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Décembre 2007
Américanisation, universités... Mélange et confusion.
Lundi 31 décembre 2007 à 15 h 00
Cette article s'inspire fortement d'une lettre publiée dans Le Monde de Pierre Gervais, maître de conférences en histoire américaine à Paris-VIII.
Hier soir, je parlais avec des potes après avoir un peu bu. La conversation tournait autour de la politique, et on a fini par parler des universités. Un de mes potes étaient pour cette loi Pécresse, les deux autres contre. Des deux côtés, on est vite tombé dans l’argument de l’américanisation de la société française . Les USA, c’est trop cool ou au contraire, les USA, c’est trop le mal.
D’une manière générale, on retrouve souvent cette allusion aux Etats Unis. Aussi bien dans les débats entre étudiants un peu bourrés que dans ceux des hommes politiques, sensés eux maîtriser leur sujet.
Seulement, cette comparaison avec « le modèle américain » fausse complètement le débat sur cette réforme. La loi Pécresse ne conduira pas à ce qui se passe aux Etats Unis, bien au contraire. La première caractéristique de l’université américaine tient dans la véritable séparation entre l’évaluation scientifique, le pilotage stratégique et financier et la gestion administrative et humaine des établissements. Chacun de ses organes de l’université est dirigé par ceux qui peuvent le mieux le faire : chercheurs au sein d’organes scientifiques indépendants, conseils d’administration – les boards of trustees , avec une influence plus au moins grande du secteur privé -, les présidents et les administrateurs.
La loi Pécresse, elle, propose un modèle tout inverse. A un modèle très indépendant, avec peu de liens avec l’Etat, elle oppose un modèle qui se veut autoritaire et étatiste. Tous les choix scientifiques restent aux mains de l’Etat central et les pouvoirs de gestion et de pilotage sont eux confiés aux seuls présidents d’universités. L’Etat contrôle tout : il valide les diplômes selon ses priorités là où leur création est libre et leur validation est confiée à des experts indépendants aux USA . Inutile de vous dire que les chercheurs et les conseils élus sont marginalisés. Dans notre pays, le financement de la recherche est géré de manière centralisée par l’Agence nationale pour la recherche qui applique les stratégies définies par le ministère, à court terme.
Quel rapport avec les endowments ? Ces fonds gérants de manière indépendante des ressources à long terme ? Quel rapport avec les évaluations américaines de projets de plus court terme, confiées à des chercheurs totalement indépendants de l’organisme payeur ? Les présidents d’université américains sont eux surveillés par des systèmes complexes d’équilibre des pouvoirs. Par exemple, celui de Harvard a dû démissionner en 2006 pour avoir froissé ses administrés par des propos à tonalité misogyne.
La recherche universitaire américaine a été financée à hauteur de 5% par les entreprises en 2006, chiffre qui baisse tous les ans. 70% de l’argent provient de l’Etat fédéral et des Etats fédérés. Le reste provenant des fonds (colossaux) des universités. Notre gouvernement veut imiter le modèle américain – en tout cas le prétend-il – mais peut-il le faire sans s’en donner les moyens financiers ? Mais doit-on l’imiter ?
Si l’on s’en tient strictement au rapport coût/bénéfice, l’université française paraît très efficace ! Malgré des moyens très faibles et une dépense par étudiant atteignant à peine le tiers des dépenses américaines, elle parvient à former des chercheurs et maintenir une recherche vivante. Tout cela en partie grâce à la « foi » d’universitaires croyant encore à leur mission de service public et également grâce à un enseignement secondaire que le monde nous envie. Le baccalauréat dévalué équivaut, encore aujourd’hui, à une première année d’université aux Etats Unis. Ce même bac sur lequel on a tant craché !
Oh, je vous vois venir avec les plus prestigieuses institutions américaines… Harvard rox, c’est sûr. Mais comparons-les avec leurs véritables équivalents français. L’Ecole Normale supérieur, HEC ou Polytechnique coûtent bien moins cher. Vous savez, l’afflux des « cerveaux » aux Etats Unis révèle surtout des faiblesses : celles de l’enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l’étranger, en Chine, en Inde… ou en France. Le système actuel français n’est pas satisfaisant, mais idéaliser le système américain est un piège. Croire que la comparaison entre les deux modèles amène toujours aux mêmes conclusions évidentes en est un autre.
En définitive, les projets actuels sont utopiques. Jamais les entreprises françaises ne déverseront l’argent nécessaire (en milliards d’euros…) dans un système qui reste sous tutelle de l’Etat. Leurs homologues américaines ne le font même pas.
La loi Pécresse ne garde du « modèle américain » que la volonté de flexibiliser les recrutements devenus de droit privé. Le bâton sans la carotte. Ce n’est pas de cette façon que l’on parviendra à valoriser et à dynamiser notre recherche. En imposant la présidentialisation à outrance d’universités toujours plus contrôlées par l’Etat, ce n’est pas Harvard que l’on imite, c’est l’Académie des sciences de la défunte Union soviétique.
Hier soir, je parlais avec des potes après avoir un peu bu. La conversation tournait autour de la politique, et on a fini par parler des universités. Un de mes potes étaient pour cette loi Pécresse, les deux autres contre. Des deux côtés, on est vite tombé dans l’argument de l’américanisation de la société française . Les USA, c’est trop cool ou au contraire, les USA, c’est trop le mal.
D’une manière générale, on retrouve souvent cette allusion aux Etats Unis. Aussi bien dans les débats entre étudiants un peu bourrés que dans ceux des hommes politiques, sensés eux maîtriser leur sujet.
Seulement, cette comparaison avec « le modèle américain » fausse complètement le débat sur cette réforme. La loi Pécresse ne conduira pas à ce qui se passe aux Etats Unis, bien au contraire. La première caractéristique de l’université américaine tient dans la véritable séparation entre l’évaluation scientifique, le pilotage stratégique et financier et la gestion administrative et humaine des établissements. Chacun de ses organes de l’université est dirigé par ceux qui peuvent le mieux le faire : chercheurs au sein d’organes scientifiques indépendants, conseils d’administration – les boards of trustees , avec une influence plus au moins grande du secteur privé -, les présidents et les administrateurs.
La loi Pécresse, elle, propose un modèle tout inverse. A un modèle très indépendant, avec peu de liens avec l’Etat, elle oppose un modèle qui se veut autoritaire et étatiste. Tous les choix scientifiques restent aux mains de l’Etat central et les pouvoirs de gestion et de pilotage sont eux confiés aux seuls présidents d’universités. L’Etat contrôle tout : il valide les diplômes selon ses priorités là où leur création est libre et leur validation est confiée à des experts indépendants aux USA . Inutile de vous dire que les chercheurs et les conseils élus sont marginalisés. Dans notre pays, le financement de la recherche est géré de manière centralisée par l’Agence nationale pour la recherche qui applique les stratégies définies par le ministère, à court terme.
Quel rapport avec les endowments ? Ces fonds gérants de manière indépendante des ressources à long terme ? Quel rapport avec les évaluations américaines de projets de plus court terme, confiées à des chercheurs totalement indépendants de l’organisme payeur ? Les présidents d’université américains sont eux surveillés par des systèmes complexes d’équilibre des pouvoirs. Par exemple, celui de Harvard a dû démissionner en 2006 pour avoir froissé ses administrés par des propos à tonalité misogyne.
La recherche universitaire américaine a été financée à hauteur de 5% par les entreprises en 2006, chiffre qui baisse tous les ans. 70% de l’argent provient de l’Etat fédéral et des Etats fédérés. Le reste provenant des fonds (colossaux) des universités. Notre gouvernement veut imiter le modèle américain – en tout cas le prétend-il – mais peut-il le faire sans s’en donner les moyens financiers ? Mais doit-on l’imiter ?
Si l’on s’en tient strictement au rapport coût/bénéfice, l’université française paraît très efficace ! Malgré des moyens très faibles et une dépense par étudiant atteignant à peine le tiers des dépenses américaines, elle parvient à former des chercheurs et maintenir une recherche vivante. Tout cela en partie grâce à la « foi » d’universitaires croyant encore à leur mission de service public et également grâce à un enseignement secondaire que le monde nous envie. Le baccalauréat dévalué équivaut, encore aujourd’hui, à une première année d’université aux Etats Unis. Ce même bac sur lequel on a tant craché !
Oh, je vous vois venir avec les plus prestigieuses institutions américaines… Harvard rox, c’est sûr. Mais comparons-les avec leurs véritables équivalents français. L’Ecole Normale supérieur, HEC ou Polytechnique coûtent bien moins cher. Vous savez, l’afflux des « cerveaux » aux Etats Unis révèle surtout des faiblesses : celles de l’enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l’étranger, en Chine, en Inde… ou en France. Le système actuel français n’est pas satisfaisant, mais idéaliser le système américain est un piège. Croire que la comparaison entre les deux modèles amène toujours aux mêmes conclusions évidentes en est un autre.
En définitive, les projets actuels sont utopiques. Jamais les entreprises françaises ne déverseront l’argent nécessaire (en milliards d’euros…) dans un système qui reste sous tutelle de l’Etat. Leurs homologues américaines ne le font même pas.
La loi Pécresse ne garde du « modèle américain » que la volonté de flexibiliser les recrutements devenus de droit privé. Le bâton sans la carotte. Ce n’est pas de cette façon que l’on parviendra à valoriser et à dynamiser notre recherche. En imposant la présidentialisation à outrance d’universités toujours plus contrôlées par l’Etat, ce n’est pas Harvard que l’on imite, c’est l’Académie des sciences de la défunte Union soviétique.
6 commentaires, dernier de Jazz_JackRabbit.
Crysis : c'est quand même beau.
Vendredi 28 décembre 2007 à 23 h 42
Putain, plus j'y joue, plus je suis sur le cul. 3-4 tweaks pour que ce soit encore plus beaux, et ça me refou par terre. Je change l'heure, la luminosité, la taille des vagues, la force du vent, et paf... La claque.
Parfois, rien que de matter un screen du jeu me fou au sol. Mention spéciale pour les explosions nucléaires en fin de soirée. BOOM !
Même ma mère trouve ça beau (et c'est vrai en plus mais bon, trop violent quand même).
Bon, comme j'ai fini le solo et que j'aime pas le multi, je me dis que je vais retourner vers des jeux plus sains. Hop, je sors l'Orange Box toute fraîche de chez Noël. Je me dis qu'une fois Portal finie, je pourrai me consacrer pleinement à TF2, j'oublierai Crysis.
Mais non. Ces petits malins s'amusent à sortir préparer des mods à foison, à sortir plein de maps de partout.
Mattez Khenaz - City par exemple, ça donne envie hein. Pas autant qu'un petit Jurassic Park, mais bon. Des trucs sympatoches, on en trouve pas mal sur crymod. Worlds of Crysis par exemple.
Ben ouais, je pense que Crysis démonte. Il n'a pas volé sa place de meilleur-fps-de-2007 donnée par le peuple.
Parfois, rien que de matter un screen du jeu me fou au sol. Mention spéciale pour les explosions nucléaires en fin de soirée. BOOM !
Même ma mère trouve ça beau (et c'est vrai en plus mais bon, trop violent quand même).
Bon, comme j'ai fini le solo et que j'aime pas le multi, je me dis que je vais retourner vers des jeux plus sains. Hop, je sors l'Orange Box toute fraîche de chez Noël. Je me dis qu'une fois Portal finie, je pourrai me consacrer pleinement à TF2, j'oublierai Crysis.
Mais non. Ces petits malins s'amusent à sortir préparer des mods à foison, à sortir plein de maps de partout.
Mattez Khenaz - City par exemple, ça donne envie hein. Pas autant qu'un petit Jurassic Park, mais bon. Des trucs sympatoches, on en trouve pas mal sur crymod. Worlds of Crysis par exemple.
Ben ouais, je pense que Crysis démonte. Il n'a pas volé sa place de meilleur-fps-de-2007 donnée par le peuple.
15 commentaires, dernier de Jazz_JackRabbit.
Sarko apprend les règles de l'économie.
Mercredi 5 décembre 2007 à 20 h 30
Oh, il a l'air malin notre SuperSarko, ex-Ministre de l'Economie, actuel Président de la République !
Comme le révèle le Canard Enchaîné, tout s'est passé Jeudi soir, devant France 2 et TF1. Le premier homme de France annonce fièrement la cession de 3% des titres EDF afin d'obtenir 5 milliards d'euros pour financer les universités. Naturellement, lorsqu'un président fait ce genre d'annonce, l'opération est lancée dès le lendemain, l'usage étant d'agir le plus rapidement possible pour éviter les mauvaises surprises. Problème : Bercy apprend la nouvelle à la télé. Christine Lagarde n'avait pas été mise au courant.
Résultat des courses : l'action chute en bourse. Pourquoi acheter cher ce que l'on pourra avoir moins cher le lendemain ? Dur dur le libéralisme.
L'Etat n'a donc réalisé la vente des titres EDF que le Lundi, et, au lieu des 5 milliards promis par Sarko, elle n'a rapporté que 3.7 milliards au Trésor. L'Etat devra donc céder d'autres titres, probablement réservés aux salariés d'EDF. En pleine négociation sur les régimes spéciaux, ça va aider...
Les mauvaises langues diront qu'il a simplement voulu faire un cadeau à quelques uns de ces potes, mais bon.
Gouvernement de pieds-nickelés.
Comme le révèle le Canard Enchaîné, tout s'est passé Jeudi soir, devant France 2 et TF1. Le premier homme de France annonce fièrement la cession de 3% des titres EDF afin d'obtenir 5 milliards d'euros pour financer les universités. Naturellement, lorsqu'un président fait ce genre d'annonce, l'opération est lancée dès le lendemain, l'usage étant d'agir le plus rapidement possible pour éviter les mauvaises surprises. Problème : Bercy apprend la nouvelle à la télé. Christine Lagarde n'avait pas été mise au courant.
Résultat des courses : l'action chute en bourse. Pourquoi acheter cher ce que l'on pourra avoir moins cher le lendemain ? Dur dur le libéralisme.
L'Etat n'a donc réalisé la vente des titres EDF que le Lundi, et, au lieu des 5 milliards promis par Sarko, elle n'a rapporté que 3.7 milliards au Trésor. L'Etat devra donc céder d'autres titres, probablement réservés aux salariés d'EDF. En pleine négociation sur les régimes spéciaux, ça va aider...
Les mauvaises langues diront qu'il a simplement voulu faire un cadeau à quelques uns de ces potes, mais bon.
Gouvernement de pieds-nickelés.
16 commentaires, dernier de moSk.
Mes félicitations.
Mardi 4 décembre 2007 à 19 h 46
Non, Sarko 1er ne s'est pas agenouillé devant le nouveau président d'une des plus grosses puissance du monde. Non, il n'a pas baffoué la culture française. Non. Ceux qui disent ça ne sont que des communistes qui ont en travers de la gorge la chute de l'URSS.
Nicolas n'est pas le seul a avoir félicité Poutine, regardez, notre secrétaire d'Etat français chargé des Entreprises et du Commerce extérieur a été éblouie face à la "clarté des résultats". Regardez mieux, même Gollnisch n'en revient pas ! Si ce n'est pas un gage de qualité ça...
Encore mieux ! Ramzan Kadyrov est aux anges !
Et puis, même dans les régions "indécises", où on aurait pu penser que les gens en avaient marre, Poutine écrase les records. 98-99% en Kazakhstan et en Tchétchénie. Qui aurait pu le parier ?
Nicolas n'est pas le seul a avoir félicité Poutine, regardez, notre secrétaire d'Etat français chargé des Entreprises et du Commerce extérieur a été éblouie face à la "clarté des résultats". Regardez mieux, même Gollnisch n'en revient pas ! Si ce n'est pas un gage de qualité ça...
Encore mieux ! Ramzan Kadyrov est aux anges !
Et puis, même dans les régions "indécises", où on aurait pu penser que les gens en avaient marre, Poutine écrase les records. 98-99% en Kazakhstan et en Tchétchénie. Qui aurait pu le parier ?
11 commentaires, dernier de KaB.