si vous doutez encore, dites vous tout simplement que cette histoire se passe dans un futur super éloigné et qu'il faudrait pas trop faire les marioles vu que vous serez sûrement morts à ce moment là (désolé de vous cassez le moral comme ça) (mais bon, vous l'avez cherché.)
Donc, bon, un extra-terrestre, sur un écran comme ça, ça ne surprend pas plus que ça l'équipage du " Youplaboum IV "
Celui là, pour résumer, avait une tête ressemblant à s'y méprendre à celle d'une tortue des Galápagos : un visage écailleux, des yeux tombant et une bouche dont la lèvre supérieure tombait indubitablement en son centre. Pas de nez à signaler, par la même occasion.
Ce peuple, les humains lui avait donné un nom, fruit d'une interaction active et d'une amitié interraciale profonde et durable : les tortues.
La tortue, donc, se mit à parler d'une voix traînante parsemée de petites bulles sonore, comme si la créature recrachait un peu de purée alors qu'elle discourait. (Si jamais elle était en train d'en manger pendant qu'elle parlait) (Ce qui n'aurait pas été très poli, vous en convenez)
-Bonjour, vous venez de pénétrer dans un espace privé, je ne voudrais pas être désobligeant mais il va falloir penser à trouver un autre chemin
Du moment où le visage était apparu sur l'écran, le capitaine n'avait pas desserré les mains des accoudoirs de son fauteuil. Il connaissait très bien son interlocuteur, c'était Shmup-el Esotim, une personne avec qui il avait eu quelques altercations auparavant et, hum, disons qu’ils ne s’étaient pas quittés en très bon terme.
Enfin, il ne l'avait pas fuit en très bon terme.
Il était sur que le Shmup-el Esotim bloquait son vaisseau exprès pour rien qu'à faire qu'à l'embêter.
-Mais enfin, dit enfin le capitaine, cette voie là, est elle libre. Elle n'appartient à personne.
-Non, plus maintenant, nous l'avons annexée.
-Ah ouais ?
-Ouais, exact, si vous voulez passer, va falloir nous passer dessus.
-Mais enfin, t'es chiant merde, si on veux aller à Galack, on est obligé de passer par Bêta du Jonc et ça nous rallonge d'une semaine.
-Ah ouais ?
-Bah oui, tu le sais très bien.
-Bon, quoi qu'il en soit, allez vous en, houste !
Ce sur quoi l'écran redevint de l'espace et des étoiles.
-Euh, vous le connaissez capitaine ? demanda le préposé au déca avec deux sucres.
-Si je le connais ? ah ça oui, c'est un personnage immonde qui n'hésite pas à lancer une dame de cœur 3 tours après avoir annoncé qu'il était en coupe d'annonce dans la première manche de mêlée.
- Il ne tue pas des enfants ou des trucs comme ça ?
-Nan, mais j'suis sur que si il en avait l'occasion, il y penserait.
-Et on pourrait pas, je sais pas moi, faire demi tour gentiment et trouver un autre chemin pour aller au plus vite sur Galack-du-platane afin de s'y faire couler un bon bain à l'extrait de mangue tandis qu'une masseuse hydrocéphale nous chanterait du Jeanne Mas ?
-Nan.
-Nan ?
-Nan.
Le capitaine se leva d'un bond et, tout en serrant le poing à hauteur de son visage dit :
-Bien, il va falloir faire comprendre à c't'espèce d'ovipare à la con de quel bois on se chauffe !
-Euh capitaine, dit le préposé au placard à oreillettes, vous n'en faites pas une histoire personnelle là ?
-Mais non, pas du tout…Préparez les torpilles !
-Lesquels ?
-Les torpilles à protons filoguidées
-Euh, filoguidées c'est avec un fil accroché dessus.
-Radiocommandées alors ?
-Presque.
-Par guidage..euh..laser ?
-Ouais, on a ça. Soute 4, engagez !
Tandis que tout le monde commençait à s'affairer autour de lui, le capitaine se rassit dans son fauteuil, le regard froid et l'air digne, un peu comme Albator sur le pont de son navire, la classe et la cicatrice en moins.
-Torpilles engagées !
-Cible verrouillée !
-Attente confirmation !
C'est avec un grand plaisir que le capitaine hurla : " Feu ! "
Les torpilles atteignirent leur but, fort heureusement d'ailleurs au prix qu'elles coûtaient, mais furent absorbées par un écran protecteur bleuté et translucide qui vibra légèrement lorsque les projectiles essayèrent de le transpercer.
-Ah tiens, ils ont des boucliers magnétiques, j'savais pas que ces appareils en été dotés.
-Et si, lui spécifia l'intendant, pour un Neuro de plus, c'est livré en série en ce moment, avec la climatisation et les lasers anti-brouillard.
-Ah tiens ? C’est intéressant.
-Oui.
-Bien, dans ce cas…
(Le réalisateur audacieux se permettra un zoom sur le regard de l'acteur qui, quant à lui, s'efforcera de prendre un air déterminé et sans pitié) (Oubliez donc l'idée de prendre Gérard Klein dans le rôle du capitaine)
-…préparez vous à tirer Les Missiles Sub-Atomique !
L'équipage se mit en branle.
-Missiles engagés de 16 ans !
-Ciblé vérrouil..
-Attendez ! les interrompit le capitaine, officier Malone, vous croyez que je vous ai pas entendu ? Vous sortez, allez, hop.
L'incriminé s'exécuta.
-Reprenez.
-Missiles engagés, donc !
-Cible verrouillées !
-Attente confirmation !
Le capitaine ne pu s'empêcher de pointer du doigt le vaisseau ennemi et de crier: " Feu ! "
-Hum, euh, capitaine ?
-Oui, quoi ?
-Leur bouclier atomique à profusion laser concentrique à tout absorbé !
-" leur bouclier atomique à profusion laser concentrique ", ça existe ça ?
-Visiblement, ouais.
-Merde, il nous reste quoi ?
-Des missiles lacrymogènes.
-Quoi ? Dans l'espace ?
-Oui.
-Laissez tomber, on passe au plan B. Nous allons forcer le passage, foncez leur donc dessus ! On va la jouer à la dégonfle.
Il appuya sur une touche du tableau de communication interne.
-Allo, la salle des machines ?
-Nan, là, c'est le salon de thé, vous tombez mal, on fait un bridge là.
-Scotie, arrêtez donc de faire l'andouille et poussez moi ces bon dieu de moteurs à fond.
De très loin, en bas, parvint un son qui monta en crescendo comme un ascenseur qu'on entendrait arriver à son étage.
Il re-appuya sur la même touche.
-Scotie, j'suis sur que vous allez me dire que si on pousse plus les moteurs, ils vont exploser ?
-Nan nan, là, ça va c'est bonnard.
Il faut dire aussi que ce vaisseau était vraiment tout moisi : les moteurs s'emballaient à la moindre manœuvre, même pour faire un créneau, ils chauffaient et explosaient invariablement, bloquant le vaisseau des jours durant le tant que Scotie retrouve sa clé de 12 ; rien que le fait d'utiliser le micro ondes de la salle de repos du 4ème faisait éjecter les lits de la passerelle ouest de leur occupant tout en jouant une adaptation tsigane de la lettre à élise. Le " Youplaboum IV " était peut être le seul vaisseau de l'univers à avoir une documentation d'usage plus épaisse que la documentation d'utilisation.
-Bon, bah, faites alors.
-Bobba fet ?
-Scotie, vous me ferez penser à vous donner un blâme, plus tard.
Le vaisseau Extra-terrestre semblait se rapprocher, ce qui n'était en fait qu'une illusion d'optique puisque c'était le " Youplaboum IV " qui s'approchait.
Hein que c'était une illusion hein.
-Euh, capitaine, ils avancent vers nous. La tortue se meut.
-Ah, vous êtes sur ?
-Plutôt.
-Hum.
-Qu'est ce qu'on fait ?
-On garde le cap.
-Vous êtes sur ?
-Plutôt.
La ceinture de la tension se serra d'un cran autour de la taille de la peur.
Plus aucun bruit dans la salle de commandement.
Tous avaient le regard fixé sur l'écran et sur ce vaisseau qui s'approchait d'eux.
Au loin, un micro-ondes signalait désespérément que le donuts à l'intérieur de lui était plus que chaud.
Bip bip bip
Bip
" Il va flancher ce salaud, j'en mettrais ma rate à couper "
De là, on pouvait commencer à lire les inscriptions sur les flancs du navire extra-terrestre.
Bip bip s’évertuait le micro-ondes.
Bip bip
Un des officiers jeta un regard paniqué au capitaine, le front luisant d'une sueur d'angoisse pure diluée à sa terreur.
Le capitaine détourna le regard et fixa le vaisseau.
Bip bip.
Dans l'espace, on n’entend aucun bruit, sinon, je vous aurais fait une chouette explosion.
En face de lui, un écran, de la taille approximative de celui d'un cinéma, reproduisait ce qui faisait face au vaisseau : une immensité d'un noir de jais mouchetée d'une myriade d'étoiles.
C'est beau mais relativement chiant.
Tout le monde avait l'air serein et semblait avoir de quoi s'occuper mais le commandant avait un souci en tête : il s'emmerdait profondément.
- Jean-Phi, on arrive quand à Galack-les-platanes ?
- Euh, d'après mes dernières estimations, dans 2 jours et 40 minutes capitaine, si il n'y a pas trop de circulation.
Le capitaine ne pu s'empêcher de pousser un long soupir.
Vivement Galack-les-platanes, planète de débauche et de luxure, célèbre pour ses putes à trois seins et ses open bars nudistes, objectif final du " Youplaboum IV " .
Les missions pour Galack étaient, de fait, toujours acceptées dans la bonne humeur et l'anticipation générale, provoquant même de menus échauffourées entre capitaines rivaux, rixes qui se réglaient malgré tout à la danse, l'un disait " fils, t'as aucune chance ", et l'autre lui répondait qu'il voyait pas trop où il voulait en venir alors il se bituraient pour oublier.
Quelques temps plus tard, alors qu'O'Brian commençait à sérieusement songer à s'entailler les veines pour en finir, l'officier en charge du radar lança :
-Capitaine, vaisseau d'origine extra-terrestre droit devant !
Ce que l'officier des communications relaya par :
-Capitaine, communication en provenance du vaisseau détectée !
-Communication acceptée.
Sur l'écran, apparu le visage d'un extra terrestre, aussi troublant que cela puisse vous paraître, Ô lecteur prompt à douter.
Prenons comme postulat que l'homme ait découvert qu'il n'était pas seul dans l'univers et qu'il ne s'est pas mit dans les 10 premières minutes sur la gueule avec les peuples rencontrés (ce que, je ne sais pas moi, des armes de destruction massives extra-terrestre auraient éventuellement évitées par exemple) et que tout ce beau monde arrive à vivre ensemble dans une relative et fragile intelligence.
Si vous doutez encore, dites vous tout simplement que cette histoire se passe dans un futur super éloigné et qu'il faudrait pas trop faire les marioles vu que vous serez sûrement morts à ce moment là (désolé de vous cassez le moral comme ça) (mais bon, vous l'avez cherché.)
Donc, bon, un extra-terrestre, sur un écran comme ça, ça ne surprend pas plus que ça l'équipage du " Youplaboum IV "
Celui là, pour résumer, avait une tête ressemblant à s'y méprendre à celle d'une tortue des Galápagos : un visage écailleux, des yeux tombant et une bouche dont la lèvre supérieure tombait indubitablement en son centre. Pas de nez à signaler, par la même occasion.
Ce peuple, les humains lui avait donné un nom, fruit d'une interaction active et d'une amitié interraciale profonde et durable : les tortues.
La tortue, donc, se mit à parler d'une voix traînante parsemée de petites bulles sonore, comme si la créature recrachait un peu de purée alors qu'elle discourait. (Si jamais elle était en train d'en manger pendant qu'elle parlait) (Ce qui n'aurait pas été très poli, vous en convenez)
-Bonjour, vous venez de pénétrer dans un espace privé, je ne voudrais pas être désobligeant mais il va falloir penser à trouver un autre chemin
Du moment où le visage était apparu sur l'écran, le capitaine n'avait pas desserré les mains des accoudoirs de son fauteuil. Il connaissait très bien son interlocuteur, c'était Shmup-el Esotim, une personne avec qui il avait eu quelques altercations auparavant et, hum, disons qu’ils ne s’étaient pas quittés en très bon terme.
Enfin, il ne l'avait pas fuit en très bon terme.
Il était sur que le Shmup-el Esotim bloquait son vaisseau exprès pour rien qu'à faire qu'à l'embêter.
-Mais enfin, dit enfin le capitaine, cette voie là, est elle libre. Elle n'appartient à personne.
-Non, plus maintenant, nous l'avons annexée.
-Ah ouais ?
-Ouais, exact, si vous voulez passer, va falloir nous passer dessus.
-Mais enfin, t'es chiant merde, si on veux aller à Galack, on est obligé de passer par Bêta du Jonc et ça nous rallonge d'une semaine.
-Ah ouais ?
-Bah oui, tu le sais très bien.
-Bon, quoi qu'il en soit, allez vous en, houste !
Ce sur quoi l'écran redevint de l'espace et des étoiles.
-Euh, vous le connaissez capitaine ? demanda le préposé au déca avec deux sucres.
-Si je le connais ? ah ça oui, c'est un personnage immonde qui n'hésite pas à lancer une dame de cœur 3 tours après avoir annoncé qu'il était en coupe d'annonce dans la première manche de mêlée.
- Il ne tue pas des enfants ou des trucs comme ça ?
-Nan, mais j'suis sur que si il en avait l'occasion, il y penserait.
-Et on pourrait pas, je sais pas moi, faire demi tour gentiment et trouver un autre chemin pour aller au plus vite sur Galack-du-platane afin de s'y faire couler un bon bain à l'extrait de mangue tandis qu'une masseuse hydrocéphale nous chanterait du Jeanne Mas ?
-Nan.
-Nan ?
-Nan.
Le capitaine se leva d'un bond et, tout en serrant le poing à hauteur de son visage dit :
-Bien, il va falloir faire comprendre à c't'espèce d'ovipare à la con de quel bois on se chauffe !
-Euh capitaine, dit le préposé au placard à oreillettes, vous n'en faites pas une histoire personnelle là ?
-Mais non, pas du tout…Préparez les torpilles !
-Lesquels ?
-Les torpilles à protons filoguidées
-Euh, filoguidées c'est avec un fil accroché dessus.
-Radiocommandées alors ?
-Presque.
-Par guidage..euh..laser ?
-Ouais, on a ça. Soute 4, engagez !
Tandis que tout le monde commençait à s'affairer autour de lui, le capitaine se rassit dans son fauteuil, le regard froid et l'air digne, un peu comme Albator sur le pont de son navire, la classe et la cicatrice en moins.
-Torpilles engagées !
-Cible verrouillée !
-Attente confirmation !
C'est avec un grand plaisir que le capitaine hurla : " Feu ! "
Les torpilles atteignirent leur but, fort heureusement d'ailleurs au prix qu'elles coûtaient, mais furent absorbées par un écran protecteur bleuté et translucide qui vibra légèrement lorsque les projectiles essayèrent de le transpercer.
-Ah tiens, ils ont des boucliers magnétiques, j'savais pas que ces appareils en été dotés.
-Et si, lui spécifia l'intendant, pour un Neuro de plus, c'est livré en série en ce moment, avec la climatisation et les lasers anti-brouillard.
-Ah tiens ? C’est intéressant.
-Oui.
-Bien, dans ce cas…
(Le réalisateur audacieux se permettra un zoom sur le regard de l'acteur qui, quant à lui, s'efforcera de prendre un air déterminé et sans pitié) (Oubliez donc l'idée de prendre Gérard Klein dans le rôle du capitaine)
-…préparez vous à tirer Les Missiles Sub-Atomique !
L'équipage se mit en branle.
-Missiles engagés de 16 ans !
-Ciblé vérrouil..
-Attendez ! les interrompit le capitaine, officier Malone, vous croyez que je vous ai pas entendu ? Vous sortez, allez, hop.
L'incriminé s'exécuta.
-Reprenez.
-Missiles engagés, donc !
-Cible verrouillées !
-Attente confirmation !
Le capitaine ne pu s'empêcher de pointer du doigt le vaisseau ennemi et de crier: " Feu ! "
-Hum, euh, capitaine ?
-Oui, quoi ?
-Leur bouclier atomique à profusion laser concentrique à tout absorbé !
-" leur bouclier atomique à profusion laser concentrique ", ça existe ça ?
-Visiblement, ouais.
-Merde, il nous reste quoi ?
-Des missiles lacrymogènes.
-Quoi ? Dans l'espace ?
-Oui.
-Laissez tomber, on passe au plan B. Nous allons forcer le passage, foncez leur donc dessus ! On va la jouer à la dégonfle.
Il appuya sur une touche du tableau de communication interne.
-Allo, la salle des machines ?
-Nan, là, c'est le salon de thé, vous tombez mal, on fait un bridge là.
-Scotie, arrêtez donc de faire l'andouille et poussez moi ces bon dieu de moteurs à fond.
De très loin, en bas, parvint un son qui monta en crescendo comme un ascenseur qu'on entendrait arriver à son étage.
Il re-appuya sur la même touche.
-Scotie, j'suis sur que vous allez me dire que si on pousse plus les moteurs, ils vont exploser ?
-Nan nan, là, ça va c'est bonnard.
Il faut dire aussi que ce vaisseau était vraiment tout moisi : les moteurs s'emballaient à la moindre manœuvre, même pour faire un créneau, ils chauffaient et explosaient invariablement, bloquant le vaisseau des jours durant le tant que Scotie retrouve sa clé de 12 ; rien que le fait d'utiliser le micro ondes de la salle de repos du 4ème faisait éjecter les lits de la passerelle ouest de leur occupant tout en jouant une adaptation tsigane de la lettre à élise. Le " Youplaboum IV " était peut être le seul vaisseau de l'univers à avoir une documentation d'usage plus épaisse que la documentation d'utilisation.
-Bon, bah, faites alors.
-Bobba fet ?
-Scotie, vous me ferez penser à vous donner un blâme, plus tard.
Le vaisseau Extra-terrestre semblait se rapprocher, ce qui n'était en fait qu'une illusion d'optique puisque c'était le " Youplaboum IV " qui s'approchait.
Hein que c'était une illusion hein.
-Euh, capitaine, ils avancent vers nous. La tortue se meut.
-Ah, vous êtes sur ?
-Plutôt.
-Hum.
-Qu'est ce qu'on fait ?
-On garde le cap.
-Vous êtes sur ?
-Plutôt.
La ceinture de la tension se serra d'un cran autour de la taille de la peur.
Plus aucun bruit dans la salle de commandement.
Tous avaient le regard fixé sur l'écran et sur ce vaisseau qui s'approchait d'eux.
Au loin, un micro-ondes signalait désespérément que le donuts à l'intérieur de lui était plus que chaud.
Bip bip bip
Bip
" Il va flancher ce salaud, j'en mettrais ma rate à couper "
De là, on pouvait commencer à lire les inscriptions sur les flancs du navire extra-terrestre.
Bip bip s’évertuait le micro-ondes.
Bip bip
Un des officiers jeta un regard paniqué au capitaine, le front luisant d'une sueur d'angoisse pure diluée à sa terreur.
Le capitaine détourna le regard et fixa le vaisseau.
Bip bip.
Dans l'espace, on n’entend aucun bruit, sinon, je vous aurais fait une chouette explosion.
Sauf la fin ah oui, dont l'effet comique est purement littéraire. L'élève devra dans un prochain devoir, maitriser parfaitement cet état de fait, moins jongler entre le story-board et le récit de fiction.
Et je serais là chérie pour le prochain, ne fais pas attention au zero commentaire insultant, ces bouseux ne comprennent rien à l'art.
Ce texte, tout comme le precedent, date d'il y a un an, j'ai pas eu le courage de les retoucher depuis donc bon, ça tatonne encore severe.
Merci encore du commentaire l'ami.