We own the World.
Lundi 14 avril 2008 à 21 h 20
1991, les Etats Unis, et le bloc occidental avec eux, ont gagné la Guerre Froide. Le capitalisme et le libéralisme l'emportent sur le communisme.
Pendant plus de trois décennies, les systèmes financiers se sont libérés des États pour être dirigés par les marchés. Le modèle libéral prévaut alors sur tous les autres, l'Occident se targue alors de sa domination financière et bancaire écrasante sur le reste du monde. Il faut se rappeler avec quelle arrogance les Occidentaux avaient donné des leçons aux Japonais, dans les années 1990, pour qu'ils assainissent leurs banques après l'éclatement de la bulle immobilière et boursière et avec quelle inquiétude, mêlée de morgue, ils évoquaient encore récemment la fragilité des structures bancaires et financières chinoises.
Mais tout cela est révolu.
Oh, il y a encore quelques temps, on ne se rendait pas compte à quel point les pays émergents sont les grands argentiers de notre société. La crise actuelle le montre : alors que la logique voudrait que les pays développés soient les plus riches et prêtent au reste de la planète, nous assistons à l'inverse. Riches de leurs excédents commerciaux (Chine), de leur gestion rigoureuse (Singapour) ou de leurs matières premières (Koweit, Abu Dhabi, Qatar...), ces Etats ne se contentent plus de prêter de l'argent aux Etats-Unis en souscrivant aux bons du Trésor américain, ils placent une partie de leurs réserves dans des entreprises privées. Aujourd'hui, le Brésil, qui a subi un endettement de près de 200 ans, est même devenu créditeur !
Hé oui, qui l'eût cru ? La mondialisation rime aujourd'hui avec nationalisation ! Et pas n'importe où : au Royaume Uni et aux Etats Unis !
"Souvenez-vous du 14 Mars 2008 : c'est le jour où le capitalisme mondial et libéral est mort" - Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times. En Février, c'est la Nothern Rock (banque en Grande Bretagne) qui se fait nationaliser, puis c'est au tour de Bearn Stearns qui pourra demander une aide de l'Etat américain.
Nuançons tout de même : le capitalisme a de beaux jours à vivre devant lui. Surtout si l'Etat viendra toujours à son secours. Les gouvernements choisissent en effet "too big to fail" plutôt que de repenser le système financier mondial. Ces pays émergents qui investissent à tour de bras ( dans Citigroup ou Merrill Lynch par exemple) dans les fleurons des places boursières occidentales le font avec de l'argent public ! Et le plus gros de ces nouveaux créanciers est un pays communiste (la Chine). Ce sont des fonds souverains, ie un fond d'investissement dont les revenus sont propriété de l'Etat, on les évalue à environ 3000 milliards de $, soit le PIB de la France et de quoi racheter le CAC 40. Aujourd'hui, ils investissent de plus en plus dans des produits risqués alors qu'ils se cantonnaient aux autres avant (Trésor américain par exemple). Voici leur répartition sur la Terre et leur importance actuelle dans le monde de la finance (source : Le Monde) :

Ces pays accepteront-ils de prendre des engagements fidèles aux logiques libérales ? C'est le cas de Singapour et d'Abu Dhabi, mais la Russie ? La Chine ?
Jusqu'à présent, lorsqu'un créancier et un débiteur ont eut un différend, on a rarement vu le débiteur avoir le dernier mot...
D'autant plus qu'aujourd'hui, qui pourra dire non à la Chine ? Même quand celle-ci n'était pas aussi puissante, c'était peine perdue. Tout n'est pas rose dans la République populaire (inflation de 8.7% par exemple, pas de protection sociale, ce qui conduit à trop d'épargne etc.), mais on voit aux Etats Unis de multiple signe d'une réelle récession. Alors que l'on y envisage une croissance négative, 63,000 emploies ont été détruits en février, succédant les 22,000 ce janvier. Les américains vivent très largement au dessus de leurs moyens, c'est en tout cas ce qui ressort de la majorité des études et analyses à ce sujet. Bref, les rôles tendent à s'inverser...
L'Afghanistan n'est pas un pays simple à conquérir, peut être devons-nous rajouter les Etats-Unis à la déjà longue liste des empires y ayant chuté...
Edit : au passage, une video d'un soldier impressionnant sur TF2 !
Pendant plus de trois décennies, les systèmes financiers se sont libérés des États pour être dirigés par les marchés. Le modèle libéral prévaut alors sur tous les autres, l'Occident se targue alors de sa domination financière et bancaire écrasante sur le reste du monde. Il faut se rappeler avec quelle arrogance les Occidentaux avaient donné des leçons aux Japonais, dans les années 1990, pour qu'ils assainissent leurs banques après l'éclatement de la bulle immobilière et boursière et avec quelle inquiétude, mêlée de morgue, ils évoquaient encore récemment la fragilité des structures bancaires et financières chinoises.
Mais tout cela est révolu.
Oh, il y a encore quelques temps, on ne se rendait pas compte à quel point les pays émergents sont les grands argentiers de notre société. La crise actuelle le montre : alors que la logique voudrait que les pays développés soient les plus riches et prêtent au reste de la planète, nous assistons à l'inverse. Riches de leurs excédents commerciaux (Chine), de leur gestion rigoureuse (Singapour) ou de leurs matières premières (Koweit, Abu Dhabi, Qatar...), ces Etats ne se contentent plus de prêter de l'argent aux Etats-Unis en souscrivant aux bons du Trésor américain, ils placent une partie de leurs réserves dans des entreprises privées. Aujourd'hui, le Brésil, qui a subi un endettement de près de 200 ans, est même devenu créditeur !
Hé oui, qui l'eût cru ? La mondialisation rime aujourd'hui avec nationalisation ! Et pas n'importe où : au Royaume Uni et aux Etats Unis !
"Souvenez-vous du 14 Mars 2008 : c'est le jour où le capitalisme mondial et libéral est mort" - Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times. En Février, c'est la Nothern Rock (banque en Grande Bretagne) qui se fait nationaliser, puis c'est au tour de Bearn Stearns qui pourra demander une aide de l'Etat américain.
Nuançons tout de même : le capitalisme a de beaux jours à vivre devant lui. Surtout si l'Etat viendra toujours à son secours. Les gouvernements choisissent en effet "too big to fail" plutôt que de repenser le système financier mondial. Ces pays émergents qui investissent à tour de bras ( dans Citigroup ou Merrill Lynch par exemple) dans les fleurons des places boursières occidentales le font avec de l'argent public ! Et le plus gros de ces nouveaux créanciers est un pays communiste (la Chine). Ce sont des fonds souverains, ie un fond d'investissement dont les revenus sont propriété de l'Etat, on les évalue à environ 3000 milliards de $, soit le PIB de la France et de quoi racheter le CAC 40. Aujourd'hui, ils investissent de plus en plus dans des produits risqués alors qu'ils se cantonnaient aux autres avant (Trésor américain par exemple). Voici leur répartition sur la Terre et leur importance actuelle dans le monde de la finance (source : Le Monde) :

Ces pays accepteront-ils de prendre des engagements fidèles aux logiques libérales ? C'est le cas de Singapour et d'Abu Dhabi, mais la Russie ? La Chine ?
Jusqu'à présent, lorsqu'un créancier et un débiteur ont eut un différend, on a rarement vu le débiteur avoir le dernier mot...
D'autant plus qu'aujourd'hui, qui pourra dire non à la Chine ? Même quand celle-ci n'était pas aussi puissante, c'était peine perdue. Tout n'est pas rose dans la République populaire (inflation de 8.7% par exemple, pas de protection sociale, ce qui conduit à trop d'épargne etc.), mais on voit aux Etats Unis de multiple signe d'une réelle récession. Alors que l'on y envisage une croissance négative, 63,000 emploies ont été détruits en février, succédant les 22,000 ce janvier. Les américains vivent très largement au dessus de leurs moyens, c'est en tout cas ce qui ressort de la majorité des études et analyses à ce sujet. Bref, les rôles tendent à s'inverser...
L'Afghanistan n'est pas un pays simple à conquérir, peut être devons-nous rajouter les Etats-Unis à la déjà longue liste des empires y ayant chuté...
Edit : au passage, une video d'un soldier impressionnant sur TF2 !
Et peut être également pour mettre la main sur des industries stratégiques et faire de l'espionnage industriel, ce qui conduit pas ml de pays occidentaux à retrouver leurs bons vieux réflexes protectionnistes. Mais avec une croissance en berne...
Tu as lu ça ou ?
Mardi 15 avril 2008 à 11 h 41
"Je note également que tu préfere le régime taliban au modèle occidental, je te conchie donc..."
Tu as lu ça ou ?
Je ne peux croire que le terme "conquérir" soit là par hasard, c'est une manoeuvre rhetorique qui traduit très bien sa pensée, le régime afghan est la victime et les américains les agresseurs, on s'en fout : exit Massoud et autres résistants à la tyrannie du régime taliban. On notera que c'est exactement le même type de pensée que l'URSS à la libération : Les USA sont venus pour conquérir l'Europe.
L'ironie étant de citer 1984 dans son blog alors même qu'on s'amuse à réécrire l'histoire pour qu'elle siée la représentation idéalisée qu'on se fait du monde, à manipuler les chiffres pour faire augmenter la ration de chocolat de 50 à 40, ou qu'on déblatère une novlangue digne du Miniver.
C'est vrai que si l'on considère que 2+2=5 alors les USA ont détruit des emplois durant l'année qui vient de s'écouler.
Bonne continuation
Il a été qualifié d'aveugle par 3 économistes qui étaient invités le soir même au téléphone sonne (il y avait Jacques Marseille dans le tas, certes)...
Tu notera que le New York Times utilise ce mot. Bouh, le grand méchant journal taliban ! En fait, je n'ai jamais évoqué sur ce site les motivations et les raisons qui ont pu poussé les Etats Unis (et en fait l'ensemble des nations unies, si tu suis si bien l'actualité) à envahir l'afghanistan (ouvre un dico' pour trouver la définition d'envahir, si tu penses qu'il est utilisé seulement par ceux qui sont du coté des envahis).
L'article que je viens de posté est une sorte de résumé de ce qu'ont publié Le Monde et le Figaro récemment sur la situation financière et bancaire mondiale.
Tout simplement.
Le verbe détruit a été utilisé par les deux journaux, je me renseignerai peut être plus tard sur les précisions que tu as apportées et que j'ai supprimées. Edit : Alors, 63,000 emploies en moins, ce sont des destructions ou le terme te semble trop fort ? Non, parce qu'il semblerait qu'il faille faire attention à son vocabulaire, avec toi. Comme t'as pas l'air de bien comprendre des phrases simples :
Le négatif (signe - ) signifiant qu'il y a moins d'emplois.
Bonne chance pour la suite.
La Chine en est un exemple probant : les énormes surplus chinois, qui proviennent de ses exportations, menacent d'augmenter dangereusement l'inflation et faussent toujours plus le taux de change du yuan. C'est certain, la monnaie chinoise deviendra un jour flottante, si l'on considère les récentes mesures visant à rendre le yuan plus flexible. En attendant, il est indexé au dollar et à l'euro notamment, une énorme subvention aux exportateurs chinois si l'on veut, et est clairement sous-évalué. La préservation d'un certain équilibre dans la balance commerciale chinoise est primordiale pour la santé de l'économie mondiale.
Alors oui, le renversement des rôles dans les IDE devient une problématique à l'enjeu stratégique croissant, mais c'est aussi la conséquence d'une conjoncture économique complexe qui, selon moi, ne tourne pas à l'avantage exclusif d'un acteur plus qu'un autre. Néanmoins, la dépendance croissante de l'occident aux liquidités des pays émergents à de quoi inquiéter, quoique l'angoisse me semble moindre pour nous que pour les citoyens de ces nouveaux créditeurs.