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Fac : Le trop plein extrêmistes.

Dimanche 25 novembre 2007 à 21 h 39
Petit article quant au pseudo-mouvement étudiant qui a lieu en ce moment.

Vous le savez certainement, depuis quelques semaines, les facs sont bloquées. Pas toutes et ça commence à se terminer, mais quand même.
J'ai souvent soutenu et participé aux mouvements étudiants qui sont bien plus libres et puissants que n'importe quel mouvement dominé par des syndicats à mon avis, mais cette fois-ci, c'est vraiment de la merde...
Sur le fond déjà, qu'est-ce qu'elle a de mauvais cette loi ? On me demanderait mon avis, je dirai plutôt qu'elle est désespérément vide... Assistez à une AG, vous entendrez toutes les deux phrases privatisation. N'importe quoi... Les industriels en ont rien à foutre de la fac, ils ne viennent jamais aux conseils d'administration, foutent seulement leur fric là pour avoir un nom quelque part et moins d'impôts. Vous croyez que les chercheurs sont inféodés aux entreprises au Canada ?
Et puis franchement, entre une distribution actuelle qui se joue au copinage et une qui sera bien mieux répartie, qu'est-ce qui vaut le plus le coût ? Vu la situation actuelle, on se demande vraiment qui de l'état ou des entreprises permettra le mieux le développement de la recherche en France...
Une étude montrait que les mecs qui siègent au conseil national avaient plus d'argent que n'importe qui, réponse des intéressés ? Si on siège là, c'est qu'on est meilleur. Normal qu'on ait plus d'argent pour bosser. Okay, je me disais bien aussi, je suis vraiment con de me poser ce genre de question...
Bref, tout ça pour dire que cette loi, elle devrait pas autant faire parler d'elle.

Sur la forme maintenant. Je suis allé à deux AG récemment (un pote m'a invité, j'suis un prépa) et mon père me raconte ses petites anecdotes un peu tous les soirs... Waou, c'est vraiment de la merde ça. Je croyais qu'au lycée, c'était juste parce que l'on était jeune, mais putain, c'est encore pire.
Bon déjà, les types commencent à voter à main levée pour savoir s'ils doivent voter à bulletins secrets. Ça met dans l'ambiance, mais bon c'est démocratique. Je vous passe les prises de paroles, répéter inlassablement privatisation, c'est pas trop mon truc. Les gars commencent pas expliquer que le vote n'aura pas lieu à 14h, comme c'était prévu, mais plutôt vers 19h, parce qu'il-vaut-mieux-débattre-avant. Bon ok, personne n'a dit qu'ils le faisaient à chaque fois, parce que comme ça, il n'y a plus que les extrêmistes dans la salle. Et puis de toute façon, c'est pas négociable. On est pas loin des lois votées à l'Assemblée à 4h du mat', un peu comme si ces "étudiants" copiaient ces politiques qui'ils critiquent tout le temps. Je demande à mon pote ce que foutent là des dizaines de vieux, il ne sait pas. On nous dit que ce sont des cheminots qui viennent voter pour le blocage, histoire de ramener du monde dans les rues.
Wokay, c'est de bonne guerre, les universités n'avaient pas qu'à se laisser faire par quelques grandes gueules.
Bref, ils gagnent et c'est parti pour le blocage.

Deuxième AG, vote à bulletins secrets, le président l'a demandé et ça a été voté à main levée. Le blocage perd. Lamentablement d'ailleurs. Etrange à quelques jours d'intervalles. Mais les bloqueurs répondent rapidement à mes interrogations : le scrutin a été truqué. Je me disais bien aussi ! Les syndicats qui ont surveillé les élections devaient tous être de mèche, parce que pour perdre de plus de 1500 voix...
Bref, une centaine de types blocs la fac, alors que tout le monde veut aller étudier. Mais, ce n'est pas négociable. Ces types sont en fait simplement là pour foutre la merde. Ils ne supportent pas que d'autres soient intégrés au système actuel, ils ne supportent pas que d'autres veulent s'imposer par le travail. Alors ils s'agitent, un peu comme les gosses qui font les cons pour se faire remarquer par les filles. Bon, j'arrête là pour la psychologie de comptoir.
Tiens, j'ai trouvé un reportage d'M6 (entreprise, attention, méchant) qui montre un peu ce qui se passe.

Ces types viennent ensuite faire leur beau devant les fascistes... Mon prof' d'histoire-géo (il était bon, celui là. Prof à Science Po' même) nous répétait souvent que les extrémistes de gauche et de droite se retrouvaient toujours, qu'ils n'étaient finalement pas si différents que ça. Ces mecs passent leur vie à critiquer le milieu pourri de la politique, et font exactement pareil après. Faîtes leur une reproche, une critique et ils se cachent derrière le droit de grève, derrière la démocratie qu'ils bafouent tellement. Ils parlent des droits individuels, mais n'y comprennent rien.
Ah, j'allais oublier leur phrase favorite : ce n'est pas négociable.
Bon, tout ça pour dire que ces mecs, je leur crache dessus.
Dimanche 25 novembre 2007 à 21 h 45
Ouais je suis assez d'accord, les AG c'est une grosse blague.

Y'a même un gars chez nous qui a lancé "Sarko a été élu à 53%, avec l'abstention il est loin de représenter les français".

Et évidement un autre : "Et toi, tu fais voter un blocage avec 1000 étudiants présents sur 5000, tu trouves ça représentatif?".

Ca représente assez bien ce qui se passe.
C'est toujours les gros révolutionnaires de gauches qui organisent les AG (les miens sont violents : ils s'appellent camarade entre eux). A 22 ans, ça fait peur.
Dimanche 25 novembre 2007 à 21 h 54
Je suis entièrement d'accord avec toi. Dès que la fac a été bloqué, les extrémistes de mon IUT on voulu faire une AG pour en discuter et voir si on suivait le mouvement. J'y suis allé, aux deux premières parce que je croyais que ça m'intéressais. Il s'est passé exactement la même chose que ce que tu décris, et le blocage a été voté à main levé. Tous les anti blocage se révoltent, moi je suis content, ça me fait des vacances (et j'ai pas voté ni pour ni contre ni blanc, j'en ai vraiment rien à cirer)

Ensuite le directeur de l'université, sous la menace des étudiant, a organisé un vote à bulletin secret sur toute l'univ. Résultat, 60% de participation, 65% contre le bloquage. Je me suis dit merde on va reprendre les cours (ouais je suis un putain de connard branleur). Et non ! Les gauchos du bahut se révoltent en disant que la question posée par le directeur ("Pour ou contre la reprise normale des cours?") n'était pas claire. Soit disant que la plupart ont considéré que la reprise normale des cours, c'était la reprise des cours sans les lois qui vont être votés (ouais, ils sont tordus ces cons). Mon cul ouais. Du coup nouvelle AG, je n'y suis pas allé, avec cette fois un vote a main levé à 80% pour le bloquage de l'IUT (la FAC n'ayant même pas pris la peine de refaire une AG, ils n'ont même pas débloqué après le vote "officiel").

J'en suis là, demain c'est encore bloqué, jusqu'à mercredi, ou une nouvelle AG se déroulera (et ou je n'irai pas). Et je n'arrive pas à tirer un seul argument valable (que ce soit pour ou contre le bloquage d'ailleurs)
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 01
Fallait faire une grande école !
par YoSh!
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 03
Moi ce que je comprends pas, c'est quand on nous dit que ca va provoquer des déséquilibres entre les facultés, concurence tout ca ... Alors deja faudra leur dire que ce ne sont pas des entreprises les FACs hein .. et puis pour etre honnete, y'en a pas deja des grosses différence ? Entre le mec qui paye un master dans un ecole a 10000 € par an et un qui paye 500e par an dans une fac pour le meme diplome, on me fera pas croire que les mecs vont etre egaux a la sortie de l'ecole sur le marché du travail !

Enfin apres jme goure peut etre completement mais bon ..

Completement d'accord sur tout ce que tu as dis sinon

--EDIT-- Edifiant ton lien vidéo ... Navrant meme !
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 24
Alors deja faudra leur dire que ce ne sont pas des entreprises les FACs hein ..

En fait, grâce à cette loi, les universités seront plus autonomes. C'est ce que demande tout le monde depuis des années, mais il se trouve qu'un journaliste a fait la connerie de dire - pour simplifier - que ce sera un peu comme si le président de l'université avait une PME... Bam, le révolutionnaire qui regardait le Zapping a dû le voir. Ce n'est pas une comparaison totalement fausse, mais c'est loin de la réalité.
Je le redis encore une fois, cette loi, c'est du bidon. J'en parle souvent avec mon père qui bosse à Bordeaux 2. La moitié des dispositions de cette loi sont des choses qui se passent déjà en réalité. Le Président de l'Université aura plus de pouvoir, c'est vrai, mais comme il est élu par les autres, il ne pourra pas faire trop de conneries... On pense même que ça permettra de mieux voir les magouilles qui ont déjà lieu.
Cette loi, c'est du flan, ça ne change pas grand chose. A tel point que l'UNEF qui est normallement toujours de la partie commence à comprendre qu'ils sont du mauvais côté dans la bataille...

S20killer:
Ahah, pas mal le coup du bulletin pas assez compréhensible !
par Smb
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 34
Ce mouvement est une vaste blague, à aucun moment il n'y a eu un mouvement massif des étudiants, c'est un mouvement rampant qui survi depuis 1 mois tout simplement car il y a une extrême minorité de connards qui sont très actifs ; c'est pas dure, pour bloquer un pôle de faculté il suffit d'une petite centaine d'enculés.

Ils ont tenté de trouver dans cette loi un tremplin vers une revendication massive (CPE nostalgie, le seul moment de leur existence minable où ils ont réussi quelquechose), manque de bol ces cons ont grillé unitilement une grosse cartouche car la loi, objectivement, n'a rien d'extraordinaire... et c'est bien pour cela que personne se bouge le cul. La LRU poursuit simplement un processus engagé depuis des années et reste au rang des "réformes techniques".

Enfin les entreprises sont déjà présentes dans les universités, encore heureux putin, mais surement pas assez. Après tout, nous faisons des études pour avoir une travail, mais pour certains, il semble que cela ne soit pas concevable. J'ai encore entendu un connard en AG qui affirmait sans se vomir dessus de honte que l'université n'était pas là pour nous insérer professionnellement.

En tout cas c'est pas avec de tels extrémistes que nos universités, déjà bien enculé par les grandes écoles, risquent de monter en puissance. Continuons donc à payer nos master 150€... haha.
par Naudec
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 35
Ah ah. Lundi dernier j'ai eu l'occasion de participer à l'AG à Paris 7, en plein froid pendant 2h30. C'est mot pour mot, ligne pour ligne, exactement la même chose que ce tu décris. Et vas-y que je te fais un débat de 2h30 dans le froid avant le vote. On a aussi eu le droit au vote sur la façon de voter, aux cheminots qui viennent dire qu'ils sont solidaires et bien sûr au blocage qui l'emporte avec un comptage "approximatif". En revanche, on a eu le droit en plus à la prof ex soixante-huitarde qui soutient le mouvement et y va de son discours. Ah oui et on a eu droit au pure hippie et son intro exceptionnelle: "Avant de commencer je voudrais vous faire remarquer mon blouson de cuir, c'est celui que portait mon grand père en 68 et je lui dédicace mon discours". WINNER SPOTTED !!

Actuellement on en est à l'étape du vote en ligne qui se termine ce soir et va exprimer le refus de blocage de la majorité des étudiants. Mais ces connards ont déjà prévenu qu'ils trouvaient ce vote illégitime et qu'ils devaient se réunir pour expliquer (trouver) pourquoi. Le suspens est intenable: "Votes truquées ?", "Système de vote en ligne pas fiable ?", "Question ambigüe ?". J'attend de connaitre l'excuse en espérant que la FAC soit ouverte demain !

Je crois que le regard que je le porte à chaque fois que je les croises est le plus méprisant qu'il me soit donné de faire.
par YoSh!
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 43
"J'ai encore entendu un connard en AG qui affirmait sans se vomir dessus de honte que l'université n'était pas là pour nous insérer professionnellement."

Ouhla y'en a des pas mals par chez toi quand meme !!!
Dimanche 25 novembre 2007 à 22 h 49
J'adore cette vidéo propagandiste...

"Coups de matraques à Nanterre mardi 13 novembre 2007, Pour permettre l'entrée d'une minorité d'étudiants non grévistes dans les locaux bloqués"

Une minorité mon cul, c'est franchement lamentable...
par Géhèm
Dimanche 25 novembre 2007 à 23 h 59
Notez quand même que les anti bloqueurs (pas ceux qui veulent reprendre les cours, mais ceux qui sont contre les bloqueurs eux-mêmes) sont pas très nombreux et ont curieusement d'énormes moyens, tout en bénéficiant d'une ultramédiatisation. Bref, l'un des côtés est plein de mauvais foi, borné, vaguement utopique, assez violent, mais l'autre se fait récupérer allègrement par le mouvement des jeunes UMP® (authentique, hein).
Et au milieu il y a les couillons qui ont rien demandé à personne et qui veulent aller bosser. Au secours...

Quant à la loi elle-même, non, c'est pas "rien" du tout, son but avoué est de faire ressembler, une fois de plus, le système français au système américain. Cela dit, ça peut pas être pire qu'avant...Ça sera juste plus cher pour les élèves, et ç'a des chances réelles, contrairement à ce que vous avez l'air de croire, de transformer les facs en putes des boîtes privées. Eh oui.
Mais ça faisait tellement longtemps que ce système périclitait qu'on est prêt à n'importe quoi pour le changer...On verra.
Lundi 26 novembre 2007 à 00 h 07
"J'ai encore entendu un connard en AG qui affirmait sans se vomir dessus de honte que l'université n'était pas là pour nous insérer professionnellement."

Pendant la scolarité on te dit "fait des études t'auras un meilleurs boulot plus tard". C'est juste parce que personne est foutu de te dire à quoi sert réelement le savoir (Quand un gosse demande à quoi ca sert de faire des maths). Y a aucune raison pour que la fac soit plus professionnalisante que l'école primaire. Enfin AMHA ...
par Le0
Lundi 26 novembre 2007 à 01 h 48
Chez nous l'ag c'est 100 personnes pour environ 20.000 étudiants et même comme ça le bloquage n'est pas voté, hqhq !

edit : oh putain je viens de voir la vidéo du 66 minutes : ils se font bien pwned la tronche par les CRS les grèvistes.
par Erloom
Lundi 26 novembre 2007 à 06 h 54
Aller, on arrête de s'énerver (cela s'applique aussi à moi, Paris 1 oblige) et on regarde quelques propositions :

http://www.laviedesidees.fr/Universite-un-autre-financement.html
à propos du financement des universités, exemple australien et anglais

http://www.vcharite.univ-mrs.fr/idep/document/dt/dt05106.pdf
même exemple + une proposition sur les problèmes de filière bouchée

http://team.univ-paris1.fr/teamperso/rgbobo/rgb.at.droits5b.pdf
sur les droits d'inscription

url=http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/044000017/0000.pdf
on peut y trouver une synthèse sur la situation de l'université française, par exemple en DEUG, et le constat atypique que l'université fait très bien pour le peu de moyens dont elle dispose

Depuis que j'ai commencé à chercher un peu ce qu'en pensaient les économistes, je me demande pourquoi l'exemple des prêt à remboursement retardé ne sont jamais évoqués (1er et 2eme lien).
Lundi 26 novembre 2007 à 09 h 18
Le truc qui me chagrine dans ce que j'ai vu sur cette loi, c'est le problème du financement par les entreprises pour les facs de sciences humaines et sociales. Qui irait financer un programme de recherche en philosophie, en anthropo ou en histoire ? A mon avis quasiment personne, parce que ces disciplines sont très diffcilement applicables, donc pas rentables.
Lundi 26 novembre 2007 à 09 h 53
Voila TheHunter, c'est pour ça que par chez nous, la fac de lettre a été très vite bloquée.
Alors que la fac de science bah... en fait je suis même pas sur qu'elle soit bloquée.

Quant au droit, j'en parle même pas les amis =p.
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 10 h 13
C'est tout le problème des sciences fondamentales, là aussi... Qui ira payer un mec qui étudie la théorie des cordes alors qu'il n'y a pas d'applications industrielles ?
Et une section d'histoire ou de philosophie du droit ?
par KraaL
Lundi 26 novembre 2007 à 10 h 41
Y a des labos de recherche fondamentale, mais c'est pour les meilleurs.
Lundi 26 novembre 2007 à 11 h 17
Attention aliocha, c'est plus utile que tu ne le crois ce genre de connerie.
Faisant parti d'un master pro, nous sommes heureux d'avoir la possibilité de mendier des stages auprès des boites et nos profs content que leur Master ait un avenir plus crédible que les sous filières a étudiant qui aiment la fac pour la fac.
Je trouve tout à fait logique de limiter les filières moins utililes. Après, l'imbécile qui me sortira des notions de " saccage de la culture " ou encore de " limitation du savoir " parce qu'il traine en psycho ou en lettres modernes, je l'encule car j'ai une assiete a remplir.

PS : Erloom : C'est plutot pas mal et systèmatique au USA ou en austra ( et sans doute ailleur ), ceci explique aussi les environnements de vie des universitées la bas. Après, j'ai fais cours pandant des années dans des algecos pourris, personne n'a été traumatisé. Je me demande parfois même si certains amphi ne sont pas mal concus et inconfortables a souhait pour éviter l'assoupissement ( il faut bouger toutes les 5 min pour ne pas avoir mal au dos ou au cul ).
Si a partir de la, tu as des trucs luxieux sur des sieges rembourrés, je crois que ce seront des amphis siesteux pour 90 % de l'effectif !
par Géhèm
Lundi 26 novembre 2007 à 11 h 24
Erloom: d'une manière générale, je pense pas que les prêts soient la bonne solution. Suffit de regarder le cas des USA, où les gens sont quasiment tous extrêmement endettés (là-bas, on trouve normal de commencer sa vie adulte avec 30 ans de remboursement): ç'a marché pendant quelqeus temps, et puis on commence à voir apparaître les failles du système...D'ici une dizaine d'années, le nombre de pauvres va exploser là-bas - et il est déjà très haut. C'est pas uniquement mes 2 cents de réflexion, hein, mais la conclusion à laquelle les analystes économiques et sociaux arrivent.

Pour les prêts à remboursement retardé en particulier, c'est effectivement une bonne idée...Reste à s'assurer du soutien des entreprises, et ça c'est pas gagné.


(j'ai édité, après avoir lu les articles)
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 11 h 55
@Suppaman >> Je comprends pas ton premier paragraphe. C'est utile ou pas utile ? Je disais que la professionnalisation de l'université était dangereuse pour la recherche fondamentale - y compris pour les branches que j'ai citées.

Sinon, vous avez des putains de clichés dans la tête sur les études de sciences humaines.
Je vais le refaire une fois pour tout le monde, parce que ça n'a pas l'air généralement compris :
- l'étudiant de lettres il le fait pour devenir prof, vos enfants en auront besoin. Tout le monde n'obtient pas le CAPES mais il y a une tonne de boulots accessibles après : dans l'édition, les médias, la presse, et même dans les entreprises généralistes du tertiaire où, quitte à prendre quelqu'un qui va taper des rapports toute la journée, le fera en bon français, parce que dans ce pays, c'est pas gagné.
- les psychologues, il n'y en a pas assez en France, si on limite leurs formations, la situation ne fera qu'empirer. Ce n'est pas un bon choix. D'autre part, beaucoup de diplômés de cette filière travaillent dans l'action sociale ou dans les ressources humaines. Autre chose à noter sur les facs de psy : elles sont remplies de reprises d'études (avec une forte représentation des infirmiers psychiatriques qui cherchent un statut plus attractif) et de personnes qui viennent faire un premier cycle pour intégrer ensuite des écoles spécialisées dans le social. Si on colle un numerus clausus, cela va bloquer les étudiants bacheliers qui, déjà dans certaines facs, doivent rentrer sur dossier.

Bref, vous vous faites des films... Encore, vous parleriez des cursus de théâtre ou d'anthropologie structurale, ce serait compréhensible, mais ils sont en sous-effectifs - donc potentiellement menacés aussi.
par Smb
Lundi 26 novembre 2007 à 12 h 36
C'est une grosse connerie la disparition des matière useless pour les entreprises comme les lettres, sciences humaines, philo, psycho* etc. En France, il ne faut pas s'inquiéter, avec notre garguantuesque fonction publique, il y aura toujours moyens de se caser en tant que prof ou je ne sais quelle fonction encore.

Et puis, il suffit aussi de regarder la situation des universités anglo-saxonnes (le grand méchant loup) elles ont bien des sections lettres/philo etc.... c'est même les meilleurs au monde. Tout simplement ces filières :
1. Ont un financement différent
2. Sont assez élitistes, et cela se comprend, quand on se lance dans une matière avec peu de débouchés, on limite l'entrée en prenant les meilleurs et les plus motivés. C'est irresponsable de laisser des milliers d'étudiants s'engouffrer chaque année dans des filières qui ne peuvent donner un boulot à tous.


*Stats sympa, chaque année, la France forme 25% des diplômes de psycho en Europe et il est actuellement impossible pour notre marché du travail d'absorber une telle proportion (6 fois plus de demande que d'offre...). Mais bon, le savoir fondantamenal passe avant tout. Continuons donc à enseigner la philosophie grecque et le complexe d'oedipe à des hordes d'étudiants.
Lundi 26 novembre 2007 à 12 h 43
Ca me rappelle, il y a quelques années. A Nancy, en UFR Histoire. Nous nous étions déjà battu contre l'autonomisation des Facs.

A cette occasion, nous nous étions méchamment pris la tête avec l'Unef. Pour des broutilles au départ, mais dans l'ensemble, c'était un magnifique tas d'arrivistes. Nous avons monté notre assoc, notre journal, nous leur avons repris Histoire-Géographie-Musicologie où ils n'avaient plus un seul siège. La campagne était d'ailleurs assez drôle puisqu'il y avait eu dans notre UFR autant de votes que dans tous les autres UFR réunis de lettres et de droit (nous avions politisé le vote, ça mobilise les gens).

Nous étions de gauche et nos principaux adversaires étaient de gauche également.
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 13 h 31
"
*Stats sympa, chaque année, la France forme 25% des diplômes de psycho en Europe et il est actuellement impossible pour notre marché du travail d'absorber une telle proportion (6 fois plus de demande que d'offre...). Mais bon, le savoir fondantamenal passe avant tout. Continuons donc à enseigner la philosophie grecque et le complexe d'oedipe à des hordes d'étudiants."


Tu vogues en plein délire mon ami. Je ne sais pas si tes stats sont bidons, en tout cas elles ne sont pas sourcées. On a 24% d'étudiants, c'est pas du tout pareil. Le nombre de psychologues qui débarquent sur le marché du travail n'a rien à voir, car on passe de 10000 étudiants en premier cycle à moins de 3000 diplômés en DESS. Ça montre une totale ignorance de l'état du milieu de la santé mentale en France, qui est préoccupant. Non seulement on a des dizaines de milliers de psychotiques (jusqu'à 210000 en comptant les enfants), pas de lits pour les accueillir (moins de 70000 en 2004), mais de surcroît il va maintenant falloir s'occuper des détenus malades parce que l'on commence à prendre la mesure du problème, et que les alzheimer débarquent en légion.
Et pour ça on n'a pas assez de psy hein. Ça fait des années que la profession demande un "grenelle" de la santé mentale, parce qu'il y en a marre de laisser les malades traîner dans la rue ou en taule sans les soigner.
En France, on a 4,3 thérapeutes pour 10000 habitants, alors qu'en Belgique c'est 14.
Alors dire que les professions de la santé mentale sont inutiles, c'est d'une rare bêtise. Vouloir un numerus clausus comme en médecine, est une solution discutable et discutée, mais il n'en reste pas moins qu'un psy est aussi indispensable qu'un plombier ou un avocat. Et qu'on n'en n'a pas assez.

"Et puis, il suffit aussi de regarder la situation des universités anglo-saxonnes (le grand méchant loup) elles ont bien des sections lettres/philo etc.... c'est même les meilleurs au monde."

Ce serait tout de même le diable si les anglo-saxons n'étaient pas les meilleurs dans leur propre langue hein ! Tu sais, en Lettres t'étudies pas que la littérature, y a aussi de la grammaire, de la syntaxe, de la linguistique (cette discipline inutile qui sert aux moteurs de recherche entre autres.) Quant à dire que les universités sont plus prestigieuses là-bas en philosophie, je prendrai cela comme une phrase jetée arbitrairement en l'air, surtout quand on connaît le prestige français en la matière (ENS, Collège de France, la Sorbonne, tout ça quoi...), et l'inutilité totale d'établir ce genre de classement car la philosophie n'est pas une affaire de canassons de course ou d'ingénieurs.

Bon, et sinon pas un mot non plus sur l'inutilité de la philosophie grecque à qui on doit le calcul de la circonférence terrestre, les travaux de pythagore, les premières recherches en philosophie politique en Europe, et des livres qui ont façonné notre civilisation pendant des siècles (kikoo Aristote...)
Lundi 26 novembre 2007 à 14 h 00
Alors ce que je voulais dire Aliocha ( c'est vrai, je n'ai pas eté assez clair ), c'est que dans notre master ( étudiants et profs ) nous sommes pour un partenariat avec les entreprises car c'est notre vocation de finir en boites. Après, que cette loi ne s'applique pas pour tout les cursus, c'est normal mais nier en bloc est une ineptie car perso, je suis allé ( car j'ai fini dans 2 mois ) à la fac pour avoir une formation qui me permette d'obtenir un travail et non une enfilade de jolis noms sur un papier à diplomes inutile. Ceux qui osent dire qu'ils sont à la fac sans l'objectif principal de trouver du travail par la suite sont soit niaids, fénéant parasite ou idéaliste chanceux.

Alors si les filières lettres sont si gloutonnes en emplois, pourquoi TOUS mes potes la dedans triment, sont presquent à l'agonie, sans compter qu'ils ont doublé ou presque triplés des années ... L'embourbement semble plus de ce coté qu'autre chose ( ceci dit, je ne fais qu'avec mes annecdotes perso et je sais bien que pas mal s'en sortent très bien ).

Pour en finir, la cas de la recherche fondamentale : J'ai l'impression que le discourt est triple.
-D'un coté on entend qu'il n'y pas plus de place pour les chercheurs et qu'ils sont obligés de s'expatrier.
-D'un autre qu'il y a de la place mais les conditions misérables les poussent a partir.
-Et enfin, il y a de la place mais plus personne ne veut en faire.

Sinon, notre filière M1 s'est subdivisé en 2 majoritairement avec 12 M2 recherche et 8 master pro. c'est un chiffre bien moindre que ce que l'on peut voir en bio ou ailleur ... C'est peut- être pour cela que j'ai l'impression que "tout roule " pour l'instant.


PS: mon père fait dans le useless mais prend son boulot très à coeur ... seulement, les jeunes ne comprennent pas que des types comme lui ne seront jamais remplacés.
par muadib
Lundi 26 novembre 2007 à 14 h 10
"Bon, et sinon pas un mot non plus sur l'inutilité de la philosophie grecque à qui on doit le calcul de la circonférence terrestre, les travaux de pythagore, les premières recherches en philosophie politique en Europe, et des livres qui ont façonné notre civilisation pendant des siècles (kikoo Aristote...)"

Standing ovation pour aliocha !

Il fut un temps ou les grands philosophes étaient aussi mathématiciens, des géographes de grand poètes, etc. Un adage en arabe dit "El falsafa oum el ouloum" La philosophie est la mère des sciences !
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 14 h 10
Tes potes ils triment alors qu'ils sont à la fac ou ils triment pour trouver du boulot ? Parce que j'ai fait ces études (et de la psycho aussi), et le seul truc qui aurait pu me faire trimer, c'est le CAPES que je n'ai pas passé pour bosser. Et j'ai jamais connu le chômage (à part 6 mois sabbatiques), ni mes potes qui bossent dans un peu tout et n'importe quoi. Le chômage des jeunes on n'a pas trop connu, on est blancs et on habitait pas telle ou telle cité - parce que le chômage en France, ça touche moins les étudiants de lettres que les populations des cités, enfin, à Paris.

Sinon, s'il ne s'agit pas de nier tout en bloc, il ne faut pas non plus passer tout en bloc, par exemple en faisant voter une loi en août.
Lundi 26 novembre 2007 à 14 h 44
Ils triment pour le boulot ( stage de drac en drac sans opportunitées ) mais on surtout trimés pour le capes.
Je suis désolé, mais il est idiot de tenter a tout va un concours ( capes ) qui certe assure un boulot ( et encore de nos jours, c'est remis en question ) mais où il y a beaucoup de concurrence, c'est presque signer pour se " chier pandant 3 ou 4 ans "
Je pense que bcp de gens se surrestiment et ne s'engagent dans des trucs trop durs ou bouchés. Restons réalistes.
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 14 h 50
Ah personne n'a dit que le CAPES c'était facile, mais il est obligatoire pour toutes les matières enseignées dans le secondaire. C'est comme la médecine. Combien arrêtent leurs études après avoir raté deux fois leur première année ? Pas tant que ça j'imagine, ensuite ils vont frimer dans un cursus bio normal.
Le problème c'est que tu peux pas savoir si tu vas te vautrer avant (enfin si, si tu branles rien...)
Lundi 26 novembre 2007 à 18 h 24
Certains de tes liens sont très intéressants Elroom et ils me renforcent clairement dans l'idée que cette loi ne change strictement rien au système universitaire français.
Quant au problème autour des financements des matières plus éloignées des buts des trusts, c'est vrai que c'est embêtant. J'ai appris récemment que des entreprises finançaient souvent des projets en sciences humaines, voir même en philo, en Allemagne. Ne me demandez pas pourquoi, j'en sais rien.

Deuxième point que j'aimerai que l'on éclaircisse, c'est le regard que l'on porte sur le niveau des universités françaises... Bon, je ne dis pas que c'est parfait, mais c'est très bon. Déjà, il faut savoir que les élèves français sortant du lycée ont un niveau supérieur à bon nombre de pays de l'OCDE. Ceci se répercute évidemment sur la fac, qui est plutôt bien vue à l'étranger. Il n'est pas rare de voir des étudiants n'ayant même pas validé leur année en cours se faire contacter pour des stages dans des pays anglo-saxons.
On prend toujours l'exemple des Etats-unis, mais c'est vraiment pas la joie là bas non plus... Exceptées 3-4 grosses universités, c'est le no man's land. Vous savez, le coup de la fuite des cerveaux français, elle est bien entendue due à la gestion catastrophique des moyens en France, mais aussi au fait que les français sont très demandés à l'étranger.



Quant à la loi elle-même, non, c'est pas "rien" du tout, son but avoué est de faire ressembler, une fois de plus, le système français au système américain. Cela dit, ça peut pas être pire qu'avant...Ça sera juste plus cher pour les élèves, et ç'a des chances réelles, contrairement à ce que vous avez l'air de croire, de transformer les facs en putes des boîtes privées. Eh oui.

La loi ne change strictement rien à ce qui se passait déjà avant. Le Président pourra désormais nommer qui il veut, c'est ce qui se passait déjà, sauf que l'on ne savait pas exactement d'où venait la combine, puisque le conseil d'administration était beaucoup plus opaque.
Deuxième point majeur de la loi, la plus grande présence des entreprises aux conseils d'administration. Le point qui fait peur. Il faut déjà savoir que les entreprises ont déjà un rôle relativement important au sein des universités et surtout qu'elles s'en foutent totalement. Elles ne vont jamais au conseil d'administration. On les voit au début de l'année, à la première réunion, et après, c'est fini. Les entreprises n'investissent pas dans les universités pour les contrôler, les expériences faîtes dans tous les pays du monde le démontre encore et encore. Quelques déductions d'impôt, un nom sur une plaque, des liens avec les étudiants pour de futur stage...
Il faudrait arrêter de voir les entreprises comme les grands méchants du monde. Aujourd'hui, on a l'un des budgets consacrés à l'éducation les plus importants de l'OCDE, pareil pour la recherche. Et pourtant, ça marche pas. Pourquoi ? Je pense que c'est à cause d'une gestion catastrophique des fonds, gestion qui a lieu au sein de l'Etat. Les entreprises investisseraient là où ça marche, avec des logiciels, avec du matériel de qualité. Les entreprises ont en effet une bien meilleur réactivité qu'un appareil étatique, il suffit de voir ne serait-ce que les logiciels utilisés dans l'administration pour s'en rendre compte.

De plus, croire que les universités et les labos de recherche anglo-saxons sont inféodés à des entreprises, c'est se foutre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Les mecs viennent le jour de l'inauguration, et c'est fini.
par Erloom
Lundi 26 novembre 2007 à 20 h 16
Faire une dichotomie public/privé en ce qui concerne l'université n'a pas vraiment de sens à mes yeux. C'est un raccourci tellement simple et réducteur, surtout que la loi instaure l'obligation d'avoir une au moins un chef d'entreprise dans son CA (sur un maximum de 5-6, en retranchant aux 8 personnes extérieures à l'université les gus des collectivités territoriales) qui lui voit son nombre réduit à 20 personnes. Cette loi est essentiellement gestionnaire (exemple : autonomie renforcée du budget/contrôle des locaux/tentative d'éviter le localisme). L'Etat finance toujours la recherche publique (indispensable) et se désengager constituerait une catastrophe (tout le monde parle d'économie de la connaissance). C'est pour une raison, naïve mais pleine de bon sens, que je ne pense pas que cela puisse arivver;
L'action du gouvernement quant à elle peut être beaucoup plus critiquable. Rien que deux exemples : aucun poste d'enseignant/chercheur crée cette année (à vérifier), du budget supplémentaire qui n'est que la comptabilisation des travaux en cours (Jussieu, Collège de France...) ainsi que des réductions d'impôt sur les crédits à la recherche pour les entreprises.

Par contre, comme le souligne Eric Maurin dans son article, cela ne résoudra évidemment pas tous les problèmes (l'entreprise ne finançant pas tous les projets). Il en va de même pour les droits d'inscription (j'ai seulement lu en diagonale l'article de Gary-Bobo, et cela peut aller contre l'équité). Une combinaison de réformes, dont l'autonomie, pourra jouer mais celle-ci prise seule est loin de constituer la panacée.

On touche ensuite au problème de l'éducation en France, "qui est au top pour 50% des élèves et à la ramasse pour l'autre moitié" (François Dubet, à mes souvenirs). Les deux premières années de licence le montrent bien. Je suis toutefois loin de les traiter tous de bons à rien (j'en faisais parti : problème d'orientation et donc aucune motivation). Une grande partie à mon avis vient du manque d'information sur l'orientation (rien qu'à voir Jussieu, 3 ou 4 conseillers d'orientation pour une fac de 50000 personnes -avant déménagement de Paris 7). De plus comme le dit Aliocha, il est difficile de définir quelles sont les formations congestionnées vu qu'on perd la trace de deux qui ont entrepris ces études : j'aurais bien dit ethnomusicologie (dont j'ai appris l'existence lors du dernier blocage de la Sorbonne) mais des données permettraient de se faire une réelle idée de ce qu'il en est. On peut aussi souligner l'ambiance à chier dans les universités (à ce titre, lire le pamphlet de Xavier Dunezat)

Pting, je me perds, le sujet est tellement vaste et intéressant !
par aliocha
Lundi 26 novembre 2007 à 20 h 37
Putain, le pamphlet de Dunezat il est flippant...
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