The medium is the message. (le blog de Jazz_JackRabbit)

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EPFL ?

Samedi 20 septembre 2008 à 20 h 42
Quelqu'un connait l'école polytechnique fédérale de Lausanne ?
Je suis en deuxième année de prépa PC cette année, je cherche donc quoi faire l'année prochaine. Comme je n'ai pas vraiment envie de rester en France, je regarde un peu ce qui se fait à l'étranger. Je suis tombé sur cette université parce que mon père a bossé avec des types de là bas (une histoire de robot), et ça a vraiment l'air pas mal.
Les types qui en parlent sur le net comparent ça à Polytechnique (de Paris, l'X) ou à l'Imperial. Sortir (enfin) du système français m'intéresse énormément.

J'ai vu qu'il y avait quelques suisses dans le coin, vous connaissez ?
33 commentaires, dernier de -V-.

Les noirs interdits de bar pour les J.O. (ou pas)

Mardi 22 juillet 2008 à 19 h 26
One world, one dream.
Voir les commentaires pour plus d'info.




Sinon, je rentre de la Garden Nef Pary. C'était sympa.
Rapidement :
Quelques concerts vraiment géniaux (The Raconteurs, Brian Jonestown Massacre, The Hives, Iggy Pop et Birdy nam nam), d'autres vraiment pas mal (Peaches, Heavy Trash, The Kills (le son était pourri, ceci-dit), The Bellrays et Huspuppies).
Nada Surf et Justice, j'ai trouvé ça nul.

Pour ce qui est du festival en lui-même, c'est bien trop sage. Par rapport à tout ce que j'ai fais ailleurs, même le camping est très calme. Il y a plein de petits bourgeois en slim aussi. Le truc est quand même bien organisé : on peut voir tous les concerts (jamais 2 en même temps) et le camping est juste à côté du festival, même pas besoin de sortir. Le son est de bonne qualité aussi, ya presque que du rock par contre...
Mais putain, c'est trop sage... Yavait bien quelques vieux motards/rockeurs venus uniquement pour Iggy Pop qui mettaient (un peu) l'ambiance, mais bon...
Et puis, 3€ la bière ?!
48 commentaires, dernier de Neya.

Je calcule.

Vendredi 30 mai 2008 à 19 h 39
Je regardais la télé l'autre soir lorsque j'ai vu notre président donner un discours je ne sais où.
Sarko était en train d'expliquer au peuple le dépérissement des ports français. Paf, il annonce comme ça qu'un grutier du port de Marseille travaillait 2,000 heures par an alors qu'un du port de Barcelone ou d'Anvers travaillait 4,000 heures. Chiffres vrais ou faux - comme je suis ultra-fort en maths -, je calcule rapidement : 4,000 heures, ça fait dans les 10.9 heures par jour si on ne compte pas les congé. Le Canard Enchaîné de cette semaine me corrige, ça fait exactement 10.96 heures par jour. Sans dimanche, sans vacances.
On monte à 16.6 heures si on prend 4 semaines de vacances, le samedi et le dimanche.
Ce qui fait du 6h->22h30 non stop !
Laissez-moi douter de la véracité de ces affirmations, la norme européenne tourne autour de 1,600 heures par an.

Tout ça pour dire que je me demande encore pourquoi, dans nos super-démocraties/états de droit, des personnes ont encore le droit d'utiliser des chiffres, qui sont par définition absolu (si c'est 5, c'est pas 6), à leur convenance.
Sarko n'en est d'autant plus pas à son premier flagrant délit d'erreur grossière, il a affirmé le même jour qu'un mec au chômage aurait refusé 63 offres d'emploi (et qu'il serait donc entré dans le livre des records). Pas de bol, on apprend dans Libération que cette histoire est complètement bidon, et inventée par un agent "souffrant de troubles graves" selon l'ANPE de Melun. L'autre fois, le mec affirme qu'il y a 500,000 offres d'emploi non satisfaites. L'Elysée, interrogée par le Canard Enchaîné, a été incapable de citer la source. L'Insee annonce que le chomage est de 15.5% chez les immigrés actifs, Sarko sort 22.
Les chiffres sur l'inflation et le pouvoir d'achat sont également totalement bidonnés...
Bref.

L'autre jour, deux personnes de bord politique différent (Christine Lagarde, Didier Migaud - président socialiste de la commission des Finances) arrivent à tirer des conclusions totalement différentes sur les heures supplémentaires à partir de la même enquête qui, selon la banque qui l'a réalisée, est elle-même très douteuse.

Ya pas grand chose qui m'énerve plus... Après, on les voit tous arriver la bouche en coeur, affirmant que notre modèle politique est presque parfaire [blablabla]. A quand des organismes indépendants ? J'attends énormément de l'Europe à ce sujet.
18 commentaires, dernier de Mhraya.

We own the World.

Lundi 14 avril 2008 à 21 h 20
1991, les Etats Unis, et le bloc occidental avec eux, ont gagné la Guerre Froide. Le capitalisme et le libéralisme l'emportent sur le communisme.

Pendant plus de trois décennies, les systèmes financiers se sont libérés des États pour être dirigés par les marchés. Le modèle libéral prévaut alors sur tous les autres, l'Occident se targue alors de sa domination financière et bancaire écrasante sur le reste du monde. Il faut se rappeler avec quelle arrogance les Occidentaux avaient donné des leçons aux Japonais, dans les années 1990, pour qu'ils assainissent leurs banques après l'éclatement de la bulle immobilière et boursière et avec quelle inquiétude, mêlée de morgue, ils évoquaient encore récemment la fragilité des structures bancaires et financières chinoises.
Mais tout cela est révolu.

Oh, il y a encore quelques temps, on ne se rendait pas compte à quel point les pays émergents sont les grands argentiers de notre société. La crise actuelle le montre : alors que la logique voudrait que les pays développés soient les plus riches et prêtent au reste de la planète, nous assistons à l'inverse. Riches de leurs excédents commerciaux (Chine), de leur gestion rigoureuse (Singapour) ou de leurs matières premières (Koweit, Abu Dhabi, Qatar...), ces Etats ne se contentent plus de prêter de l'argent aux Etats-Unis en souscrivant aux bons du Trésor américain, ils placent une partie de leurs réserves dans des entreprises privées. Aujourd'hui, le Brésil, qui a subi un endettement de près de 200 ans, est même devenu créditeur !

Hé oui, qui l'eût cru ? La mondialisation rime aujourd'hui avec nationalisation ! Et pas n'importe où : au Royaume Uni et aux Etats Unis !
"Souvenez-vous du 14 Mars 2008 : c'est le jour où le capitalisme mondial et libéral est mort" - Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times. En Février, c'est la Nothern Rock (banque en Grande Bretagne) qui se fait nationaliser, puis c'est au tour de Bearn Stearns qui pourra demander une aide de l'Etat américain.

Nuançons tout de même : le capitalisme a de beaux jours à vivre devant lui. Surtout si l'Etat viendra toujours à son secours. Les gouvernements choisissent en effet "too big to fail" plutôt que de repenser le système financier mondial. Ces pays émergents qui investissent à tour de bras ( dans Citigroup ou Merrill Lynch par exemple) dans les fleurons des places boursières occidentales le font avec de l'argent public ! Et le plus gros de ces nouveaux créanciers est un pays communiste (la Chine). Ce sont des fonds souverains, ie un fond d'investissement dont les revenus sont propriété de l'Etat, on les évalue à environ 3000 milliards de $, soit le PIB de la France et de quoi racheter le CAC 40. Aujourd'hui, ils investissent de plus en plus dans des produits risqués alors qu'ils se cantonnaient aux autres avant (Trésor américain par exemple). Voici leur répartition sur la Terre et leur importance actuelle dans le monde de la finance (source : Le Monde) :

Ces pays accepteront-ils de prendre des engagements fidèles aux logiques libérales ? C'est le cas de Singapour et d'Abu Dhabi, mais la Russie ? La Chine ?
Jusqu'à présent, lorsqu'un créancier et un débiteur ont eut un différend, on a rarement vu le débiteur avoir le dernier mot...

D'autant plus qu'aujourd'hui, qui pourra dire non à la Chine ? Même quand celle-ci n'était pas aussi puissante, c'était peine perdue. Tout n'est pas rose dans la République populaire (inflation de 8.7% par exemple, pas de protection sociale, ce qui conduit à trop d'épargne etc.), mais on voit aux Etats Unis de multiple signe d'une réelle récession. Alors que l'on y envisage une croissance négative, 63,000 emploies ont été détruits en février, succédant les 22,000 ce janvier. Les américains vivent très largement au dessus de leurs moyens, c'est en tout cas ce qui ressort de la majorité des études et analyses à ce sujet. Bref, les rôles tendent à s'inverser...

L'Afghanistan n'est pas un pays simple à conquérir, peut être devons-nous rajouter les Etats-Unis à la déjà longue liste des empires y ayant chuté...

Edit : au passage, une video d'un soldier impressionnant sur TF2 !
10 commentaires, dernier de RLucas.

Tout le monde il est chez Steam !

Jeudi 3 avril 2008 à 16 h 01
Il paraît qu'après Epic et Atari, UbiSoft voudrait s'allier à Vavle et utiliser sa plateforme pour vendre des jeux et pourquoi pas l'utiliser comme plateforme de jeu online.
Ça fait plaisir de voir Valve réussir, ça écrase un peu plus le Live de Microsoft.

En plus, j'aime bien les jeux de Valve et leur feedback.
J'ai lu que cela concernait que les US et que ça viendra après chez nous (pour une société française, je trouve ça trop bien).

Voyage en Europe : step one.

Samedi 29 mars 2008 à 21 h 22
Bon allez, je me lance, je parle de moi.

Vous le savez tous : c'est le printemps. Il commence à faire beau, tout ça... Donc forcément, quand on vous parle de thermodynamique statistique ou du stockage embarqué de l'hydrogène, vous en avez rien à foutre et vous pensez aux vacances, aux vraies vacances : celles d'été.

Cette fois-ci, avec des potes, on a décidé de se faire un voyage en Europe. Europe du Nord/Centre (Allemagne/Pays-Bas/République Tchèque/Danemark puis la Grande Bretagne et l'Irlande). On commence à organiser ça, ça va, c'est pas trop galère. Je suis parti en Inde avec ma copine l'année dernière, c'était une toute autre organisation.
Déjà, il y a des trains partout (attention pdf !), et une super carte InterRail. Qui dit voyage en Europe, dit donc voyage en train. C'est pour ça que j'ai acheté, ça :

Notre budget vient donc d'exploser. Mais bon, comme j'ai déjà l'autre et qu'il est vraiment bien foutu et complet (et qu'on ne rencontre pas que des français avec, comme avec le GDR)...
Bon, maintenant, il se pose la grande question du où on dort ?. Le mieux, ça reste la bonne vieille auberge de jeunesse, surtout pour faire connaissance avec-des-gens-du-monde-entier. Mais est-ce qu'il faut réserver ? Ça reste la grosse inconnue, et ça ferait chier qu'on ait à le faire puisque l'on aura aucun véritable planning. Va falloir que l'on résolve ça...

Bon, maintenant, il nous reste plus qu'à se faire un itinéraire grossier, histoire de savoir dans quel train monter à la gare de Bordeaux.
Vous avez déjà voyagé en Europe (moi, très peu) ? Vous connaissez/habitez des villes sympa auxquelles on ne pense pas forcément (parce qu'à part les capitales et les clubs de foot...) ?
Ben dîtes-le. :)

They know more than you think.

Dimanche 23 mars 2008 à 14 h 04
Je vous parlais récemment des vides juridiques que connaissent aujourd'hui la plupart des pays à propos des libertés individuelles (principalement celui du respect de la vie privée) dans nos sociétés de l'information. Je vous conseille d'ailleurs de lire un livre assez intéressant sur le sujet, l'auteur a été interviewé ici.

Si je vous en reparle, c'est parce que le New York Times vient d'écrire un article dessus à l'occasion de la publication d'une étude def comScore sur le respect de la vie privée de l'internaute sur Internet. Celle-ci est intéressante parce qu'elle compare les différents gros sites du web sur le nombre de fois que données sont collectées par mois pour un visiteur. Comme je suis super sympa, voilà un scan (moche) des résultats.


Non content d'aider le gouvernement chinois à traquer les dissidents, Yahoo est le grand vainqueur ! Bravo.
En fait, ces données collectées sont principalement utilisées pour proposer des publicités en accord avec les goûts et les habitudes du public. Public qui s'en fou un peu beaucoup parce que, selon des "privacy experts", cette collecte d'information est totalement invisible. Les compagnies du Web se défendent bien entendu en affirmant que c'est un bien pour le consommateur (qui n'est plus dès lors, un visiteur. Nuance.), ce qui n'est pas forcément faux si on a la même logique qu'eux.
Aujourd'hui, celles-ci savent plus de choses à propos des gens que jamais auparavant. Ce phénomène s'est d'autant plus accéléré que les grosses firmes comme Microsoft ou Yahoo ont acheté de nombreuses autres petites compagnies pour étendre leur champ d'action. Yahoo par exemple a à peu près 1.700 possibilités pour collecter des informations ailleurs que chez lui, dont eBay.

L'idée générale de tout ça est que plus vous avez des informations sur qui navigue sur le net, mieux vous pourrez le faire consommer. Autant proposer de la nourriture pour chien pour ceux qui ont des chiens, en gros.


Bon sinon, ça va. Je suis 3ème de ma prépa alors que je passe beaucoup trop de temps à ne pas bosser (TF2, internet, cinéma...). Faut dire que j'ai pas trop besoin de bosser en physique et en maths. Reste la chimie...
Ah oui, en parlant de films, j'ai vu pas mal de films que l'on m'avait conseillé, donc Warriors : L'impossible mission (merci Poirette). C'est vraiment un super film. Je crois que ces critiques disent un peu tout ce qu'il faut dire. J'ai également lu le bouquin de Matt Mason, c'est vraiment intéressant et assez facile à lire. Je trouve tout de même que certains passages manquent de signification réelle, ça fait un peu anecdotique.

1984

Mercredi 5 mars 2008 à 19 h 34
Inspiré du Canard Enchaîné de cet semaine...

Vous le savez tous : des mouchards enregistrent les sites que vous visitez ou les mots que vous tapez le plus souvent et ce, sans que vous en ayez toujours conscience. Vous connaissez certainement leur nom : les cookies. Vingt-quatre ans après 1984 d'Orwell, Big Brother est bien arrivé.

Mais qui réalise le crime ? Car si un petit site propose un cookie pour retenir vos identifiant, personne ne va se plaindre... En revanche, lorsque les moteurs de recherche savent tout sur les goûts de leurs clients, cela devient inquiétant. En effet, il est impossible d'échapper à ces géants du Net. Vous le savez mieux que moi. Les moteurs de recherche (Google et Yahoo! principalement) ont une audience mondiale et, de ce fait, peuvent vendre aux annonceurs de précieuses indications sur les centres d'intérêts. Idéal pour qui veut toucher un public précis. Google a par exemple acquis récemment Doubleclick, l'une des plus grosses régies publicitaires de l'Internet. La firme californienne a également passé un accord avec le français Publicis, 4ème groupe mondial de communication. Le but est clairement de "partager les connaissances que Google a sur les personnes", selon Publicis.
Oh, les plus pragmatiques d'entre nous répliquerons que c'est pour notre bien : une publicité ciblée permet d'intéresser le public, et donc de lui présenter ce qu'il a vraiment envie de recevoir.

Toutefois, cela n'intéresse pas seulement les publicitaires... Les policiers sont pas loin !
Le problème est toujours le même. Comment garantir que ces informations ne seront pas un jour utilisées par des pouvoirs plus ou moins intentionnés ? On a tous en tête Yahoo! qui a aidé les autorités chinoises à arrêter un journaliste, condamné par la suite à 10 ans de prison... Les députés de Bruxelles se sont saisis de la question le 21 Janvier et avouent qu'il n'existe "aucune législation européenne permettant de garantir que l'information sur les comportements à des fins publicitaires ne soit utilisée pour d'autres buts".
Premier problème : l'adresse IP doit-elle être considérée comme une donnée personnelle ? En France, la situation est floue. Si la CNIL avait l'avait classée dans les données personnelles, la cour d'appel de Paris a rendu deux jugements contraires. La suite dans les prochains épisodes, la CNIL a déposé un pourvoi devant la cour de cassation.
La CNIL et ses homologues se sont en tout cas réunies au sein d'un groupe de travail. Elles planchent sur les moteurs de recherche justement. La suite en Avril.

Google, conscient du problème, essaye de rassurer les foules. Ne voulant pas être diabolisé comme Microsoft l'est, la société américaine plaide, elle aussi, pour la mise en place de standards internationaux dans la protection des données. Toutefois, que ferait l'entreprise si la CIA lui réclamait, dans le cadre d'une enquête contre-terroriste, des données sur des internautes européens ?
"Il s'agit de bien faire comprendre aux Américains qu'il y a des principes qui s'appliquent sur le Vieux Contient", conclut Yann Padova, de la CNIL.
Principes qui résisteraient à la mondialisation...


Bref, sortez couvert.

P.J. Harvey

Dimanche 2 mars 2008 à 22 h 20
Il y a trois musiciens qui ont réellement compté dans ma vie : E (du groupe Eels), Bob Dylan et Polly Jean Harvey.
S'il fallait que je n'en retienne que 3, ce serait ceux-là.
J'avais simplement envie de vous parler de P.J..

Elle est née en Angleterre, je ne sais plus où exactement. Le paysage y est vaste, les landes imposantes, bordées par la mer. La campagne anglaise, celle qui n'a pas totalement oublié ses superstitions, encore proche de la nature. Cadre propice à des activités solitaires, surtout pour une petite fille timide. Elle se plonge dans la littérature et dans la collection de disques de son père. Son écrivain préféré est aujourd'hui William Burroughs mais à l'époque, elle lisait principalement les contes d’Andersen et des frères Grimm. La Bible aussi. Côté musique, elle aime principalement Bob Dylan (comme quoi...) et Captain Beefheart. Ses parents la pousse à apprendre à jouer du saxophone, son premier instrument. Elle apprendra ensuite la guitare acoustique.
La musique a été, de son propre aveu, un échappatoire face à ses tourments d'adolescentes.

Elle commencera à approcher le monde de la musique en 1987. Elle intègre Automatic Dlamini en temps que choriste, un groupe composé de Ichiro Tatsuhara, de Ben Groenevelt, de John Parish et de Jeremy Hogg. Sa toute première composition enregistrée professionnellement sera Heaven, en 1989. Cela lui permet enfin de se décider : Polly se lance peu après, elle forme son propre groupe. Le batteur Rob Ellis et le bassiste Steven Vaughan la suivent dans le groupe qui s'appellera sobrement PJ Harvey.

A l'époque, on écoutait principalement de la pop soignée, tirant un peu sur le folk. La musique de PJ est elle un rock old school cru, violent, puissant. On dirait du blues, du punk, du grunge. Mais c'en est pas. Elle sort son premier single en 91 : Dress. Ça parle des déboires d’une jeune fille aux prises avec sa robe de soirée. Marrant pour une fille qui chante en veste en cuir, jeans et Doc Martens.
Le succès est immédiat, malgré la brutalité musicale. La seconde chanson du single, Dry fait également son effet.

P.J. Harvey est donc lancée, elle sort la même année son album Dry. C'est fini pour les présentations.

Son style est là, et il restera là. Aucun effet sur le son ou la voix. De la sauvagerie aux formes du blues. C'est le premier album que j'ai écouté d'elle, jamais je me remettrai de ce moment là. Oh My Lover, Plants And Rags, Water, Dress, Victory
Je sais qu'à l'heure du web, vous pouvez les écouter une à une tout en lisant d'autres choses. Mais ce serait négliger l'intensité, la puissance de ces chansons.

D'autres albums, elle en sortira. Rid Of Me. Toujours autant de blues, toujours autant de sexualité.
I’m gonna twist your head off, see
’Till you say don’t you wish you never, never met her
Une tournée, son groupe se dissout, elle sort d'autres albums. 4-Track Demos, duo avec Björk, rencontre avec le producteur de NiN...

Je passe rapidement pour arriver à To Bring You My Love. Je me souviens encore où je l'ai découvert. C'est chez un disquaire, Total Heaven pour les bordelais, ça a été l'un de mes plus gros chocs de ma vie...
La production et le mixage sont signés Flood.

Ce disque est éprouvant à l'écoute tant l’atmosphère des différents morceaux varie, et tant le mixage flirte avec les extrêmes. C'est d'une violence et d'une intensité rare. To Bring You My Love, Working For The Man, Down By The Water, I Think I’m A Mother, Telco sont particulièrement oppressants. To Bring You My Love est le disque de PJ Harvey le plus émouvant, le plus riche, le plus abouti. Des titres comme C'mon Billy et Send His Love To Me montrent toute l'étendue de P.J. Harvey.
Et putain, j'arrive pas à me remettre de The Dancer.
Il résume tout l'album. La voix montre ce fanatisme amoureux mais aussi une profonde tristesse, éclatant lors du pont en cris orgasmiques. Le rythme, les métaphores utilisées dans le texte, la guitare & l'orgue...
L'amour, l'espoir, la peine, l'amertume.
Extraits :

He came dressed in black with a cross bearing my name
He came bathed in light and the splendor and glory
I can’t believe what the lord has finally sent me

He said laugh a while, i can make your heart feel
He said fly with me, touch the face of the true god
And then cry with joy at the depth of my love

Cause i’ve cried days. i’ve cried nights
For the lord just to send me up some sign
Is he near ? Is he far ?
Bring peace to my black and empty heart

My love will stay till the river bed runs dry
And my love lasts long as the sunshine blue sky

Là où ses premiers albums étaient principalement sexuels, celui-ci est plutôt sensuel. Mais comment pourrai-je le résumer en seul mot ?
Je vais m'arrêter là, sinon vous ne lirez jamais. Et si vous voulez l'écouter, ça en fera déjà pas mal.
Elle en a fait d'autres aussi, notamment un avec Nick Cave. Un autre avec John Parish. Elle sortira Is This Desire?, Stories from the City, Stories from the Sea, Uh Huh Her, The Peel Sessions 1991-2004 (du live) et enfin White Chalk en 2007.
Vous aurez certainement l'envie de fouiller par vous-même parmi sa discographie.


Vous connaissiez certainement déjà cette artiste, mais j'espère l'avoir faîte découvrir à certains.
Et puis, j'avais envie de le faire.

Un coup de chaud religieux sur la République.

Samedi 16 février 2008 à 20 h 08
Cet article se base principalement sur Le Canard Enchaîne et Le monde.

Alors que le portrait actuel des catholiques français n'est pas très glorieux pour l'Église, l'Etat de " la fille ainée de l'Eglise " s'empresse en ce moment de se rapprocher du monde spirituel aux voix impénétrables sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, son président.

Oh, ne pensez pas qu'il s'agit ici encore d'une idée passante, comme le gouvernement nous y a tant habitué. Sarko a en effet enfin trouvé de quoi habiller pour l'hiver sa "politique de civilisation", le voilà argant à qui veut l'entendre que : "le réchauffement climatique et le retour du religieux sont les deux défis du XXI sècle." Il faut bien avouer que Sarkozy a toujours pensé que la religion devait aider la République dans sa tâche. Ainsi, en 2004, dans un livre-dialogue avec un père dominicain (sous la plume d'Emmanuelle Mignon), Sarko Ier expliquait que pour avoir la paix dans les banlieues, il vallait mieux envoyer les jeunes à la mosquée et faire des imams les nouveaux gardiens de la paix. Rebelote le 20 Décembre, le jour où le pape le fait chanoine de Saint-Jean-de-Latran, Sarkozy affirme qu'il pense que : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé." Sarko crée ainsi hiérarchie qui laisse à penser qu'il faut être chrétien pour avoir une morale et que la République en serait dépourvue. Intéressant, pour le représentant, le guide, de la République.

Cette foi affichée, pour un homme qui vit dans le péché, nous ferait simplement doucement rire si elle n'était pas celle du président de la République. L'homme aux pleins pouvoirs compte bien toiletter la fameuse loi de 1905 qui grave dans le marbre les principes de séparation de l'Eglise et de l'Etat. "Ce sera fait durant le quinquennat" pronostique Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet à l'Elysée. Le changement de la loi touchera la notion d'association culturelle et permettra aux organisations qui en bénéficient de toucher des subventions de l'Etat et de recevoir des dons partiellement défiscalisés de personnes morales et physiques.
"La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte."
Il faudra changer ce principe de la loi de 1905.
Sont directement concernés - comme Sarko l'a confessé au Vatican - les congrégations catholiques et leurs instituts de formation. Egalement les chaînes de télé et les radios communautaires, celles où Dieu et ses saints interviennent en direct.

Ce toilettage ne touchera pas seulement les congrégations religieuses, les sectes sont également concernées. Déjà considérés comme association culturelle dans plusieurs départements, les Témoins de Jéhova (qui ont une "boutique" devant mon lycée :-) ) n'ont besoin que de l'onction de l'Etat pour devenir une "vraie" religion. Idem poru la Scientologie. Le toilettage de la loi de 1905 voulu par Sarko permettrait de les arroser au titre d'"associations culturelles" et non pas, de sectes. Si certains de l'UMP commencent à grincer des dents, Sarko a toujours aimé les factions et leurs gourous. Lui et son épouse (Cécilia, pour ceux qui ne suivent plus) ont reçu en 2004 Tom Cruise, vitrine de la sciento avec qui ils ont parlé de tout dont, de "Scientologie" selon l'acteur américain. De la même manière, quand notre président était ministre de l'intérieur, les RG avaient reçu comme consigne de se concentrer sur l'islamisme radical et donc, fatalement, de laisser tomber les sectes...

" La religion est faîte pour ceux qui en ont besoin " disait Max Jacob, Sarko y revient mais en fait trop. C'est en tout cas l'avis même de l'église catholique. " La religion est une grande chose qui ne mérite ni cet excès d'honneur ni cette indignité ", tonnait La Croix. L'épiscopat veut la paix civile pour voir reconnus les diplômes de l'enseignement supérieur catholique, et pas une nouvelle guerre de Religion. Le drôle de paroissien qu'est Sarkozy en a mécontenté plus d'un... A commencer ceux de l'UMP qui se rappellent, la larme à l'oeuil, Charles de Gaulle qui, lui, s'interdisait de communier en égard à sa charge de chef d'un Etat laïc.

Comme quoi nul n'est prophète en son pays. En tout cas, Sarko ne l'est plus.