The medium is the message. (le blog de Jazz_JackRabbit)
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Janvier 2008

J'ai donné mon sang.

Jeudi 24 janvier 2008 à 22 h 19
J'y suis allé, hier. Dans mon lycée. Ils avaient réquisitionné une salle.
J'ai donc répondu à un questionnaire ( et appris à ma grande surprise que les homosexuels n'avaient pas le droit de donner quoique ce soit), un médecin m'a pris ma tension et j'ai attendu. Une infirmière m'a couché et piqué, j'ai filé mes 400mL de sang. Ça fait bizarre, on sent le sang passer dans l'aiguille, mais ça va, ça dure environ 10min. Pas de problème, jusqu'à ce que l'on m'enlève la perfusion.
La tête qui tourne, les couleurs qui bavent, la chaleur qui monte...
"- Ça va ?
- Oui oui... (on dit toujours oui dans ces cas là)
- Ola, il est bien blanc ! Allez hop, la tête en bas !"

10 secondes plus tard, ça allait déjà mieux. Je me lève, direction le gros buffet. Yavait plein de bouffe, avec les gens qui viennent te servir.
Le temps de me remettre un peu et je pars. J'suis allé au cinéma matter Blade Runner. Je pense que tout a été dit sur ce film, mais qu'est-ce que c'est génial...
Tous les bordelais devraient aller le voir, ils le passent à l'Utopia en ce moment. Le final cut en plus. La séance coûte souvent 3€50...
Et allez filer votre sang aussi, ça coûte rien, c'est pas long et ça aide pas mal de monde !

Des idées de films ?

Samedi 19 janvier 2008 à 21 h 58
Salut les gars, j'utilise mon blog pour vous demander si vous n'auriez pas de bons films à conseiller. Je dois avouer que j'ai pas mal de lacunes à ce niveau là.
Je me souviens que quelqu'un avait posté une "liste" des films à voir donnée par son prof sur un blog, il y a quelques mois. C'était peut être Olipro, mais je n'en suis pas sûr. C'est ce genre de chose que je cherche.
Histoire de vous donner une idée de mes goûts : j'aime bien les films historiques. Pas des documentaires, mais des films qui romancent un évènement historique ou la vie d'un homme. Par exemple, j'ai bien aimé Bloody Sunday ou encore Fidel et Che. Aussi, j'aime bien ce qui est un peu barré. Pulp Fiction, Fight Club, Trainspotting etc... Tout ce cinéma principalement américain qui fait un peu référence à la contre-culture.

Voilà, je viens de voir que certains DVD coûtent vraiment pas chers, et j'aimerai bien m'y mettre.
En vous remerciant.
41 commentaires, dernier de candc.

Le dilemme du pirate.

Lundi 14 janvier 2008 à 18 h 19
Je vous communique ici la traduction d'un texte de Matt Mason effectuée par Sébastien Delahaye. Cet article publié sur Ecrans.fr me donne vraiment envie de lire le livre de Mason. D'ailleurs, savez-vous si une traduction est prévue ?



Tout comme la lumière, qui existe tant sous forme d’ondes que de particules, rend perplexes les scientifiques, l’information semble nous rendre de plus en plus perplexes. L’information devient en même temps moins chère et plus coûteuse. Et il semblerait que nombre d’entre nous, et notamment ceux qui possèdent ou contrôlent une grande partie de l’information, ne comprennent plus comment l’observer ni l’utiliser.

Nous vivons dans un monde où une entreprise peut légalement breveter les cochons, ou tout autre entité vivante à l’exception de l’être humain, mais où copier sur disque dur un CD que vous avez acheté est considéré comme une violation des droits de quelqu’un d’autre. Un monde où un bon père de famille pourrait devoir plus de 12 millions de dollars d’amendes par jour s’il était attaqué à chaque fois qu’il contrevenait accidentellement à la loi sur les droits d’auteurs. Une société où il est normal que chacun de nous soit bombardé par 5000 messages publicitaires par jour, généralement sans permission, mais où créer une œuvre d’art et la montrer soi-même au public sans autorisation peut mener en prison. Ce texte ne traite pas seulement des avantages et des inconvénients du partage de fichiers, mais surtout d’une espèce entière qui perd son sens des réalités, qui n’arrive plus à comprendre le potentiel de l’une des ses plus précieuses (et pourtant l’une des plus abondantes) ressources.

Nous sommes nombreux à nous demander si nos idées comptent comme de l’information ou comme une propriété. Quand nous avons une nouvelle idée, deux forces opposées sont à l’oeuvre. Nous pensons d’un côté à comment faire connaître cette idée, mais de l’autre nous nous demandons aussi comment en profiter. Nous voulons répandre nos idées comme des informations, mais aussi les capitaliser comme de la propriété intellectuelle. C’est ce problème de l’information que je nomme le dilemme du pirate.

La première chose à comprendre est que la décision de partager « notre » information ne « nous » revient pas toujours. Si une entreprise pharmaceutique décide de ne vendre ses médicaments contre la malaria et les anti-rétroviraux contre le Sida qu’à un prix trop élevé pour les citoyens d’un pays en développement, alors ce pays peut décider d’ignorer la protection des brevets et fabriquer ses propres copies pirates des médicaments afin de sauver des vies. Si une industrie dépendant de l’information physique, de la distribution limitée et de la rareté artificielle décide d’ignorer des méthodes plus efficaces de distribuer sa propriété, alors les pirates se faufileront dans la brèche et mettront en évidence le fait qu’il existe de meilleures manières de faire les choses.

Certains des plus grands innovateurs américains ont d’abord été considérés comme des pirates. Quand Thomas Edison a inventé le phonographe, les musiciens l’ont taxé de pirate tentant de voler leur travail et de saccager l’industrie des concerts. Puis fut instauré ce que nous appelons aujourd’hui l’industrie du disque : un système permettant de payer des royalties aux musiciens. Par la suite, Edison inventa le kinétographe et réclama des royalties à tous ceux utilisant sa technologie pour faire des films. Cela força un groupe de réalisateurs pirates, dont l’un se prénommait William, à quitter New-York pour ce qui était alors encore le Far West. Ils y prospérèrent sans payer de royalties jusqu’à l’expiration du brevet d’Edison. Aujourd’hui, ces pirates continuent d’opérer de là-bas, quoique légalement, dans la ville qu’ils ont fondé : Hollywood. Le nom de famille de William ? Fox.

Le piratage est à la pointe de l’innovation, une innovation qui passe par tous les moyens nécessaires. De grands oligopoles contrôlent la plupart de nos industries et de nos gouvernements. Six entreprises contrôlent la majeure partie de ce que nous voyons et entendons. Selon les chiffres de la Banque mondiale en 2007, environ deux tiers des 150 plus grandes économies ne sont pas des nations, mais des multinationales. Nous savons tous que le système ne fonctionne pas vraiment comme prévu, mais nous continuons de penser que ce système inefficace représente « le libre échange ». Les pirates détruisent les systèmes inefficaces. Ils suppriment l’ordre et créent un chaos à court-terme. Mais le résultat à long terme du piratage à grande échelle est souvent un meilleur système, une façon plus efficace de faire les choses. Les pirates ont utilisé le chaos pour créer une grande partie des ordres établis aujourd’hui, et maintenant que ces industries deviennent à leur tour inefficaces avec les nouvelles technologies, le chaos apparaît de nouveau.

Pour une grande partie d’entre nous, du PDG à l’artiste inconnu, dans la santé et l’éducation comme dans les loisirs, se pose le problème de voir sa propriété intellectuelle partagée par d’autres sans permission. Cela implique un changement d’attitude : parfois, le piratage n’est pas le problème, mais la solution. En fait, le piratage est un signal pour le marché, un avertissement précoce, qui reste trop souvent ignoré par les industries existantes. Que nous soyons des pirates ou des professionnels, nous nous faisons concurrence dans le même domaine.

Quand les pirates pénètrent sur notre marché, nous avons deux choix : nous pouvons porter plainte contre eux ou espérer qu’ils partiront d’eux-mêmes. Parfois, c’est la meilleure chose à faire. Mais que faire dans le cas où ces pirates créent d’une certaine manière une valeur ajoutée pour notre société ? Si ces pirates font réellement quelque chose d’utile, les gens vont les soutenir et le bras armé de la loi ne fera plus effet. Qu’importe le nombre de personnes attaquées en justice, les pirates continueront de revenir et de se multiplier. Et il faut voir la vérité en face : si les procès deviennent un élément essentiel de votre business model, alors vous n’avez plus de business model. A moins d’être un avocat.

Car dans ces cas-là, les pirates ne font que souligner une meilleure façon pour nous de faire les choses. Ils trouvent les failles hors du marché et de meilleures manières pour que la société fonctionne. Dans ces situations, la seule façon de combattre le piratage est de légitimer et de légaliser de nouvelles innovations, afin de concurrencer les pirates sur le marché. Une fois le nouveau marché légitimé, de nouvelles opportunités se créent pour tout le monde. C’est de cette façon que la télévision par câble a débuté. C’est pour cette raison que de nombreux médicaments sont vendus à des prix suffisamment bas pour que les gens dans le Tiers-Monde puisse les acheter. Et c’est ainsi que de nombreuses autres nouvelles opportunités se créent aujourd’hui. Les pirates nous proposent un choix. Nous pouvons soit les combattre au tribunal, soit leur rendre coup pour coup sur le marché. Leur faire concurrence ou pas, telle est la question. Tel est le dilemme du pirate.