Macrobotellón! L'alcoolisme à son paroxysme
Samedi 29 mars 2008 à 18 h 28
J'étais hier au macrobotellón de Grenade.
Qu'est-ce qu'un macrobotellón? C'est un botellón, mais en version macro, d'une ampleur autrement différente.
Qu'est-ce qu'un botellón?
Une pratique espagnole, très courante dans les grandes villes, qui consiste à se retrouver au grand air pour picoler. Généralement sur de grandes places, le vendredi et le samedi soir. Il ne peut y avoir que quelques centaines de jeunes alcoolos, plusieurs milliers, ça dépend du temps, du jour, à Grenade je pense qu'il y a pratiquement 1000 personnes chaque vendredi et samedi soir (on peut monter à 3000-4000 un bon soir je pense). Pour rappel, Grenade n'est qu'une ville de 220 000 habitants, mais je ne suis qu'un des 82 000 étudiants, donc si on ajoute les lycéens, jeunes actifs etc pas étonnant que ça monte si haut.
Bref, le but est de se retrouver, de boire, de rencontrer des gens. On achète sa boisson et ses verres en plastique au supermarché, dans les petites boutiques des chinois ouvertes jusqu'à 3h du matin, on fait ses mélanges et on enchaîne! C'est totalement informel, il n'y a pas d'organisation, pas de musique, les flics tolèrent à Grenade et prévoient du personnel pour patrouiller autour de la grande place où l'on se retrouve, au sud de la ville. Mais c'est interdit dans d'autres régions et villes, notamment à Madrid je crois où l'on risque une belle amende.
J'ai trouvé un article sympa sur un blog, qui évoque un particulier du botellon. Il date de 2006:
Le botellón n’est pas une pratique nouvelle au pays de la fiesta. Mais ce qui est récent, c’est d’en faire une compétition.
Cela a commencé à Séville : Il y a un mois, 5.000 étudiants se sont retrouvés dans la capitale andalouse pour fêter la fin des examens. Alors il y a en ce moment un SMS qui fait un tabac auprès des jeunes espagnols. Il dit à peu près : "Ils étaient 5.000 à Séville, il faut qu’on les batte. Botellón cette nuit. Fais passer".
Et vendredi 17 mars, un concours informel de macro botellón a été lancé entre une dizaine de villes pour battre Séville. À Grenade, à Madrid, à Barcelone ou à Valence, [...]. Pour la petite histoire, la plus alcoolique fut Grenade, avec 20.000 asoiffés selon la police locale.
Hier c'était un peu LE botellon de l'année, puisqu'on essayait de battre l'ancien record (40 000 personnes paraît-il), c'était en même temps la fête du printemps, il faisait super beau, y'avait exceptionnellement de grosses enceintes qui tabassent et 1000 flics avaient été mobilisés. Un botellon a plutôt lieu le soir, pas avant 22h (tout est décalé ici, les boîtes ferment à 7h par exemple), mais pour l'occasion il y avait déjà du monde sur la place à... 13h. J'ai débarqué avec un groupe de potes à 16h et on s'est mis une race pas possible, en plein soleil. Bière, vodka, rhum, whisky, joints, évidemment on prend un peu de tout, j'ai vite épuisé mes propres stocks mais les gens s'échangent les bouteilles, se taxent mutuellement et j'ai pu consommer jusqu'à 3h du matin. Arrivé là j'étais mort, j'en pouvais vraiment plus et j'ai fini par rentrer (très péniblement).
Evidemment mon foie a pris très cher, j'ai encore des tremblements et mon samedi est foutu, mais ca reste une super expérience. J'avais déjà participé à des botellones mais là c'était vraiment énorme, 35 000 personnes étaient attendues mais je n'ai aucune idée du nombre réel. Tous ces jeunes qui s'abîment la santé, ces demoiselles surtout qui sombrent dans l'alcool... J'ai rencontré du monde et suis reparti avec les numéros de téléphone de quelques jeunes filles. Bon, j'ai oublié qui est qui et j'avais même pas toujours noté le prénom mais c'est bon pour la confiance.
Pour finir, deux petites vidéos de macrobotellones à Grenade.
La première prise en 2006:
La seconde hier soir, mais pas par moi:
Qu'est-ce qu'un macrobotellón? C'est un botellón, mais en version macro, d'une ampleur autrement différente.
Qu'est-ce qu'un botellón?
Une pratique espagnole, très courante dans les grandes villes, qui consiste à se retrouver au grand air pour picoler. Généralement sur de grandes places, le vendredi et le samedi soir. Il ne peut y avoir que quelques centaines de jeunes alcoolos, plusieurs milliers, ça dépend du temps, du jour, à Grenade je pense qu'il y a pratiquement 1000 personnes chaque vendredi et samedi soir (on peut monter à 3000-4000 un bon soir je pense). Pour rappel, Grenade n'est qu'une ville de 220 000 habitants, mais je ne suis qu'un des 82 000 étudiants, donc si on ajoute les lycéens, jeunes actifs etc pas étonnant que ça monte si haut.
Bref, le but est de se retrouver, de boire, de rencontrer des gens. On achète sa boisson et ses verres en plastique au supermarché, dans les petites boutiques des chinois ouvertes jusqu'à 3h du matin, on fait ses mélanges et on enchaîne! C'est totalement informel, il n'y a pas d'organisation, pas de musique, les flics tolèrent à Grenade et prévoient du personnel pour patrouiller autour de la grande place où l'on se retrouve, au sud de la ville. Mais c'est interdit dans d'autres régions et villes, notamment à Madrid je crois où l'on risque une belle amende.
J'ai trouvé un article sympa sur un blog, qui évoque un particulier du botellon. Il date de 2006:
Le botellón n’est pas une pratique nouvelle au pays de la fiesta. Mais ce qui est récent, c’est d’en faire une compétition.
Cela a commencé à Séville : Il y a un mois, 5.000 étudiants se sont retrouvés dans la capitale andalouse pour fêter la fin des examens. Alors il y a en ce moment un SMS qui fait un tabac auprès des jeunes espagnols. Il dit à peu près : "Ils étaient 5.000 à Séville, il faut qu’on les batte. Botellón cette nuit. Fais passer".
Et vendredi 17 mars, un concours informel de macro botellón a été lancé entre une dizaine de villes pour battre Séville. À Grenade, à Madrid, à Barcelone ou à Valence, [...]. Pour la petite histoire, la plus alcoolique fut Grenade, avec 20.000 asoiffés selon la police locale.
Hier c'était un peu LE botellon de l'année, puisqu'on essayait de battre l'ancien record (40 000 personnes paraît-il), c'était en même temps la fête du printemps, il faisait super beau, y'avait exceptionnellement de grosses enceintes qui tabassent et 1000 flics avaient été mobilisés. Un botellon a plutôt lieu le soir, pas avant 22h (tout est décalé ici, les boîtes ferment à 7h par exemple), mais pour l'occasion il y avait déjà du monde sur la place à... 13h. J'ai débarqué avec un groupe de potes à 16h et on s'est mis une race pas possible, en plein soleil. Bière, vodka, rhum, whisky, joints, évidemment on prend un peu de tout, j'ai vite épuisé mes propres stocks mais les gens s'échangent les bouteilles, se taxent mutuellement et j'ai pu consommer jusqu'à 3h du matin. Arrivé là j'étais mort, j'en pouvais vraiment plus et j'ai fini par rentrer (très péniblement).
Evidemment mon foie a pris très cher, j'ai encore des tremblements et mon samedi est foutu, mais ca reste une super expérience. J'avais déjà participé à des botellones mais là c'était vraiment énorme, 35 000 personnes étaient attendues mais je n'ai aucune idée du nombre réel. Tous ces jeunes qui s'abîment la santé, ces demoiselles surtout qui sombrent dans l'alcool... J'ai rencontré du monde et suis reparti avec les numéros de téléphone de quelques jeunes filles. Bon, j'ai oublié qui est qui et j'avais même pas toujours noté le prénom mais c'est bon pour la confiance.
Pour finir, deux petites vidéos de macrobotellones à Grenade.
La première prise en 2006:
La seconde hier soir, mais pas par moi:
Quant au bordel, j'essaierai de vous trouver des photos demain du résultat final. Tout le monde laisse ses bouteilles, canettes, verres, sacs plastiques en vrac, c'est monstrueux car nous sommes des milliers. C'est MACROBOTELLON §
A une époque j'en faisais à Paris.
Pis des fois après les exams sur le Champs de Mars à Paris les étudiants se rassemblent pour boire.
Ca se passe pas toujours tres bien.
Hum, je ne serais pas aussi catégorique. Effectivement il y en a beaucoup, mais ils sont loin d'être en majorité. Les participants sont essentiellement étudiants. J'ai fait mon premier botellon au mois de septembre, j'y suis retourné plusieurs fois, je suis passé devant la place le week end sans spécialement participer et je pense pouvoir affirmer qu'ici c'est plutôt étudiant. D'ailleurs, à Grenade du moins, il n'y a personne ou presque à 18h. Ca va peut-être changer avec les beaux jours mais c'est très vide à cette heure. Pas mal de personnes viennent par exemple picoler à partir de 22-23h pour ensuite bouger en boîte à 2h.
Sinon ils font effectivement ça à Rennes le jeudi soir, à Brest aussi. Mais c'est sans commune mesure avec le bordel qu'il peut y avoir ici. Du moins, de ce que j'ai pu voir y'a quelques années.
@ Foub: les ferias c'est plutôt culturel, y'a une histoire derrière, et même si on boit beaucoup en général ce sont des évènements organisés et encouragés par les autorités. Les botellones n'ont que deux buts: boire et et socialiser, sans cadre précis.
Sinon je viens de lire que Grenade à fait presque deux fois mieux que Séville: 12 000 participants contre 7 000. Chiffre de sources policières, à multiplier par 2 ou 3 bien entendu. Ce soir je remets ça pour fêter la bonne nouvelle!
Ou pas.
J'aime beaucoup le "pour se socialiser" un joli mot pour dire se bourrer la gueule de façon la plus cheap possible parce que les jeunes (et les lycéens surtout effectivement) ont pas les moyens d'aller dans les bars, le nombre et le rassemblement n'étant là que pour empêcher la police d'intervenir.
Faut pas oublier que certains ont besoin de l'alcool, même à doses modérées, pour s'extravertir un peu.
Suivant les endroit ca peut aller à plusieurs fois par semaine, certaines grandes soirées avec énormement de monde, et c'est +- la même chose, mais principalement à la biere, et avec de la musique en arrière plan.
Par contre, c'est certain, il faut être habillé en conséquence, on en ressort pleins de biere sur les habits, et les chaussures trampant dans un mélange de bière, pisse et gerbe...
Sinon, une fois pas an en Belgique on a la fête de la wallonie aka 'les wallo', ou le temps d'un w-e tous les commercants sortent des petits stands devant leurs magasin et vendent des petits verres de pecket (de l'alcool), et qq artistes viennent faire des mini concerts.. En gros, ca donne une ville remplis de gens completement morts dans les rues (j'ai eu l'occasion d'assister à une scene ou un endicapé en chaise roulante croyait qu'il pouvait remarcher, et s'est cassé la gueulle ensuite.. Enfin, ympas, mais pas que des jeunes par contre..
L'alcool aidant, tout le monde parle à tout le monde, et comme on est nombreux ca va très vite. Après, bien sûr, on oublie 80% des visages et 90% des prénoms, mais ça reste toujours sympa le temps d'une soirée.
Au delà de ça, on est dans un contexte particulier. C'est l'Andalousie bordel, c'est Grenade. Une région, une ville où le tissu social et "la culture du dialogue" n'a que peu de chose à voir avec ce que je connais de la France (et je suis pas originaire de la Creuse). Je ne connais pas le reste de l'Espagne à part Madrid, mais les gens se parlent plus facilement dans les bars, les bus, même dans les rues les soirs de week-end. Je dis pas que des hordes de "gens" sortent leurs griffes pour m'accoster, mais c'est suffisamment différent de la France pour que, oui, il soit très facile et normal de socialiser. Alors je persiste, de mon point de vue d'étudiant étranger qui côtoie des espagnols et d'autres étrangers: l'objectif n'est pas uniquement de se torcher, loin de là.
@ RKx:
Sans déconner c'est plutôt 50/50. Mon colloc' estime que c'est même 60% de filles pour 40% de mecs. Y'a tellement de monde que c'est difficile de faire des estimations, mais pas de souci de ce côté.
On n'a rien de tel à Paris...