1984
Mercredi 5 mars 2008 à 19 h 34
Inspiré du Canard Enchaîné de cet semaine...
Vous le savez tous : des mouchards enregistrent les sites que vous visitez ou les mots que vous tapez le plus souvent et ce, sans que vous en ayez toujours conscience. Vous connaissez certainement leur nom : les cookies. Vingt-quatre ans après 1984 d'Orwell, Big Brother est bien arrivé.
Mais qui réalise le crime ? Car si un petit site propose un cookie pour retenir vos identifiant, personne ne va se plaindre... En revanche, lorsque les moteurs de recherche savent tout sur les goûts de leurs clients, cela devient inquiétant. En effet, il est impossible d'échapper à ces géants du Net. Vous le savez mieux que moi. Les moteurs de recherche (Google et Yahoo! principalement) ont une audience mondiale et, de ce fait, peuvent vendre aux annonceurs de précieuses indications sur les centres d'intérêts. Idéal pour qui veut toucher un public précis. Google a par exemple acquis récemment Doubleclick, l'une des plus grosses régies publicitaires de l'Internet. La firme californienne a également passé un accord avec le français Publicis, 4ème groupe mondial de communication. Le but est clairement de "partager les connaissances que Google a sur les personnes", selon Publicis.
Oh, les plus pragmatiques d'entre nous répliquerons que c'est pour notre bien : une publicité ciblée permet d'intéresser le public, et donc de lui présenter ce qu'il a vraiment envie de recevoir.
Toutefois, cela n'intéresse pas seulement les publicitaires... Les policiers sont pas loin !
Le problème est toujours le même. Comment garantir que ces informations ne seront pas un jour utilisées par des pouvoirs plus ou moins intentionnés ? On a tous en tête Yahoo! qui a aidé les autorités chinoises à arrêter un journaliste, condamné par la suite à 10 ans de prison... Les députés de Bruxelles se sont saisis de la question le 21 Janvier et avouent qu'il n'existe "aucune législation européenne permettant de garantir que l'information sur les comportements à des fins publicitaires ne soit utilisée pour d'autres buts".
Premier problème : l'adresse IP doit-elle être considérée comme une donnée personnelle ? En France, la situation est floue. Si la CNIL avait l'avait classée dans les données personnelles, la cour d'appel de Paris a rendu deux jugements contraires. La suite dans les prochains épisodes, la CNIL a déposé un pourvoi devant la cour de cassation.
La CNIL et ses homologues se sont en tout cas réunies au sein d'un groupe de travail. Elles planchent sur les moteurs de recherche justement. La suite en Avril.
Google, conscient du problème, essaye de rassurer les foules. Ne voulant pas être diabolisé comme Microsoft l'est, la société américaine plaide, elle aussi, pour la mise en place de standards internationaux dans la protection des données. Toutefois, que ferait l'entreprise si la CIA lui réclamait, dans le cadre d'une enquête contre-terroriste, des données sur des internautes européens ?
"Il s'agit de bien faire comprendre aux Américains qu'il y a des principes qui s'appliquent sur le Vieux Contient", conclut Yann Padova, de la CNIL.
Principes qui résisteraient à la mondialisation...
Bref, sortez couvert.
Vous le savez tous : des mouchards enregistrent les sites que vous visitez ou les mots que vous tapez le plus souvent et ce, sans que vous en ayez toujours conscience. Vous connaissez certainement leur nom : les cookies. Vingt-quatre ans après 1984 d'Orwell, Big Brother est bien arrivé.
Mais qui réalise le crime ? Car si un petit site propose un cookie pour retenir vos identifiant, personne ne va se plaindre... En revanche, lorsque les moteurs de recherche savent tout sur les goûts de leurs clients, cela devient inquiétant. En effet, il est impossible d'échapper à ces géants du Net. Vous le savez mieux que moi. Les moteurs de recherche (Google et Yahoo! principalement) ont une audience mondiale et, de ce fait, peuvent vendre aux annonceurs de précieuses indications sur les centres d'intérêts. Idéal pour qui veut toucher un public précis. Google a par exemple acquis récemment Doubleclick, l'une des plus grosses régies publicitaires de l'Internet. La firme californienne a également passé un accord avec le français Publicis, 4ème groupe mondial de communication. Le but est clairement de "partager les connaissances que Google a sur les personnes", selon Publicis.
Oh, les plus pragmatiques d'entre nous répliquerons que c'est pour notre bien : une publicité ciblée permet d'intéresser le public, et donc de lui présenter ce qu'il a vraiment envie de recevoir.
Toutefois, cela n'intéresse pas seulement les publicitaires... Les policiers sont pas loin !
Le problème est toujours le même. Comment garantir que ces informations ne seront pas un jour utilisées par des pouvoirs plus ou moins intentionnés ? On a tous en tête Yahoo! qui a aidé les autorités chinoises à arrêter un journaliste, condamné par la suite à 10 ans de prison... Les députés de Bruxelles se sont saisis de la question le 21 Janvier et avouent qu'il n'existe "aucune législation européenne permettant de garantir que l'information sur les comportements à des fins publicitaires ne soit utilisée pour d'autres buts".
Premier problème : l'adresse IP doit-elle être considérée comme une donnée personnelle ? En France, la situation est floue. Si la CNIL avait l'avait classée dans les données personnelles, la cour d'appel de Paris a rendu deux jugements contraires. La suite dans les prochains épisodes, la CNIL a déposé un pourvoi devant la cour de cassation.
La CNIL et ses homologues se sont en tout cas réunies au sein d'un groupe de travail. Elles planchent sur les moteurs de recherche justement. La suite en Avril.
Google, conscient du problème, essaye de rassurer les foules. Ne voulant pas être diabolisé comme Microsoft l'est, la société américaine plaide, elle aussi, pour la mise en place de standards internationaux dans la protection des données. Toutefois, que ferait l'entreprise si la CIA lui réclamait, dans le cadre d'une enquête contre-terroriste, des données sur des internautes européens ?
"Il s'agit de bien faire comprendre aux Américains qu'il y a des principes qui s'appliquent sur le Vieux Contient", conclut Yann Padova, de la CNIL.
Principes qui résisteraient à la mondialisation...
Bref, sortez couvert.
Si l'université en question n'est pas fermée ce jour là, c'est qu'internet n'est pas surveillé.
Non. Big brother c'est la surveillance des citoyens par les citoyens, le thought control permanent. Pas le traçage des données.
Sinon, éviter le flicage de Google c'est pas vraiment compliqué, y a des modules Firefox qui le permettent. Et si tu veux vraiment faire des trucs que les flics n'ont pas besoin de savoir, tu passes sur Freenet + Tor.
Je voulais faire un article plus long avec la multiplication des caméra de vidéo surveillance (d'ailleurs, ça aurait évité à jeanjeanlebanni ce qu'il a dû rappeler), sur les moyens de savoir où l'on va etc. Et puis, j'ai simplement abordé le sujet abordé par le Canard Enchaîné.
Sinon, éviter le flicage de Google c'est pas vraiment compliqué, y a des modules Firefox qui le permettent. Et si tu veux vraiment faire des trucs que les flics n'ont pas besoin de savoir, tu passes sur Freenet + Tor.
Ouais, je voulais finir en disant qu'il existait des moyens matériels, mais je n'ai pas eu le temps de faire. Mais tu comprends bien que le problème n'est pas là. Avant, c'était simple de savoir si l'on se trouvait dans un état totalitaire ou dans un pays libre. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. En témoigne les dizaines de topics sur Internet où des types (assez respectables, qui plus est) se tapent dessus pendant des heures sur le sujet...
Je ne dis pas qu'il n'y a pas de moyens de le contourner, mais c'est toujours le même problème : les restrictions de libertés touchent ceux qui n'ont rien à se reprocher. J'avais même lu un article (il me semble dans Le Monde) qui disait que certains terroristes préféraient utiliser le bon vieux pigeon voyageur. En fait, tu le dis toi-même "si tu veux vraiment faire des trucs que les flics n'ont pas besoin de savoir". Et si je ne veux pas ?
Avant, et surtout aux Etats Unis (dans les pays libéraux en fait), chacun avait le droit à une vie privée. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. C'est l'éternelle question de l'utilisation et des abus qui se pose.
Le respect de la vie privée, c'est un droit moderne. Et un droit, ça se défend par la loi. Pas par des modules de Firefox. Et en droit, il y a un vide juridique assez étonnant sur cette question, de l'aveu même des députés européens.
Après, bien entendu, certains répètent que c'est pour notre bien, rien que pour notre bien. On a bien retrouvé des assassins avec des camera video, non ? On a bien déjoué de nombreux complots terroristes grâce au Net ?
Mais regardez à quoi sert Internet en Chine, regardez à quoi servent les camera. Nous, c'est la technique moderne : ne touchons pas à leurs petites habitudes, rendons-les même plus pratiques à accomplir, l'individualisme permettra d'avancer cacher. Un mec de Cambridge (Ross Anderson si je me souviens bien), comparait la situation actuelle à une grenouille que l'on tente d'ébouillanter : elle ne tente pas de sortir de la casserole quand la température de l'eau montre progressivement. J'aime bien.
Si la liberté s'amenuise petit à petit, les gens s'accoutumeront.
Sinon, je suis paranoïaque. Pas la peine de me le répéter tous les deux messages, c'est déjà assez difficile à vivre comme ça.
Sinon, je me suis embrouillé avec un pote hier soir, exactement, au sujet des caméras de surveillance. Un de ses potes a été jetés sur les rails du métro, un dimanche matin, sur la ligne 6. Ils ont retrouvé le meurtrier grâce aux caméras vidéo, et là il y a des photos un peu partout dans les stations en ce moment d'un témoin direct qui s'est barré sans attendre les secours ou les flics. Mon pote maintenait que les caméras c'était pas si mal finalement, et moi je lui objectais que le droit à la vie privée des citoyens devait primer sur celui de quelques victimes. Bref, tant qu'il y aura de l'émotionnel et pas du rationnel, on l'aura dans l'os. Et la politique de l'émotionnel, c'est celle de notre gouvernement. Manquerait plus qu'un attentat pour en avoir plus qu'au Royaume-Uni :/
Je ne suis pas vraiment pour les caméras mais il faut avoué qu'elles rendent de fiers services à nos gentils gardiens de la paix.